LIT. IL — L
t Non certes, et loin de là, et bien ma eontnire. Nous laTons déjà dit et nous y insistons, la nature et Hinmanîté sont en eux pins qn*en qni qne eesoit. Ce sont des hommes surhumains, mais des hommes. Homo MM. Cette parole d'un pote résume toute la poésie. Saint-Paul se frappe la poitrme et dit : Peeeamms, VL nous déclare qui il est : t Je suis le fils de la femme, i Ds sont des hommes.
t Quoi donc! pas de critiques? non. Pm$ ie blâme? non. Tous expliquez tout? ouL Le génie est une entité... Tout en lui a sa raison d'être. H est parce qtCil est. Son ombre est FeuTers de sa clarté, sa fumée Tient de sa flamme. Son précipice est la condition de sa hauteur. Nous aimons plus ceci et moins cela, mais nous nous taisons là o% nous sentons Dieu.
€ Ces esprits suprêmes, une fois la Tie achevée et Tœuvre faite, Tont dans la mort rejoindre le groupe mystérieux et sont probablement en famille dans l'infini. » [Shakespeare^ 2* édition.)
Est-il besoin de commentaires? Cette théorie
est du romantisme peut-être, mais c*est surtout
du césarisme et du fétichisme, ces deux grands
avilissements de l'homme. L*auteur énumëre les
génies littéraires et dit : t n est entendu que nous
€ ne parlons ici qu'au point de vue littéraire. »
Les autres points de vue ont évidemment aussi
leurs hommes-providences. M. Dumas fils a bien
appelé Napoléon le plus grand poëte moderne ; et serait-il possible de préconiser des messies littéraires sans répandre le culte des génies politiques? Demander la grandeur d'un siècle à l'intervention d un homme, messie ou génie, dieu infaillible et impeccable, opérant les diverses variétés du miracle, cette doctrine est faite pour l'esclave... L'homme libre demande la civilisation au développement de tous par la liberté. Diviniser le génie, c'est prêcher l'abdication du reste des hommes, c'est détrôner l'humanité. Mais quelle sera la marque de fabrique divine, le poinçon de garantie de ces miracles? Qui distinguera le talent du génie, le dévouement de rhomme,de la mission du Christ? Je ne sache pas d'autre moyen que le succès, et c'est ainsi qu'on a adoré les Néron et canonisé les Saint-Dominique! € Dieux soters, dieux évergètes, . dieux épia phanes, dieux philométors, dieux philadel- « phes, dieux philopators ! » cette énumération sarcastiquedel'auteur peut être continuée : dieux lyriques, dieux dramaturges, dieux du réalisme, dieux du romantisme, dieux de YOdéon et de Y Ambigu^ dieux des cabinets de lecture et des portières, dieux du monde, du demi-monde et