LIV. II. — L'ÉCRIVAIN
osons conclure que c'est ainsi que Ton s'expose à ne léguer à l'avenir que les faux chefsd'œuvre de l'orgueil, que la décadence des mœurs, et pas un homme :
Mille illustrations et pas un caractère 1
Nous osons dire, au contraire, en face du ciel et même en facedu génie, que, si l'on veut représenter notre siècle dans l'histoire par des chefs-d'œuvre et sauver la société et son pays par le progrès, il faut que l'écrivain, loin de se croire un dieu au premier succès, fasse de lui-même, en tout temps, un homme, dans cette haute acception du mot qui fait de l'être libre, intelligent et moral — moral surtout — le chef-d'œuvre de la nature.
Si non, de même que notre époque — en France surtout et ailleurs encore — n'a guère produit que des ébauches de progrès, que des chartes toujours à refaire, que des triomphes avortés en empires, — il se pourrait bien qu'elle ne laissât que des chefs-d'œuvre d'un jour et des idolâtries provisoires.
Ces premières conditions de moralité sont relatives à l'écrivain, et tout « subjectives »
comme diraient les philosophes. Il en est d'autres que l'étude de l'art peut trouver dans son « objet. » La première pensée de l'homme du devoir qui embrasse une carrière, est de connaître sa route, de se garantir des surprises de l'erreur, d'éviter les conseils de l'ignorance : Science, c'est honnêteté.
Étudions donc les œuvres. Après avoir vu Tàrbre et la greffe, voypns les fruits.
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