II. — LOGIQUE DE LA CONSCIENCE
L'amour est l'éternel thème de la poésie. Entre la possession brutale de la femme, aux premiers temps de barbarie et les fadaises immorales d'un art efféminé; entre les combats èfinglants pour une esclave et l'apothéose romanesque de l'adultère , la vraie poésie connaît l'amour dans sa fraîcheur de fleur nouvelle, dans sa vérité de loi éternelle. Elle chante la beauté et ses triomphes involontaires; la grâce naïve des vierges, les premiers élans de l'âme qui s'ouvre aux parfums de la vie ; la grâce sérieuse, la beauté mûre, les trésors de tendresse, d'honneur et de' dévouement de l'épouse; les luttes sublimes du devoir, les victoires glorieuses du cœur. — Montrer comment aiment les âmes droites, comment les
nobles natures agissent dans toutes les difficultés des passions, comment Tamour, allié du devoir, se tire du danger des situations fausses, voilà Tune des immortelles fonctions des lettres. D'autres temps y ajoutent les combats de l'idée, les rêves sociaux de l'avenir. Cette fonction du poëte est de tous les temps et de tous les pays, elle constitue l'uni verselle unité de l'art humain. Le thème est immense, les questions philosophiques l'élargissent encore. La chair et l'esprit se trouvent en présence dans l'amour plus que dans toute autre passion de l'homme. L'amour le plus pur, dans l'âme la plus innocente, conduit fatalement au désir de la possession de l'être adoré. Cette loi de la nature, acceptée simplement par l'humanité, considérée comme une malédiction par les esprits mystiques et par les cœurs blasés, fait crier par Tertulien à la femme : « Tu es la porte de « l'abîme infernal ! » arrache à lord Byron le sarcasme de l'anathème : « L'amour est un « lev/rre qui nous force à la reproduction de « l'espèce, » et le mot a été répété : « Quelle « gloire peut trouver le fort (Dieu) à leurrer le «faible?» (G. Sand.)
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Cette idée de rantagonisme des sens et dô l'âme, a dicté le roman de Lélia.
L'amour, vraiment humain, est l'harmonie de toutes les ifacultés de l'homme. Lélia ne veut y voir qu'un antagonisme des sens et de l'esprit : « Vous me faites pitié, dit-elle à Sténio, « ce nest pas une âme que vous voulez, c'est une « femme. — C'est l'une et l'autre, » dit Sténio.
Sténio a raison, et raison quand il ajoute : « C'^st le vœu de la nature; » il aurait pu dire : La4oi de la -nature.
Mais' Lélia ne l'entend pas ainsi. Lélia est en révolte ouverte contre « sa guenille ». Que fait-elle pour montrer au poëte Sténio « le néant » de l'amour physique? Elle lui livre, sous son masque, une courtisane, qui est sa sœur; et le poëte : « Tu m'as fait connaître les € délices dii Ciel ! » Mais, quand il reconnaît son erreur, Sténio maudit Lélia. Lélia « plus près « que lui du Ciel, » ou plutôt « la Destinée » lui a donné « une leçon terrible » : 'la « science de « la vie ».
Disons-le tout de suite : cetteVcience est tout bonnement fausse et cette leçon tout simplement immorale.
Que Terreur ait été possible à l'ivresse des sens, qu'elle soit vraisemblable dans les passions vulgaires , soit ! cela peut s'admettre dans la réalité de la vie brutale, ' cela est inadmissible dans la logique du cœur. Cela se conçoit dans ces % pavillons d'Aphrodise » qu'invente une imagination débauchée, mais non dans le sanctuaire de l'art. Il n'est pas une fibre de la conscience qui ne se révoltât, et. la chair elle-même protesterait, par cet instinct qui fait fuir l'animal devant son ennemi naturel, qui dénonce au sauvage la plante vénéneuse, ou qui nous fait frémir devant une araignée ou une couleuvre. Mais Sténio ! l'homme de génie et l'homme de cœur ! Sténio ! le grand poëte et le noble amoureux ! Sténio, qui vient de repousser cette Pulchérie, Sténio qui « la méprise et « quilahait » , Sténio, dans lesbrasd une infâme, a pu se croire sur le cœur d'une héroïne de pudeur et de fierté ! Non ! Sténio, et non seulement Sténio, inais tout homme simple, tout noble amant, eût bondi sous ces baisers, comme sous la bave d'une vipère.
« Le plaisir des sens peut exister isolé de « tous les plaisirs du cœur, de toutes les satis-
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€ factions de l'esprit. » — Telle est la leçon que Lélia a voulu donner à son amant.
Pigault-Lebrun nous montre un de ses héros louant, par ton, une maltresse en titre, sans trop savoir qu'en faire. A la première leçon qu'elle donne à ce Daphnis : « N'est-ce que cela? » dit-il. A la seconde, il la paie et la renvoie. Cette scène, grivoise comme le roman, est loin d'être immorale ; elle enseigne en riant que le plaisir est vain sans l'amour. Fallait-il tant de frais de déclamation et de fausse poésie pour prendre à Pigault-Lebrun son juste « n'estce que cela? » dirigé contre la débauche et pour l'appliquer comme une impiété à l'amour même ?
c C'est moi qui serais humiliée et abaissée, écrit Lélia, si je vous avais servi de flambeau
< pour descendre dans ces alîmes du néant et de
< la solitude. . . »
Non, Madame! votre époux n'eût trouvé dans vos bras ni le néant ni la .solitude; il y eût trouvé le vrai, l'honnête, le légitime amour, qui est autant un « besoin du cœur » qu'une € fièvre du cerveau ». Quoi! il rêve déjà « le ciel » sur le sein d'une femme, rien que parce
qu'il croît que c'est vous; et cette impression, qu'il eût gardée toute sa vie si votre génie infernal n'avait pris soin de le dissuader, il ne l'aurait pas trouvée — je ne dis plus sui* votre cœur, les Lélias n'ont point de cœur et je n'ai pas à vous relever à vos propres yeux — mais sur le cœur d'une femme honnête ! Ne mentons pas à l'amour, ne blasphémons pas la nature! La débauche rend triste : Omne animal triste. Mais l'amour épanouit tout notre être; loin de se sentir dans l'abîme, on se sent plus fort, plus noble, plus grand : complet. Loin d'avoif l'âme abaissée, on se sent les ailes du bonheur, du courage, du dévouement, et comme l'envoi'gure entière de la vie.
Cette expérience d'ailleurs n'en est pas une. Sténio a été trompé, il ne s'est pas tromr pé ; ni l'esprit ni le cœur n'étaient absents de a cet. abîme». Le poëte croyait tenir dans ses bras son idéal, et les plaisirs des sens n'étaient pas isolés. Sténio eût repoussé celle qui représentait pour luiTamour sensuel. S'il avait été un héros de l'idéal, comme Lélia est l'héroïne du septicisme, il ne se serait pas même laissé prendre, il eût senti sur le sein de Pulchérie ce
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que l'auteur appelle avec tant de convenance : € les baisers de toute une ville ».
Mais il y a quelqu'un qui vaut miéiïx que tous les héros, c'est l'homme. Un homme, rien qu'un: homme, pris à ce piège grosier, eût maudit Lélia, mais n'en eût que mieux compris le contraire de ce qu'elle voulait lui apprendre; il en eût méprisé davantage ce « plaisir isolé» , digne à peine des brutes, qui ne-s'accouplent que dans la saison, mais sûrement indigne d'êtres qui peuvent aimer. Un homme 6Ût maudit Lélia, mais il eût béni la nature d'avoir donné à cette fonction, la plus importante de la vie, un attrait sublime, où toutes les facultés humaines : le sens du beau, les affinités de l'esprit, l'élévation du cœur, l'enthousiasme de la conscience, concourent à reproduire l'être intelligent, moral et libre, qui s'appelle l'humanité.
Une protestation contre les sens ! f&fflaît-il la mettre à tout prix en roman? c'est la scène contraire qui eût été vraie. Sténio eût senti la vipère, eût montré que le cœur seul consacre l'amour, et Lélia peut-être serait devenue une femme.
Mais Sténio s'éprend comme un sot, blas-
phème comme un lâche, et couronne les inconséquences du livre par un de ces actes d'héroïsme qui dégradent les lettres françaises : il se jette à corps perdu dans la débauche. Quant à Lélia, elle triomphe! Mais elle n'est ni femme, ni artiste ; elle n'a ni corps ni âme ; on dirait un de ces êtres que des excès ont rendus incapables d'aimer et qui jouent avec le bla? sphème.
Proscrire une faculté de la vie de sa légitime -. activité, c'est risquer de la jeter dans l'action désordonnée. Ces fausses malédictions ne peuvent être inspirées que par l'excès du mysti- >^ cisme chez les ascètes, victimes du célibat, ou par la lassitude de l'abus des plaisirs. Débauche de l'esprit ou des sens, elles ne sont ni justes, ni humaines. Mais, mettre ainsi en scène cette proscription, donner une parure obscène à un être privé de sens, une odeur de mauvais lieu à des rêves de cloître, c'est trahir ce qui peut rester de juste à l'idée; c'est trahir la nature, la vérité, l'art ; c'est manquer à la fois à toutes les conditions philosophiques et morales des lettres.
Le grand écrivain qui a écrit Lélia et ilT*' de
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la Quintinie^ a dît cela en meilleurs termes que je n'ai pu le dire.
« L'amour... n'épuise que ceux qui en font deux parts, une pour l'âme qu'ils n'ont pas, Tautre pour les sens qu'ils croient avoir et qu'ils n'ont pas davantage probablement, car le rôle des sens chez les animaux est plutôt rage, souffrance par conséquent, que jouissance, c'est à dire bonheur. Le moi plaisir est ici un non sens. Je ne crois pas qu'il y ait plaisir où il n'y a pas joie, à moins que vous n'assimiliez l'amour à tous les autres appétits matériels: Et pourtant ces appétits, l'homme, toujours avide de raffinements, les aiguisé avec recherche. Il épure et assaisonne la nourriture de son corps. Il met son sommeil à l'abri du froid, du chaud et du trouble ; ses yeux se détournent de ce qui les choque, et ainsi de toutes les fonctions de son existence ! Quoi ! l'amour seul resterait bru-tal, et la plus divine, la plus providentielle de nos aspirations ne serait pas ennoblie par l'effort de notre raison et les ivresses de notre pensée ! Non, je n'admets pag , je n'admettrai jamais ce fartage de V esprit et de la nature dans ua acte de la vie où Dieu intervient si miraculeusement. »
Et comme pour donner en tout point raison à Proudhon ^ l'auteur ajoute:
«De tout ce dont l'homme a abusé, c'est certaine-
1 Voir, p. 38.
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ment Famoiir qu fl a le plus perverti, et méconnu. . . et ceci est ïœnzre funeste dm christianiswu wmI CAlendm > (Modela QuiMiiBie.)
Il y a près d'un demi siècle qn*une jeune femme qui, se sentant née pour une autre vie que pour l'enfer d'un mariage mal assorti, osait regarder en face le ciel des amants et des poètes et jetait ainsi à l'amour l'anathème. L'œuvre était violente et forte ; on était en plein romantisme ; le drame échevelé régnait, peu soucieux du vrai et ne craignant pas d'atteindre à l'émotion physique par le faux moral. Le jeune écrivain, sans autre guide, après les rêves du couvent, que l'irritation du malheur ; sans autre maître, après le mari du code civil, que le goût dutemps,8ejeta dans le genre à la mode et y montra du génie.
Aujourd'hui, le romantisme a cessé d'être; l'opinion a jugé ; l'Académie a refusé le grand prix littéraire au grand écrivain à cause de l'immoralité de ses premières œuvres; l'auteur de Lèlia a corrigé ce roman et prononcé sur la mission des lettres de graves paroles qui devraient être moins oubliées que ses premiers livres r on pourrait donc penser que cette étude est oiseuse.
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ailleurs que dans un ensemble de recherches sur les conditions du beau, autrement que comme un exemple célèbre et de science acquise. Ce serait étrangement se tromper sur les effets de la corruption du goût. Lélia survit à ellemême et ce n'est pas sans surprise qu'on retrouve la scène capitale de ce livre dans un roman, publié en 1869 par cette même Be^ue des. deux Mondes qui tant de fois a fait justice de ces tendances. Ce roman est Ladislas BolsM ^
Ce n'est pas sa sœur, c'est sa femme de chambre que Madame de Liévitz se substitue pour tromper Ladislas. Mais la Lélia russe ne parle pas autrement que son modèle d'il y a 40 ans: « Partant d'un éclat de rire aigre, elle « s'écria : .Et voilà ce que c'est que l'amour ! »
Nous avons préféré nous occuper de la vraie Lélia. Car, outre le mérite de l'invention, Gr. Sand a cette incontestable supériorité que le dénouement est dans le sujet, répond à la thèse ; que, l'idée étant donnée, rien ne pouvait être ima giné de plus saisissant pour la mettre en action et la faire vivre. Ici, au contraire, le sujet étant autre, le dénouement est le même, et cela jure.
* Par M. Cherbuliez.
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L'emprunt a fourvoyé l'auteur ; pour imiter, il s'est jeté hors de son cadre et son modèle lui a fait perdre de Vue son tableau.
La thèse de Ladislas BolsM est morale et utile. Sous le nom d'un polonais, l'auteur fait agir un caractère dont l'enseignement pourrait servir à mainte nation, à maint parti de notre connaissance. Il a voulu montrer le défaut de l'armure de ces hommes qui ne voient l'héroïsme que dans les coups de tête ou dans les coups de feu, qui servent la patrie en Don Quichottes des barricades et le progrès en coureurs d'échauffourées. La fbugue et la témérité ont leur heure ; quand elle sonne, l'homme de volonté est au poste. Mais combien les patientes vertus et les labeurs opiniâtres, la lutte obscure de l'idée et les martyres modestes du devoir servent mieuxle progrès, etquede terribles écueils ne risque-t-on pas de rencontrer sur cette mer de l'héroïsme ! La facilité avec laquelle on se jette aux aventures brillantes, menace de nous mener de même aux plus grandes fautes, et la passion n'excuse pas plus les unes qu'elle ne rend sublimes les autres.
Ladislas est un de ces hommes. Il fait des
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prodiges d'audace et tombe en de méprisables faiblesses. L'amour d'une Lélia russe lui fait trahir son amour de la patrie. Ce caractère, bien inventé, eût été jusqu'au bout bien tracé si l'auteur n'avait eu l'idée de greffer sur cette thèse utile, — nous dirions volontiers : patriotique, — un dénouement célèbre, fait pour un autre sujet.
Ladislas, traître aux yeux de son parti, déshonoré à ses propres yeux, est amoindri aux yeux de celle qu'il aime. M*"* de Liévitz ne comprend pas ses remords : elle est russe ; elle eût voulu le voir traître sans regrets. Mais il ne porte pas son crime avec la force « d'une volonté qui pense » , et elle ne l'aime plus. Bien de mieux. La punition sort ainsi de la faute, pour tous les deux : Entre la femme qui demande pour preuve d'amour une trahison et l'homme qui la lui donne, il n'y a plus de place pour un noble amour.
Mais pourquoi cette femme ne dit-elle pas la vérité? Elle se vante de n'avoir jamais menti ; qu'est-ce que cette substitution sinon un affreux mensonge?
Deux dénouements naturels se présentaient :
— ' Ou cette femme, que l'auteur montre à la recherche d'un grand amour et qui croit le rencontrer dans cet héroïsme et en trouver une preuve dans un sacrifice criminel, eût rempli sa promesse; dans le premier transport de son succès, elle eût aimé; mais hientôt les deux amants auraient trouvé la coupe amère;le spectre de Banque se serait assis au festin : pour l'un le souvenir de la Pologne trahie, pour l'autre la dégradation de son amant parla preuve même de son amour. Un crime existant entr'eux, ils en seraient venus à des scènes de reproches, de querelles, de haine, dont Benjamin Constant nous a donné un tableau profond. Si l'auteur avait besoin d'imiter quelque chose, ce n'est pas Lélia^ c'est Adolphe qu'il aurait du prençlre pour modèle. — Ou plutôt, car l'imitation ne vaut rien. M"* de Liévitz eût regardé à temps sa victoire comme un malheur, elle eût dédaigné un homme- qui se déshonorait pour elle et l'eût repoussé comme ces tyrans qui poussent à la trahison, sont servis à souhait, et font pendre le traître.
Qu'était-il besoin de mêler à cela le blasphème de Lélia : « Voilà ce que c'est que Tamour 1 » L'imitation n'a ajouté au sujet qu'un sarcasme
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Chap. Ie^ - €MISÈ EN SCÈNE (DE VIDÉE. 155
de Méphistophelès contre Tamour. C'est contre un faux héroïsme qu'on attendait une sentence. Le sujet y a perdu sa netteté et la conclusion sa portée.
On peut se demander en outre, si l'amour d'une femme dévouée à l'humanité — comme l'auteur représente M""' de Liévitz, sauf à contredire ce caractère eii en faisant l'instigatrice d'une trahison — n'aurait pas pii avoir une noble influence sur un homme épris de l'amour de la patrie. Deux caractères étaient en présence : une grande âme pratiquant le progrès social par une bienfaisance largement coinprise, et un homme rêvant la même œuvre de liberté et de progrès par la révolution violente. Deux politiques opposées, servant le même but, étaient rapprochées par un violent amour. Qu'était-il besoin de mettre entre ces deux systèmes, entre ces deux dévouements, entre ces deux amants, un crime ? Ce principe supérieur du progrès par les mœurs, représenté par une noble femme aimée, ne pouvait-il transformer la fougue mal ordonnée du révolutionnaire : Slavus sultans; développer en bien ce caractère impatient du mieux, et le rendre aux véritables voies de Thu-
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manité, du bon sens et de l'héroïsme? Mais le romantisme était là, imposant encore ses errements. L'auteur a imité Z^?«âJ et l'œuvre n'aboutit point. Les œuvres fausses pèsent longtemps et lourdement sur les littératures perverties.
Respect aux puissances de la matière qui nourrissent l'humanité par le travail, et la reproduisent par l'amour. L'homme a le droit et le devoir d'exercer toutes ses facultés, dans un égal respect de soi-même et des autres. Il n'y a rien d'ignoble dans la nature : Pudeur n'est pas honte. Rabaisser les appétits naturels à des fonctions viles, c'est ravaler l'homme jusqu'à la brute, et qu'on s'étonne alors s'il traite la femme comme une femelle, l'amour comme un vice, le mariage comme une spéculation ! Élevez l'homme, au contraire, élevez-le j usque dans sa chair et ses os, qu'il apprenne à se respecter dans ses sens comme dans son honneur, dans la vie du corps comme dans l'exercice de Vesprit; enseignez-lui la sainteté d'une fonction qui lui a donné une mère ; qu'il sache que toutes les facultés sont nobles, dont on fait un noble usage,
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