‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiques (volume 2)Chapitre 18 sur 61 · II. -^Dê la chuêe de Veau mr là surface des cofUinenis · texte numérisé non relu

II. -^Dê la chuêe de Veau mr là surface des cofUinenis

On a cra également pouvoir faire servir à la mesure du temps, les changements que produisent sur la surbœ de la t^re certaines cbufes d'eau. Le creusement formé par plusieurs cascades, sur les rocbers qu'elles I)arcourent , étant proportionnel , jusqu'à un certain

poiot^ au moment où les eaux courantes ont commencé leur action , on peut, en comparant les effets qu'on kup voit produire dans un temps donné, arriver jusqu'à k date de leur origine.

On est parti de ce principe simple pour étudier les grandes chutes d^eau, et on a cherché à recoonaitre, par inobservation directe, où elles ont commencé. La célèbre cascade de Niagara, est une de celles qui a attiré, à cet égard, lé plus com platement Tattention.

Le lac Érié, supérieur au lac Ontario, communiqua avec celui-ci au moyen de la rivière de Niagiira, qui^ aux deux tiers de sou cours, produit la ms^nifique ça»* cade connue sous le même nom^ Cette chute d'uuQ immense quantité d'eau , n'a pas moins do cinquante ,mètres de hauteur. Gomme l'escarpement du haut duquel se précipitent les eaux du Niagara fait une wl^ lie considérable en avant des rochers coupés à pic, on peut passer au-dessous de cetta cascade et en admîm: les effets magnifiques.

Le scMKimet de cet escarpement est recouvert par une eoudieealcairetaaes épaisse, qui n*a pour tout support que des banoa d'uq terrain marneux qui se désagrège avec la plus grande facilité. Il résulte de cette dispo^ aitîoB, que le terrain inférieur s'excave par derrière la cascade et laisse en surplomb le plateau calcaire du haut duquel le fleuve se précipite. Le poids des eaux

oblige le plateau ainsi dégaroi de sa base» à s'ébouler dans le ravin inférieur.

11 en est du fleuve, comme d^une nappe d^eau qu'on laisserait tomber sur une table de marbre et qui se verserait à Tun des bords. Â la longue, elle creuserait une rigole qui marquerait dans la table une entaille de plus en plus profonde. La cataracte agit tout à fait de la même manière ; mais on ignore quelle est la vitesse avec laquelle Teau ronge les bords de son déversoir. On ignore également si le rocher calcaire sur lequel elle s^écoule a toujours eu la même dureté y et si les eaux du fleuve n'entraînent pas, aux époques de leur débordement, les cailloux roulés qui doivent augmenter nécessairement leur action. Malgré cette ignorance , on a prétendu, sur le récit de quelques vieillards , qui disent avoir vu dans leur enfance des arbres et d'autres objets fixés sur le rivage plus rapproché du lac Ontario, pouvoir évaluer ce déplacement et le porter à environ 53 mètres (400 pieds), par cent ans.

Estimant ensuite la longueur totale du ravin , dans son état actuel, à environ 40,000 pieds, on a supposé qu'il avait fallu 40,000 ans à la cascade, pour parvenir du point d'où elle est partie à celui où elle est arrivée maintenant.

Enoncer de pareils calculs, c'est en quelque sorte en démontrer la futilité ; mais fussent-ils exacts, il faudrait, pour reculer d'autaut la datede i'apparitionderhomuie.

prouver qu'ils n^onl commence qu'à celle époque. Ce point de fait est démenli par toutes les observations ; il est assez prouvé que bien avant les temps hisloriques^ les eaux courantes avaient eiercé leur action sur la surface de la terre, et même avec une plus grande intensité qu'actuellement.

Sans doute la chute du Niagara avait lieu autrefois à la hauteur de Queensten ; néanmoins , par Taction de Teau sur la pierre, elle a considérablement reculé et se rapproche du lac Érié, puisqu'elle s'est

écartée du lac Ontario, dont elle a fait écouler les

eaux. Les effets tentés pour apprécier, d'après la marche de ce recul, observé depuis environ cinquante ans, le temps nécessaire pour apprécier la coupure du banc entier du rocher calcaire et faire déborder le lac, ont été sans aucun résultat. Aussi des géologues Anglais , et entr'autres le professeur Rogers, ont nié cet effet des eaux. Us ont attribué le creusement de la gorge profonde dans laquelle coule le Niagara , à un immense courant diluvien, dont d'énormes blocs de siénite qui ont occasionné dans le lit de la rivière de nombreuses rapides, font reconnaître l'existence et la direction. D'après ces observateurs, tout ce qui peut produire le creusement actuel , se borne à un chenal incliné.

Lorsqu'on considère la manière dont l'excavation continue , le tout semble avoir été creusé de la même

manière y d^autant que rensemble de la gorge parait avoir la même origine. Celle circonstance ne fait pas, cependant y que Faction des courants diluviens ait été sans effet sur un pareil creusement. Mais ce n'est point y comme on pourrait le penser, la force de la masse d^eau tombant avec violence sur les roches calcaires qui les désagrège et les détruit ; car cette eao se réduit promptement en une poussière terne, dcmt Taotion directe est presque sans influence*

Elle dépend d'une toute autre cause, et celle-d est bien simple. Au-dessous du calcaire lias, on observe des marnes schisteuses^ qui, très avides d'eau, en prennent des quantités considérables. Lorsque la sédieresse arrive ou la gelée» ces marnes se délitent, et leurs débris sont ensuite entraînés dans le ravin inférieur. Sans doute , les roches calcaii*es résistent davantage k toutes ces influences ; mais |»rivées 4e leurs supports , elles s'éboulent avec eux, et sont ainsi oontinuellement entraînées dans le gouflre que lee. eaux ont creusé à leur pied.

Comme les couches calcaires sont horiiontales et. que leur épaisseur est partout la m ème, il est probable que cet effet se continuera jusqu'à ^ce que le.lac Ontario soit atteint. Mais la rapidité de Vé rosion tient à tant de causes accidentelles, que M. Gibson a jugé, d'qftrès rinspectioB des lieux, quHL était bien difficile d^établîr quelques conjectures uir peu {probables sur sa

Biarcheiiitaire, et eoeore moias pour les iièeles paflséàw

Les cinquante années depuis lesquelles fattèntion a été fixée sur ce curieux phénomène, n^oiA fourni aucune donnée suffisante pour en évaluer les progrès. En effet^ comment pouvoir asseoir des calculs un peu précis, sur des circonstances aussi variables que Faction des ag^enfs extérieurs, et particulièrement celle des agents atmosphériques, et enfin les variations de dureté des couches sur lesquelles agissent les eaux courantes. Ces diverses causes ne donnent aucune prise h une pareille évaluation ; elles ne sauraient nous édairer sur la date à laquelle les eaux de la rivière du Niagara, alimentées * par le lac Érié^ ont commencé à s^écouler et à former la cascade dont la chiite du coté de TÂmérique est de 464 pieds anglais, et du cdté du Canada seulement de 4S8 pieds.

Aussi plusieurs géologues Américains ont|)en8é que lors même que la barrière calcaire viendrait à être complètement coupée, récoulemont des eaux du lac &e ferait pJus graduellement qu^on ne le présumerait au premier aperçu. La catastrophe dont les plaines voisines sont menacées , n'aurait donc pas les conséquences funestes qu'on avait prévues probablement très à tort

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Teffet des pluies ou des circonstances atmosphériques. 11 en est de même de la cascade elle-môme, soit celle qui correspond au côté de rAmérique, soit à la partie de cette grande chute d'eau, la plus rapprochée du Canada. H y a d'autant moins de doutes à cet égard, que d'après le dire unanime des habitants , le volume des eaux de la cascade de Niagara reste à peu près le même , quoique le lac Erié qui l'alimente reçoive un assez grand nombre de rivières. Plusieurs de ces cours d'eau proviennent des lacs supérieurs, dont le nombre et rétendue sont des plus considérables.

Un fait positif qui n'a point attiré l'attention des habitants, démontre combien leurs assertions sont fondées. Auprès de la chute d'eau et tout à fait aux bords du rocher duquel part la cascade , on voit de nombreuses plantes d'une assez grande ténuité qui brillent de la plus belle verdure; ces petits végétaux y prospèrent parce qu'ils trouvent dans les lieux où ils végètent une certaine abondance de terre végétale. Or, concevrait-on qu'il fût possible que cette terre et les plantes qui la couvrent , pussent se maintenir d'une manière permanente si les eaux du Niagara éprouvaient de grandes crues et entraînaient avec elles de nombreux blocs de rochers ? 11 en est de ces plantes comme de celles (foi tapissent les roches éboulées, placées à la aortie de la source de Vaucluse. Malgré rimpétuoaité et l'abondance des eaux qui en découlent, elles

n'arrachent nollement ces tapis dé verdure^ parce qu'elles n'entrainent avec elles ni cailloux roulés, ni roches fragmentaires.

Ces roches s'arrêtent à Niagara , bien avanjt la cas* cade, elles y produisent des tourbillons nombreux et des rapides qui rendent la rivière non navigable depuis le lac Erié jusqu'à Whirlpool. Mais depuis cette localité jusqu'au lac Ontario, le Niagara est favorable à la navigation ; aussi des bateaux à vapeur y sont-ils établis. Dans cette partie, les eaux sont fort calmés, quoiqu'elles soient profondémefnt encaissées, et que les bords de la rivière soient très escarpés. Cet effet n'a pas lieu audessus de Whirtpool , où les eaux sont extrêmement agitées, par suite non-seulement de leur plus grande impétuosité , mais encore en raison des nombreux blocs de roches qui ont été entraînés dans le lit deja rivière par les courants diluviens.

Par une attention digne de la sagacité des Anglais, le propriétaire de l'tle des chèvres ( Goai Isïand) , tout en établissant un jardin dans cette lie fort rapprochée de la cascade, a eu le soin de là conserver dans son état primitif, et telle qu'elle était au moment de sa découverte*

On rencontre^ ainsi que nous l'avons déjà fait observer, un grand nombre de lacs au-dessus de la cascade de Niagara, et il en existe également au-dessous; tel

est l'Ontario dans lequel s'écoulent les eaux de la rivière I. 18

de ce nom, et qui alimente le fleuve Saint*Laurent. Cette longue chaîne de lacs, qui se suitent, en quelque sorte, les uns les autres, semble ayoîr été creusée par ^ un oourant immense. On retrouve ces lacs depuis la rivière Mackensie , jusqu'aux frontières septentrionales de la Fensylvanie. On ne peut attribuer leur creusement aux eaux actuelles, même en doublant leur force éroeiveqni, comme on le sait, n'est considérable que lorsqu'elle est aidée par des cailloux roulés ou des roebee fragmentaires.

Le grand nombre et la naftire granitique et volcanique des blocs roulés que Ton retrouve partout dans cet immente intervalle , indique que la masse d'eau qui a dénudé «s vallées et formé tous ces profonds bassins , doit se rapporter aux temps géologiques. D'un autre e^, la distribution de ces blocs semble annoncer qu'ils sont parvenus de l'Océan pacifique. Le courant qui les a disséminés, parait être parti un peu au sud du détroit de Behring, poor ee décharger en partie dans le golfe Sainb-Laurtnt eten partie dans celui du Mexique. Aussi, ks débris des formations entratnées couvrent-eUes le sol sur les bords de TOhio et du Mississtpi, jusqu'à Natchez, vers le sud.

Énoncer des faits aussi gigantesques, c'est faire sentir que les causes actuelles sont impuissantes pour Im produire* Dèt^ors , puisqu^iis se rapportent aux époques géologiques , comment pouyoir asseoir sut eux

des eaioals propres à nons faire eonnattre la date de la Tenue de Thefnnie sur h terre.

de^qiie wm% veMns'de dire de 9a cascade de Niagara, ' peut également s^appKquer à toutes' les autres chutes* d'eau. Les mêmes circonstances se représentent aussi hien dans les eascadesée Ga^aroîe (FVaBce)^t dela'Staiibaeh (Sotese) qui font un saut perpendiculaire , à peu' pvés«oBfime}es cataractes eu Mfssovri, derOrénoque et du Parama ^Amérique), composées 'd'une suite de reasauls ftm ou mens «wsidéraMes, -qm tcMlbent de degrés en degrés. Les unes et les autres, quelle que soit la lipdieup de 'leBr chute ou le poiiM de départ du jet de leurs eaui, «unWeaiidu bassin étnïB lequel elles s^éooulent, sont toutes antérieures aux temps historiques; oar on ne eoneenrlfaît pas pourquoi elles n'auraient pas «ercé leur action, du moment qu'il y a en des eaos eoujmites sur la aui^laoe du gkrbe.

Ainsi, la «aaoadede HnVBrniè, la plus haute chute d'^au du moude^iMT mètres ou ilOKê pieds) et la der-^ niève oalaracteiéu Nil^iUBe de ceHes'dentia chute d'eau eal la plus ifoiMe (O^fETS , cm S pied^ , ont produit leovs iiffeto, non^wuiement dsMles temps géologîqties , mata même dans une époque assez ancienne, c'est-àdire , eeilooè les^pèts tertiaires oM été précipités^

8n «llet^par ittite du «oulèvement du sol secondaire/ cette époque a tu les mers intérieures se séparer de KOeéan^ elleB ioégatités de la surfece de la terre derenir

plus nombreuses et plus considérables qu'auparavant. Mais lorsque les grandes chaînes de montagnes ont été exhaussées , le relief du globe devenu nécessairement moins uniforme, ^inclinaison du sol a dû favoriser le cours des eaux courantes.

Comment ne point supposer qu^elles ont dû dès-lors commencer à exercer leur action? Les résultats de cette action ont été d'autant plus sensibles, que les eaux agissaient sur un sol dans un état de mollesse particulier, et qui venait d^ètre disloqué jusques dans ses fondements.

11 est bien difficile de distinguer aujourd'hui ces premiers effets de ceux qui ont été produits par les causes actuelles dont Tintensilé est bien moins grande. Mais, évidemment pour se servir d'un pareil chronomètre, afin d^apprécier la date de Tapparition de Thomme, ou celle du renouvellement du genre humain, il faudrait avant tout avoir distingué la partie de ce phénomène qui se rapporte aux temps géologiques , de celle qui a eu lieu depuis les temps historiques. Tant que cette distinction ne sera point faite avec une certaine exactitude, on ne'peut, ce semble, employer les faits relatifs aux diverses chutes d'eau qui existent dans toutes les parties du monde, pour déterminer un point aussi important de notre histoire, que l'est celui de notre venue sur la terre.

Du reste, Texlstenee des nombreuses cascades que

l'oD voit de toules parts répandues sur les contineuts et principalement dans les lieux les plus élevés y est ellemême une preuve qu^elles n*ont pas éprouvé de grands changements depuis les temps historiques. En eflet, peu d^entre elles ont été tranforméés en rapides, sortes de petites cataractes qui interrompent parfois la navigation de certaines rivières, surtout dans TAmérique Septentrionale. Gomme lenombre de ces rapides, produites par la diminution des cascades, est peu considérable en comparaison de ces dernières, il faut bien en conclure que les cataractes sont restées pour la plupart ce qu'elles étaient dans leur origine.

Mais ce qui nW pas moins remarquable, ces petites chutes d^eau ou ces rapides , beaucoup plus nombreuses dans le nouveau monde que dans l'ancien con* tioent, tendent, comme les cataractes, non-seulement à s'aplanir , mais même à s'anéantir entièrement. La diversité de leurs proportions , dans les deui hémisphères, le dit assez.

Cependant, malgré cette tendance manifeste, les rapides et les cataractes n'ont nulle part été comblées, malgré les causes actives qui tendent sans cesse à opérer cet effet.

Cette dernière circonstance a frappé tous les observateurs; car au lieu d'être formées, comme les cataractes, par une falaise brusque, les rapides sont dues à la l^nde inclinaison de certaines parties du terrain, sur

lequel coule on cours d'eau resserré de droite et de guttebe, par des bords élevés. DaM le premier eas » les précipices où tombent les grandes eholea d^eau , sont loin d'aivpir perdu leur profondeur, quelfoe considérable que soîtla ^anlilé des déblais qui y sont en- .trainéa. Dans le second, rinclioaisoades terrains où ae déversent les rapides, ne parait pas non plus avoir éprouvé de notables variations , depuis les G^OOO ou 7,000 années des tempa historiques.

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