‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiques (volume 2)Chapitre 19 sur 61 · III. — De Vactiondês eaux 4e$ kie$ mr Imrs bords et mr · texte numérisé non relu

III. — De Vactiondês eaux 4e$ kie$ mr Imrs bords et mr

Les eaux qui remplissent le sein des lace ont iMie double action ; la première s'exerce sur leurs bords qu'elles attaquent sans cesse lors de leurs crues ; la s^ conde, non moins puissante, est celle qu'on leur voit produire contre les- obstacles qui s'opposent à leur écoulement, action d'autant plus énergique que le volume et la rapidité de leurs eaux est plus considérable et leur chute plus grande.

Cette double action tend d^une manière constante à anéantir ces amas d'eab, surtout ceux qui se trouvent a des hauteurs considérables. Cependant les lacs élevés, comme ceux des plaines , sont enoore a peu près tout

entiers, eomnie 8'ik étaient d^hier. Now emâterons un exemple remarquaUe, il oinis est fourni par le lac de Balais, situé tout a fait au^desaous du pie le plus élevé du Canigou (Pyrénées-Orieotales.)

L^ial%rité de ce lae, eoooBie la plupart de ceux des hautewSy est d'autant plus surprenante que tous reçoî- Tent presqu^à chaque instant une grande quantité de fragments de rockers, de troubles et de limons qui au* raientdùlescombler et les faire disparaitreentièrementy à p^i près comme les mêmes causes ont anéanti les laos des temps géologiques pour lors si nombreux et si étendus. Comme nous ne voyons nulle part les lacs actuels se dessécher , malgré Tactivité des causes qai élèvent sans cesse le niveau de leur fond , il tant que ces causes n'aient pas commencé depuis des temps bien éloignés de nous.

te remplissa^ des bcs on des bassins lacustres, ou si Von veut T^Jianssement de leur fond ^ est un fait ausai général que celui qui s'opère dans les eaux ciiurentes, dont le fond s'élève aussi d'une manière eo»* stante, par suite dsa troubles qu'oUes enlraineni toujours avec elles. Celte actionna é^Iement lieu dans les lacs les plus étendus, comme dans les plus circonscriis; néanmoios^ les effets qu'elle a produits sont encore peu sensibles et peu avancés. Elle n'a diminué que d'une p^ite quantité leur profondeur prioûtÎYe. Leur niveau se trotive modifié dans des proportions tout

aussi faibles que des causes du même genre l'ont fait Tarîer dans les bassins marins , ce qui est surtout évident pour les lacs d^Aubrac , situés sur des plateaux d'une assez grande élévation.

Aussi la plupart des observateurs, et par exemple, Saussure, ont été frappés du peude changement qui s'est opéré dans le niveau de ces amas d'eau. Ce judicieux physicien cite comme un exemple remarquable de ce fait, le lac de Lucendro, situé à une lieue de Thospioe du Saint-Gothard.Ce lac long et étroit se trouve resserré entre des rochers élevés et escarpés, lesquels s'éboulent presquecontinuellement dans son lit. Une petite plaine termine cet amas d'eau ainsi encaissé. Cette plaine s'étend constamment aux dépens du lac par suite des avalanches et des débris des montagnes Toisines et plus éle* vées,. Cependant comme il existe encore et sans changement très sensible dans sa profondeur , il faut que les causes qui tendent à le combler, n'aient pas com* mencé depuis long-temps, d'autant que leur activité est aussi intense que constante.

Des effets anali^ues se font remarquer dans les lacs qui sont établis à de grandes hauteurs comme dans ceux des bas-fonds. Nous citerons parmi les premiers, celui d'Oo, dans les Pyrénées, qui est en quelque sorte enseveli entre des montagnes escarpées , d'où descendent continuellement des avalanches de rochers. Malgré son enoaissen^ent et la violence des éboulements qui s'y

opèrent , sa profondeur est encore de 74 à 75 mètres. Les rochers qui y tombent d'une manière constante se sont bornés à produire sur ses bords une sorte de talus qui n'est considérable que vers les points où les rochers tombent en grande quantité.

Le fond do lae a été si peu affecté parleur chute qu'ail présente une surface à peu près unie et horizontale dans la plus grande partie de son étendue , recouverte par un limon micacé fortement sablonneux. Tels sont les effets de toutes les causes actives qui tendent à combler ce lac d'Oo, remarquable encore sous un autre rapport*

11 y arrive un assez grand volume d'eau dont la chute produit la cascade de Séculejo ; sa hauteur totale n'est pas moindre de 340 à 342 mètres : ce qui peut donner une idée de la rapidité et de l-'impéluosité des eaux qui la forment. Cette cascade est coupée en deux parties par un avancement du rocher qui la détourne , un peu au milieu de sa chute. Malgré la force érosive des eaux, augmentée par les pierres qu'elles entraînent constamment, Tavancement du rocher sur lequel elles s'écoulent ne parait pas avoir diminué.

Cette circonstance est d'autant plus frappante, que la hauteur de la cascade a éprouvé de grandes différences de niveau depuis des époques assez rappcochées de nous.

On observe une décroissance notable entre les nombres publiés à diverses époques et ceilx qoe noua

devons à M. Boubée^doatles ob8ervatioD680Dtde4854« Ce géologue fait remarquer, relalivemeot a la hauteur de la (cascade du lac d'Oo, que la destruction de la roche soumise è rimpétuosité du torrent est extrêmement rapide y et cependant son avancement existe toujours. Les débris nombreux des pierres rejetées par la cascade et lancées dans le lac, ont dû en élever le ni veau ets'aug* menter dans le même rapport. Néanmoins^ ils n'ont formé autovr decetamasd'eau qu'une sortedelalas peu considérable dcmt Teffet a été de diminuer le centre do bassin. Mais cette partie ceotrak est encore fort étendue, surtout lorsqu'on la wmpare aux talus des rochers qui la bordent et la circonscrivent de toutes parts. Ces causes ont nécessaireaient réduit la hauteur de la. cascade par ses deux points extrêmes, et modifié la forme du lac; maia leurs eflels sont bien peu sensibles et bien peu avancés.

Vf.^Dératiimdêêêaux âM$tê$eêmti$Mmiirfûki9Ê(

Le carbonate de chaux, quoique insolubledansTeau, eat continuellement entraîné en dissolution par les eaux souterraines. Cet effet a lieu parce que ce sel est soluble dans un excès d'acide carbonique, surtout lorsque la pression eet considérable, comme celle qu'on

peut présumer exister ao-dessous d^noe oerUioe épaisseur de couches terrestres. Aussi la plupart des baux souterraines contiennent des quantités plus ou tnoias notables de sels calcaires.

Ces sels se précipitent dès que les eaux qui eofsoiit chargées ont le contact de Tair» Tacide carbonique s'édiappant par suite de la dîminuticm de pression que ces eaux éprouvent. H se produit dans ^intérieur des cavités souterraines, comme au-dahors^ d'abondants dépôts de matière calcaire, lesquels y forment des stalagmites et des stalactites.

Malgré l'abondance de ces dépôts et la pi^omptitude avec laquelle ils s'opèrent , on ne voit dans aucune (iaveme les passages , ni les moindres fissures bouobées par ces amas de maitière calcaire. Le uMHnent où ils ont commencé à se précipiter ne d(Ht donc pas être fort éloigné, puisque, malgré la rapidité de leur mardie, leurs effets sont eneore si peu sensibles.

Ponrdooner une idée de cette rapidité, nous citerons un fut assez remarquable, dont nous pouvons garantir Texactitude, ayant les pièces qui le confirment dans nos collections. M. Marsolier descendit , en 4782, dans la grotte des Demoiselles, pi*ès de Ganges (Hérault); il y laissa une mâchoire de cochon. J'y pénétrai moi*mèfiae en 1M7, c'est-à*dire Irente-èinq ans après. Je mis le plus grand intérêt à retrouver la mâchoire que M. Marsolier y avait déposée; probableftient sans les indications

précises qu^il avait données , je n^y serais pas parvenu. Je découvris celte mAchoire, adhérente à d^autres stalagmites ; elle était recouverte par une couche d^albfttre calcaire, d'une épaisseur de 6 ou 7 centimètres et de la plus grande dureté. En calculant, diaprés ce fait, la marche des dépôts slalagmitiques, leur résultat parait au-dessous de celui des autres phénomènes naturels.

En effet, 4,000 ou 5,000 ans ne sont nullement nécessaires pour les concevoir et les expliquer; car presqu'aucune des fentes ou des fissures les plus étroites de ces cavités n'ont été obstruées et encore moins bouchées. Cependant ces fissures y sont en grand nombre ; si les stalactites et les stalagmites qui s'y précipitent d^une manière continue ne les ont pas fermées , leur précipitation ne peut dater de très loin.

Il en est de même des autres dépôts, qui se forment dans le sein des eaux courantes ou dans les eaux stagnantes. Quoiqu'ils se produisent très vite , ils sont généralement peu avancés. Les concrétions calcaires de Saint-Philippe en Toscane^ de la Hongrie, de la Silésie, et de la fameuse source incrustante de Saint-Allyre, près de Clermonl en Auvergne, en sont une preuve frappante. Il en est également des calcaires incrustants, qui, en Ecosse, ont saisi et pétrifié avec eux les graines des charaignes d'eau (chara) qui vivent dans les lacs de cette contrée. Ces formations n'ont nulle part une grar Je étendue.

Des considérations analogues ont conduit M. Malbos à admettre que Tezamen des diverses concrétions que Ton découvre dans les cavités souterraines pouvait ser« vir à constater Tépoque des cataclysmes qui ont ravagé la surface terrestre.

Voici de quelles données il est parti pour arriver à un calcul approximatif des deux cataclysmes distincts et successifs, qu'il a admis diaprés les faits observés par lui dans les cavernes du Vivarais.

Il possède une stalagmite brisée qui a été renversée sur place ; elle offre 56 pouces de longueur. Le suinte* ment de la voûte qui avait produit cette stalagmite, continuant à tomber sur sa base, en a formé une seconde, perpendiculaire sur Tautre, d'environ 44 pouces, laquelle se trouve incrustée à l'extrémité de cette base. Six autres petites stalactites s'élèvent sur sa longueur.

D'après le calcul adopté par Tauteur que nous venons de citer, le déluge de Moïse remonterait à 3490 années avant les temps actuels; ainsi 56 pouces, longueur totale : 44 :: 5490 : 4357; ce qui porte Tépoque où cette stalagmite a été renversée à peu près à Tinvasion des Gaules par les Francs. Une stalagmite exactement dans les mêmes conditions et aperçue par le même observateur dans une grotte du côté de Joyeuse (Ardèche), offrait les mêmes proportions, à très peu de chose près.

L'auteur conclut de ces faits et de plusieurs autres non moins curieux, ainsi que du peu d'épaisseur de la

terre, et de la iaîble ancienneté des deltas et des tourbièree, que la dernière rérolution du globe a eu lieu depuis environ cinq ou six mille ans. Sans doute, il est diffieite d'asseoir sur de pareils faits , des calculs précis ; car Taccroissement des stalactites ne peut être régulier» des circonstances accidentelles pouvant y apporter de grandes variations ; mais ce qu'il importe de fMi)D remarquer, c'est qu'en évaluant cet accroissement d'après la marche que nous lui voyons suivre, il ne pa^ ratt pas avoir commencé depuis une époque indéfinie.

Cette époque paraîtrait moins reculée encore, si Ton admettait que les pluies ont été plus considérables et plus fréquentes après le déluge, ce qui peut ne pas être sans quelque probabilité. Les eaux en pénétrant avec plus d'abondance les bancs calcaires , les concrétions de cette nature devaient s'augmenter plus rapidement qu'aujourd'hui. Mais pour la solution de la question que nous nous sommes proposé d'éclaircir^ il n'est nullement nécessaire d'aller ju6ques4à«

Les concrétions siliceuses déposées par les eaux thermales , marchent également avec une grande promptitude. Telles sont celles qui se forment auprès des geysers de Hrlande, du Mont-d'Or, en Auvergne, et de tant d'autres contrées. Ces concrétions marchent si vite , même celles dont le dépôt a lieu dans les eiroonstances les moins fi^vorableS; que les poutres d'un p<mt

bâti sons Trajao ont été en quelque sorte silieîJBiéefl dans le sein des eam du Danube.

On observe à Senectère, en Autergne, des elments romains qui enveloppent des fragments de poutres, couverts de cristaux d'arragonite dont le bois a été pénétré. Ces cristaux ont une épaisseur assez considéra* ble pour fiiire présumer, que si leur formation avait eu lieu depuis des temps indéfinis, elle devrait avoir produit de plus grands dépôts, et opéré de plus grands enett*

Nous pourrions encore citer les bancs de pierre calcaire des environs de Messine, lesquels sont assez épais pour être exploités comme pierres è bfltir. Ces bancs calcaires sont cependant loin d'avoir une étendue de quelques milliers de mètres. Toutes les circonstances qui les accompagnent prouvent la nouveauté de leur origine; et d'un autre côté, les calcaires non moins singuliers des côtes de la Guadeloupe, ont leur ftge fixé par les débris de notre espèce.

De pareils bancs ont été précipités aux Antilles^ à Saint-Domingue, sur les côtes de la Méditerranée, surtout en Italie; mais partout on juge, d'après leur puissance, que leur commencement n^est pas très éloigné. n se forme également dans le bassin des mers, des grès coquilKers. Ces grès y sont produits par Tagglutination des sables réunie par un ciment calcaire, lequel saisit les fragments de coquilles^ et en compose des

masses plus ou moins éteudues. D'autres fois ees concrétions sont ferrugineuses, ou formées par des cailloux roulés, empfttés par un ciment calcaire.

Les coquilles qui périssent dans les mers actuelles s'y pétrifient de la même manière que celles des temps géologiques Tout fait dans le bassin deTancienne mer. Ces coquilles sont ensuite rejetées sur le rivage ou délaissées par les mers, à mesure qu'elles se retirent des côtes; mais on ne voit point qu'elles aient jamais formé des dépôts d'une certaine étendue sur les côtes du midi de la France, ni sur celles d'Alger, où ce phénomène parait avoir cependant une assez grande importance.

Les divers dépôts qui se préparent dans les cavités souterraines, ou ceux qui se forment tous les jours dans le sein des eaux douces et salées sont donc bien plus restreints que les plus circonscrits des temps géologiques.

y. ^ De TacHon des eaux des mers sur les continents.

Les eaux des mers ont une puissante influence sur la forme des continents ; par leur action constante, elles la modifient d'autant plus, que leur violence est plus grande. On peut en apprécier et en mesurer les effets,

et arriver ainsi à la daté de leur rentrée dans leurs lits respectifs.

Les eanx des mers exercent encore sur les rivages une double action dont les effets ne sont pas moins sen* sibles sur leurs bords, qu'ils soient plats ou escarpés. Les vagues y rejettent d'une manière continue les sables qu'elles forment par suite de leurs mouvements. Lors* que les côtes ne sont point escarpées , ces sables mobiles, poussés par les vents, s'avancent vers Tintérieur des terres et tendent à envahir les continents. D'un antre eôléy lorsque les côtes sont élevées, les eaux des mers en sapent la base , les minent insensiblement et composent ainsi des falaises.

Un. exemple remarquable de ce dernier genre d'ac-* lion nous est fourni par le lieu nommé la Conque, près d'iigde (Hérault). Des couches puissantes de tufa et de cendres volcaniques composent de nombreux dépôts/ élevés en falaises d'environ 60 mètres au-dessus du niveau de la Méditerranée. Ces couches, sans cesse attaquées par les vagues qui en battent le {)ied, sont rongées par leur base; leurs portions supérieures n'étant plus soutenues, tombent et roulent dans la mer. En voyant Tcifet que les eaux ont produit sur ces amoncellemenis de cendres et de tufa, dans le faible espace de dix années, il est difficile de ne pas être convaincu que celte action des eaux s'exerce depuis peu.

Le cirque qu'elles ont formé par leur action continue,

au lieu d^étre aussi peu considérable qu'il l'est encore, serait autrement étendu si les vagues avaient agi depuis long-temps sur des rivages aussi facitement attaquables. Diaprés les peUtes dimensions de ce cirque et de ceux qui Tenvironnent, et la rapidité avec laquelle les couches qui les composent sont altérées par les eaux des mers, il faut ou que leur action ait été moins puissante, ou qu'elle dure depuis bien peu de temps.

La première supposition est admissible, il est asseï connu que l'intensité des causes dont Faction tend d^une manière qoelconque à modifier la surface du giobe> a été constamment en s'affaiblissant On peut admettre seulement la seconde , avec d.^autant plus de raison^ qu'elle est d'aœord avec les autres faits naturels.

Une autre circonstance vient encore la confirmer* Cette ciceonstance timt à la verticalité que conserve, vers Tone de set fioices, une des pyramides basaltiques qui se tvouMnt en avant du cirque volcanique de la Conque. On ne concevrait pas comment, si Taction des eaux de» mers s'exerçait sur cette pyramide depuis long-temps, elle pourrait être aussi intacte. La perpendicularité de Tune des faces de cet obélisque volcanique est telle^ qu'on le croirait sorti d'hier du sein des flots.

La dureté des baisâtes ou des laves compactes n'empêche pas que leurs masses ne soient attaquées par Tac* tion desvflgUQs. En effet; par suite des alternatives de

séfheresseetdiiuiTHdrté^ ces bastfM^s se montrent corrfldés et rMdtffims d'une pellîeiflede sel marin qui facilite leur décomposition.

Cette décomposition ff est pas pitis atancée que celle <le Isi Itose des it)chéfrs basaltiques placés en avant de la €onqve. EUe n'a pas non plus exercé des ehangfemcnts notables dans 1» forfne et la disposition de ces lates pf « nnMdalé^. D>» reste, quoique les éboulenients et les at* tertisseifieiits marchent très vHe, quelle que soit la cause qui les pf oduttf^, leiirs effets sont encore généraleivient bornés. Four le prouver, nous citerons encore m> hiî qui a été obserré par lamesoa, dont le nom est fine autorifté. Ati pieri de» rodies escarpées de SalisburyX>aig, pré» d'Edimbourg en Ecosse, et dont la hauteur est fort tkiédiocre, leur <îiee abrupte et terticale est toin d'èlro eachée par la masse des débris qui s^accumulMiflWs eesse à leurs pieds. Ce fait est d'autant plus digne é'aitn^f riMentien, q«'au-dessus de ces roches eaiistent èe nombreux torrents qui entraînent avec eux une quantité extrêmement considérable de rochers et de eaiUoiix roulés.

Les enuMUts des eMx des mers ont encore une autre Mttoa. £He ftUfèti sur leur fond, dont elles augmentent la profondeur en entraînant les matcrioun mobiles qui pew^nt s'y ètr^ <léposés. Cette cause, jointe aux cflets produits par les cours d'eau qui se jettent dans le bas- 6ifi des^ mers , modffierait sans doute le fond de TOcéan

et celui des mers intérieures, surtout auprès de Tembouchure des grands fleuves, si œs causes ne se contre* balançaient pas.

Lorsque les côtes sont basses et unies, les sables rejetés par les mers sur les rivages s^y étendent, ils s^avancent ensuite vers T intérieur des terres par suite de la continuité de l'action qui les y pousse. Ces effets ayant lieu d^une manière régulière, en étudiant la marche de ces phénomènes, on peut déterminer avec quelque précision le moment où ils ont commencé.

Brémontier qui s'est occupé avec soin de la marche des dunes, a supposé que ces buttes sablonneuses s'avancent dans rintérieur des terres d'environ 60 pieds par année, quelquefois même de 72 pieds dans le même espace de temps. D'après ces calculs, il faudrait à celles du golfe de Gascogne environ 2000 ans pour arriver à Bordeaux, en sorte qu'en appréciant leur étendue actuelle dans cette partie de la France, il ne doit pas y avoir plus de 4000 ans qu'elles ont commencé à se former. (NaeeZ.)

Les dunes sont donc, d'après les observations de Brémontier, un chronomètre qui peut donner des dates importantes et d'un calcul assez facile, lorsque l'homme n'oppose point d'obstacle à leur marche progressive.

Deluc, que nous avons eu si souvent occasion de citer, a donné une attention toute particulière à celles de Gorluuiarlles, lia surtout décrit avec détail une de ces buttes

sablonneuses situées dans le voisinage de Padstow, laquelle menaçait d'engloutir Téglise qu'elle recouvrait presque complètement jusqu'au faite. Tout accès y aurait été impossible, si la porte n'avait été placée à Textrémité opposée au côté vers lequel s'avançaient les sables. Plusieurs maisons du même lieu avaient déjà, et de raémoire d 'homme, été ensevelies sous les dunes.

Ces sables menaçants, dont il est si difficile d'arrêter la marche, ne sont pas moins destructeurs en Irlande. Ils ont englouti la vaste plaine sablonneuse de Rosapenna sur la côte du Denégal ; cependant, il n'y a guère plus de 50 ans qu'elle composait un magnifique et beau domaine appartenant à lord Boyne. Il n'y a que quelques années que| le toit du château était encore un peu au-dessus du sol ; les paysans descendaient dans les salles comme dans un souterrain. Maintenant il n'en reste plus le moindre vestige : tout a été recouvert, et on n ^ distingue plus de traces des anciennes constructions , ni des champs qui jadis étaient couverts de riches moissons.

Du reste, aucune partie de l'Europe ne souffre autant de ce fléau dévastateur que le département des Landes en France.

Malgré la rapidité de la marche des dunes, qui s'avanoentd'une manière invariable vers Fintérienr des terres, leurs effets n^ont pas été bien considérables. Elles envahissent pourtant tout ce qui s^opposç à Vactivité

de leur marche, forêts, ét&Bgs, bàlitnente, duMops cultivés. LMg-teœps les dunes ont trioniy hé 4l6 toute la fuissaoee de l'hoaioie , et ont eoterré ooiw imn saUes mobiles hkm 4es villages et même des villes, qui oQt lutté 6B vais MAtre leui» «ifets s«w easaa reoaissattts.

lie fils de rii^féoiour qui a si iiahiieiiienl caleuié les progrès -des époes, a ^eaiio trouvé k moyen d'en arrêter le cours et d^en suspendre les ravages; m laoyea oonsîfite dans des ptaotatious d'arbres , et particulièrement des pins. On en favorise le développemeiit et la oi*oissaivse au moyen des roseaux {armndo arenaria) , du geoét et de Tajone. Ces plantes végétant Iieaucoup plus vite que les pins, leur «ervent de proteeteiir ; eltes ont en outee r«vautege die dooner «ne eeitaioe fixité aux sables que ies «ettâs agitent et soulèvent d uae ma*' nière constante, et par là elles eu arréteut le transport.

Ce moyen empêchera probablement les dunes d'arriver è Bordeauic, ainsi -que r»vait présumé Brômontier père. Il préservera les départements de la Gironde et des Landes du fléau dMtrioteiir <^ui en nenaçaft quelques points d'uae «anière imminente.

Si Faction de ce fléau avait commencé depuis une époque bîan reculée , les rivières ou les ruisseaux i*etenus par les dunes auraient formé, dans certeins oantons des Landes, de iiastes marais «t des lacs plus ou «noms profonds, ces lacs «aunateotnéeessiiiremeiit été eondïlés

par les sabJes qmi's'y amonoèJoiU sans cesse. Ces lacs sont eepeadaat dafis ub ^tot d'iotégrité qui prom^ itfsez queTaotion de loes sables n'a pas eu se continuer depaiîs des temps très longs.

Le recouvraient des teivaîns cultivables de TÉgypte par les sables de la Lybîe , eat encore an phéfiomèiM du même genre que les dunes ; on peut aussi s'étayer de la gjRandeur etde retendue de leurs dépôts ^ oomme mesure du temps. Leur aocumolaition, pareille à celle (fui prodoit les dunes , a ^fatonent envahi un grand nooifaFe de villes et de villages, <lont les ruines paraissent encore au-dessus de leurs montidiles. Cet envahissement est si réeentqu^il a eu lieu depuis la conquête du pays par les roahométans. Dès-lors j diaprés une marehe aussi rapide , ces sables auraient sans doute rempli les parUes étroites de la vallée , s^il y avait tant de siècles <pi^il8 eussent commencé à y être jetés. U ne devrait f)lusrieB rester à combla entre la chaîne Lybique et le NiL

U serait donc d^un grand imtérét d'observer «vec soin ee chMMmètre. Néanmoins, dans Tétat d'impei^ lection où sont i e^ égard les observations , on peut en conclure que ees sables n'ont pas dà être poussés en avant sur le sol de l'Egypte, par une action longtemps prolongée* On arrive à la ipêaae oomslusion lor«piW apprêtes effets des naers sur les côtes levées. Lorsque

l'action de leurs eaux frappe des rivages escarpés , ne potrvant y rien rejeter , elles se bornent à exercer une action destructive^ principalemetit à leur base; elles en attaquent pour lors le pied et en escarpentia hauteur en falaise. Les parties supérieures qui n^ont plus d^appui, tombent dans Teau et disparaissent bientôt.

Les matières qui s'y précipitent sont ensuite agitées par les flots, et les parties les plus molles sont bientôt dispersées, tandis que les matériaux les plus durs forment de nombreux galets qui produisent peu a peu des grèves plus ou moins considérables. Lorsque ces galets ne sont pas entraînés par les courants , loin des côtes , ils s'accumulent et servent de rempart au pied de ces falaises.

La formation [des falaises, appréciée par la mesure de leur hauteur et Tétendue de leurs grèves , ne parait pas remonter à plus de 4,0(M) ans avant Tépoque actuelle. Ce temps est sufCsant pour y faire entrer toutes les conditions de ce phénomène appréciées par Taction des mers dans un temps donné, comparées à celle qu'on leur voit produire de nos jours. Dans ce calcul, on peut même négliger l'activité plus grande que ce phénomène devait avoir à son origine.

Quant aux autres causes dont nous avons déjà parlé, et dont les effets sont tout à fait contraires, elles ont si peu modifié le fond des mers, que le niveau de leurs eaux n'a pas varié d'une manière sensible depuis les

temps historiques. U y a plus, ce niveâo n'a pas éprouvé de différence sensible dans les lieux où Ton voit s'opérer un relèvement séculaire du sol ; cette circonstance prouve que ce relèvement ,. comme les causes qui augmentent ou diminuent la profondeur des m^ers, est peu ancien. On en est convaincu en considérant les contrées où le phénomène qui opère les falaises, a lieu en même temps que celui des duncis. Ce double effet se présente assez souvent sur les côtes de la Méditerranée, où il est facile d'en suivre les résultats.

La côte occidentale voisine du port de Cette (Hérault), a été réduite, dans quelques parties de son étendue, en falaises très abaissées , à raison de la faible solidité des roches qui en composent les côtes. La mer y rejetant ses sables d'une manière constante, y a formé des monticules, mais encore si peu élevés , que nulle part ils ne dépassent le niveau de la Méditerranée de 5 à 4 mètres. {JSoie 65.)

Si ces sables avaient été entraînés sur les côtes depuis des temps bien longs , ils devraient s'avancer dans rintérieur des terres de manière à y occuper des espaces considérables. Cependant on ne les voit nulle part, sur les boi*ds de la Méditerranée, à plus de 2S ou 90 mètres du rivage.

Cette conséquence est confirmée par d'autres faits physiques. Ainsi, la rentrée des mers dans leurs bassins actuels a eu lieu lors de la période quaternaire ,

«^est-à-dîre pestérieureineiit à lear sépBratioa. {jeur actioB sur les'OÔtes qui les bordent n'a pu eommenoer qn'à eette époque. D'un autre «ôté , l'homme n'est apparu sur la terre que vers la fin de eette période ; en fiorte que relatÎTement à lui , il faudrait i^trancjber rintervalle ée temps écoulé entre le commaicement de la fwmation des terrains quaternaires et son appa* rition. Cet intenraNe n'a point eneore été déterminé : néanmoins on y a eempris tous les effets qui y ont eu lieu , comme s'ils étaient arri?és depuis l'exiatenoe de rji6«me, et on a coBlKindu;par-lè, des faits géok^ques et des faits historiques dont la dtàfi est cependant hien QiiierMiie •

▼I. — Ay «leiMMmsfKs ies i^mimt.

On a eonsidéré, comme povfant sernr de oMSure du tempSy le mouvement en avant des g^aeiers, qui (ar^ ment des espèces de dunes, ou plutAt des moraines, au pied des hautes montagnes. D'après les aillons tracés par la marche des glaciers , sur les roehes qui les ^icaissent parfois/sillons qui indiquent leurs mouiremenls et leurs oscHIaticsis, on a supposé pouvoir arriver jusqu'à la connaissance de l'époque préeiael laquelle ils ont commencé. Ifaîp Ton manque de données exactes.

{Mur apj^éoîer le teaipe néce^iÂre è la pvodueikm dé eesfiîlloM, iëwtcHitoaiive{>ariout de si nombreux et de m frapfMmte îndioes.

Les m9ii?eneiils des glaeiers dépendent probable^ ment de ce que les glaciers chM^ebent «lew «iveau è ))e« près oomme les eaim oonrantes ; aussi oRi*îls lieu ooQàUmm^A de haut en bps. La seule diS&reMe tient à h divenîté de rapidité ^qu'éprouvent ces Jieu% sortes de mfitériauv, dont les premiers sont à l'éM solide , et les seconds a l'état iiquide.

Cette marche prog^essiiie des glaciers semble dé» peindre d^iine lauk de causes .et «de eircoostanoes ^i ^j exeroeot une grande influenoe. Parmi les plus puîssan» tes on peut signaler la température, ia £ome des terr raîns ^î sautLenneDt et aocaisaaot les f^oiers , et Tac» tiott des ^Mita. Les Mentsidétenwneut presque toujc^u^ oas milites avalanebés de glaces piélées de rochers l qui sont presque toujours déterminées par l'aotîen lonr dante du Stroco. €es;cau9es , qm prai^qarat presque l#ujoi«rs les desoMtes et ies mauvemeoti des ^laeiars , ne peuvent être soumiaes à des icalcuis vm peu préeî$. Awai eat^il di^K^ de iîrer quelque cooséqueiine 4e leur marche progaessive ou rétrograde , relatifreBaeiHl aux températures moyennes ^les eontrées ou J'oa observe ces phénomènes.

Les routes ou les paasages inlereeplés par las glaoes dans les ehiénes élevées, sont ^aîn de prouver^ eomme

on serait tenté de le supposer, que le climat se soit refroidi. Ces faits annoncent seulement que les causes d^accumulations des glaces et des neiges vers la base des hautes montagnes, remportent sur celles qui tendent à les faire fondre.

Il existe bien, à la vérité, une diminution dans Tactivité végétale des hautes régions alpines; elle provient, non d'un changement dans les températures moyennes, mais de Taugmentation des glaciers vers de moindres hauteurs. Si les glaces sont descendues plus bas , la cause en est au déboisement des forêts. Leur destruction a rendu la bonne terre et le gazon plus rares sur les Alpes^ comme dans toutes les montagnes de T Europe, même là où il n'y a ni avalanches ni chute de rochers. Les effets naturels de cette caus^ont fait descendre la végétation plus bas ; nulle part elle ne se maintient à des hauteurs aussi grandes qu^avant la destruction des bois , ou des grands végétaux.

D^autres faits annoncent que les forêts de TEurope remontaient jadis plus haut qu^actnellement; mais que Ton n^en accuse pas le climat , car c'est Thomme qui les y a détruites. Aussi n'en est-il pas de même dans les lieux qui ont été à Tabri de ses atteintes.

La destruction des bois sur les grandes hauteurs a eu une autre influence non moins funeste sur la v^tation. En rendant les courants d^airplus violents, les vents ont plus facilement emporté la bonne terre dépouillée

de gazon. Par suile de sa dispariliony les végétaux ont [>erdu leur support et leur aliment. 11 ne faut pas ce* pendant supposer que là où Tactivité végétale a diminué, cet effet soit dû constamment au refroidissement du climat. Cette diminution peut dépendre de Faction renforcée des vents et de Tabsence de terreau. Si donc les glaciers ont augmenté dans les contrées tempérées, celte augmentation ne provient pas d'un changement dans le climat , mais de circonstances accidentelles , comme celles de la diminution des forêts des hautes régions.

On a proposé d'expliquer la dispersion des blocs erratiques, au moyen des mouvements des glaciers. Quelque grandes que puissent être les analogies de ces bl ocs avec les moraines, il faudrait^ pour la date que nous cherchons^ que ce phénomène appartint à la période historique. Il est difficile, en effet, d'admettre qu'il existât des glaciers dans les temps géologiques. La température était trop élevée à cette époque, pour permettre aux glaces de s'établir même sur les hauteurs les plus eon* sidérables. On pourrait concevoir, que si la formation des blocs erratiques a eu lieu dans la période historique , et si elle a dépendu du mouvement des glaciers, leur dispersion a dû, par cela même» être produite par des causes à peu près périodiques et constantes. Si cette supposition était fondée , on aurait une base qui ferait apprécier le temps nécessaire pour donner à lour

dispersion, Tétendue qiie nous leur (Connaissons. Ces bloos erratiqttes fourniraient ainsi un nouveau moyen d'arriver à ime connaissance approximative du temps qui s'est écouté depuis le déivge. Du reste, ce phénomène, comme tous ceux epii se rapportent au cataclysme le plus général , ne remonio pas au-delà de cinq mille ans avant le» temps aetuel^, ainsr que l^a judicieusement ofceervé Sertrmd, dons son otrvra^e sur les révolotions dv {[lobe.

Len Udc» erratiques occupent des espaces bien autrement considérables que les avalanches de rochers, oo lea mor«»nes qui se forment tous Tes jours aux pieds des glaciers, et q«i s'en écartent peu. On ne peut guère, eesemUe, attribueriez:* dispersion à la cause qui pnodmt) pour ainsi dire sous nos yeux, ce dernier ordre de phénomènes. L^nn atTaotre ne paraissent avoir d'autres rapports que ceux qui rattachent les résultats des aUttvimis actuelles aux dépôts diluviens. D'après le plus grand nomère de circonstances qui accompagnent les bleos erratîqfues , la cause qui tes a dispersés a dû étM nécessairemeiit violente.

Aux yeux de M# Delue, celte cause est la même que cette k laquelle est dû le morcellement de la chaîne des Alpes et qui a doainé aux couches calcaires leurs fortes inclkiaisons. Elle a également ouvert tes vallées trans-^ versales et fait que leurs débris se sont portés jusqu'au ddiora de la chaîne , et ont couvert de limons d^une

gyande épaisflevr de va^tetf étettdoM* 4» pajs. Tous otg effet» hiî paraissent èi\% à des eoutaiite d'uM grande profondearetaniméad^aM grande v^heiae'; atolatik ofif pu excayer les vaHées, enfoocer daiia les eoadied tares» ires un grand nombre d'ossemento de quadrupèdes ^ et lei disperser plus ou moins loin des lîeui ou ikaf aient vécu. La plupart de ees blocs offrent me dîifeetio» généralement constante ; elle anaonee Taetion d'une cause exerçant ses effets d'une manière bien dét^minée. La nature mittéralogique des rodies qui les eomposoit, le plue ordinairement différente de celles des centrées où on les obserre , et les formes que ces roches affec^ tent, indiquent encore un^ transport long et astex pro* longé* Ainsi, ces bfoes auvaientété disséminés par une eause violente, analogue à celle à laquelle sontdtfs les dépdts diluviens.

L'époque de cette disperûom paraît awir été téct&tàtj relativement aux temps- géologiques ; les blocs errfttiquesdes Alpee et dnnord de TEurope, reposent sur des roebes d'une feible antiqinté relative. D^un autre côté, ces blocs nesont recouverts par aucune sorte declépôts propres à nous fouitiir quelques dcmnées sur la difië^ rsnce de leur flge relatif*

Les blocs erratiques des Alpes et du Nord* sontsu^ perGciel»; il en mV à peu près de même de ceux des autres contrées* Us appartiennent généralement à des rodiee d'une haute antiquité , ef le piaf souvent à des

formations primitives. Les blocs des bords de la Baltique, ainsi que ceux de la Pologne, de la Prusse et de rAllemaj^ne, tous composésde roches primordiales, paraissent provenir de la Suède et de la Norwège, avec d'autant plus de raison , que les points intermédiaires n'offrent point de roches analogues.

Ils se dirigent en lignes parallèles du Nord au Sud, variant légèrement quelquefois dans leur direction , mais présentant dans Tensemble de leurs caractères, Tapparence d^avoir été entraînés du Nord par un courant aussi violent que considérable. Cette violence est démontrée par la grosseur des blocs et la distance a laquelle ils ont été transportés. Leur volume est d^autant plus grand, qu'on les trouve plus rapprochés de leur point de départ; tandis qu'on le voit diminuer, et les roches plus usées par le frottement, à mesure que ces amas de matériaux s'en éloignent.

Il résulte donc de ces faits, que si sous quelques points de vue, les blocs erratiques peuvent être comparés aux moraines, a raison de Tanalogie que présentent ces deux ordres de phénomènes, autour des Alpes et dans une infinité d'autres lieux , on ne peut les considérer comme ayant été produits par une cause agissant avec lenteur et une certaine régularité. Les circonstances du dépôt de ces blocs ne sauraient donc nous donner les moyens d'apprécier d'une manière quelconque l'époque de leur dispersion. Néanmoins il parait que

eommeles dépôts diluviens, ils ne remontent pas à une plus haute antiquité que celle que nous avons fixée au déluge, diaprés les données historiques les plus exactes.

Plusieurs hypothèses ont été proposées pour expliquer les mouvements progressifs des glaciers , dont il serait si curieux de déterminer avec exactitude la marche, afin de s'assurer si elle s^opère avec une certaine intermittence ou avec continuité. Il est cependant probable que ce phénomène , lié à l'influence des agens extérieurs, est, en quelque sorte, sous leur dépendance.

Les deux hypothèses proposées pour Texplication de ce fait annoncent les rapports qu'il a avec les divers agents atmosphériques. La plus récente est celle de M. Agassîz. D'après lui , les mouvements des glaciers seraient dus à la dilatation de Teau transformée en glace. Mais M. André de Luc objecte que la congélation ne peut S'opérer qu'auprès de la surface, et si la glace a 95 mètres de profondeur, plus des neuf dixièmes de cette épaisseur n'éprouvent aucune variation de température, parce que Teau est un mauvais conducteur de la chaleur. Aussi , ce liquide qui s'infiltre dans les lentes, s'y gèle peu, quelle que soit la saison. {Note 64.)

L'explication du mouvement des glaciers par la dilatation qu'éprouve Veau au moment de sa solidificatioii, ne peut donc guère être admise, à l'exception

peuft-étre d'un mètre à un mètre et demi de la partie I. 20

extérieure, effet qui ne peut être qu'îlifiniimntimAiaie* Or, si la glaee du fond se déplace, on doit, ce semUey. l'attribuer à d'autres causes, puisqu'elle n'éproufe pas» les alternatives de congélation et de dégel.

M. de Lue assigne à ce pbénoinèiiedeuK causes printipakà; l» première est la pression qu'exercent les œir gts acemnulées dans la partie supérieure du glacier^ Ces nages se convertissent en glace , et conuiie à kk naissance des glsiciers , les pentes soirt très-incliaées, cette glaee oo ces neiges exercent une forte pression sur le glacier et le poussent en avant On trouve une preuve de cette manière de voir, dans cette circonstance^ que les mottveoients offerts par ces niasses gigantesques^ sont surtout remarques à la suite d'années où il est tombé plus de neige qu'à Tordînaire , et où les étés n'ont pe» été assez ckauds pour les fondre.

La fonte continuelle de la glaœ dans k partie qui repose sun* le terrain, par Teiet de la chaleur intérieure de la terre, est encore une seconde cause de cette priCH gression des i^aeiers. Cette cause fait affaisser le glacier, le rend caverneux en dessous et amène le œouvemettk en avant, ainsi que la observé Saussure, lors de.sea voyages dans les 4lpes {Tome i, pag. 45$^, § S3&.)

Le mouvement des glaciers parait avoir lieu dins toutes lea saisons , et ua grand nombre de faits prou^ wntqoe depuis les temps historiques^ les glaciers ten* iesït à maircher en avant et à descendre. Dans juae

infloité de contrées, les glaciers ont eûTaki des lieux babîtés, enseveli des forêts dont lès arbres annonçaient par leur grandeur une paisible possession du terrain depuis des siècles; dans d'autres^ ils ont couvert de moraines et de pierres, des prairies fertiles respectées .jusqu'alors. Comme les terrains une fois envahis par les glaces perdent leur terre végétale et deviennent stériles, il faut que les prairies et les emplatenients des ioréts «insi détruites de nos jours, n'aient jamais été recouverts par les glaciers; car s'il en avait été autrement, elles n'auraient pas pu prospérer.

Pour citer quelques preuves de ces faits, nous ra* pelleroos que le glacier supérieur du Griiidelwald a anéanti» en 4S%\ , une vieille forêt, qui diaprés des tMres authentiques, aviut toujours été en rapport et soumise à des coupes régulières depuis plusieurs siècles. Il en a été à peu près de même des effets produits par le glacier des Boasobs, sur la forêt de sapin dont il était entouré. En 4 84 8» par Suite du mouvanent en bas que firent les glaces, les arbres furent ranversés, non-seu-' lemént en avant de leurs masses, mais encore sur leurs côtés. Après avoir détruit cette forêt, elles couvrirent de Mcfaers et de pierres énormes de belles pleines, qui jamais n^arâient éprouvé un pareil fléau.

Le glacier des Bois fit également, en 4824 et jusqu'en juin 4KS2, de grands progrès en avant, r^ver^ sant des arbres dont quelques-uns avaient plusieurs

pieds de diamètre. Il s^approeha tellement des habitations, qu^au mois de juin, il n^était plus qu^à quarante pas de la maison la plus voisine, et au mois d'août un intervalle d'à peine 25 mètres l'en séparait. Ce glacier n'avait jamais été aussi avancé, car on n'aurait certainement pas bâti une maison à une aussi petite distance. Les grandes chaleurs de Tété de 4822, firent affaisser considérablement le glacier des Bois , et il commença à se retirer. Cette retraite fut due, en grande partie, à Tabondance des eaux qui ruisselaient de ses masses glacées et qui en diminuèrent rapidement rétendue.

La marche des glaciersdes Bossons etdu Grindelwald^ si semblable à celle du glacier des Bois,prouve que cedelT' nier n'avait jamais été aussi avancé qu'il le fut en 4 822^ Aussi , les habitants des Alpes rappellent à ceux qui en visitent les hautes ctmes, que de Tannée 4 84 7 à 4 824 y les glaciers de leurs montagnes avaient marché plu» en avant qu'ils ne l'avaient fait auparavant. Ils vou& disent également que les glaciers cheminent aussi bien en hiver qu'en été, fait qui n'avait pas échappé à l'œil observateur de Saussure.

. M. Agassiz a supposé que le phénomène des blocs erratiques est du même ordre que celui qui a produit In dispersion des moraines au pied des glaciers. Pour cela il a fait remarquer que la glace^ en se mouvant sur un sol rocheux, le polit souvent aussi parfaitement que

pourrait le faire la main d^un marbrier. Elle arrondit les angles, creuse des sillons et égalise les surfaces. Comme preuve de son opinion, M. Âgassiz cite les granités du Grimsel. M. de Buch qui les a vus aussi, observe qu'ils sont bosselée, présentant de grandes masses convexes et unies ; mais que la distance à laquelle se trouvent ces granités de tout glacier, prouve que jamais des masses déglace n'ont passé sur leurs blocs. (Note 65.)

Il en est de même, aux yeux de M. de Buch de la roche polie du Saint*Bemard, qui se trouve au sommet d'une montagne, loin de tout glacier, et qui dèslors ne peut devoir Tuni de sa surface à une pareille action. Du reste, cette roche se trouve sur les parois d'une fente pénétrant dans la montagne avec un grand angle et qui , par conséquent, n'a jamais été à la sur* face. Le poli de cette fente est dû à un enduit quartzeux où Ton reconnaît les stries du cristal de rocbe. Tout au plus pourrait-il être Teffet d'un frottement puissant, exercé dans une même direction par le glissement d'une des parois sur Tautre. (Noie 66.)

On peut encore ajouter en faveur de l'opinion de Buch, qu'une infinité de terrain de transport et d'alluvion , présente un grand nombre de rochers polis , et cependant aucun glacier n'a jamais passé sur leurs blocs. La cause qui a dispersé et roulé les blocs erratiques des Alpes et du Jura, et de tant d'autres lieux, remonte à une époque bien plus ancienne, c'e$t*è-dir9 à

Si les forêts remontaient jadis plus haut qu'actuellement , ce n'est pas la faute du climat si on les é détruites. Ce qu'il y a de certain , c'est que leur position n'a pas varié dans les lieux où Tbomme n'a pas port^ son activité et son industiîe, ainsi que nous Tavons déjà fait observer.

Le mouvement progressif des glaciers étant un fait constant et général , ce mouvement ne doit pas dater d^une époque bien reculée, puisqu'il eist tant de forêts et tant de prairies situées à leurs pieds qui , jusqu'à présent, ont été préservées de leur approcbe. Ces forêts intactes amènent aux mêmes conséquences que les forêts vierges du Nouveau-Monde. Partout la surface de la terre semble avoir été récemment modelée ; et si ce fait est plus apparent dans les continents les plus nouveaux, comme l'Amérique et la Nouvelle-Hollande, il est cependant encore manifeste dans l'ancien continent, ainsi que nous croyons l'avoir démontré.

YII. — Des ÊbouimenU.

L action constante des agents extérieurs, sur les roches des grandes hauteurs, en attaque sans cesse les matériaux^ et les eaux les rejettent ensuite à leurs pieds.

Les effets de cette actioD sont d'autant plus marqués, que les montagnes où elle s'exerce sont plus élevées et ont leurs pentes plus abruptes* L'amas des matériaux qui s'éhouknt ainsi d'une manière continue, prend une inclinaison déterminée par les lois de la pesanteur. Ils forment au pied des esearpements des t^rains plus ou moins étendus ou des talus plus ou moins, élevés , en raison de Tabondance des débris qui s'y amoncèlent.

Ces croupes, composées par les fragments des radies détachées des hauteurs, forment les flancs des vallées des mont^[nes ; presque nulle part on ne les voit couvertes d'une brillante vég^tion , parce que Torigine de leurs mat^iaùx ne ronontè pas très haut, et que les éboulements supérieurs sont fréquents. Si la précipitation des roches des hauteurs, du moins celle qui a eu lieu depuis l'apparition de Thomme ou. depuis le renouvellement du genre humain, avait exercé. son action pendant des milliers d'années , les vallées 9e^ raient déjà remplies ou comblées en grande, partie.

11 devrait d'autant plus en être ainsi, queces ébour kmœts sont extrêmement fréquents sur les montagnes élevées qui ressemblent toutes à des édifices ea ruines. Ces chutes de rochers ont lieu en si grande quantité, que Saussure, lors de son séjour sur le eol du Géant., était à chaque instant épouvanté par le. bruit de leurs ava^ laoebes. De pareils éboulements ne sont, pas mmns fréquents dans la plupart des hautes, montagnes , et

Aotamment dans oelles qui, comme le Ganigou, ont des .pentes fort abniptes.

D'après la rapidité a?ec laquelle s'opèrent ces avalancbeS) si leur commeneement remontait très haut, les grandes éléfations seraient nécessairement réduites en tolus moins rapides ; elles seraient par conséquent oou<^ yertes d'une riche et brillante végétation. Cependant le progrès de ces événements futurs est encore peu avancé, JDalgré la dégradation journalière des montagnes.

Cette dégradation a lieu même indépendamment de l'action des pluies, des frimats, des neiges et des avalanches qui les attaquent sans cesse. Le défaut de soli* dite de ces matériaiR les fait écrouler le plus souvent dans le bas des vallées ; parfis ils engloutissent dans leur chute les villes, les villages et tout ce qui se trouve sur leur passage. C? est même \h une des causes de la rapidité de la marche de te |rfiénomène. Or, si ces ébou* laments n'ont pas encore couvert de vastes «spaees, il faut que les causas qui les produisent n'agissent pas depuis nos ^>oq«e bien naeulée.

De même, les covdias brisées des hauteurs qui of* Irant encore leur trandiée en talus, en fonnant des an» H^aaiUants, amonoaiit également une origine récent». S'il en était autrement, on aurait A se demander com^ ment il serait pessible qoe ces angles se fussent cou» serves si viii et si aigus. Ces effets, 1<mq d'être rares, comme on pourrait le supposer au premier ap^u,

MDt ao contraire eitrèmement mminuiit. Il n'est pas de rnootagnes qui n'en présentent des exemples ; ce qai prouve que eette cireonstanee, loin d^étre aceiden*taUe, est ao contraire générale.

Cependant des cansea aetiTss tendent à émomsèr les anglea aigus et à diminuer eonsidérablenient leur saitlie. Tels sont les pluies et les dégels qui dégradait sans eesae les montagnes comme lenra pentes escarpées. U en est de même de Taotion des eaux courante», d'au^ tant plus puiasanle que ces eaux agissent sur des angles wib ou des talus rapides.

On arrive au même résultat en considérant combien les grands cirques des terrains calcaires sont générâtes ment peudtforméSy malgré l'actmté des causes qui les attaquent et les minent. Noos eiferotis, pour exemple^ je orque de Gavarnie dans les Pyrénées, celui aux pieds duqiiri sort la fontaine de Vauduse, et enfin les cirques de Saint«GuiUiem4e^Désert et deVallemagne (Hérault). Les ébotdementsnomln^xde rochers qui se montrent i Jours pieds, attestent assea la violence des causes qui attaquent te^rs sommets , et nulle-part cet amoncelle^ ment n'a été asaez actif, ni assez paissant pour altérer d^ine manière sensible leur forme circulaire , disposition particulière qui caractérise si bien les terrains eaicttras.

Un de cee cirques, celui de Yallemagne, présente même i sa dme deux énormes rochers placés Tun sur

Tautre^ et séparés par un intervalle asses sensible pour faire supposer que leurs surfaces inférieures ne se touchent pas sur tous les points. Ces rochers se trouvent sur un pan très incliné et Ton s'étonne que Tun des deux ne se soit pas encore éboulé dans la vallée; l'un et Tautre sont cependant dans la position où les soulèvements les ont mis.

Ce que nous venons de dire des cirques calcaires , se fait également remarquer dans les lieux où des rochers quelconques se montrent tout à fait perpendiculaires au-dessus des vallées. Nous citerons spécialement la face nord du mont Saint-Loup , près Montpellier; le lieu dit les Dentelles, près de Vallemagne; et enfin la localité nommée le Fort, près SaintrThibéry (Hérault). Dans cette dernière^ on observe de nombreux blocs arrondis de roches volcaniques, au-dessus de diverses assises de prismes basaltiques , dont certains n^ont pas moins de 5 mètres de hauteur. Malgré la chute constante et presque journalière de ces blocs , elle est loin d'être très avancée , et la vallée qui est à leurs. pieds en est à peine altérée. De pareils blocs arrondis se montrent également sur tout le pourtour du. plateau de Saint-Thibéry ; et nulle-part on ne les voit encore parvenus dans le fond de la vallée..

De pareils effets ne se bornent point, comme on pourrait le supposer, aux terrains calcaires et volcaniques ; ils sont extrêmement fréquents dans les tierraina

primitifs. Nous sigoalerons particalièrement les formations primitives de la Montagne Noire, où de pareils faits se représentent souvent, surtout depuis Campmazes jusqu'à Saint-Ferriol (Aude).

Nous ne pouvons pas espérer de trouver le moyen de fixer la date du renouvellement du genre humain dans un autre phénomène du globe, celui des affaissements. Les plus considérables de ces affaissements, parmi lesquels on peut citer celui du centre de TAsie, dont la dépression occupe environ >l 8,000 lieues carrées, paraissent antérieurs à l'époque historique. Quant à ceux qui sont postérieurs à cette époque , et qui doivent leur formation s des causes violentes et stt* bi tes, ils ne sauraient être considérés comme des chronomètres propres à fixer la date que nous cher* chons à évaluer avec une eertiûne précision*

Tels sont les affaissements qu^opèrent les tremble^ mentsde terre, les violentes éruptions volcaniques, ou oeux qui sont le résultat des eaux , dont Tactioa a miné la base des montagnes qu'elles parcourent. Ces effets, tous produits par des causes violentes et rapides, ae peuvent sertir de mesure du temps, puisqu'ils sont le plus souvent instantanés.

Quant aux autres causes qui depuis Tépoque bistCH rîque ont occasionné un double changement dans le niveau relatif de la terre et des eaux, elles senaUeiit encore plus récentes. Les effets qu'elles y ont qpérés

paraissent généralement se rapporter à des époques biatoriques peu anciennes.

. Ainsi , d'après la position actuelle du temple de Sera* pis, relativement à la mer dont il est fort rapproché, ît s^ serait pixMiuit sur la cote de Pouczoles et cela depuis Tére dirétienne, une modification d'environ 7 mètres. Lor$ même qne les ruines de ce monument n^auraient paB élé découvertes, il resterait encore d^autres preuves <}e dispositions nouvelles survenues à une époque ré*' cenle. Sur les côtes de la baie de Bala , tant au nord qu'au sud de Pouseoles, un examen géologique des lieux démontre, de la manière la plus évidente, un soulèvc'- BMut récent des berges, lequel i^rie de 7 à 40 mètres. : Quand on se rend de Naples à Pounoles, en suivant la e6te, on observe des felaîses hautes et escarpées formées par un tuf endurci, qui s'écartent de la mer. Une lattg«e de terre fertile, peu élevée, d'un aspect très différent, sépara la côte aotudle de rancienne. Siv oes fiilaises des tempe géologiques, règne une ligne creuse, tctteque celle qui résulterait de l'usure de la berge par TaetioB des vagues à leur surface, i Tout le ipngde cette ligne, qui est à 44 mètres a«« dessus du niveau actuel, la surface du rocher porte dei aoquilles de glands de mer <m balanes; elle est percée d'une multitude de trous pratiqués par les lithodames ira aytres genres de mollusques , dont les dépouilles testacées sa tranvent encore dans ces trous. Plus près

de Poudttoleft^ les aociennes falaises atteigiMDtiiiie hka^ teur d'environ 27 mètres, ets(Hrt toat aussi escarpe que si la mer en sapait encore la base* A lettr pied se trouve un dépôt réeent composé de eoudhes sédimen^ taires régulières, contenant des coquilles mariiieSk La position de ce terrain prouve qu41 y a eu un change^ ment de plus de 7 mètres dans le niveau relatif de la terre et de la mer.

De semblables phénomènes se répètoat encore entre Pouzzoles et Monte«Nuovo« La pente du Monte-fiarbaro descend doucement vers la côte, mais avant d'y arriver, elle se terrame tout à coiq> en falaise abrupte, dont la disposition montre dairement que la mer a dû s^avan^ cer autrefois jusques-là. Entre cet escarpement et la mer, il y a une plaine basse, appelée la Starza, ^i offre des couches régulières de dépôts récents avec des eo* quilles marines et divers produits de l'industrie. ' '

Si de pareils faits a'obsei^vaient aur les oMea de Pest ou du sud de l'Angleterre, on en chercherait naitureUe^ ment Tesplicatian dans quelque diminution locale de la grandeur des niarées due i un dbangemait dans la di^ rection des courants* Ainsi la ville deBrighton ccmstruilè sqr un terrain sablonneia qui se trouvait entre la tuer et les anciennes falaises, a été détruite par le retour de rOcéan. On voit encore à Lowestoffe dans le 8uffùlk> des falaises à quelque distance de la mer; elles en aodl séparées par la Ness, langue de terre couyerte de ver*

dure <|iii peut être comparée, jusqu^à on certain point, à la Starza des environs de Poozzoles. La ressemblanee n'est ici qu^apparente, et cette explication qui pourrait être juste pour les cAtes de TÂngleterre, ne saurait trouver son application pour celles de l'Italie, par la raison que la Méditerranée n'a pas de marées.

Supposera«t*on que cette mer s'est abaissée de 7 mètres depuis l'époque où les c^tes de la Campanie étaient couvertes de somptueux édifices? Ce serait une hypothèse qui ne soutiendrait pas Texamen ; car il résulte des observations géodosiques et des relevés des c6tes faits dans les dernières années, que le niveau de la Méditerranée n'a pas varié sensiblement depuis deux mille ans. En effet, la plupart des môles et des bassins des ports construits dans l'antiquité, Tout été évidemment pour une élévation des eaux égale à celle qu'on observe aujourd'hui.

Sans nous appuyer sur la position du temple de Sérapis, les faits que nous venons de rapporter annoncent que le dépôt marin récent de Pouezolesa étésoulevé dans les temps modernes au-dessus du niveau de la mer. Non-seulement le changement de position du ter* rain , mais encore la formation d'une grande partie des couches qui le composent , est postérieur à la des« traction de plusieurs édifices 4ont ces couches conser* tent les débris.

te monument lui-même, et les documents histori«

qfoes nous aj^ennent que la dépression de l^édifice a eu lieii eirtre le iii^ et le xv® siècle. Dans ce grand intervalle , l'histoire nous a conservé la mémoire de deux grandes convulsions du sol dans ce pays ; ce sont Téroption de la Solfatare, en 4 4 99, et le tremblement de terre qui rui aa Pousssoles en 4 488. Les mouvements du sol qui précédèrent Téruption de la Solfatare ont probablement produit raffaissement du temple.

La distance qui sépare les deux localités étant très petite, on peut encore présumer que les pierres , les cendres et les autres matières que le volcan fit pieuvoir dans la mer, auront contribué avec les décombres provenant de ^édifice même, à couvrir immédiatement In base des colonnes.

Uaction des vagues en a ensuite renversé le plus grand nombre, et des couches mêlées des débris de Tédifice et des produits volcaniques auront été formées avant que les coquilles perforantes aient eu le temps d'agir sur les parties inférieures des piliers resfés de* bout. Le (remblemeut de terre aura fait écrouler beaucoup d'autres monuments dans les lieux où s'étendait son action ; il oura ainsi contribué à la formation de (;es lits de dépôt moderne, qui tout le long dé la côte renferme péle-méle des débris d'ouvrages humains et des coquilles marines.

D'après les indications fournies par Loffredo, l'ex-' haussement de la portion du terrain connue sous le !• 21

nom de la Starza^ serait postérieur à Taimée 4550, ea même temps qu^il serait antérieur de plusiaws aoiiéed à 4588. Cette époque est eneore confirmée par d'autres documents qui nous ont été conservés par sir W. Ha-* milton.

On a fiiit» en 4 828 , des excavations au-dessous du pavé de marbre du temple de Sérapis ; ces fouilles ont fait découvrir un second pavé en mosaïque , situé à 2 mètres environ au^essous du premier. L^existence de ces deux pavés superposés et rintérieur plus riche que le supérieur , ne peuvent se concevoir qu^afvant Taffaissement que nous rapportons à Téruption de la grande Solfatare ; un affaissement moins considérable avait eu lieu avant cette époque, et celuiMsi n'avait point causé la ruine de Tédifice, mais seulement avait exhaussé le sol sur lequel il reposait.

Si ces divers phénomènes n'étaient point liés à des monuments historiques qui nous en donnant la date^ ils auraient été sans doute l'objet de bien des méprises; Mais d'après ces monuments y et les circonstances qui les ont accompagnés, il n^ a pas moyen de se trom* persur Tépoque de leur érection. Celle-ci est trop rapprochée de nous, pour établir sur eux une haute anti« f uité. Ainsi tous les fiiits bien étudiés ne font pas supposer à rhomme une ancienneté plus grande que celle que la Genèse lui attribue.

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