‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiques (volume 2)Chapitre 20 sur 61 · VIII. -^ Dw vokam et de leurs effets · texte numérisé non relu

VIII. -^ Dw vokam et de leurs effets

Les volcans, ces brillants et terriJU^s phénomèms de la nature^ appartiennent à tous les àges« Cette drconstance remarquable de leur kistom tient à eo qtie^ coaune tous les phénomèotsi perturbateim, ka fefcn volcaniques ont tendu à s'éteindre, à mesun que le* mers ae retiraient dea cootîiients s«r leifuda elles avaient long-temps séjouroék Nul dioute que Im voleaps n'aient des dates très <iîSérentes^ puiaqoe les uns ont cessé totalement leur action^ que les autres ont seulemeot amorti leurs feux , et enfin qu'il en existe eiftcore un si grand nombre dont Tactivîté semble n'avoir pas diminué, malgré le long espace de temps depuis kquel ils nous envoient d'abondants torrents de lomiàre et des développements non moins considéraUea de cba* leur.

On p^ut établir aussi bien une numismatique dea la« ves que nous le ferons à Tégard des asioMiux et dea Totaux qui se sont succédés ici*bas. Leurs restea fossiles enfoncés dans les entraiUes de la terre , W9t 1m témoins de leur ancienne existence et de Tépoqua àla« quelle ces ètrea ont vé€u« I>ès-kir«> d'aj^^ Tépoqpiedu

dépôt de ces conches fossilifères , on peut apprécier la date des anciennes éruptions lorsque les matières volcaniques se sont fait jour à travers leurs masses»

Mais les volcans et leurs produits peuvent-ils nous faire connaître l'époque depuis laquelle Thomme a posé le pied sur la terre, ou du moins celle du renouvellementdu genre humain.

Écoutons à cet égard un des plus illustres géologues de FÂngleterre, M. Lyell , nous traçant les preuves nombreuses de Tantiquité de TEtna, ce colosse des volcans de l'Europe.

' « Des idées étroites, dit-il , ont, plus que toute autre

< prévention, retardé les progrès de la géologie Ihéoric que et empêché les vues solides qui ont depuis peu « ftiit ranger cette science parmi nos connaissances poc sitives. Détaché de ces fausses idées, on ne peut s'em- «I pécher de se faire de Tantiquité de TEtna, Tidéela plus c grande et la plus haute. Comment n'en serait-on pas c convaincu en observant les flancs de cette montagne « hériiisés de quatre-vingt cônes de diverses grandeurs, c dont chacun d'entre eux a eu et offre encore des érupc tions latérales. Ces éruptions n'ont pas dû être in- « stantanées; il est probable, au contraire, qu'elles ont <( été séparées les unes des autres par des intervalles

< de temps plus ou moins considérables.

< Ainsi , ce ne serait pas trop hasarder , ajoute € M. Lyeil, de supposer qu'il a fallu au moins trente

€ siècles pour donner naissance au quart de ces cônes, < en sorte qu^on peut conjecturer avec quelque raison, « qu^envBTon douze mille ans ont été nécessaires pour c les former tous; ce long e^MKse de temps n^est cepena dant encore qa^une petite partie de Thistoire de ce c volcan.»

Nous admetti*ons que l'antiquité de TEtna, dans sa forme actuelle, est des plus considérables. Mais ce que Ton peut contester, c'est qu'il y ait la moindre relation ratre la date du surgissement de cette montagne et celle de Thomme. En effet, notre espèce, la plus jeune eatsre toutes les races vivantes, estvenue sur la terre bien long-temps après que les grands phénomènes du globe avaient été produits. Nous ne cesserons de le répéter, car on semble oublier ce fait incontestable , Thomme est d'hier à côté de ces majestueux effets des temps géologique. Ce qu'il nous importe de faire remarquer , c'est que, d'après M. Lyell, aucun signe apparent n'annpnce qu'un grand courant d'eau ait jamais passé sur . la cime de l'Etna.Âussi, la région des forêts où se trouvent les cônes latéraux ne parait avoir éprouvé aucune sorte de dévastation ni de dénudation , ce qui indique que le cône volcanique de l'Etna a dû être formé bien avant le déluge, et, par conséquent, antérieurement au reQouveUement du genre humain .

Si cette région, couverte de cendres et de scories, avait subi les effets d^une violente et terrible inondation»

ces monceaux de débris ne seraient eerlaioemeot pas restés iatacts^ Aussî^ oo peut affirmer qoe ces cen» dres et ces soories ont élé lanoées au-dehora par les éruptioos volcaniques pMlérievrement au dâuge. Dèslors, on ne peut d'appuyer aur elles pour découvrir les effets de ce grand cataclysme, et encore moins Tépoque à laquelleilaeulieu.

On voit dans d'autres parlîea de TEurope des cônes de scories s^nblakles à ceux de TEtna. Quoique leuit niveau soit inférieure ceux de ce volcan, ces oônes n^en sont pas moins tout à Cait intacts. Us le lont parce qu'ils ont été produits postérieurement à la dispersion des dépots diluviens* . De pareilles circonstances se représentent dans une il}finité d^autres lieux; Ton ne saurait «n inférer que le globe n'a pas éprouvé les effets de violents cours d'eau depuis Tapparition de l'homme ou le renouvellement de son espèce» Il est» en effet, unefoirfe de localités où Ton ne voit aucune trace des dépôts diluviens,^ leur absence ne pi'ouve pas cependant que la cause qui le s a dispersés dans tant de lieux difEérents, n'ait pas été' générale.

En supposant, aveo M. Lyell, que lantiquilé de TEtna fut très grande , cette antiquité ne prouverait nullement qu'il en fut de mékne de oélk de l*koaime. A la vérité, il en serait différemment si Toii venait à reconnaître que notre espèce a élé contemporaine des

promières éruptions de œ voleaa* Mais il est facile de JQg^ que les observatiioas de l'illustre géologue , que nous veaoofi de citer ^ sont loiu de oondoire à une pareille eonclusion.

Ce^ obBervatioiis ont uoiquemeat prouvé que les nombreux foyers volcaniques, dont l'action parait avoir totalement cessé, sont loin de s'être éteints à une même ^que. D'un autre côté, il serait difficile d'admettre que le sommet du colosse des volcans de l'Europe, qui arrive jusqu'à 5257 mètres, s'est élevé depuis les temps historiques. Pindare n'appelle-t-il pas cette montagne une colonne du ciel ; ce qui annonce qu'alors, comme aujourd'hui, sa cime, couronnée de neige, avait atteint le niveau qu'elle a maintenant. Dès-lors les éruptions de l'Etna ont de beaucoup précédé les temps liistoriqnee^ et, quelle qu'en soit l'^oque, elles ne peuvent nous faire eomnaitre la date de l'apparition de l'homme.

On pourrait bien se dettiander, s'il ne serait pas possible de trouver une mesune de temps dans le phénomène que semblent présenter certains volcans , de se ralkh mer après des intervalles si loogs, qu'à raison de cette circonstance, ils sont géoBéralemetit considérés cooime tout«à4ait éteints, liais pour user d'un pareil chronomètre, il faudrait d'abord être certain que les volcans -^que Ton Mippoee éteints, le smit réellement et n'ont pas eu d'éruptions depuis les temps historiques. Noua ver* rona plus tard, que diaprés des autorités fort graves, les

¥olcaD8 du Vélay et de TÂuvergne, dont les feux semblent avoir totalement cessé, ont cependant eu des érup* tions, non-seulement depuis les temps historiques, mais même depuis des temps peu éloignés de nous. Ces éruptions sont décrites dans des termes si formels et si précis, qu^ii est difficile de douter de leur réalité.

Après de pareils faits, comment admettre que parce qu'un volcan situé sur le pic de Tolima, et placé sur le flanc oriental de la chaîne des Andes, à une assez grande distance de la mei% a donné, lorsdu tremblement de terre de >! 827, des signes non équivoques d^activité, il ait réellement lancé ses feux pour la première fois. 11 importe peu que généralement les habitants de T Améri* que aient considéré ce volcan de Tolima, et celui que Ton observe sur le flanc opposé de la même chaîne des Andes, comme entièrement amorti. Tout ce que de pareils faits prouvent, c^est que les éruptions de ces volcans sont fort éloignées les unes des autres. Proba* blement lorsqu'en79, après Tère chrétienne, le Vésuve détruisit Heronlanum et Pompéïa, les habitants de ces deux villes supposaient aussi ce volcan entièrement éteint. Us devaient d'autant plus se lo persuader, que ses flancs et les bords de son cratère étaient pour lors couverts d'arbres de la plus belle venue, et que le Vésuve avait été muet pendant plus de deux siècles. On ne sait que trop combien ils furent détrompés de leur er« rebrj aussi nous ne pouvons plus la partager. Qui oserait

en effet affirmer que les volcans, dont iesieux semblent tout-à*fait amcHrtis» ne se rallumeront pas encore.

On ne peut pas sur de pareils phéoaomènes, dont Faction est si irrégulière et les retours si ineertains, as* seoir quelques données propres à nous éclairer sur les dates que nous cherchons à fixer. Tout ce que les r^ cherches géologiques nous ont appris sur Tâge des divers foyers volcaniques , c'est qu^il est loin d'âtre le même pour tous ceux que nous supposons éteiatç. Le nombre de ces derniers est même si considérable, qu'il doit faire présumer que ces phénomènes sont pour la plupart; si ce n'est la totalité, antérieurs aux. temps historiques, et appartiennent à l'époque géolc^ique.

Nous avons démontré que Taetion qui a amorti ces anciens foyers souterrains, avait agi à des époques différentes, à en juger d'après celles des dépôts de sédi« ment que les laves et les autres matières volcaniques ont traversés dans leurs éruptions. Ainsi, les éruptions qui se sont fait jour a travers les terrains d'eau douce tertiaires sans traverser les formations marines qui les surmontent, sont néeessairement plus anciennes que celles qui ont agi sur les unes comme sur les autre?. De même enfin les éruptions dootraotion s^est étendue jusqu'au lA'&K'ium, qu'elles.ont soukvéetplus ou.moiçs bouleversé, sont d'une date plus récente que ks pre^ mières dont nous venons de parler; eikfin, eallesqui ont uniquement déplacé les dépôts d' atterrissmiwt dont

la ft>rmatioo a continuellement Hea de nos jours^ sont évidemment d^uoe date encore plus nouvelle.

D'après ces données, fondées snr Tobse'vation, il y aurait au moins quatre époques principales dans les éruptions des volcans postérieures au dépôt des terrains tertiaires, ce qui peut nous faire juger quel a pu être le nombre de celles qui se rapportent à la formation des terrains volcaniques plus anciens. Les éruptions des anciens foyers des volcans ne peuvent donc rien nous apprendre, poisqve nom n'ayons aacun moyen d^en apprécier la date.

Il en est de même des dernières formations volcani^ ques qui) opérées après la dispersion des d^ts dilu* viens, ne se montrent recouvertes par aucun autre genre de terrains. Elles ne peuvent nous faire connaître rège relatif des divers foyers volcaniques postérieurs au déluge ; car leuré bouehes ignivomes n^otfrent, dans leurs résultats, aucun effet qui puisse les rattacher aux diverses époques historiques.

Les éruptions des temps géologiques sont encoi^ mpins liées avec les temps historiques et avec Tantiqutté de Tespèce humaine. Tout à fait en-^ehors de ces temps, elles ne peuvent en servir de mesure; car lefi laves de presque tous les volcans aujourd'hui étants ont )r wené des dépôts de divers Ages > mais qui, tous, appartietiotntà Tépoque géologique. L'originederespèce humaine n^a donc aucun rapport avec les phénomènes

vdcaniques d« Taneian inonde; tout an pi as peutdie en «voir avec ceux da monde àcluel. Les principaux événements physiques qui ont quelques connexioBS avec riiisloke du genre humain, sont uniquement eeux dont nous pouvons suivre la marche et les progrès : telle est , par exemple , la marche des du* nea ou de ces monticules de sable, qui s'élèvent le long des bords des mers^ poussés par les flots sur le rivage. Tel est encore le progrès des atterrissements qui s'accumulent à Temboochure des fleuves et des rivières^ et enfin les éboulements et les talus qui se forment au pied des hautes montagnes.

Les autres phénomènes physiques peuvent bien nous apprendre que la terre est fort ancienne; mais ils sont impuissants pour nous faire connaître la date depuis laquelle Thomme y a apparu. Ce n'est point au miliea de ces monceaux de ruines élevés par les anciens volcans que nous devons là chercha.

Nous pouvons seulement en démêler quelques tra* ces dans la marche des alluvions , ou dans la rapidité avec laquelle se forment les dunes ou les falaises* Leur origine remonte h Fépoque à laquelle ont cessé hoé effets du dernier cataclysme. i

Les volcans qui ont brûlé pendant les twips géolsN giques ne peuvent servir à dànontrer Tanliquilé ou la nouveauté de l'espèce humaine, puisque leurs ^uptiona sont antérieures à Tapparilionde Thomme. Sans doute

elles oDt percé les couches solides du gkhe ^ ont élevé des monticules plus ou moins considérables, en répan* dant au-dehors les produits de leur action. Lorsque ce travail souterrain s'opère dans les temps historiques, il exerce ses effets sur tous les dépots , non-seulement de ces temps, mais encore sur ceux des époques géologiques.

Tout ce que ces couches traversées nous apprennent, c'est qu'elles ont été violemment disloquées dans la période actuelle ; mais elles ne sauraient nous dire la date précise de leur déplacement. Nous jugeons aussi bien Tâge relatif des anciens volcans que nous le fesons des différentes chaînes de montagnes. Nous le pouvons en comparant la date des dépôts de sédiment qu^elles ont exhaussés, avec celle des formations qui ont conservé leur horizontalité première. Cette comparaison n'est plus possible pour les volcans brûlants, puisque leurs éruptions, postérieures au renouTellement du genre humain , ont percé tous les dépôts géologiques , et ceux produits dans la période actuelle.

Ces derniers appartenant à une même période, ne sauraient être distingués enti*'eux sous le rapport de leur âge relatif; par cela même, ils ne peuvent nous fiaire connaître la date à laquelle les feux souterrains ont agi sur eux. Les volcans brûlants peuvent avoir une antiquité presque indéfinie, mais il est essentiel de bien oomprendre que cette antiquité n'est nullement liée avec celle de l'existence de Thomm^^ , mais seulement avec

Tépoqne de la formation du globe terrestre; Ihistoire de notre espèce ayant uniquement des rapports avec les foyers souterrains qui ont lancé leurs feux depuis les temps historiques.

Toute la question se réduit à savoir, si les documents de rhistoire reculent de beaucoup la date des éruptions volcaniques postérieures au renouvellement du genre humain. 11 faut Tavouer , l'histoire est à peu près muette sur la succession de ces phénomènes. Tout ce que nous savons sur celles de TEtna, c'est que les plus anciennes, sur lesquelles nous avons des données un peu certaines» ne remontent pas au-delà de >I354 années avant Tère chrétienne* Par suite des nombreuses convulsions qui agitaient les foyers volcaniques de la Sicile, les Samnites se retirèrent 9 à cette époque , vers Textrémi té de cette ile , où leurs jours leur paraissaient moins en danger.

H parait paiement que les Pélasges quittèrent pour lors la côte d'Étrurie , effrayés par les violentes éruptions qui avaient lieu dans le centre et vers les côtes de l'Italie. S'il faut en croire Sidonius Apollinaris, il y en aurait eu de pareilles dans le Yélay » vers le cinquième siècle; elles y auraient même produit d'assez grands ravages. Les géologues qui habitent cette contrée, pourront facilement s'assurer de l'exactitude de ce fait, en remarquant si les dernières formations volcaniques du Vélay, ont traversé ou non les dépôts historiques.

Si nous devons ajouter foi aux chroniques de saint

Ruppert, évéque de Clermont, FAnvêrgne, où, comme dans le Vélay, on n'obsenre que dés foyers volcaniques doot Inaction parait avoir totalement cessé, aurait cependant été troublée vers la fin du quatorzième siècle , par les feux souterrains. En admettant la réalité de ces faits, ils peuvent bien noas dire Tépoque h laquelle les volcans ont cessé de lancer leurs feux , mais ils ne sauraient donner à rétablissement du genre humain une ptas haute antiquité que celle que nous avons admise.

Les volcans ne nous fournissent pas, aussi bien que les autres faits physiques, des dates positives, paroeque leur âge absolu ne peut pas être établi d^nne manière aussi précise, que celui des divers dépôts de sédiment. Une période volcanique ne peut être déterminée, par rapport aux terrains de sédiment, qu'en prenant le terme moyen des époques auxquelles cette période s'est arrêtée dans les diverses contrées où elle s^est manifestée.

D^un autre côté, quoiqu'il soit le plus généralement vrai de considérer certaines roches volcaniques comme plus anciennes que d'autres, telles par exemple que lea trachytes, relativement aux basaltes ou aux laves com* pactes qui se produisent encore, il est bien des exemples do contraire. On ne peut donc pas asseoir sur la présence de telle ou telle masse minérale, la preuve positive de Tancienneté du terrain où elle se rencontre, comme on le fait pour les divers matériaux de sédiment. Ceci répand une grande incertitude dans la classificatiott

4es formatioas volcaniques, oMsidéréessouB le rapport de Tépoque à laquelle elles ont été éjeetées.

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