XI. — De la tmttigitak
Après le dépôt des terrain» diUivieiis, let eontinents que les eaux venaient d'abandonner fui*entpeuà pea mis à sec. Toutes les causas dont TaetiiMi s'exeree maintenant sur la surfaee de la terre ^ reprirent leur cours ainsi que la végétation.
Celle-ci bientôt florissante, par siûle des CMses qui en favorisaient le développement^ eomnença par former de riiumus, leqyel en s* mélangeant avec le terreau ou les terres désagrégées, finit par produire la terre végétale. Les dépôts de cette terre préeîeuae et nécessaire même, jusqu'à un certain point, à ki végéta-r tion se sont ainsi sueeessivement aceumuléa, surtout dans les lieux où rien ne les a troublés et encore moins entraînés.
Connaissant la manière dont la terre mégétale sa forme eonlinuellement, et observant la petite quantité qui en existe, on peut en conclure que le tempe où elle a eomn>encé à se produire ne doit pas être très éloigné de l'époque actuelle.
Cette conclusion s'accorde parfaitement avecoe fait
génémlemenl reconnu du peu d^épakseur que présente la terre végétale sur les hautes montagnes. Dans un grand nombre d'entr'eiles , à peine en observe-tron, si ee n'est par lambeaux et encore à peu près uniquement sur les places qui offrent des assises peu inclinées.
Quant aux pentes verticales , elles en sont constam* ment privées. On voit pourtant des forêts d^arbres toujours verls couronner les montagnes ainsi dénudées. Cette circonstance semble dépendre du mode de croissance de ces arbres; les racines des pins, des sapins et des mélèzes ne pivottent point; elles rampent à la surface de la roche nue et ne pénètrent dans le sol qu'à tra^ vers les fentes des roches.
Aussi ces forêts sont-elles souvent anéanties par les avalanches qui entraînent avec elles les arbres, leurs racines et même les quartiers de roches, autour desquels ils s'étaient cramponnés* Lorsqu'on se transporte sur des lieux victimes d'un pareil fléau, si commun dans les montagnes^ on se demande où sont les restes de la terre végétale qui avait servi à nourrir ces forêts; car à peine peut- on y en trouver quelques vestiges. Cependant bientôt de nouveaux arbres viendront embellir des lieux ainsi dénudés^preuveque cette terre n'est pascomplètement néeaasaire à la croissaneede certains arbres, même de ceux qui acquièrent de grandes dimensions.
Si des montagnes nous nous dirigeons vers les plaines, nous verrons la terre végétale augmenter d'autant
plus d'épaisseur, que ces plaines se montrent rappro« chées des grands cours d'eau, qu'elles sont surmontées par des chaînes élevées et enQn que leur niveau est peu supérieur à celui des mers; mais en terme moyen son épaisseur ne dépasse pas un mètre ou deux. Partout les faits nous apprennent que sa formation est une des dernières opérations de la nature.
Cette faible épaisseur est d'autant plus remarquable^ que les efforts de Thomme ont tendu constamment à l'augmenter dans tous les lieux où il a établi la culture et donné ses soins à la terre. En effet, son industrie dé* chire et divise sans cesse le sol soumis à son activité : elle réduit les rochers en poudre impalpable, et en les mélangeant avec des fumiers et divers engrais, elle en compose une terre qui devient la cause d'une riche végétation. Cependant, malgré les efforts constants de Fhomme, Tépaisseur de cette terre si utile et si favorable au développement de la végétation, n'est pas très con* sidérable, ce qui annonce que sa formation ne peut être fort ancienne et ne remonte pas au-delà de Fexittence de celui qui l'a produite et l'augmente sans cesse.
Xlh-^DeêUMetdeirieifsmaâréparifuei.
Le grand Océan du sud , dont l'étendue occupe à elle seule presque toute une moitié du globe et quo
l'on ne voit parsemé dans cet espace immense que de quelques iles peu considérables , nourrit dans son sein une infipilé de polypes. Ces animaux travaillent en silence, et accumulant sans cesse des masses calcaires, ils les élèTcnt peu à peu au-dessus des eaux dont ils séparent ces matériaux. Architectes laborieux et infatigi^Ues, ils forment 9 à l'aide des siècles^ des récifs on même des lies nouvelles, dont la grandeur va sans cesse en croissant.
Le nombre de ces récifs s'augmente à mesure que le travail des polypes s'avance , et peut-être, un jour, obstmera-t-il Timmensité de FOcéan.
Ces animaux produisent avec une telle activité, que Cook, lors de son troisième voyage dans les mers du sud, y découvrit des bancs de madrépores qu'il n'avait point reconnus dans son premier. Tous les jours de parais faits étonnent et surprennent les navigateurs qui parcourent les mers des contrées équatoriales. Ils s'expliquent par le nombre infini des animaux qui en préparent, d'une manière constante, les matériaux*
Ces lies nouvelles n'ont pas commencé à se former dans le sein des mers depuis le renouvellement du genre humain. 11 en est un grand nombre qui semblent antérieures à cette époque ; telles sont la plupart des lies de la Polynésie.
La distinction à faire entre les lies anciennes et nouvelles^estd'autant plusdifficile, que les unes et les autres I. 28
doivent presque toujours leur formation aux mêmes genres de eoophytes. Ces genres , parmi lesquels nous signalerons les astrées^ les méandrines et les cariopfaylies, ont aussi bien dominé dans les mers de Tanden monde, que dans les mers du nouveau. Au moyen des êtres les plus cliétifsy la nature élabore des masses immenses de polypiers pierreux» qui ont couvert une grande partie de l'ancien Ooéan, comme ib tendent à le faire encore.
Les polypes» du moins les espèces actuelles, ne peu* vent pas vivre à une grande profondeur. Ils ne pullulent et n^ élèvent leurs maçonneries que dans les lieux où le fond de TOcéan n^est pas trés*éloigné de la surface. On les voit maintenant exercer leur industrie sur les plateaux élevés laissés par les Koophytes de Tancien monde; ils n'habitent plus les vallées ni les plaines d^ profondeurs de TOcéan.
Les récifs qui se produisent depuis les tempe historiques» ne sont en réalité que des couches madréporiques, déposées par les polypes actuels » sur le haut des montagnes sous-marines et dans tous les fonda suffisamment élevés. Les premières de ces lies qui ont paru à la surface de TOcéan ont pris naissance sur les points les plus culminants. Celles qui s^établissent sur les sommités supérieures des rochers sous -marins ont moins de chemin à faire pour arriver à la surface; c'est toujours de cette manière que les polypes préparent leurs, matériaux, et les augmentent ainsi peu à peu.
Les iles madréporiques s^étendent presqu^en ligne droite, depuis les Maldives et les LaeadiveSy sur un es^ paee d'environ sii oeotslieues, sans se dirigerai à droite ni à gauche, hors de ee méoie alignement. Cette circoi^ stance s'explique, parce qu'il existe dans cette partie de rOcéan, une longue chaîne de montagnes (comme celle des Andes, par exemple), sur la crête de laquelle les polypes ont bâti leurs récifs*
Généralement, ces lies sont encore peu élevées audessus de la mer, malgré l'activité de leurs architectes^ et la hauteur du sol sur lequel ils travaillent; c'eat ' principalement sur des éminences volcaniques que sont assises, dans les mei-s du Sud» les nûasseii les plus étendues des polypiers pierreux.
Il arrive même parfois qu'une opération intérieure favorise cet ouvrage de la nature, en soulevant les massifs madréporiques, de manière à y former des eslearpements et même des collines élevées. De semblables effets ont lieu , non-seulement de nos jours , mais ils paraissent avoir été produits dans les temps gécAogi-ques. La plupart des lies des mers du Sud, comme Olahiti, Timw, Sumatra, l'Ile-de-France , offrent des bancs de madrépores , jusqu'à une assez grande faau-» leur au-dessus de k mer. Ceci ne tient point à ce que la mer a baissé, mais aux soulèvements qu'ontéprouvés les matériaux madréporiques produits ontérieurement à Tépoque historique, où peut-être depuis lors.
H en est donc de ces phénomènes comme de ton» les autres, et partout , la nature bien interrogée nous tient le même langage.
Cette conséquence serait plus évidente encore, si nous avions porté Tattention sur raccumulation des polypiers pierreux que, dans leur travail continuel, leszoopbytes élèvent sans cesse auprès des côtes des mers. Ces animaux saisissent , en quelque sorte , tous les corps ^ entre leurs masses pierreuses, coquilles, végétaux ^ débris d'animaux, cailloux roulés ; ils les enveloppent et les incrustent de leurs masses solides , avec d'autant plus de rapidité» que leur nombre est plus con9i" dérable.
Telles ont été les causes de la formation des rochers madréporiques, sur tant de points différents du globe. Ce qui est digne de remarque, les bancs modernes n'ont acquis nulle part ni une gi*ande étendue ni une grande puissance. En comparant leurs effets actuels, avec ceux qui ont été produits dans les temps géologiques, il est difficile de méconnaître Textréme différence des uns et des autres. La cause de cette diversité tient à ce que les architectes des nouveaux roebers de polypiers exercent leur industrie depuis peu, en comparaison da temps que les zoopbytes de Tancim monde ont mis à préparer leurs vastes dépots, preuve irrécusable de leur antique existence.
En un mot^ tandis que les polypes actuels, ma^
lenr incroyable activité, n^ont élevé an-dessna des mers qtie des récifs peu étendus , ceux des temps géologi-* ques ont formé des lies considérables, telles que celles de la Polynésie et même une partie de la Nouvelle- Hollande. La comparaison entre deux effets si différents annonce asses le peu de temps depuis lequel les premiers de ces animaux travaillent , eu égard à celui que les seconds ont mis à achever leurs grandes et imposantes constructions.
Nous avons étudié les divers chronomètres physiques qui auraient pu nous apprendre la date de l'apparition de Thomme sur la terre, ou du moins nous donner, à cet égard, quelques idéf s propres à nous fixer sur une époque qu'il nous importe de connaître et de préciser. Nous avons vu que parmi ces chronomètres , les uns étaient tout à fait impoissants, et les autres plus ou moins intimement liés avec la date de la veniie de rhomme , nous ont montré que leur origine, loin de remonter^ comme on Pavait faussement supposé, à une antiquité indéfinie, ne s^éloignait guère de 6,500 à 7,500 ans au plus de l'époque actuelle.
Ces causes, dont on peut en quelque sorte évaluer l'action, ne remontent pas au-delà du grand cataclysme qui a ravagé la partie la plus considérable de la surface de notre planète. En effet, c'est seulement à compter de cette époqueque Ton peut calculer la marcheactuelledes alluvions, appréder le progrès que les sables rejetés par
ks mers sur leurs rivages ont fait dans Tintérieurdes continents ; enfin, l'accumulation de la terre végétale dans les bas-fonds, où ell^ s'augmente sans cesse au-* tant par les efforts de Thommê que par le développe» ment de la végétation^ Or, d'après l'ensemble de toutes les observations que nous venons de rapporter, il est difficile de ne pas admettre que le commencement de toutes ces causes dont nous pouvons suivre les effets, ne s étend guère au-delà de 4,500 ou 5,000 ans, depuis le déluge historique jusqu'à nos jours.
Quant à la date de ce grand cataclysme, dont toutes les nations ont conservé le souvenir, nous pouvons la demander aux faits physiques. Les monuments historiques peuvent aussi nous la donner; c'est donc à eux que nous allons maintenant nous adresser pour l'apprendre par une toute autre voie. Nous verrons que les monuments les plus certains que nous pouvons consulter à cet égard, la fixent a environ 2>000 aâ- Bées après la venue de l'homme. 41 en résulterait donc qu'en combinant ensemble ces deux ordres de faits, l'antiquité de lespèce humaine ne remonterait guère au-delà de 7,000 ou 7,500 ans au plijis.
Il nous reste donc maintenant à nous assurer si l'eusemble des monuments historiques que nous ont laissé les divei*ses nations de l'antiquité, s'accorde ou non avec celte date. 11 ne faudra pas perdre de vue, en jetant les yeux sur les ob6ei*vations dons lesquelles nous
allons entrer, que ce sujet est iiéoessairement environné de grandes difficultés; c^est beaucoup en pareille matière que de circonscrire la vérité dans des limites extrêmement resserrées, puisque Tonne p^ut espérer d'arriver à cet égard à une exactitude rigoureuse et certaine.
C'est donc à réclaircissement de cette question qui comprend, pour ainsi dire, Thistoire de Thumanité, que nous allons consacrer tous nos efforts* Heureux si nous parvenons à déchirer un coin du voile qui la couvre, et à répandre quelques clartés sur un sujet si difficile.
On voit d'après Fensemble des observations précédentes, que la chronologie admise par TÉcriture, commence seulement à la création de Thomme* Les dates qu'elle admet ne remontent pas au-delà et nous avons vu que les faits géologiques sont d'accord avec elle.
La difficulté ne peut donc porter que sur les temps qui ont précédé cette apparition ; mais ces temps pourraient être indéfinis , comme ils le paraissent réellement, sans que pour cela on put considérer comme inexacte, l'histoire de l'humanité , telle qu'elle a été tracée par l'écrivain sacré. (Test dans ce sens que nous avons dit, en quelque sorte avec Moïse, que la chronologie de l'homme était bien jeune à côté de celle de la terre.
Le globe terrestre, ainsi que tous les corps slellaires
et planétaires ) ont done été créés dana le principe des choses, non pas tels qu'ils se présentent maintenant à nos regards , mais dans un état d'imperfection et dans une sorte de chaos où tout était confusion et désordre. Ces corps ont dû recevoir plus tard une oi^anisatioa particulière , et la terre , par exemple, objet spécial de Fattention du législateur des Hébreux^ a passé par des phases successives avant d'arriver à son état actuel. Moïse nous &a a donné une idée dans le court récit de la création, où nous trouvons également des données sur les modifications qu'ont subies les deux corps céles« tes dont Timportance est si grande pour nous.
Il résulte du texte même de la Genèse, et il y est dit expressément que Dieu créa le ciel et la terre » non à la première époque ou au premier jour , mais bien dans le commencement» Ce commencement se rapporte nécessairement k une époque reculée outre mesure et à laquelle ont succédé des périodes d'une étendue indéfinie, dans lesquelles se sont accomplies^ toutes les ré- Tolutions physiques dont les couches du globe conser^ vent les traces , et qui ont à peu près cessé à la venue de rhomme.
Le récit de la Genèse, après avoir annoncé dans le premier verset la formation de ce qui fut les deux et la terre , ou ce qUi est toute la matière, arrive ensuite , sans intermédiaire, aux détails de la création des objets terrestres, dont les rapports avec Thomme sont plus
immédials etont,par oela même, plusd^întérèt pour lui.
Les principaux chaDgements physiques opéréç sut la terre ou en dehors d'elle , et enfin la manifestation successive des êtres vivants , qui tour à tour Font em« bellie et animée , ont été Tœuvre de six périodes de la oréation^dont M<dse n'a pas fixé la durée ni Tétendué; il nous apprend seulement que lee êtres actuellement vivants ont été précédés pard^autressystèmesorganiques végétaux ou animaux* Ainsi pour chacun de ceux-ci^ commeponrlespremiersjilaétéuneépoqueoùilsn'existaient pas encore ^ et celle-ci est d^autant plus éloignée de nous, qu^elle se rapporte aux espèces les moins corn* pliquées en organisation. Comme il n'y a que des ana« logies plus^ou moins éloignées entre les systèmes des races plus anciennes des végétaux et des animaux, et celles qui vivent maintenant^ il est impossible d'admettre , entre ces diverses générations, une succession étemelle et indéfinie toute la fois dans le passé et dans Tavenir.
On ne peut pas davantage supposer le passage dea formes organiques plus simples, aux formes plus compliquées; car les végétaux et les animaux dont on retrouve les débris dans les couches fossilifères les plus anciennes, présentent dans leur organisation, une per* /ectiou de détails et d'ensemble, tout aussi grande que celle qu'on trouve dans les espèces vivantes de nos jours»
Les espèces actuelles ne sont donc pas provenues des races anciennes ; il y a eu entre elles interruption manifeste et non point continuité : seulement les unes et les autres ont eu un commencement, et ce commencement même, celui qui se rapporte aux ftges les plus reculés, est d'une époque bien récente comparative-ment à Thistoire physique de la terre.
Si les races même les plus anciennes sont jeunes à côté du globe terrestre, sur lequel elles sont arrivées successivement par degrés, et long-temps après sa création, combien Thomme qui n'a apparu qu'après tous les végétaux et les animaux, doit-il être nouveau à côté des autres organisations détruites ou encore existantes? On arrive aussi bien à cette conclusion, parTexamen des faits physiques dont les entrailles de la terre nous ont conservé le souvenir , que par l'étude du livre le plus ancien de ceux qui sont en notre possession.
Telles sont les principales données consignées dans ce livre admirable, considéré uniquement sous un point je vue humain, car c'est sous ce rapport seulement que nous l'avons envisagé. Ces faits sont également d'accord avec ceux que la géologie nous a fait découvrir. L'Ecriture n*est donc point, ainsi qu'on l'a si injustement supposé, en opposition avec la science, en ce qui concerne rhistoire physique de la terre. Pour démontrer le contraire, il faudrait prouver que l'interprétation du texte, d'après laquelle on voudrait faire admettre que la
Genèse est en opposition avec les conclusions de la géologie, en est nécessairement le véritable sens et celui que Moïse a eu réellement en vue* Il faudrait encore que les conséquences déduites de celle interprétation fussent tellement évidentes, que tott homme de bonne (oi ne puts^empécher de les admettre sans hésitation et sans le moindre doute.
La science géologique ^ déjà assez avancée pour nous permettre de juger ce qu^ii peut y avoir d^exact dans les diverses interprétations que Ton peut donner du texte de la Genèse, quoiqu'elle ne le soit pas assez pour répondre à toutes les questions qpi se présentent dans la recherche des faits relatifs à Tifistoire de Tancien monde.
La controverse est ici d'autant plu»permise, que le
sens des paroles de la Genèse n'est pas complètement
déterminé et ne devait pas être catégorique d'après les
/motifs qui ont porté Moïse à nous tracer le récit de la
création *.
Si ce récit avait été précis au point de ne pouv(Hr recevoir d'autre infareprétation quela seuleexacte, les progrès de la science n'auraient pas pu nous faire saisir
* Les idées que noas venons d'adopter ont été, comme on le sait, développées avee le plus grand éclat, par Tillastre professeur d'Oxfordf M. (ackland. Elles ont également acquis récemment un nouveau défenseur, M. Waterkcyn, professeur de géologie à l'université deLouvain.On ne lira pas sans fruit le beau travail qu*îl vient de publier et qui est intitulé : De la Géologie et de tes rapports avec les vérités recelées, (Louvain 1841).
que Ton s'était trompé dans le sens qil'on avait attribué <aux paroles de TécriTain sacré. Les défenseurs de l'Écriture , pour se conformer à cette interpi*étation première, auraient été nécessairement obligés d'avoir re* oours à des explications inexactes et forcées , afin d V pérer une sorte de conciliation entre elle et les faits géologiques.
Les paroles de la Genèse, loin d'avoir une* pareille précision, ont au contraire une si baute portée dans leur concise profondeur^ que la difficulté qu'elles présentent tient plutôt à en comprendre le véritable sens qu'à en donner une interprétation littérale. Aussi avons-nous fait tous nos efforts pour profiter^des observations des sciences modernes qui nous ont donné quelques idées sur la formation du globe terrestre, et en même temps sur l'bistoire de Thomme. Nous sommes peuirétre arrivé ainsi à mieux comprendre un récit dont Texàctitttde frappe d'admiration, lorsqu'on se reporte à l'époque à laquelle il a été écrit.
Nous sommes cependant toin de supposer que l'interprétation que nous avons adoptée ne soit pas susceptible de grands perfectionnements. Elle en recevra au contraire tous les jours ; car le temps n'est pas encore venu où une théorie complète de la terre peut être établie sur des bases stables et définitives. Nous n'avons pas encore assez de faits devers nous pour pouvoir fonder une pareille théorie sur des données certaines ;
nous devons seulement les attendre des progrès toujours croissants de la science» C'est là un bel héritage que nous laisserons à nos neveux.
Tout ce que nous avons voulu faire dans ce traité , c'est de démontrer que les découvertes de la géologie ne sont pas en opposition avec les vérités révélées. On peut donc adopter les conclusions de la science sur la formation de la terre , sans contredire en rien ce que TÉcri-i ture nous apprend de la création de l'univers. Cette pensée, aussi vraie que consolante, nous a soutenu et nous a encouragé dans une œuvre à laquelle il nous a paru que tous ceux qui cherchent la vérité de bonne foi pouvaient prendre quelque intérêt. Puissent nos efforts avoir atteint le noble but que nous nous sommes proposé et prouver que la culture des sciences , loin d'être hostile à la religion , en est au contraire le plus ferme et le plus solide appui.
Fin nu TOMB PBEMISB.