‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiques (volume 2)Chapitre 23 sur 61 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

[Note A.] Quoique nous ayons adopté Topinion généralement reçue que les découvertes de Galilée furent pour lui Tobjet de persécution, il se pourrait qu'il n'en eut pas été tout à fait ainsi.

Dans une dissertation insérée dans le Meixure de France, du i7 juillet 1784, n. 29» on voit d'après les lettres de Galilée lui-même, celles de Guichardin et du marquis de Nicolini , ses amis et ses disciples, quHl ne fut point persécuté pour ses découvertes, mais pour s'être obstiné à les concilier avec la Bible. Sa fureur d'argumenter sur rËcritiire sainte.lui donna des juges et sa susceptibilité des chagrins.

Lors de son premier voyage à Rome, en 1611, Galilée fut comblé d'honneurs par les cardinaux et par les seigneurs auxquels il fit part des résultats de ses recherches. Quand il y retourna en i615, sa présence déconcerta les accusations formées contre lui par les Jacobins entêtés de la philosophie d'Âristote. Il eut, avant son départ, une audience très amicale du pape ; seulement le cardinal Barberin lui fit défendre, au nom du Saint-Çiège, de reparler de Taccord prétenda entre la Bible et Copernic, sans lui interdire pourtant aucune hypothèse astronomique.

Cité plus tard à Rome, il y arriva le 5 février 1655. n ne fut point logéàTInquisition, il eut pour asile le palais de l'envoyé de Toscane. Un ftiois après, il fut mis , non dans les prisons de l'Inquisition , mais dans l'appartement du Fiscal, avec pleine liberté de correspondre au dehors. Dans ces défenses il ne fut point question du fond de son système, on ne s'occupa que de sa conciliation avec la Bible. Après la sentence rendue et la rétractation exigée, Galilée fut mattre^de s'en retourner.

De Florence il écrivait lui-même, en 1655, au père Récéneri que ,

quoique le pape lui eut accorde son estime, il avait été obligé de ré • tracter son opinion sur le sens de TÉcriture, et cela en bon catholique.

D'après Tabbé Bergier ( lyaiié de la vraie Religion, tome VIII, p. 194. Paris, iS20.) Galilée, n'a pas été persécuté pour ses décoavertes , ni emprisonné à Tlnquisition et encore moins condamné à une prison perpétuelle. L'Église, observe ce savant ecclésiastique, a si peu redouté les découvertes des astronomes, qu'elle a eu recours à eux, pour réformer le calendrier. En effet, Tordre de la religion a constamment réglé celui de la société.

Néanmoins Riccioli, qui rapporte le texte de la condamnation de Galilée et les principales pièces de son procès, n'a point partagé l'opinion de l'abbé Bergier que nous venons de rapporter. Son autorité est d*autant plus grande que Riccioli, homme d'une haute science, était non moins distingué par IMmpartialite de son caractère.

M. Waterkeyn observe (page 60 de la Géologie et de ses rapports avec les vérités révélées) , que la sentence de l'inquisition romaine sur le système de Copernic, en 1616 , a été rendue par un tribunal particulier, et que ce tribunal ^at loin d'avoir jamais eu une autorité comparable à une décision formelle de l'Église, en matière dogmatique. Aussi renvoie-t-il à cet égard au nouveau Conservateur belge, tome II, page 197.— Tome IX, pages 158 et 591. On peut également consulter avec fruit le the Dullin lieview, July 1838, page 73.

Dn moi loOR, ou pêmêôl ip<H)VB, employé dwi$ la Genè§$.

[Note i'^page i'*]. Tout en «Oiivenant que le Pentateuque est le plus ancien des livres que nous possédons, on doit reconnaître qu'il existe des monumeùts d'une plus haute antiquité. IL suffît de considérer ceux que l'on découvre de toutes parts sur le sol de TÉgypte.

D'après Cliampollion : « Les dates» certaines que portent tous les <c monuments de cette contrée et sur lesquels doit désoimais se fonir a der la chronologie de ce pays, prouvent qu'il n'en est aucun {Lettre « àM. ;ri«etnan.)qui8oitantérieurà2200ansavantrèrechrétienne. ce c'est à dire 4(Ui avant Tépoque actuelle 1841. C'est certainement « une date bien reculée, elle n'est pourtant antérieure que de 478 an« « nées au PentateuqtM^ qui remonte à 5565 avant 1841. >»

Champollion remarque en outre, « que si Ton adopte la chronolo- « gie et la succession des rois donnés par les monuments de cette « contrée, l'histoire égyptienne concorde parfaitement avec les livres « saints. Par exemple , Abraham arriva en Egypte ^ vei-s 1900 , sous « les rois pasteurs ; des rois de race égyptienne n'auraient pas per- « mis à un étranger d'entrer dans leur pays» C'est également sous

« un roi pasteur que Joseph fut ministre en Egypte, établit ses R fràres, ce qui n'aurait pas pu avoir lieu sous des rois de race égyp- « tienne. Le chef de la dynastie dite des Diospolitains , considérée « comme la XV1II«, est le Rex no^xis qui ignorabat Joseph de «f rÉcriture sainte, lequel étant de race égyptienne, ne devait point «r connaître Joseph ministre de cet usurpateur, ou celui qui réduisît « les Hébreux en esclavage.

« La captivité dura autant que la XVIII* dynastie ; ce fut sous Kam- «c ses y » dit AmitiophU, au commencement du quinzième siède, que « JAfjS&e délivra les Hébreux. Ceci se passait dans Tadolescence de m Sésostris, qui succéda immédiatement à son père, et fit de grandes « conquêtes en Asie, pendant que Moïse et Israël erraient durant « quarante ans dans le désert. C'est pour cela que les Livres saints « ne doivent point parler de ce grand conquérant. Tous les autres « rois de TËgypte, nommés dans la Bible, se retrouvent sur lesmonu- « ments égyptiens , dans le même ordre de succession et aux épo- « ques précises où les livres saints les placent. La Bible en écrit « mieux les véritables noms , que ne Font fait les historiens grecs. » Cbampollion finit par dire : « qull est curieux de savoir ce qu*au- « ront à répondre ceux qui ont tnalicteusement avancé, que les étn- « des égyptiennes tendaient h affaiblir la croyance dans les documents « historiques fournis par les livres de Moïse. L'application de ses « découvertes lui paraissent, au contraire, venir invinciblement à son « appui. » Telle est Topinion du plus illustre archéologue de notre époque , sur un livre dont les premiers chapitres méritent surtout notre attention.

[Nùte s, page 8]. Nous pourrions dire que, comme il est certain que le mot hébreu tom traduit par /oter, se prend souvent dans un sens beaucoup plus étendu (Genèse VI, 5. Exode XX, 12. Éziehiel IV, 6. Danielj n» 44, pe. xc, v. 4,) cela doit nous suffire ; car, comment pourrions-nous ne pas choisir Tinterprétation la plus propre à concilier les phénomènes naturels avec TÉcriture.

£n effet, le mot tom a été souvent pris pour temps, on pour époque. Ba lomin tempore; Ba lom a en, in tempore isto. Cette expression signifie, dans son acception ordinaire et littérale, un espace de temps, une époque, une manifestation réelle, on une oeuvre queleonque. Cette opinion adoptée par M. Cahen, dans sa traduction de la Bible, a été défendue par lui contre les attaques dont elle a été Tobjet. Il a fait observer dans sa réponse, que cette manière d^interinréter le mot tom est loin d'attaquer la sanctification du septième jour, instituée en mémoire du repos, de la septième époque de la création.

(Voyez la réponse de M. Caheu aux observations faites sur sa iraâweiim. Paris, 18M.)

{^Yo/e 5, page iâ]. Voyez les Jteeherches asiatiques de la Société de Calcutta, traduites eu français, n*" 1, page 159. Voyez également les Études de l'Histoire andenncy par Charles Levbsqde, tome 1", page 9.

[Note *^page 15]. Voyez De civitateDei, lib. XI, cap. viet lib. Il, cap. XI, no â4. — />e Genesi ad lUteram, lib. IV, n» 14. — i>e Oatechis rudihuSy cap. xiii.— id. De ciDitate Dei, Lib. XI, cap. vu. Voyez également pour Topinion de Sadnt-Athanase Orat. Contre Jrian, n9 60. — et pour celle d'Origène : De principiis^ Lib. IV, n« i6. montra Celsum^ Lib. VI. n. 50, 51. Saint Augustin (N. 41 du iY« livre de Genesi ad lUteram.) affirme positivement que les six jours de la créatiog n*étaieDt pas semblables aux jours ordinaires, qulls en étaient bien différents; ut non eos illis simUes sed multum impares nUnime duintemus. Saint Ambroise { Bexam^ Ub. I, cap. vu. Sq.) . Théodoret ( Quœst. in Gènes, interpr. cap. v, Sqq.) et saint Grégoire-le-Grand ( iforoZ , in Joh. Lib. XXXII, cap. ix.) ont cru au contraire que les jours de la Genèse étaient des jours naturels.

On a encore invoqué en faveur de Topinion que nous soutenons , une épitre de saint Barnabe publiée en 1645, par dom Luc d'Acbéry et reproduite par Gotelier dans le premier volume des Pères apostoliques. En supposant, ce quia été fort contesté, que cette lettre soit réellement de saint Barpabé, c'est dans un sens tout à fait allégorique que cet apôtre parait avoir considéré les six jours de la création comme correspondant à six mille ans.

Voici du reste ce passage :

« Sabatum diei inUium eonstitutionis ; et fecU Deus die sexto « opéra sua et consummavU in die septimo et reguievit in illo « Die. Attendue FilUy qui dicit consummavU in sex dies. Hoc « dicit^ quML consummavU Deus omnia in sex millia annorum. « Dies enim, apud Ulum^ mUle anni sunt. Ipse mihi testis est « dicens : Ecce hodiemus dies erU unquam mUle anni unde seire « debetis^ quia in sex mUlia annorum consummàbuntur omnia. <c Et quid dicU : requievit Deus die septimo 9 --^ Patres apostolici fc volumen primum. fol. 65. Amstelodami, 17^4. »

Il est évident qu'aux yeux de Barnabe, les jours de Moïse, loin d'être des jours de vingt-quatre heures, avaient au moins chacun mille années, espace de temps qui en élargit considérablement la durée. Ainsi aux yeux des plus savants docteurs , le mot lom indique des intervalles de temps d'une étendue bien autrement grande que ceux qui circonscrivent les jours actuels.

[Note 5, page 15]. L'intervalle du soir et du matin ne fait qu'une portion d'un jour de vingt-quatre heures et non un de ces jours, an lieu que le commencement et la fin d'une époque la constituent et la

complètent. Dans le mode de supputation usité par les Juife et suivi par Moïse , chaque époque est comptée à partir du commencement d'un soir jusqu^au commencement d^un autr« soir. Ainsi , par suite d'idées toutes particulières, les Hébreux plaçaient la fin d'une époque avant son commencement.

[Note 6, page i5]. On lit également dans Daniel, usque adves' peram et mane Dies duo mllia trieenti; v. 14. Il est bien évident que ces mots, soir et matin , s'appliquent à la fin et au commencement d'une période , et ne se rapportent nullement à des portions de jours de vingt-quatre heures.

La première époque de la création l'est bien réellement quoique Hoîse ne l'ait pas appelée la première. Unus^ ainsi que Ta fait observer Duguet, a^ dans le langage hébraïque, le même sens que pHmut. Km\, dans rÉvangife, on trouve una ^ahbaJtorum au lieu de prima iohbatorufn [Explietaion du livre de la Genèse). Les Hébreux, comme les Arabes employaient souvent le nombre cardinal pour l'orv ^ai premier.

[Note 7, page 17] . Voyez VBistoire des InsiUuiionsde JlfoïM,par Salvador, tome III, page 259.

Presqu'aucun peuple n'a considéré la création comme ayant pu être produite dans six jours. D'après les Persans, ces six périodes ou Cahanhara embrassaient tout au moins l'intervalle d'une année. Mais d'après les Chinois cette création comprenait douze heures, ou périodes, dont chacune avait environ dix-huit mille ans. (f^oyez Suidas, Hyde et Martikius.) Enfin les anciens Toscans ou Étruriens supposaient que Dieu avait mis six périodes de six mille ans chacune à la création du ciel et de la terre.

Voyez enfin le Résumé chronologique de Champollioh, Paris, 1830, page 80.

[Nolfi 8, page 17] . On entend, en géologie, par couches fossilifères, les dépôts sédimentaires dans lesquels se montrent ensevelis les débris des végétaux et des animanx des anciennes créations. Ces débris ont été distingués ea deux ordres; les plus anciens, nommés fossiles, sont antérieurs à la rentrée des mers dans leurs bassins respectifs; et les plus récents, postérieurs à cette rentrée, ont été nommés par nous humatiles.

[Note 9 y page 18]. Glaize, dans son Commentaire sur le Penta^ teuque^ observe que Dieu avait achevé, le septième jour, toutes ses œuvres et qu'il le bénit , comme celui où il avait cessé de s'occuper des GBUvres de la création.

[Note 10, page 20]. Voyez Genèse^ ii, v, 4.^^ \^> y\, y. Ç, -^Exode %x, 13, Ézéca. IV. 6. — Daniel, u. 4.

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