III. Des travaux des mines
Les travaux des mines rentrent tout-à-fait dans l'ap. prédation de la date que nous cherchons ; oeuvre de rhomme, ils peuvent servir à nous faire apprécier Té-
poque âè sa venue sur la terre. On a beaucoup eiCugéré ranciennelé des travaux souterrains. D'après toutes les traditions, les Phéniciens, les Carthaginois, et plus tard les Romains se sont livrés à des travaux considérables pour rechercher les métaux précieux renfermés dans le sein de la terre.
Quoique ces documents historiques soient positifs, plusieurs observateurs jugeant ces faits avec des idées préconçues, ont prétendo que les mines de £» de Tile d'Elbe avaient été exploitées depuis plus de 40,000 ans. M. Fortia d'Urban, en examinant avec soin les déblais qui en ont été extraits, a néanmoins réduit cet intervalle à environ 5,000 ans. Encore a-t-il supposé dans ses calculs, que les anciens n'exploitaient chaque année que le quart de ce que Ton en retire maintenant*
En admettant dette évaluation, on se demande pourquoi les Étrusques et surtout les Romains, qui consommaient une si grande quantité de fer dans leurs armées, auraient tiré si peu de parti de ces mines presque inépuisables. D'un autre côté, si elles avaient été exploitées il y a 5,000 ans, on ne saurait s'expliquer comment le fer était si rare dans la haute antiquité; et pourquoi il n'a été commun que lors des beaux temps de la Grèce où l'emploi de ce métal devint général.
La magnificence el l'étendue des édifices de l'ancienne Egypte, sont loin d'attester le contraire, quoique ceux qui les ont construits aiait atteint une assez
grande perfection dans la préparation des métaax, et particulièrement dans la trempe du cuivre et peut-être dans celle du fer. Les couleurs dont ils sont ornés et les émaux qu'on y a employés, annoncent également leurs connaissances dans Tart de composer les principales couleurs métalliques et dans celui de les appliquer; mais ces monuments sont loin d'avoir une grande antiquité ; ils ne remontent pas à 4 500 ans avant Tère chré« tienne. Ils ne reculent pas indéfiniment la naissance des arts, dont les premiers progrès furent sans doute inspirés par une nécessité d'autant plus impérieuse que les Égyptiens gémissaient sous le despotisme le plus absolu.
On pourrait trouver une preuve de Thabileté des Hébreux dans l'art de préparer et de fondre les métaux dans cette statue du Veau-d'Or, si célèbre dans leur histoire. Probablement ces peuples avaient acquis en Egypte ces connaissances ; mais les lumières qu'elles font supposer aux Hébreux, ne peuvent s'étendre plus haut que leur origine.
Do même, on ne saurait admettre que les travaux des mines de fer de Pile d'Elbe remontent à 5,000 ans avant leâ temps actuels. Sans doute ces mines ont été connues des Étrusques, à une époque assez reculée : mais celle époque ne va pas au-delà de douze cents ans avant l'ère chrétienne, et probablement elle est bien plus récente. Ces peuples ne pnraissent pas avoir donné à ces mines
— esta même attention que les Romains, qui en ont tiré un si grand parti, à raison du besoin qu'ils avaient de leurs produits.
Il est facile de juger à quelles méprises on s^expose, lorsqn^on veut apprécier Tépoque à laquelle des travaux ont commencé dans des mines, uniquement sut* la quantité des déblais qu'on en a extraits. Cette quantité varie nécessairement d'une année à Fautre, soit en raison de Taccélération que Ton peut donner aux travaux plutôt à une époque qu'à une autre , soit par la pauvreté ou la richesse du minerai, circonstances trop variables pour pouvoir asseoir sur elles des moyennes exactes.
 défaut de ces moyennes, voyons ce que nous apprend Thistoire.
Les métaux paraissent avoir été connus aux premiè* res époques historiques. D'après la Genèse , Tubalcain aurait inventé Tart de travailler le fer avant le déluge. La connaissance de cet art s'évanouit bientôt, en quelque sorle, après cette catastrophe. Aussi les anciens se sont-ils servis des pierres, des cailloux, des os, des cornes des animaux, des arêtes des poissons, des coquilles et des roseaux, comme nous le fesons des métaux. Les sauvages, sans idée de métallurgie, y suppléent au moyen des corps durs et résistants. Us nous retracent ainsi une peinture fidèle des anciens peuples et de
rignorance des premiers temps. {Noie 6.)