‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiques (volume 2)Chapitre 47 sur 61 · PAR LES HEBREUX · texte numérisé non relu

PAR LES HEBREUX

Nous avons déjà étudié, sous les rapports physiques, cette belle question; il ne nous reste plusqu^à la traiter sous le point de vue historique.

Dans cette partie, qui se rapporte à l'histoire sacrée, nous nousappuieronsuniquement sur le plus ancien des livres que nous possédons, et dont nous avons déjà re^ connu Texactitude. Avant de discuter les données qu^il nous fournit, il s^agit de savoir si ce livre ou le Perua^ teuque , qui comprend la Genèse , TExode , le Lévitique , les Nombres et le Deutéronome , est réellement Touvrage du législateur des Hébreux *.

* Le Pentateuqtie est ainsi appelé , parce quil est divisé en cinq livres , la Genèse ou la création , l*Exode ou la sortie d'Egypte , le Lévitique ou Thistoire de la tribu de Lévî , les Nombres ou le dénombrement du peuple , le Deutéronome ou répétition de la loi {secunda

Si cette question était résolue négativement, on sent quelle influence une pareille solution exercerait sur la chronologie admise par la Bible; car alors les doutes les plus graves pourraient s'élever sur son authenticité, et par conséquent sur la vérité des dates qui y sont consignées *.

Mais le Pentateuque offre un ensemble imposant, dont 'toutes les parlies sont trop bien liées les unes avec les autres, pour ne pas avoir été inspiré par une même pensée et écrit par un seul homme. Aussi , ceux qui supposent , sans fondement , que le Peniateuque a été rédigé par le pontife Heikias, sont forcés de reconnaître que ce livre est Touvrage de ce seul pontife. Ils prétendent encore que sa rédaction a été faite sur des traditions ou des Mémoires conservés par Moïse ; ce qui, en définitive , lui en donnerait toujours la gloire.

On pourrait donc au plus , pour faire admettre le contraire , observer que le récit de la mort du législateur des Hébreux termine le Deutéronome ; mais cet événement n'a aucune importance pour les vérités dogmatiques renfermées dans le Pentateuque et les faits

lex d*£yr£fo« et yofMç)* Cette division se trouve rapportée pour la première fois par Josèphe , dans ses antiquités. Les écrivains de TÂncien Testament ne paraissent pas Tavoir connue ; du moins ils ne désignent jamais le Pentateuque que sous le nom de loi,on du Livre de la loi , comme les Juifs qui ne Pont appelé que du nom de loi.

* ^oyez le beau disc6ui*s de M. Frayssinous sur Moïse considéré comme auteur du Pentateuque, Tome II , page 158. Seconde édition. Pari», t895. (Conférences).

miraculeux qui établissent la légation divine de son auteur. Il est très Traisemblable , et les auteurs les plus graves ont soutenu celte opinion, que ce récit a été écrit par Josué. Il ouvrait probablement le livre qui porte son nom , et les Hébreux Tont placé à la suite du Deutéronome, comme le complément de la vie de Moïse et le terme de ses travaux.

Dès-lors , comment ne pas admettre Tauthenticité d*un livre auquel tous les propbèles, ainsi que la Iotalilédu peuple, ont payé le tribut de leur admiration et de leur respect, ils Tont appelé du nom de loi , ne pouvant lui donner une qualification supérieure et qui exprimât mieux toute leur pensée.

On a prétendu enfin tirer un dernier argument de ce que Moïse aurait désigné Dieu dans la Genèse, tantôt sous le nom d^Elohim et tantôt sous celui de Jehoça^. Cette diversité d^expressions semblerait, à leurs yeux, annoncer que ce législateur n^avait pas composé cet ouvrage de son chef, mais sur plusieurs Mémoires dont il aurait arrangé les fragments.

On ajoute enfin que le Dieu des Hébreux était unique et s'appelait Jao ou Jéhùm, c'est-à-dire, l'être par

* La Genèse, le premier des livres du Pmtateuque a été aiiui nommée du mot yevéoiq generatio vel procreado , en raison de ce qu'elle contient Thistoire de la création. On suppose que Moïse la écrite dans les déserts de TArabie , lorsqu'aprés le murmure ou la révolte des Juifs à Cadès-Barnès, Dieu les condamna à errer pendant quarante années à travers ces solitudes,

excellence. Il est cependant désigné dans la Genèse , et particulièrement dans le premier chapitre, sous le nom A^Ehhim , qui, mis au pluriel , paraîtrait indiquer plutôt les dieux qu^un Dieu unique.

On va ensuite jusqu'à prétendre que Moïse , imbu des opinions des Chaldéens et des autres peuples de rOrient, aurait attribué à des dieux secondaires, et non pas à un Dieu unique , l'organisation du monde. On objecte enfin que ce législateur, dont le but constant a été de porter le peuple hébreu à l'adoration d'un seul Dieu, n'aurait pas employé le pluriel Elohim s'il avait été réellement Pauteur de la Genèse.

On peut facilement répondre à ces objections : Les Hébreux ont souvent employé le pluriel , non dans le sens vulgaire, pour désigner plusieurs personnes, mais pour exprimer Tidée la plus élevée qu'il soit possible à Fhomme de concevoir et de comprendre. Ils ont nommé Dieu Elohim , forme plurielle du mot Eioha, qui signifie proprement Dieu, et qui lui-môme est dérivé de el, force et puissance. Moïse et les Hébreux se sont servis de cette forme, parce qu'ils ont considéré l'Étemel comme râssemblage de toutes les perfections, ils ont employé le pluriel pour en rappeler l'idée, et non parce qu'il y avait plusieurs dieux *,

* Le mot hébreu Elohim , traduit dans le premier verset de la Genèse par Deus , est à la vérité pluriel , mais il s'emploie aussi pour désigner le singulier Non-sculcment le pluriel Elohim se rapporte au Dieu unique ; mais même on y a Joint quelquefois un

JD^après Pagnin, quoiqu^Elohim soit au pluriel , on n^a jamais voulu rappeler par eette forme Tidée de plu« sieurs dieux. Il se pourrait encore qn* Ehhim f6t une expression mystérieuse, qui fit entendre d'une manière cachée Texistence de plusieurs personnes en Dieu. On trouve du moins des analogies de ce mode d^interpré^ tation dans divers passages de rÉcriture*.

Sans doute, le mystère de la Trinité n^a été clairement révélé et proposé à la foi des fidèles que dans la lei évangélique ; mais il n'est pas moins indiqué d'une manière plus cachée dans une multitude de passages de TÂncien-Testament. Le mot Elohim en est peut* être Texpression.

L'objection que nous combattons ne pourrait avoir de la force que si Moïse avait employé les mots Elohim et Jéhùva dans deux sens différents : le premier, pour exprimer l'idée de plusieurs dieux^ le second, pour désigner le grand Dieu, le Dieu par excellence '^'^. C'est ce

adjectif plariel. Elohm n'est pas le seul pluriel qui dans Tbébreu se mette au singulier. On trouve encore dans cette langue chain la Tie;pAaRin, la face; mainj Peau; ^cftamoim, le ciel, et bien d^autres encore.

* On pourrait citer à cet égard , le verset 26 du chapitre premier de rËcritare où Dieu dit : « Faisons rhomtne selon notre image et notre ressemblance. » Et le verset 7 du chapitre xi de la Genèse, où TÉternel ayant voulu voir la ville et la tour de Babel qpe les hommes venaient de bâtir dit : » Descendons et confondons-y leur langage. «Dans tous ces passages, Dieu parlant au pluriel semble indiquer qu'il y a plusieurs personnes en lui.

*" Les Hébreux ont constamment nommé l'existence universelle ou absolue, Tétre Dieu , ou Jéhava.

que le législateur des Hébreux n^a jamais fait et o'a jamais entendu faire ; peut-être même ne s'est -il servi de deux mots différents pour la même idée qu'afin de donner à son style plus de grandeur et de solennité^ en parlant aux hommes de ce que Tesprit humain ne saurait comprendre.

Le mot Ehhimy observe-t-on encore, se trouve principalement dans les premiers versets de la Genèse, tandis que celui de JéAaça se rencontre pour la première fois au quatrième verset du second chapitre Mais précisément , dans la place différente des deux mots , on peut trouver la solution de la question qui nous occupe. Le premier chapitre de la Genèse, est celui où la puissance de Dieu se manifeste par les oeuvres les plus grandes et les plus hautes ; car c est celui où il tire du néant le magnifique assemblage de Tunivers, et anime ' la terre d'êtres divers et nombreux.

Si nous consultons à cet égard Pagnin , il nous répondra qu'Elohim s^applique spécialement à Tidée de Dieu relativement à sa présence et à sa puissance, tandis que Texpression de Jéhaça s'entend plutAt de Dieu considéré dans son essence. Aussi , après cette observation sur le mot Ja, Pagnin fait remarquer que, sans les points voyelles ^ les mêmes consonnes du mot Jii^hova pourraient signifier Jéhové^ lequel dériverait de Jéhéyé, qui veut direct qui est. Aussi Dieu, en parlant à Moïse, dit : Je suis celui qui eft. Les mots Ehàim

et Jéhova se trouvent également dans les quatre derniers livres du Pentaieuque et dans la Genèse : preuve nouvelle que ce monument est Tœuvre de Moïse , au* quel il a été constamment attribué *.

On a pourtant prétendu que le r61e que ce législateur prête au serpent dans le jardin d'Éden suffirait pour faire présumer que ce législateur n^était point Fauteur de la Genèse. En s^appuyant sur l'autorité de Thomas Heatb , auteur d^une traduction anglaise du livre de Job, publiée en 4756, on a observé que la notion d'un malin esprit portant le nom de Satan ne se trouvait mentionnée dans aucun des livres de TÂncien- Testament , et que, dès-lors, ces livres devaient avoir été écrits après la captivité de Babylone. Cette notion aurait donc été acquise par les Hébreux pendant leur captivité chez les peuples de l'Orient. Aussi , aux yeux de ces critiques, elle n'apparaît qu'après leur délivrance. La Genèse aurait donc été rédigée du temps de Jéré-» mie , lorsque le système de Zoroaslre régnait depuis plus de cinq siècles dans toute TÂsie occidentale.

Il faut se rappeler à cet égard que le serpent ou le démon dont parle TÉcriture est bien différent du principe du mal des peuples orientaux. Le démon est une créature qui s'est pervertie elle-même; il ne saurait

* D'après Dom Calmet , Moïse n^aurait fait usage du mot Jèhota , que parce que Dieu se serait ainsi désigné lorsqu^il lui apparat à Bereb ou Oreb, *

être comparé , par son origine et par sa puissance , à Dieu, principe et source unique du bien. Dans la théogonie de Zoroastre , de laquelle est dérivé le manichéisme, les deux principes du bien et du mal, Orimaze et Arimane , luttent long-temps ensemble, et cela avec des forces peu différentes. Des doctrines aussi dis* semblables , et dont Tune est évidemment absurde , puisqu'elle suppose que la puissance de Dieu ou du bien a pu être contrebalancée par celle du mal , n'ont pas été calquées l'une sur l'autre et n'ont pas eu la même origine.

Aussi ne trouve-t-on dans le Peniaieuque aucune trace de ces idées apportées de Babylone et des pays plus orientaux , soit durant les relations de Salomon avec rOrient, soit lorsqu'une partie des tribus d'Israël y fut transplantée. L'histoire des anges, de leur révolte envers Dieu , de leur chute , les projeta du prince des anges contre Thomme, est à elle seule la preuve que les croyances des Hébreux étaient tout à fait opposées à celles des autres peuples de l'Orient. La lutte que ces derniers ont supposée entre le génie du bien et le génie du uial, ou Orimaze et Arimane, avait lieu entre deux forces à peu près égales, tandis qu'aux yeux des Israélites il n'y avait aucune parité entre les anges et Dieu qui les avait créés.

On peut seulement admettre que tout ce que nous apprend ce législateur sur la création du monde , la

chute d^Adam, le Déluge, la tour de Babel, la fondation de la monarchie de Nemrod, il Ta puisé dans les traditions ou les écritures anciennes. Rien ne prouve qu'il n'existât pas , antérieurement à lui et à Âaron , des monuments écrits des principaux faits historiques*

L'usage de conserver les annales de ce qui se passait de plus remarquable parait avoir été général dans tout rOrient ; les peuples orientaux ont été plus soigneux d'écrire leur histoire que les peuples d'Occident , par cela même qu'ils étaient plus anciens et plus jaloux de perpétuer leur mémoire. Ce désir a porté les Assyriens, les Phéniciens , les Perses et les Égyptiens , de même que les Hébreux, à conserver des traditions propres à nous faire connaître leur origine et les divers événe-» ments qui se rapportaient à leurs princes.

Hérodote et Diodore de Sicile parlent des anciennes annales des JÉ^ptiens *, et Platon dans le Timée **y as^ sure même que ces derniers conservaient la mémoire de tout ce qui était venu à leur connaissance d'événements mémorables arrivés y non-seulement dans leur pays, mais encore dans tous ceux qui leur étaient étrangers. D'un autre côté, Manéthon, cité par Josèphe, assure avoir extrait ce qu'il raconte des lettres sacrées des Égyptiens et des Tyriens ***.

* Hérodote, lib. lï, cap. iii. — Diodore de Sicile, iib. II, pag. 10, 44, 45.

*• Plato in Tïm., p. 21. A. B.

*** Josèphe contre Âppion, lib. I, p. 1089.

Moïse nous apprend lui-même l'usoge qu'il a fait des traditions, quand il s*écrie : « Considère les années de chaque génération , interroge ton père et les anciens. > Seulement il épure ces traditions, et n'admet que celles qui lui paraissent certaines. De Tavis des Hébreux eux-mêmes, la mémoire des patriarches antédiluviens s'est conservée parce qu'ils s'étaient livrés à l'observation de la nature, et s'étaient transmis les uns aux autres leurs observations. Berosea également suivi, dans son Histoire des Gbaldéens, de très anciens documents qui existaient sur la contrée dont il se proposait d'écrire Tbistoire. L'Écriture mentionne elle-même les ^ annales que les* Persans avaient sur les révolutions de leur patrie.

Moïse a donc profité de toutes les traditions, comme de toutes les connaissances qui existaientavanllui. Il s'en est seulement plus habilement servi que les écrivains postérieurs. Malgré les attaques dont son livre a été l'objet, il est bien démontré aujourd'hui qu'il n'y a de chronologie positive que la sienne.

On ne peut plus opposer aux annales des Hébreux l'ancienneté tout au moins douteuse des Égyptiens, des Indiens et des Chinois. C'est uniquement dans h Bible, le livre le plus ancien de l'Orient, que se trouve la véritable histoire des premiers âges du monde.

Moïse a des droits incontestables à notre confiance, conune le chronologiste le plus exact de Tantiquilé; il

en mérite une non moins grande, comme le seul écrivain qui nous ait laissé des idées raisonnables sur la création. C'est ce qui (lous a engagé à repousser quelques-unes des attaques dont il a été Tobjet.

Nous allons chercher à justifier la confiance que les siècles ont accordée à ce grand homme, par Texamen le plus scrupuleux des dates que nous allons lui emprunter.

Avant d'entrer dans ces détails, on nous permettra de faire remarquer combien Moïse, si supérieur sous les deux rapports que nous venons d^indiquer, nous le paraîtrait encore, si nous Tenvisagions comme législateur et comme géographe. Rien n'est plus admirable que la distribution assignée par lui aux quatre-vingts peuples dont il parle au chapitre X de la Genèse. Aussi quoique Moïse ne dise point que ce qu'il raconte lui a été révélé, toutes les croyances Font admis. Les docteurs de rÉglise, sans en excepter Bossuet, ont considéré le Peniateuque comme écrit sous Tinfluence d'une inspiration venue d'en haut. Cette inspiration ressort de Tensemble de cette œuvre admirable ; elle est aussi essentiellement liée aux prodiges qui ont établi et accompagné la mission de Moïse. Or, dans cette supposition que le Peniaieuqiie a été écrit sous une pareille influence, il est difficile de ne point Tadmettre pour la partie de la Genèse où il décrit la grande œuvre de la création. Ici, nous ne devons pas aller plus loin ni

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oublier que nous ne considérons le législateur des Hébreux que sous des rapports purement humains '^^

Le Penioieuque^ dont nous fesons remonter la date à environ trenle-cinq siècles, porte en lui-même des caractères incontestables d'antiquité^ la Genèse surtout. En lisant avec attention le texte Hébreu, on reconnaît que chaque pensée principale de la Genèse renferme presque le même nombre de mots et que les versets consacrés à chaque époque de la création, se terminent parle même refrain. 11 semble, dè&-lors, que ce récit cosmogonique est une espèce d'ode. Cette circonstance remarquable témoigne de la haute antiquité de la Genèse. Les refrains qui terminent cette espèce d'ode, annoncent /que ses parties étaient peut-être chantéeS) comme les anciens rapsodes le faisaient de leurs poëmes.

C'est dans ce livre, dont l'ancienneté est incontestable, que nous allons puiser toutes les données de Thistoire sacrée.

Nous verrons plus tard si elles peuvent être contrariées ou non par les traditions des peuples profanes.

L'histoire des premiers Ages se divise naturellement en deux principales périodes : Tanté-diluvienne •et la post^diluvienne. La première comprend l'espace

* Saint Pierre et saint Paul ont enseigné la même doctrine , et c'est la croyance de toute l^Église, que rÉcriture a été inspirée. La même opinion a également régné chez les Juifs. 2 Pétr, 1, 3i. — « Tîm., III, 16.

de temps écoulé depuis rapparition de Tbonime sur la terre, jusqu^au déluge, et la seeonde Tintervalle compris entre ce grand événement et Tépoque actuelle. Cette seconde période se partage en deux grandes épo* ques ; la première s'étend depuis le déluge jusqu'à l'ère chrétienne, et la seconde depuis cette ère jusqu'à nos jours.

Ces diverses divisions admises, il est facile de comprendre que les plus grandes difficultés historiques se rapportent à la première période, celle des premiers âges de la terre. La pins grande incertitude règne en effet sur la date précise de l'apparition de l'homme. Cependant cette date est le point de départ de tous les événements historiques. Sans doute l'espèce humaine est loin d'avoir l'antiquité qu'on lui a supposée ; car un grand nombre de faits positifs nous annoncent sa nou» veauté. Les dates que nous avons présentées dans notre tableau prouvent, néanmoins, combien sont gran- * des les difficultés qui régnent a cet égard. Ces dates sont uniquement tirées du plus ancien livre que nous possédons.

Nous ne pouvons en demander de précises sur les premiers âges du monde, qu'à un seul peuple, les Hébreux. Considérés comme nation particulière, les Juifs ont seuls une chronologie basée sur des faits, et ]par cela même certaine. Ils doivent, sans doute, cet avantogo à leur premier législateur. Moïse, instruit d«

toule la science des Égyptiens et de toutes les traditions du peuple dont il voulait tracer Tliistoire, nous.en a laissé une qui renferme les principaux faits arrivés depuis le commencement du monde jusqu^à sa mort. Cest donc à lui quil faut remonter, lorsqu^on veut connaître les événements qui ont eu lieu avant Tengloutissement du genre humain. Son livre, qui date d'environ trente-cinq siècles, nous a laissé des documents précis sur des temps dont, sans lui, nous n'aurions jamais eu connaissance.

Sansdoute, il convient de faire un choix dans la chronologie de l'Écriture, car le texte hébreu des Juifs, la version des Septante et le texte des Samaritains, sont loin d^étre d'accord : parmi ces différentes versions, deux jouissent d'une grande autorité, celle des Septante et la Vulgate faite sur le texte hébreu de rAncieii Testament La première a été suivie par presque tous les anciens Pères et les docteurs de lEgtise, peut-être parce qu'à Tépoque oà elle fut faite, sous Ptol^ée- Philadelphe, on s'occupait peu d'hébreu. Cependant saint Jérôme, tout en reconnaissant l'autorité de la version grecque, faite par les Septante sur l'original hébreu, ne lui accorde pas la même confiance qu'au texte qui, dans le doute, doit toujours être préféré.

Il en est encore de même de la Vulgate*^, quoique

* On appelle Fulgéie le texte latin de la Bible approuvé par le concile de Trente. La version ta plus univer$«Ueinent adoptée est

sanctionnée par le concile de Trente, qui Ta déclarée autlientique.Ellene doit être suivie que dans les points relatifs à la foi ou dans les dogmes essentiels à la religion. Le concile de Trente n^a jamais défendu de recourir aux originaux et de lenr accorder la préférence^ lors* qu'on pouvait en deviner le véritable sens. La contrevei*seest permise, même aux yeux de l'Église, k Fégard de la Vulgate , dans tout ce qui ne touche pas a des matières intéressant la foi et les mœurs. Or, comme nous n*aurons à discuter que les dates adoptées par chacune de ces versions, nous nous livrerons sans réserve à leur examen.

Au milieu des difficultés de la chronologie des premiers ftgcs, il en est une à peu près insoluble. Cette difficulté tient aax diverses manières adoptées par les anciens peuples pour mesurer le temps. Cette incertitude a aussi répandu les doutes les plus graves et les plus

celle que lesanctens ont connue sons le nom &HMenne oo d'noHguey et qui fut nommée ancteiine depuis que saint Jérôme en eut donné une nouvelle sur le texte hébreu. L^/lfah'^ue avait été faitesur le texte grec, on lui avait accordé le premier rang parmi les autres versions, parce qu'elle était plus littérale et plus claire , f^erhcrum ienaeior cum persjncuUate sententiœ. I/anteur de cette traduction pavait avoir vécu au commencement des premiers siècles de TÉglise. Comme il est resté inconnu^ on a supposé qu^elIe était Toûvrage des Apôtres on de leurs premiers disdples. La Vulgate a été généralement reconnue, non-seulement par TÉglise, mais encore par les protestants comme la meilleure des traductions. Ainsi Tami de Luther et de Calvin, Théodore de Bèze, n*a pas osé désapprouver cette version, ainsi qu'on peut le voir dans sa préface sur le Nouvenu-Testament. f'ide B^SMy prafat-in Nwmtn-TtitavMntHm.

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