IV. — Médes et Perses
Parmi les peuples de Tancienne Asie que nous avons mentionnés dans notre tableau , il en est deux dont rbistoire présente la plus grande incertitude. Aussi doit-on considérer les dates que nous avons adoptées comme purement approximatives, et nullement comme certaines et à Tabri de toute contestation.
Les premiers de ces peuples, les Médes, paraissent avoir dû leur nom àMédée, fille du roi Colchus, illustre magicienne qui, chassée d^Athènes par Tbésée, vint s^établir dans leur pays, où elle trouva un asile. C'est du moins Topinion d^Hérodote, laquelle n^a point été partagée par Josèphe, mieux instruit que les autres auteurs païens sur la véritable origine des nations. D'après lui, les Mèdes seraient les descendants de Madaï, troisième fils de Japhet, et son sentiment a prévalu.
Diodore de Sicile, d'après Ctésias, donne à la monarchie des Mèdes l'anliquité la plus haute, et une durée fort considérable. Mais ces données sont fort incertaines; tout ce que Ton sait de bien positif, relativement à rbistoire des Mèdes, c'est que ces peuples restèrent long-temps sous la dépendance dbs rois d'Assyrie. Ce ne fut que lorsqu'Arbacès, gouverneur de la Médie, et le Babylonien Bélésis, eurent renversé du
trône le somptueux Sardanapale^ que les Mèdes reooQ- Yrèrent leur liberté et formèrent un royaume è part, et tout à fait indépendant.
Après cette révolution, Ârbacès délivra du joug des Assyriens le pay« où il établit sa domination; il se rendit maître d'une pi^rtie de l'Asie, et gouverna glorieo* cernent la Médie pendant environ vingt*huit années. Quant à l'époque de son règne , les uns la Hxent vers 856 avant Tère chrétienne ; d -autres la reculent de plus d un demi-sièoie, et la placent en 759, Ceux qui admettent cette dernière date, fixent les époques des règnes de Déjocès et de PbraortèS| de 753 è 690. Gomme nous avons adopté le nombre de 836, nous avons pré* féré suivre celles de 698 et de 647 pour les deux dernières dates du règne de ces princes *^
Après Arbacès, vingt-huit rois mèdes ocoapèrent le trône pendant environ 550 ans, et cela jusqu'à Astyagès, le dernier de ces souverains. Aucun événement mémorable ne se passa sous les quatre successeurs immédiats d' Arbacès, dont les règnes occupèrent un espace de4S2 ans. Sous Artœus, sixième roi des Mèdes, éclata cette longue rivalité entre ces peuples et les Cadusiens, qui donna lieu a tant de combats. Enfin, ce futsous le rèffie d'As^age, fils de Cyaxare, que le royaume de Médie, la plus vaste et la plus puissante monarchie de toute l'Asie, se confondit avec l'empire des anciens Perses et
"^ ^oyas HéitKlote et Jastin , lib. l, cap. vn, p. 10.
deCyrus, dont nous allons tracer, d^one manière tout aussi sommaire, Thistoire.
À l'imitatioq de tous les peuples de l^aotiquité, les Perses ont eu des idées extrêmement exagérées sur leur antiquité. C'est du moins ce qui résulte da Chab-Hameb , ou du Livre des Rois« rédigé par Fir« doussi, historien persan qui vivait vers lexi^ siècle de notre ère. D'après lui, l'origine de la première dynastie ou de celle des Pichdadiens, remonterait très hiaut. Mais ce qu'il rapporte des rois de cette première dynas* tie, ne peut pas soutenir les regards de la critique, A Tén croire , le premier roi persan qui aurait vécu mille ans, n'aurait régné cependant que trente années. Ses successeurs, au nombre de huit, auraient occupé le trône pendant 2,502 ans; ce qui donnerait à cette dynastie une durée de 2,552 ans.
Le chef de la seconde dynastie désigné dans le livre des Rois sous le nom de Kai-Korsou, parait avoir été le même que le Cyrus des historiens grecs, auxquels ceux-ci ont rapporté la fondation de l'empire des Perses à Babylone.
Ce qu'il y a de cerlain , c'est que cette monarcbie ne commence à avoir un certain caractère d'authenticité qu'avec Cyrus, dont la naissance est rapportée vers Fan 548 ou 555 avant l'ère chrétienne. Du moins, s'il y a eu en Perse des princes antérieurs à ce grand roi , on voit, d'après ce qu'en rapporte Firdoussi, quelles
incertitudes existent sur leurs noms, sur la durée de leur règne, et sur Tépoque à laquelle ils ont vécu.
Les anciens Perses n^ont jamais eu aucun historien de leur nation, à Teiception de celui que nous venons de nommer. C'est principalement aux Grecs que sont dus les documents qui nous éclairent sur l'histoire de la nation persane. Nous trouvons aussi quelques mots sur ces peuples dans le chapitre X, verset 22 delà Genèse, où il est question de Sem ou Chéme, qui peupla l'Élymaïde, contrée voisine de la Perse, et qui fut la souche des Élyméens. Il parait du moins que ces Élyméens ne sont autres que les Perses. Aussi , rÉcriture désigne la Perse sous le nom d^Élam, nom dérivé d'Élam, fils de Sem, qui, selon la Genèse, aurait été père soit des Élyméens, soit des Perses, dénomination qui n'est jamais employée dans les livres saints.
Si Ton pouvait accorder quelque confiance aux dates duChah-Hameh, les annales des Persans remonteraient à 4,^05 ans avant Tère chrétienne. Ainsi, d'après ces annales royales , Kaioumaratz aurait vécu ou régné environ 1000 années.
La dynastie des Pichdadiens. . . . 2502
La dynastie des deux prédécesseurs de Cyrus 250
Le règne de Cyrus KS5
. Ce qui fait un total de. 4,405
Si Ton suppose maintenant que Kaioumaratz était né un demi-siècle après le déluge, il en résulterait que d'après Firdoussi cet événement serait arrivé 41 5S ans avant Tère chrétienne. La première dynastie persane remonterait ainsi à Tan 4773 avant la môme ère ; la seconde, celle des Kaianiens à Tan 805 ; et enfin Cyrus,. le troisième roi de cette dynastie, à Tépoque que nous avons adoptée. Si l'on admettait la date donnée au déluge par Firdoussi, on reculerait sans doute Tépoque que, d'après Tensemble des autres historiens, nous avons fixée à Fapparition de Thomme , puisque, d'après ce calcul, elle serait portée à 8244 années. Mais on ne peut supposer que Kaioumaratz ait réellement régné mille années. Après une pareille absurdité, comment accorder la moindre confiance aux annales des Persans? Ces annales paraissent avoir été rédigées d'après l'usage généralement admis chez les anciens, de se donner une haute antiquité.
Nous possédons donc bien peu de faits de l'histoire ancienne des Perses qui aient quelque degré de certitude, du moins nous n'avons aucune donnée qui nous apprenne si le pouvoir a passé sans interruption entre les mains des enfants d'Élam , le père des Élyméeos ou des Perses; ou si, au contraire, il leur a échappé par suite des révolutions plus ou moins violentes que leur pays aurait éprouvées. Il faut aller jusqu'au règne de Ghordosahomor; pour trouver quelques traditions 11. 10
de faits un peu précis. Ces traditions nous annoncent qu^un siècle environ ayant Tépoque où Ninus jeta les fondements de Fempire d'Assyrie, ee prince avait porté ses armées viclorieuses vers la Méditerranée, daas les provinces occidentales de FÂsie*
Ce fut après de nombreuses victoires remportées par Chordosahomor sur les princes ses voisins, qu^il rendit même ses tributaires, que ce roi éprouva à son four des défaites et fut vaincu par Abraham. Ce revers fit perdre sans retour, au roi des Élyméens, un grand nombre de villes; mais il n'en conserva pas moins toutes les provinces qu'il possédait dans le reste de T Asie. Les nombreuses colonies d'Élyméens qui, à cette époque, ou plus tard, se répandirent dans les diverses parties de cette vaste contrée, attestent assez dans quel état florissant se trouvait le royaume d'Élam. Son nom fut aussi connu, par suite des paisibles colonisations qu'il envoya dans diverses parties du monde« Il fut aussi ré- {Mindu que celui des Perses le devint, par les expéditions guerrières de Cyrus et de ses successeurs.
Gettepuissancequecespeuplesetlesroisqui lesavaient Kouvemésavaient acquise autant par leur sagesse que par leurs exploita» finilcependant par leqr échapper. Vaincus par Ninus et Sémiramis, leur pays fut asservi et devint .une province du vaste empire d'Assyrie. Les Élyméens .n en conservèrent pas moins leur ardeur belliqueuse ; réunis aux Mèdes et aux Babyloniens, ils finirent naènae
par détruire et renverser le pouvoir et le tr6ne de Sardanapale.
Ce qui confirme ce que noua avons dit de Torigine de ces peuples , c^est qu^on trouve pour la première fois dans Ézéchiel le nom de Perses, au lieu d'Élyméens, nom sous lequel ces peuples avaient été constamment désignés par les écrivains sacrés. Après Ezéchiel, Daniel les a appelés indifféremment Perses ou Élamites ; il ajoute même que les premiers descendaient des Élyméens. On en est peu surpris lorsqu'on fait attention qu^au temps de Cyrus, la S«siaone était appelée la province d^Élam.
Ce nom d'Élamites, ou d'Élyméens, n'a pas été connu d'Hérodote; du moins il a désigné ces peuples sous le nom d'Ârtéens, tout en convenant que ceux-ci avaient pris le nom de Perses, 800 ans environ avant la prise de Babylone.
y. — Grec$ et Macidoniens.
Le commencement de rfai^oire des Grées est également environné de beaueoup d'incertitudes. Leurs premiers écrivons, tous* poètes, ont donné à ce quHIs racontent un air fabuleux et ianlastique. D'un aotre c6té, la di\isioq 4e la Grade e» petit» États séparés ne permet pas de préftenter des iMDtious bien exactes sur
leur chronologie générale. Aussi règne-t-il la plus grande obscurité dans la supputation des temps qu'embrassent les annales de l'ancienne Grèce, fondées sur les traditions ou les monuments.
Cependant les Grecs ont eu un mode uniforme de calcul historique^ calcul fondé sur la succession des générations ; quoique fort équivoque, ce mode n^en a pas moins été adopté par Hérodote. Les familles illustres, jalouses de perpétuer la mémoire de leurs aïeux, conservèrent soigneusement leur généalogie. Homère donne lui-même une grande attention à la généalogie des héros dont il nous a fait connaître les exploits et la renommée.
Les historiens s^étant aperçus un peu tard, il est vrai, que la série des vainqueurs aux jeux olympiques pourrait servir d'ère chronologique, ce moyen fut depuis lors adopté et généralement suivi. On admit donc, comme première olympiade, celle où le vainqueur avait obtenu les honneurs d'une statue. Cette ère commença à Coroebus, le preînier qui eut cette gloire. Elle se rapporte à Tan 776 avant Jésus-Christ.
A l^aide des olympiades, les chronologistes ont trouvé le moyen de mettre quelque ordre dans les annales de la Grèce primitive. Ils ont compté les générations par la succession des rois, et leur r^e par le nombre des années de leur durée. De cette manière, ils ont donné, dans l'intérêt de Thistoire générale de la Grèce, des
listes de rois, qu^ils ont adaplées à une échelle dont Folympiade de Coroebus est le premier degré. On re« monte ainsi jusqu'à l'origine des divers États de la Grèce.
Nous devons encore ce système de chronologie à Eusèbe, qui a suivi les traditions helléniques. A Taide de son travail, nous pourrons tracer la chronologie particulière à chacun des États principaux, antérieurement à Tépoque si importante de l'histoire de la Grèce, celle des olympiades.
Il est dans les événements historiques de la Grèce plusieurs dates qui ont pour notre travail un assez grand intérêt. Ces dates sont, d'une part celles des déluges d'Ogygès et de Deucalion ; et, en second lieu, celle de la première colonisation. On se demande, d'abord, si le déluge d'Ogygès est différent ou non de celui de Deu« calion. Si Ton s'en tient aux dates assignées à ces deux événements par Eusèbe, et adoptées par Ghampollion, il n'y a pas le moindre doute que ces deux cataclysmes ne soient différents.
Du moins, d'après eux, le déluge d'Ogygès serait arrivé sous Phoroncé d' Argos, fils et successeur d'Inachus, Tan 4822 avant Tère chrétienne. Quant au déluge de Deucalion, il aurait eu lieu bien plus tard, et serait arrivé vers 4580 ans avant cette même époque *.
* On suppose que le nom de Deucalion est indien et se compose de den, qui signiâe esprit, génie, et de kal}, t^mps, qui voudrait
A la vérité, d'après d^autres chronologistes , le déluge d'Ogygès serait un peu moins éloigné de nous, et se rapporterait à Tan 4796 avant Jésus-Christ. Cette donnée fixe l'époque de ce déluge à Tan i080 avant la première olympiade. Elle résulte de celle d'un ancien chronograplie de Paros, esitraite des marbres d*Arundel; et publiée par Solden.
Quanta Tantre date, celle de la^ colonisation , elle parait se rapporter environ à Pan 2200 avant Tère chrétienne , car on cite OEgialus comme ayant régné sur Sicyone, vers 2426. Aussi cette ville prétendait-elle que le premier de ses rois avait précédé celui d'Ai^os , de 235 ans et celui d^Athènes de 533. Il parait également certain que cette ville si fière de son antiquité fut gouvernée pendant 998 ans par des prêtres , et que de celte époque à la première olympiade, il s'est écoulé un inter\'alle de 352 ans.Sicyone aurait donc été gouvernée par OEgialus 4350 ans avatit cette olympiade, ou 2426 ans avant l'ère chrétienne ainsi que nous Favons déjà fait observer.
Quant à la ville d'Argos, elle reconnut pour premier roi Inachus, qui eut treize successeurs, lesquels régnèrent pendant 544 années. Les Pélopides transportèrent
dire Tesprit ou le dieu du temps. La formidable déesse K.aU, à la* quelle , depuis des milliers d'années^ Tlndostan offre des yictimes humaines, est Tépouse du dieu destructeur Siva. Dans TÀsie occi* dentale, Chronos, le dieu du temps, ou Saturne, annonce le déluge au Chaldéen Xisutbrus.
ensuite le siège royal à Mycènes, où ils régnèrent 215 ans jusqu'aux Héradides , en sorte que de cette époque à la première olympiade, il s'écoula environ 527 ans. D'après ces données, le règne dlnachus, se rapporterait à Tan 4862 avant Tère chrétienne.
D^un autre côté, Athènes faisait remonter ses annales jusqu'à Ogygès, sous lequel arriva le déluge, qui porte son nom. Cet Ogygès fat contemporain de Phoronée, fils d'Inachus. Or, ce dernier régna 50 ans, ce qui porte le commencement de son règne vers 4822, en sorte que le déluge d'Ogygès serait arrivé vers Tan 4796 avant Tère chrétienne.
Corintbe qui, par suite de son luxe et de ses richesses devint célèbre dans toute la Grèce , fut également gouvernée par des rois, à Tépoque du retour des Héradides dans le Péloponèse. La royauté fut détruite à Corinthe par les Bachiades; k cette royauté fat substitué le gouvernement oligarchique établi par les Bachiades et qui dura jusqu'en 657 , époque où Gypselus se rendit seul maître de l'État.
C'est aussi à l'époque deë Héradides , que la royauté s'établit sur de nouvelles bases à Laoédémone* Eurys*' thène et Proclès, filsd'Âristodème, premier roi de cette dynastie , se partageaient l'autorité suprême. Comme la dixième année du règne d'Alcamène leur dernier successeur, correspondait à la première olympiade, la période de ses rois est comprise entre 4405 et 776
avant Tère chrétienne et renferme par conséquent 327 années.
La Macédoine y TEpire et la Tbessalie, eurent pendant long-temps les mêmes princes, et les peuples qui habitaient ces contrées , rappoi*taient tous Torigine de leurs rois à Hercule.
Le premier de ces rois que les anciens écrivains nous ont fait connatlre, est Caranus. Ce prince eut vingttrois successeurs , dont le dernier fut Alexandre. Les vingt-quatre règnes réunis forment un total de 465 ans. Quant au premier, celui de Caranus, il remontait seulement à 43 ans avant la première olympiade ou 789 avant Jésus-Christ.
Telles sont les données les plus probables que nous aient fournies les historiens et les chronologistes grecs sur les premiers temps et sur la constitution des divers états de la Grèce. Nous disons les plus probables; car il règne la plus grande incertitude lorsqu^on veut fixer ces dates d'une manière un peu certaine. Nous citerons à cet égard un seul exemple qui prouvera combien il est difficile d'obtenir des données un peu précises , lors même quelles concernent des hommes remarquables ou des événements importants.
On ne peut assigner une date positive à la naissance d'Homère, Técrivain le plus célèbre elle plus populaire de Tantiquité , et cependant son nom comme ses poésies était dans la pensée et dans le souvenir de tous.
L'incertitude «st telle à cet égard qu'elle porte sur deux siècles* En effet, les uns placent avec Eratosthène la naissance d*Hoinère vers 4480, d'autres, avdo plusieurs écrivains grecs, la mettent 80 ou même 440 ans plus tard. Enfin, si Ton s'en tient à la chronique deParos, Homère aurait vécu vers 907 avant Tère chrétienne , et c'est l'opinion la plus répandue. 11 en serait de même si nous voulions scruter d'auti*es documents. Ainsi nous avons fixé par un calcul assez simple la date d'Inacbus, le premier roi d'Argos, à 4 862 avant l'ère chrétienne , cependant, d'autres clironologistes ont adopté un tout autre chiffre qui porterait le règne de ce prince à 4970 ou 49^6 avant la même ère, c'est-à-dire 408 ou 424 ans plus tôt/
La date de 4 862 parait préférable à celle de 4 970, quoique Ton ne doive pas attacher une grande confiance à des dates précises relatives aux règnes d'Inachus ou d'Ogygès, Cuvier a adopté celle de 1856 a 4 855 pour la première , laquelle se rapporte à environ 550 ans avant les principaux colons Phéniciens ou Egyptiens.
* L'époque de la prise de Troie est un événement chronologique bien autrement important que la naissance d'Homère. l\ règne cependant sur elle les plus grandes incertitudes. Ainsi nous Pavons fixée vers i2S0, tandis que d'après certains écrivains anciens elle aurait eu lieu en 1170, c'est-à-dire, un siècle plus tard. Si nous consultons à cet égard les historiens modernes , nous trouverons entre leurs opinions une diversité infinie. Aussi les historiens ancieus , bien plus à portée que nous de fixer d*uiie manière précise la chronologie grecque, ont désespéré d'y réussir pour les époques antérieures aux olympiades.
Quant à la date vulgaire d^Ogygès, selon Accusilaus suivi par Eusèbe, elle est de 1796, c'est-à-dire, postérieure de 66 à celle d'Inachus. D'après Varron , au contraire, le déluge d^Ogygès serait antérieur à Inacbus de 400 ans et de la première olympiade de 4 606, ce qui le porterait à 2582 années avant Tère chrétienne, en adoptant la première desdales que nous avons adnfises.
Au milieu de toutes ces incertitudes qui augmentent à mesure que Ton remonte vers les premiers temps historiques, la civilisation de la Grèce parait avoir commencé par Sicyone et Argos , les deux villes qui surpassaient toutes les autres en ancienneté. D'un autre côté , les plus anciennes époques historiques de cette contrée , se rattachent a Tinvasion des peuples pasteurs qui occupaient les côtes de l'Egypte et de la Phénîcîe, événement mémorable qui se rapporte à plus de 400 ans avant l'époque actuelle. En effet, cet événement semble avoir exercé la plus grande influence sur l'état d'une partie dé TAsie , de la Grèce , de TÉgypte.
Ceux qui voudraient étudier l'histoire d'un pays qui s'est placé si haut par ses poètes , ses orateurs , ses philosophes et ses capitaines , trouveront de quoi satisfaire leur curiosité dans les écrits des historiens de nos jours et particulièrement dans les écrits de M. Petit Rudel *.
• Voy«2 Eaamn analytique et Tableau comparatif 4e$ Sfnchronismes de l'hUloire des temps héroïques d$ la Grèce ^ Paris,
Nous nous bornerons donc à faire observer que ce sont encore les livres saints qui nous font connaître Forigine des premiers habitants de la Grèce. D'après Moïse y Élisa , Tharsii , Gethim et Dodanim , fils de Javan et petit-fils de Japhet , se partagèrent les iles des nations. Ces lies dont il est ici question sont probablement les lies de la Grèce. Or, si nous consultons les traditions des peuples et les commentateurs des livres saints , ils nous diront que Javan a été le père des Ioniens comme Cethim de ceux qui ontpeuplé la Macédoine et Thiras,des habitants de laThraoe. Les mêmes documents nous apprennent encore que les Qlicien^ tirent leur origine de Tharsis^ comme les peuples de rÉIide, d^Élisa et ceux de rEncalhie, de Madie. Il parait enfin que toutes ces nations seraient issues de Japhet ^ qui aurait été leur tige commune.