‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiques (volume 2)Chapitre 55 sur 61 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DE L AVENIR PHYSIQUE DE LA TEERl^.

Après avoir passé en revue les différentes causes qui modifient encore la surface et le relief de la terre, il ne nous reste plus qu'à rechercher quel est l'avenir réservé à notre planète.

Déterminer Favenir physique de la terre semble une question au-dessus des efforts de la science. Cependant, pour peu qu'on y réfléchisse ^ on s'aperçoit bienlôt qu'elle est intimement liée à celle des températures terrestres. Pour la résoudre, il faut examiner si la stabilité des climats actuels, qui a succédé à l'inconstance des anciens, dépend, ou non, de causes dont rien dans la marche des éléments, ne peut faire prévoir la cessation complète.

Nous porterons donc l'attention sur les causes qui maintiennent les climats terrestres dans une çorte d'im* muabilité, et les variations de leur température dans des limites extrêmement étroites. L'avenir physique de la terre est sous la dépendance de purs effets thermométriques; car maintenant la chaleur est la cause prin* cîpale des phénomènes qui s'y succèdent. La seule diffé-

rence que présentent les phénomènes de Tancien inonde et ceux du monde actuel, tient à ce que les premiers ont été déterminés par la .chaleur propre du globe ou le feu central ; tandis que les seconds sont presque uniquement soumis à l'action et à Tinfluence des rayons calorifiques et lumineux du soleil.

On pourrait encore envisager cette question sous un autre point de vue^ c*est4-dire sous le rapport des causes finales qui ont toujours présidé h Thamlonie des choses créées. Elles sont à Fùnivers ce que les condi^tions d'existence sont à Tensemble des êtres vivants ; elles nous rediraient que tôui ce qui a^est passé icî-bas a été une suite nécessaire de la eooglilulioo de notre planète. Pour recevoir les êtres vivants qdi raniment et Tembellisseat, la terre devait présenter les dispoeitions que nous lui voyons, et offrir toutes les circonstanoes favorables au développement de la vie. Sa destinée et le but de sa formation devaient donc ramener les phénomènes à la stabilité et à la fixité du monde actuel.

De même que des êtres organisés, soumis à des conditions rigoureuses et nécessaires d'existenee, ne peuvent durer ni se perpétuer, si leur organisation n*est pas en rapport avec leurs besoins et le but qu'ils doivent remplir; de même la terre, comme tout autre corps planétaire, ne saurait exister ai elle n'avait en elle-même les conditions qui assurent sa conservation.

Qr, tovtes les causes actuellement agissantes, toutes eelles qui donnent à notre globe le mouTement et la vie, ne sont-elles pas essentiellement des causes d'ordre et d'harmonie? Toutes ne concourent*elles pas an maintien et à la conservation des choses créées? Pour^ quoi donc se former de vaines (erreurs sur Tavenir de la terre, où l'homme a été placé pour comprendre les merveilles qui l'entourent, et bénir celui qui les a livrées à ses méditations?

Si nous portons nos regards en dehors de notre monde, auquel notre destinée est intimement liée, et si nous fixons notre attention sur les grands phénomènes de Tunivers, leur stabilité et la simplicité des lois qui les maintiennent et les conservent, seront pour nous un objet continuel d'admiration* Ne serons-nous pas étonnés de voir la grande loi de la nature, la gravitation suffire à tout^ régler ia marche et Tensemble des phénomènes terrestres et y maintenir d^une manière à jamais constante, ia variété, Tordre et Uk régularité? Par Feffet de sa puissance, les perturbations sont ra^ menées à Tharmonie accoutumée; car la nature tient^ ciHDme en réserve, des forces conservatrices et toujours présentes, dont Taetion commence dès que le trouble vient à se manifester, et d^autant plus que l'aberration est plus grande.

Aiiai, la forme des orbites planétaires, leurs incli-^ naisons, varient et s^altèrent dans le cotirs des siècles;

mais par Tcffel de cette puissance préseryalrice qu^on trouve dans toutes les parties de Tunivers, la gravitation rend ces changemenls extrêmement limités. Les dimensions principales subsistent constamment, Vim*mense assemblage des corps célestes oscille autour d'un état moyen^ vers lequel il est toujours ramené par la force qui en assure la durée.

De même, enfin, la cause physique de la formation des planètes a imprimé à tous ces corps un mouvement de projection dans un même sens, autour d^un globe immense, centre de ce même mouvement ; par là le système solaire est devenu tout-à*fait fixe et stable. Le même efl!et a lieu également dans le système des satellites et des anneaux. L^ordre et la régularité de leurs mouvements y sont constamment maintenus par Teflet de la puissance centrale.

Ce n^estdonc point, comme Newton etEuler Tavaient soupçonné, une force adventive, qui doit un jour réparer ou prévenir le trouble que le temps aurait causé; mais la loi elle-même de la gravitation, dont le pouvoir ramène tout à l'équilibre, à la perpétuité et à Tharmonie. Émanée une seule fois de la sagesse sqprème, la puissance conservatrice de la nature, la gravitation, présidée tout depuis Torigiuedes temps et y rend tout désordre impossible dans la marche et la direction imprimée aux nombreux corps célestes disséminés dans rimmensité de Tespace.

Loin que Ton puisse prévoir un changement dans Tordre et riiarmonie qui existent dans toutes les parties de Tunivers^ on pourrait croire, au contraire, a son éternité^ s^il n^était facile de comprendre que la main qui en a fomé le merveilleux assemblage, peut suspendre ou anéantir Taction des forces qui en assurent le maintien. Si rien n^est changé dans la marche et Tac* tion des éléments actuels, tout ce qui existe sur la terre, cooHne dans le reste de Tunivers, n'éprouvera pas non plus de grandes modifications.

Pour concevoir et apprécier l'avenir de la terre, il faut premièrement étudier les conditions primitives qui lui ont été assignées, et porter ensuite son attention sur ses conditions actuelles .

Le globe n^a pas été, à toutes ses phases, constitué tel qu'il est maintenant. Sa forme sphéroidale, applatie vers les pôles et renflée à Féquateur, sa densité crois* sant de la circonférence au centre, les couches terrestres disposées à peu près dans Tordre des fusibilités, annoncent qu'il a dû être primitivement dans un état complet de fluidité; car la condition nécessaire de tout corps fluide tournant sur lui-même avec une grande rapidité, est d'être renflé à son équateur et aplati à ses pôles. On peut même supposer, ce fait étant général pourtoutes les planètes du système solaire, que cette loi de la nature a lieu également pour les autres mondes placés hors de ce système.

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