IV. -^.Onilrtfme époque, ou quuiriimê jour
A la quatrième époque Dieu dit : « Que des corps lu- « mioeux soient disposés dans le firmiiment du ciel ,
€ pour séparer le jour d'avec la nuit, et qu'ils secvent « de sigoes pour marquer les temps , les jours et les « amiées.
c Qu'ils luisent dans le firmament du ciel et qulls « éclairent la terre; il en fut ainsi.
« Dieu disposa donc deux corps lumineux : l'un c plus grand pour présider au jour, et Tautre moindre c pour présider à la nuit ; il fit aussi les étoiles.
« Il les plaça dans le firmament du ciel pour luire « sur la terre.
« Pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer c la lumière d'avec les ténèbres ; Dieu vit que c'était « hien.
< De la fin jusqu'au commencement, ce fut la quatrième époque.
Cette époque est donc celle où le soleil et les autres corps célestes, créés dès le commencement, ont reçu des dispositions nouvelles qui leur ont donné les moyens de remplir le but de leur formation. Examinons si nous pourrons concevoir l'appropriation que ces astres ont reçue bien postérieurement à leur création primitive.
Le soleil, qui est environ qu^sitorze cent mille fois
plus grand que la terre, parait composé d'un noyau
•bscur et solide, enveloppé de deux atmosphères, Tune
fénébreuÉe on plutôt peu éclairée, et l'autre lumi*
neuse. (JNoee 36.)
Quant aux taches que cet astre présente à m snriace, les unes sont obseures et les autres, nooiinées fiiciiles, sont, au contraire, lumineuses ; les prenfiières pacaifseat élre 4^s éobmei^ureê prodoUat dans les atmosphères, lesquelles loîsMiit ppeneevoîrk iioyav du soleil. L» péoowbre eat V^Uvémbi de Tatinosplière peu brUlaote^ moHis largement ^chaiK!|ié^-qtte rattftoapbèffe lumineuse et viwaiMt éebirée p^r eeH#H&î« Amm^ fnr suite d@ ^t eUfty bi pénombre oit ?iaible autour de Touverture que laisse entrevoir le noyau^
Cette i^uppositioa «eoiMe, au pneimer abord, bien extraordioaire^ GepeiidiUit, de toutes .les lifïpithésas proposées pour rendre raison des phénomènes adaîres, elle ^st la seule quj m domie um explieatioA plausible et qui soit appuyée sur des faits posiUls. En effet, Herscbel) enobservaut la dîfféraace du pouvoir daimique des rayons qui purtefit des parties centrales dp soleil et de ceux qui yienneiitdeses bofda, a reeonou qu^elle provenait de rtexistenœ d'une atmosphère solaire, au-delà de celle qui est lumiueuse. Cette diversité dans les propriétés chimiques des rayons , indique nécessairement une origine différente. {Noie 37.)
Cette hypothèse acquiert même uo haut degré de probabilité, si Ton considère que 1^ matière îneaudiwcenle du soleil ne peut être ni un solide, «i Ma Ijquida, mais un gaz ou uJie matière gaseu^ef £b ^tt^, les rayons lumineux émanés d'une sphère toUde.ou Uqiûde
$n ÎQMoAiiMiioe, jMMfieiit d^ proprMitéa de |a poiari- Mtîaa , tondis ^[«a f«iix qui s'échi^ppAot d«& gaz incan* descento eo soDt privés ; eett^ ab&QQce de polarisation esl un des caractères des rayons que nous tovok la soleil. Ils doivent, ddsrlors, émaiiier d'uae atmosphère (asense que toos les faits dénoolrent âtce la plus exté^» Heure et la seule coaaplètottsiit luminwse, paraûcallef qui eQtoiirant «et astre.
H féasHa eneora des espérionfes faites arec la lur nette de lioclioii, dent b conalruatioD repose sur les pff«^iélés de la lumière polanséo, que lia soleil n'a poiat d'ataawphège 1res édairée au^dblà 4^ rMmosr phère lumîaoïft» piusqiw Isa bards de cet astre ont une lumière aussi vive et ausfû îaWDiiQ %uo le cautre. S'il en était aqtrameot, la Innûàre des bords ayant une plosibrto eouaba d'atffiosptière i traverser, se trouvenie [dm a0aîUif)| et sar^t loifi, pw conséquente d'être «gale à oelie d» eeMtre du soleil*
Or, lAiil aequa Tautaur de U création a fait à la qua- Iriime opaque, pour douuer ^ cet astre une influence flur la leree, a. été dadispoi^r autour de soa ooyau obsevf et solide, daa aurooles lunine^8es. Ces atmosr pbèros sont devenues pour notre plan^^ la source d'une infinité de biaiw.
Eb s'en tattaiH au* faita oonons, ou coQ^oit aisémeu^ emmnant te soleil 9t tow Ui aatra^ ont pu 4tce créuto a^ »t et n'arvoîr pourtanit reçu qun beaucoup
plus tard le pouvoir de répandre de la lumière sur la terre, car à leur origine ils étaient privés de eette vaste couche brillante , qui en est la source et le véhicule. {NaeiS.)
Ce que nous venons de faire observer, relativement à Tatmosphère lumineuse qui a été donnée au soleil bien postérieurement à sa formation, comme corps dis* tinct, a aussi lieu dans certains corps célestes qui ne sont point encore terminés. Les comètes, par exemple, sont, comme était le soleil avant la quatrième époque de la création, des astres aux premiers âges de leur for* mation ; aussi leur cours n'a rien encore de régulier et elles n^olTrent pas non plus une grande fixité dans leur» formes et lents dimensions.
Certaines comètes paraissent^ en effet sans aucune trace de noyau, et composées de vapeurs rares et diaphanes. D^autres, au contraire, offrent un noyau dans leur centre, lequel se montre entouré de matières ga* zeoses aussi subtiles que déliées. La propriété éclairante de ce noyau éprouve, à quelque distance du centre, un accroissement subit, el, à partir de ce point, un anneau lumineux, plus ou moins étendu, reste comme suspendu autour de Tautre.
On distingue parfois deux et même jusqu'à trois de ces animaux conceatriques séparés par des intervalles dans toute Tétendue desquels la lumière est è peine senî^îhlf» : prohabl^montîoe qui parait un annean circulaire.
M projectiao, «st es réalité une enveloppe spbériqne, On a, dn reste, une idée asses nette de eette eompodlion oompliqnée du eorps cométaire, en ima* ginant dans notre atmosphère el à des hauteurs diffé* rentes, trois couehes continues de nuages qui feraient le tour du globe. Il faudrait seuleuMDt pour rendre la comparaison tout*à«fait exacte, sopposer ces trois cou* ebes diaphanes et leur ooQsenrw néanmoins les propriétés optiques spéciales qui les distinguent aujourdliui, de Tair pur interposé entr'elles, c'est-à-dire une grande puissance réfléchissante.
Dans la comète de \B2A , Tanneau, Tenireloppe lumi* neuse n'avait pas moins de 40,000 lieues d'épaisseur ; 42,000 lieues séparaient la surface intérieure du centre du noyau. Quant aux épaisseurs des enveloppes des comètes de 4807 et de 4799, elles étaient assez inégales ; car tandis que celles de la première étaient de 42,000 lieues, celles de la seconde étaient seulement de 8,000. Lorsque les comètes ont des queues, l'anneau ne parait fermé que du coté du soleil ; il ne se compose jamais, pour lors, de plus d'un demi-cercle. Les deux extrémités de ce demi-cerole, sont les poiots de départ des rayons dont les prolongements dessinent les limites de la queue.
Ces astres passent donc par différentes phases, pareilles à celles que le soleil parait avoir subies ; pour en. itre convaincu, il suffit de se rappeler qu^ s'il y a des
comètes mûn noyaux, il m ml fliu emtrtfffu ^1 «n o^ ffétit tf^asflez demMâble* atiM pltfdèMB, par \à tôtmê et paf réôlat. Général€i|yént ces noyawt Mtil ttà» pelHs, quoique le eontraîfe s'olBéi«tie aii^i q\ïé4fw4<m. Af nn, le noyau déft eonètéâ de 47«»^tde4805BTait, rm 41 lieties M Tantre 42 lieues Mviroii. Mais eaux des eo* inètes de 4807 et de 4844 éfaient btefi aulfement eoii-» sidérabfes; tat le pfétttlef atatt 222 Hetiea et le second pllua de 4<W9.
Ans^i est-ce à tort que pliisîemrs astitmotnea otfl considéré les noyaux eométaires, eem-'là même qui par la tivaerté de leur lumière ressemblent le plus aux planètes, comme jouissant d'une complète diapha-' néilé. Cette opinion est évidemment trop absolue; car, s1f es! certain quif y a des comètes sans noyau apparent, et qui ne sont que de simples amas de vapeurs ou de matières gazeuses ayant presque le même éclat, il y en a une foule d*autres qui offrent un noyau central plus ou moins soîfdé. En effet, un degré de condensa^ iionde ces vapeurs, phis avancé, donne souvent nais* sance dans fe centre de la nébofosité à un noyau remar^ quable par la vivacité de sa lumière, mais qui encore liquide jouft néanmoins d^une grande diaphancité.
A une époque plus avancée dans la condensation, le liquide sufllsanrmtnit refroidi s'envefoppe d'une couche soKde, et peu àr peu Te noyau perd toute sa transparence. Alors son interposition enti-d nous et une
étàà^y prodttit una éclji^e tout Mm mM)^ touttvw complète que celles qui ^é&nll^ jouraettemeiit des déplacemenlft de la iiuie et dm soteiK
Les comètes ae sont doue pe$ ln^ooiièes sur im modèle umCorme» puûqo'îl ea existeàooyiu solideeoiiutie sens noyau. Les prenùères sont soiiWDt plus brillantes que les planètes^ leur centre étatit solide et asaes denae. Aiosi, ces astres ne sont pas tous arrivés a un mémo état de condensation, quoiqu'ils tendent à y parvenir ; il est même probable que tons Tatteindront à des époques |4us ou moins éloignées, suivant les pbases diverses par lesquelles eUes doivent p^Mser pour arri« Ter a leur état normal et parfait.
Quoiqu'il ea soit, ces astres peuvent très bîeft n6us donner une idée des plisses diverses par lesquelles le soJei'l a passé depms sa création jusqu'au moment où il a reçu ratmospbère^ ou les atmosphères lumineuses auxquelles il doit sa grande influence sur la terre. Ces fuits nous font concevoir comment le soleil , créé dans le principe des choses, n'a cependant été doté de son pouvoir éclairant que bien long-temps après , c'est4dire à la quatrième époque.
Le soleil peut encore être comparé, sous le rapport de sa composition, à la terre; comme elle, il parait du moins environné d'atmosphères , qui diffèrent cependant de celle qui entoure le globe par la lumière dont elles sont impr^nées. Or, d'après le texte de la
Oenèse, la terre créée dans le principe comme corps distinct et particulier, n^a reçu son atmosphère qu^è la seconde époque, tandis que celles auxquelles le soleil doit bcs propriétés éclairantes, ne lui ont été données qu'à lo quatrième. Ce serait donc là toute la différence qui existerait entre ces deux astres ; ils auraient cependant cela de commun, de n^avoir été en quelque sorte complétés que postérieurement à leur création.
Cette comparaison, fondée sur les faits les plus in* contestables, permet de saisir un des points jusqu'à présent les plus obscurs du récit de la création. Elle prouve, du reste, combien peu les philosophes du siècle dernier pouvaient comprendre ce récit, qui ne deviendra parfaitement clair, que lorsque la science sera assez avancée pour connaître toutes les causes qui ont exercé quelque influence sur la formation et l'appropriation successive des différents corps célestes.
Cette interprétation, la plus conforme au texte de rÉcriture, est la seule qui s^'accorde avec les faits physiques. En considérant avec elle le système de Tuni* vers dont le soleil et leséloiles font partie^ comme créés au commencement, on n'a point à se demander comment la terre possède une lumière et une température à elle propres, et tout à fait indépendantes de celles que répandent sur elle les astres nombreux de l'univers.
Il est d'autres sources de lumière et de chaleur pour notre planète : ces sources ont été jadis si considérables
8ur la surface de la terre qu'elles y ont rendu insensible l'action des rayons solaires. Quoique cachées, elles n'existent pas moins encore aujourd'hui. Elles sont dans Tintérieur du globe plus ou moins rapprochées de son centre^ duquel elles s'épanchent souvent au dehors , en torrents de feu et de lumière. Tels sont les foyers volcaniques sur lesquels l'action solaire n'a aucun effet et qui par là annoncent assez dans quelle effroyable conflagration doit être le centre de notre planète. Nous n'en sommes pourtant séparés que par une épaisseur de couches solides, à peu près égale à la hauteur de la couche aériforme qui nous entoure.
Cette faible puissance de dépôts solidifiés suffit pour nous préserver contre les incendies souterrains, tandis que l'atmosphère, sorte d'abri protecteur pour la terre, nous prot^e contre le froid glacial des espaces plané* taires.
Ainsi placé sur ce soleil éteintqn'on appelle la terre, l'homme roule au milieu de Timmensité des cieux , sans s'occuper des régions glacées qu'il parcourt dans sa course rapide, ni de la ténuité de l'enveloppe qui le sépare des foyers embrasés du centre du globe.
On se demandera peut-être sur quelles preuves la science moderne , en cela d'accord avec le récit de la Genèse, a admis l'existence d'une lumière et d'une lem|)ératurc propres h- chacune des molécules de la matière et indépendantes de l'action solaire.
Im rayon» du soleil ^ comiiléréft soit eommo lamîère, soit eonsme ebaleur, ne traversent qu'une fsiUe épsissenr de eoticbes terrestres. Lev effet calorifique cesse eatiereiiiedt au-dessous de 50 mètres ; aussi ks tbermomètres portés à des profondeurs même moins considérables , y varient à peine dans le fsonrs d'une année de quelques centièmes de degré.
11 semble dès-lors » que si ces rayons étaient la seule source de chaleur pour notre globe , la température devrait sînfulièrranent s'abaisser dès qu'on aurait d^ passé SO mètres. Il est loin d'en être ainsi, puisque, d'après les observations faites dans les profondeurs du globe, Faccroissement de la température n'est pas moindre , en terme moyen , d'un degré du tbermo* mètre centigrade par 25 ou 30 mètres.
Lee caillotti retirés des plus grandes profondeurs accessibles et où jamais les rayons solaires n'ont pénétré, répandent y par leur frottement , autant de lumière que ceui qui ont été exposés à la vivacité de ses rayons; ^oie 39.)
Celte lumière prouve , aussi bien que celle qui s'é* chap])c en torrents des foyers volcaniques y que les sources en sont dans l'intérieur du globe.
Noti-e planète possède donc une lumière et une clialeur 2k elle propres. Cette dernière , à en juger par la loi de sonaecroissementy doit être énorme à son centre, elle nous donne l'idée de celle qui existait à la surface
40 notre phoèto , lomqoe toM les cerpt %mi k MMipo» •ent étoieat liquides , ainsi que Tind^nenl sa ferme tphércAdale , se Asntiié «voissente de le dreooiéreeee au centre et les couebes terrestres disposées à peu près liens Tordre des fusibilités.
Celte iiqiridité ne peut avoir été prod vîie par i'cee , en la supposant mélne a^nisée par les réactifs les plus énergiques. L'eau compose à peine la cinqsente tnil« lième partie de la masse totale do globe : en supposant è la portion fluide ufle températere extrémeoièat élefée, elte serait encore impuissante pour opérer une pareille dissoiolîoa , puisque aucun liquide ne peut dissoudre une quantité de matière solide, de beaucoup supérieure è son poids.
Il faut donc avoir recours 6 Taction dé la chaleur ou du feu, pour concevoir la fluidité prifmilite de la terre^ Dans le pHncipe des choses , tous les matériaui qui composent aojoonf hui sa surface, ne formaient qu'un vaste bain liqbide, où bouillonnaient de toutes parts les matières les plus denses et les plus fixes. Mais une pareille conflagration n'a pu avoir lieu , sans répandre une lumière vive et étincelante. On pourrait peul-étiV sVn faire une idée, diaprés celle que produisent des fragments de cfaanx plongés en igoilion dans certains mélanges gazeex, dont To^il ne peut supporter l'éclat ni la vivacité. Il est certain qu^aueune combustion vive ni aucun développement considérable de chaleur
n^a lieu 8àn$ être en même temps accompagnée de pro« duclion de lamière. Aussi en voyant la constance de ces phénomènes , on est tenté d'assimiler le calorique rayonnant au fluide lumineux.
Cette cause d'excitation et de production de la lu* mière est loin d^étre anéantie dans la constitution de notre planète. Tous les matériaux qui la composent sont doués d^une certaine quantité de chaleur et d^électricité, comme de lumière.
Cette lumière a pénétré tous les molécules de la matière ; elle est en quelque sorte inhérente à leur nature. Un léger choc la fait jaillir, étinceler même des cailloux retirés des lieux les plus ténébreux. Les phénomènes phosphoriques nous la montrent dans tous les corps , dans les êtres vivants , comme dans les minéraux arrachés aux profondeurs du globe, et qui n'ont jamais reçu le moindre rayon du soleil. {Note 40.)
Le frottement ne la tire-l-il pas également en gerbes brillantes des corps électriques, qu'elle qu'ait été la place que ces corps aient occupée dans l'écorce du globe? Ne sort-elle pas avec abondance des végétaux et des animaux qui se décomposent, et ne s'échappe* t-elle pas enûn -en grande quantité de ceux qui jouissent de la vie? Pourrions-nous oublier que cette lumière est parfois si vive, que les mers les plus vastes paraissent comme en feu aux yeux des navigateurs , étonnés d'un phénomène aussi extraordinaire que mystérieux ?
Or, cette lamière latente ne tire pas son origine dn soleil. Elle parait dès qu'une conche existante vient à produire les ondulations nécessaires à sa manifestation. La cause qui les opère est donc tout à fait indépendante de la principale source, d'où la surface de la terre tire maintenant la lumière et la chaleur indispensable à Fexistence des êtres qui l'habitent.
Les combinaisons si nombreuses et si variées qui ont lieu entre les divers corps de la nature, n'en produisent* elles pas elles-mâmes des quantités plua ou moins considérables et sur lesquelles le soleil n'exerce aucune influence? Par suite de ces combinaisons, la lumière s'en dégage oo y demeure cachée , suivant les circonstances et la manière dont s'opèrent les réactions chimiques.
Si la lumière n'est point un fluide distinct et particulier, etsi elle est plutôt le résultat de vibrations et d'ondulations de la matière éthérée , il est facile de jug^ combien la chaleur dont a joui la surface du globe, devait être favorable à de pareilles ondulations.
D'après cette théorie , le soleil en excitant des vibrations dans la matière éthérée, produit sur nous l'impressicm de la lumière. On peut donc attribuer à ^es effets du même genre, la lumière qui émane des corps échauffés, souvent si vive que Tceil peut à peine en son* iealr Tédat; on le doit d'autant plus que Taclion de ces corps a lieu sur l'air. atmQspI\ériqua beaucoup plus
ëen8e et bÎMiiBoiiis subtil que bi iaaUèi-e étbéi*ée.
11 est donc rationnai «t oonforroe aux faîis^ de coD&i* dérerlatcmpératiire élevée de b surface du globe, aux jM'efDières époques, comme liée à desémanatiooBd^uaa vive loD]ière« Ces pbénomânes étaient donc tout à fait indépendants de eaux qui ne se manifestent plus main* tenant que par Taction des rayoM solaires.
GeMa laaiHère d^iotarpiéter les faits s'aeoMrde par*faîtement avec b théorie, qui suppose b lumière pro» di»i4e par des ondubtions excitées dam la matîèva étliérée, maUère infiniment subtile et ébstique qvi remplit Pespaee. Cet éther passe et pénètre dans Tin*» térieur de tous bs eorpa ; tant qu'il est an re)ioa, il y a obsciirité eonipbte ; maja tersqu'il est mk en vibratioo, la lumière est produite, et nous en avons b pan* aalion.
Il résuite des travaux et des recherches d'Young; de Fresnel et de M. Arago, que la lumière est mbe en |eu piff b vibration d'un fluide répandu dans rvnivars, fluide auquel on a donné le nom d'éther. Ces vibratioM peuveniâtre ooeaakmnées par différentes ea uses, comme lesoltil<ou bs étoîbs, rébotrieité, b eombuatioa, M même des acUsons ohimiqnes qtieloonques. Si donc if lumière n'eat point un eorps ni une sBbstance maternelle, mats uneauke de vibrations excitées dans l>étber on dans Tair par bs cprpaieitérieurs, elb n'aarait paa été proprement créée; lenbment eUe aurait été «ibe
en aelion ou en vibralÛHi à Tépoqne o4 Dieu dit qie la lumière ftoU ; et b lumière f«t.
La dbftleur rayonnante paraît tui^ne dans sa prefiagatîon les oièmet lois que la lumière. D'un autre oAté, ai la lumière et ta chaleur des rayons solaires ooneistent 4ans les vibrations ou les ondulations que ces rayons eiciteoi dam la matière étfaérée ou dans l'air iknospàérique, la chaleur transmise dans l'intérieur des eorps doit de même être produite par de pareils mo«rements vtbrataires. Mais par suite de la tendatee de la nature à ramener rensemUe des phénomènes è des lois aussi simples que générales, |e son résulte des vibrations HMiléenlairea et de leur propa^fation dans les «ilieuK ambiants, m piul6t il est dA q«k vibrati^as des milie»! amhiauls. Las phénomènes de 4* ehaleur et de la lumière n'en différeraient donc que paroa qu'ils seraient opérés par des vibratium aipfniquee et parleur propa^aliou dans r^éther.
D'après eette uMoière de eancevoir les faits, U lumière ne serait qu'un . ébranlement ou une eorte de vibralion de la naalîère éthérée , vibration dont la eauae ia plus aetÎTe et la plus puiaaante popir la terre eat le soleil. Mais éwéeuiment^ quoique te fluide étbéré fit été répmdtt .wtértaummant è Tépoque où oet aatra a . èlé disposé de mamâM à e&eitar les ^rations, la lu« inièra n'a été mise en hamiome aurec lea dif erses créatÎMa qui ont eu lieu auc noire glolie > iipie depuis
Tépoque où le soleil a reçu sa nouvelle et dernière destination. Aussi y Moïse n'a jamais représenté Dieu comme créant la lumière, mais seulement comme lui donnant Tessor par Teffet de sa volonté; en sorte que par suite des ondulations ou des vibrations excitées dans la matière éthérée, elle aurait jailli de Tobscurité.
11 y a donc deux manières de concevoir comment la lumière se répand dans l'espace , et par quelle sorte de mécanisme elle se propage. Mais ce qui est bien re« marquable, ces deux théories satisfont également aux lois, aux faits actuellement connus, et à Tapplicalion de leur vérification par le calcul.
Dans Tune de ces théories, on admet que la lumière se répand sous forme de particules lumineuses émanées des corps doués de lumière. C'est le système de rémission.
Dans l'autre hypothèse, la lumière est le résultat de vibrations analogues aux ondes sonores qui viennent frapper notre oreille, quand un corps vibre et met en mouvement la couche d'air environnante. C'est le système des ondes ou des vibrations auquel Moïse semble avoir donné la préférence, et pour la vériGcation duquel M. Ârago vient d entreprendre une série d'oBservatîons qui décideront probablement la question.
Suivant le système de rémission , la lumière marcherait plus vile à travers l'eau qu'à travers l'air atmospliérique ; tandis que suivant la théorie des ondes^
99 TÎtesse serait pluft grande dans Tair que dans Teau.
Si donc on avait un moyen de mesurer cette différence de TÎtesse dn fluide lumineux trayersant Tun et rentre milieu, on fournirait de nouveaux arguments, dérisib peut-être, en faveur de Tune et de Tautre hypothèse. Si Ton venait à démontrer que la lumière se meut avec moins ou seulement avec autant de vitesse dans Teau que dans Tair, le système de rémission ne serait plus en harmonie avec ce nouveau fiiit, dont la sdenee se serait enridiie. La théorie des vibrations se^ rait pour lors victorieuse, et le contraire aurait lieu si l'expérience donnait un résultat opposé.
Mais ce n'est pas chose fiicile que de déterminer directement et par expérience la marche des ondulations d'un fluide qui, comme la lumière, se meut avec l'énorme vitesse de 80 mille lieues par seconde. Aussi le ealcul seul a pu nous faire comprendre que la luimère met seulement quelques minutes (environ 8) pour traverser l'immense espace qui sépare le soleil de notre planète. (Noie M •)
Voici du reste par quet mécanisme M. Arago espère réeoodre la question :
En faisant tomber un rayon lumineux sur un miroir mis en mouvement par un mécanisme particulier, et tournant sur lui-même avec rapidité, ce rayon sera réfléelu par la surface brillante, en faisant un angle propertMMHié au temps qu'il aura mis à parvenir de son
point de départ jusqu^au miroir. Or, si deux rayons partant d^un mémo points l'un traverse Fair, tandis que Tautre est obligé de passer à trayers une couche d'eau assez épaisse, avant d'arriver au miroir, il est évident que si ce dernier est retardé dans sa marche y l'angle de réflexion donnera la mesure de la vitesse relative des deux rayons.
II faut donc que la vitesse de rotation du miroir soit asses grande pour que la différence dea angles smiappréciable ; d'un autre côté, il faut s'assurer du temps pendant lequel l'impression de la lumière agit sur Tcril pour être appréciée.
Eh bienl le nombre des tours du miroir sur luimême, peut ôtre porté jusqu'à l'incroyable vitesse de trois à quatre mille par seconde et même au-delà, sans que l'instrument soit dérangé, et sans qu'un frottement aussi considérable échauffe l'appareil et le détériore» L'effet de ce frottement dépend de la vitesse relative de l'axe et du miroir. Mais pour obtenir un mécanisme aussi merveilleux, et duquel dépend, en partie, le tuo* ces de ses expériences, M. Arago a appelé à son aide le talent de Gambey, si connu par la prédsioû dtfa instruments qui sortent de ses mains«
En faisant réfléchir ensuite par d^autrea nairoks la lumière réfléchie une première fois, M. Ârago est parvenu à multiplier, pour ainsi dire à volonté, lagrao^r de l'angle. Il a employé aussid'iulres liquidée que renii,
le earbore de soulre , par exemple , foi a la propriété d'apporter un plus grand retard à la marche des rayons lumineux. L^emploi des rayons diversement colorés et formant des spectres de divers aspects par leur réflexion sur les milieux^ a encore offert i Tillustre physicien un autre moyen de mesurer la vitesse de la kimière à travers des milieux variés.
Tels sont les divers procédés à l'aide desquels M. Arago espère résoudre expérimentalement la question rehUive à la nature de la lumière* Mais bien avant lui et même iamk avant Newton y Moïse semble «voir tranché la que8tî<HQi en faveur des physiciens modernes^ et s^élre rangé en quelque sorte du côté de la théorie des vibrations. {Noie 42.)
Aussi, le législateur des Hébreux n'a point dit et en-* eore moins voulu dire, commeon le suppose assez généralement, qu'à la quatrième époque Dieu créa le soleil ; mais seulement qu'il a disposé cet astre pour édairer constamment la terre. C'est donc ausisi depuis cette épocpie que le soleil règle l'ordre des saisons, des jours et des années.
Ce mode d'inlarpr^tion a, du reste, l'avantage de faire accorder entre eux diftérents passages de l'Écriture; car on ne saurait supposer que Moïse ait pu oroire que k tarre sfvait été créée avant le soleil et les étoitasv puisqu'il dit lui-même qu'elles louaieut Dieu amBt la cféatioli de no^globe« Il ne mentionne d»ns
les versets de laGenèse, relatifs à la quatrième époque, les phénomènes astronomiques que sous le rapport de leur importance, relativement à la terre et à Thomme, et non en raison de leur importance réelle dans le système général de Tunivers.
Il y a d'autant moins de doute à cet égard, que Moïse mentionne à peine les étoiles , se bornant à dire que Dieu flt aussi les étoiles. Il les nomme donc en quelques mots, comme en passant, et en quelque sorte pour an* noncer qu'elles furent disposées parla même puissance qui avait mis dans l'espace le soleil et la lune. En effet, ces corps lumineui sont bien plus importantset bien plus nécessaires pour nous que celte armée innombrable de corps célestes, dont la grandeur surpasse peuWétre de beaucoup celle de Taslre qui nous éclaire.
Si ces corps qui, probablement, sont tous de magnî«^ iiques soleils , centres d^autres systèmes planétaires ^ ont été aussi succinctement mentionnés dans la Genèse^ tandis que la lune, petit satellite qui nous accompagne constamment , y est an contraire indiquée presque à régal du soleil, c^est sans doute par suite des motif» que nous avons déjà exposés. Il se pourrait enfin, que Moïse voulant garantir les Hébreux de TidoUtrie de& nations dont ils étaient environnés, eût voulu leur mon*trer que ces astres, ouvrage du Créateur, ne méritaient pas leurs hommages, qui n'étaient dûs qu'à Dieu seuL
D'après la Genèse, la lumière avait donc été mise en
aetiou avant que le soleil , la luoe et les étoiles eusseut été disposés pour répandre sur la terre leur ?i?e et bienfaisante clarté. L'époque à laquelle ces corps lumineui reçurent ces formes nouvelles, coïncide très-bien avec la présence des êtres vivants qui en avaient besoin. Au moment de cette apparition, ces astres exercèrent leur influence sur la terre , ainsi que sur les végétaux el les animaux qui allaient Tembellir et Tanimer.
Les premières plantes qui ont vécu pendant ces an* ciennes époques , ne présentent pas la moindre difle» reoce dans leur oi^anisation d'avec celles qui jouissent maintenant des rayons du soleil. Getle lumière primi* tive ne parait pas avoir différé de la lumière actuelle ; les organes exhalants des végétaux des terrains de transition et houillers, sont les mêmes et remplissent des fonctions analogues à ceux des espèces vivantes. Il y a plus encore, les yeux de ces singuliers crustacés on de ces trilobites , si enfoncés dans les vieilles couches du globe, sont construits d'une manière tellement semblable à ceux des crustacés vivant», qu'il est difficile de ne point supposer que les uns et les autres ont éprouvé les effets du même fluide lumineux. (Noie 45.)
La structure des oi|[anes de la vision de ces crustacés qui ont peuplé le sein de Tancienne mer , annonce encore que le fond du liquide dans lequel ils ont vécn devait être assez pur et assez transparent pour per** mettre à la lumière d'arriver judqct'À ces oi^an^, dont
la conservation parfaite nous a si complètement révélé la nature. Ainsi, h Tépoqne où ces animaux furent placés au fond des mers du monde primitif, les rela* tions mutuelles de la lumière avec Tœil et de Tœil avec la lumière, étaient absolument les mêmes qu'actuellement.
Ces instruments d^optique , dVne construction par* faitement en harmonie avec le genre de vision parlicu* lier qu'ils devaient exercer, n'ont pas été produits par une sorte de tâtonnement, des formes les plus simples aux plus compliquées ; ils ont été construits tout d'abord , de manière à s'adapter aux fonctions qu'ils devaient remplir et au but pour lequel ils avaient été créés.
D'un autre côté, si nous considérons les tètes des plus anciens poissons , comme celles des plus anciens reptiles, nous les verrons pourvues de cavités destinées è recevoir les yeux et de trous pour le passage des nerfs optiques. On voit même chez quelques individus certaines parties de l'œil assez bien conservées pour juger de leurs analogies avec ces mêmes parties des yeux des poissons et des reptiles vivants. Enfin, ce qui n'est pas moins remarquable, les organes de la vue des ichtyo* saures, singuliers reptiles de l'époque du lias, sont assez bien conservés pour qu'il soit possible de reconnaître que ces yeux renferment un appareil encore plus merv eilleux et plus compliqué que celui dont sont pourvus certains oiseaux.
Nous verrons plus tard que selon la volonté de ces animaux, leurs yeux étaient des espèces de télescopes, qui leur permettaient d^apercevoir leur proie à de grandes distances y tandis que, lorsqu'il était nécessaire, ces mêmes oi^anes leur servaient comme de mi« croscopes. Ainsi , à Taide du même appareil, ces rep« tiJes avaient le moyende voir les plus petits objets disséminés dans Veau où ils vivaient, et de les discerner aussi bien de près que de loin. Admirable mécanisme^ qui prouverait à lui seul la sagesse et la inrévoyance de la nature, si tant d'autres faits ne la proclamaient hau« lement.
La Genèse parait mentionner ici les grands corps lumineux célestes , par rapport è la terre et particuliè* rement k Thonime qui devait y être placé. Aussi» n'estil nullement dit dans les >I4% 45% 46«, 47^ et 48« ver* sets, que la substance du soleil, des étoiles et de la.lune lut créée à cette époque. Il en résulte seulement que ees corps furent pour lors disposés à répandre la lu* mière sur la terre, à régler les jours et les nuits, et à être des signes pour les saisons^ les jours et les années. JjC fait de leur création^ bien antérieure k cette époque, se trouve aussi oooaîgné dans le premier verset de la Genèse qui se rapporte à la création de l'univers.
Y. — Cinquième époque ou cinquième jour.
A la cinquième époque, Dieu créa les poissons, les reptiles aquatiques et tous les êtres qui vivent dans le sein des eaui. Les oiseaux peuplèrent et animèrent les airs. Enfin, Dieu ordonna aux animaux aquatiques de remplir les eaux de leurs tribus , et aux volatiles de se se répandre sur la terre et d'occuper Tatmosphère. {Naee 44.)
Voici comment s'exprime le texte bébreu :
« Dieu dit que les eaux produisent des animaux vi- « vantsqui nagent dans l'eau, et que des volatiles volent c sur la terre dans Tétendue du ciel.
« Dieu créa les grands poissons et tous les êtres c rampante que les eaux produisirent selon leur es* « pèce; il créa aussi tous les volatiles selon leur espèce; < Dieu vit que c'était bien.
c Dieu les bénit et dit : Croissez et multipliei y et N remplissez les eaux des mers, et que les volatiles se c multiplient sur la terre. »
DelaGn jusqu'au commencement ce fut la cinquième époque.
D'après ce texte, comme d'après les faits géologiques,
les premiers animaux vertébrés ont été des espèces vi^ Tant dans le sein des eaux , e'est-è-dire des poissons. C^est mal à propos que les traducteurs ont rendu le mot hébreu athanimin par serpent , dragon , baleine , cétacé; car il se rapporte uniquement aux poissons de mer. Ce mot racine, dont il n'existe aucun dérivé connu y a été évidemment appliqué à tort aux cétacés par cela seulement que ces animaux, les plus grands de la nature actuelle, habitent aussi le bassin des mers. Il y a d*autant moins de doutes que thanan se rapporte aux grands poissons, comme sont, disent tous les commentateurs, les baleines. [Note 45.)
Si donc, les divers interprètes de la Bible , ont traduit creaçit que Deus ceie grcmdia , c'est que, frappés de \bl grandeur des baleines et de la plupart des mammifères marins, ils ont cru devoir plutôt rapporter Texpression aihanimin aux cétacés qu'ils connaissaient qu'à des poissons ou à des reptiles gigantesques, dont les races éteintes leur étaient entièrement inconnues. Tel n^est pas cependant le véritable sens du mot cuha' nimin^ qui désigne uniquement un grand poisson ou un reptile d'une dimension approchant de celle des baleines. Cette dernière interprétation est ici peu admissible ; car après avoir parlé des grands poissons, Mo!se nomme de suite les animaux rampants qui vivent dans feau, ce qui ne peut s'entendre que des reptiles.
Nous abandonnons cet objet de discussion à ceux
qui s'occupeat d'une manière particulière d'une lan« gue dont Tétude est si négligée parmi nous* Il doit nous suffire de leur avoir soumis une question que leurs lumières leur permettront de résoudre, sans doute I beaucoup mieux que nous ne saurions le faire nou8«méme. Nous ferons seulement remarquer que M. Gaben , en traduisant le mot bébreu aihanimin par cétacé, convient pourtant que cette expression s'applique à tous les animaux marins dont Tagilité est fort grande, et particulièrement aux poissons.
Aux yeux de Moïse, la création des reptiles aquatiques a été antérieure à celle des espèces terrestres. Il place la première à la cinquième époque, tandis que l'apparition des reptiles qui vivent sur la terre, n'aurait eu lieu qu'à la sixième, c^est-à-dire, à celle où Dieu créa également les autres animaux terrestres. Ainsi d'après Moïse, comme d'après l'observation des coucbes fossilifères, les êtres qui vivent dans le sein des eaux, soit poissons , soit reptiles , auraient précédé les animaux qui vivent sur les terres sécbes et découvertes. Mais ces derniers auraient apparu avant Tbomme, dont l'existence a couronné en quelque sorte la création.
Cette cîaquième époque est donc celle où les poissons et les êtres qui vivent dans le sein des eaux, ont essentiellement dominé sur la scène de Tancieu monde. Voyons ce que nous apprend Tobservation des cou-
cbee terrestre fossilifères qui nous ont conservé Iw traces de ces primitives générations.
T^oQs avons déjà décrit les poissons des terrains de tensition et houillers ; nous avons vu que c^est par eux qn'oot commencé les animaux vertébrés. Nous n'au^* rons donc qu'à dire quelques mots des poissons dea deux périodes les plus récentes , pour terminer ce qui est relatif à l'apparition de ces animaux, dont la Bible s'est occupée d'une manière spéciale.
D'après M. Âgassix qui a dirigé ses laborieuses re* cherches sur l'étude des poissons de Tancien monde , ces animaux peuvent être circonscrits dans plusieurs périodes ) lesquelles embrassent l'entière série des for* mations géologiques. (Noie 46.)
La pins ancienne, comprend des poissons des ordres des ganoides et des placoides, parmi lesquels se trouvent les poissons sauroides des dépôts de transition et houillers. Les espèces qui se rapportent à ces dépota ou qui sont ensevelies dans des terrains antérieurs au lias, n'offrent point les différences qui existent mainte* nant entre lee pmssons d'eau douce et les poissons ma* rins. C'est peut-étre aller au-delà des faits que d'admettre, soit dans les terrains antérieurs au groupe ooli* Ihique, dont le lias forme la base, soit même dans ce groupe, des terrains marins et d'eau douce. Les eaux de ces temps reculés, circonscrites dans des bassins moins fermëS; ne paraissent pas aroir présenté des différences
aussi tranchées, que celles que l'on remarque de nos jours y entre les eaux des divers points du globe.
La seconde période comprend des poissons déjà plus intimement liés avec les êtres actuels y et dont les formes sont aussi bien plus diversifiées. Outre les familles de la période précédente , lesquelles disparaissent peu à peu et par degrés , on en observe de nouvelles qui n'avaient point encore été vues sur la scène de Tancien monde.
Les ganoldes et les placoides se montrent bien encore dans le groupe oolithique; mais outre que les genres* et les espèces deces deux ordres y sont bien moins nombreux^ ils ont des caractères qui les distinguent des espèces des formations inférieures. Il existe une grande différence entre la forme de Textrémité postérieure du corps des ganoides , et celle des poissons de cet ordre, qui appartiennenta ux formations supérieures dukeuper. »
Cesgauoldes ont tous la colonne vertébrale prolongée à son extrémité en un lobe impair, qui atteint le bout de la nageoire caudale. Cette particularité sefaitremar-. quer chex toutes les espèces qui se sont propagées depuis les terrains de transition , et les marnes irrisées, jusqu'à ceux du keuper. Elle les distingue donc d'une manière essentielle.
On ne découvre pas non plus dans la série oolithique dans laquelle nous comprenons le lias et la formation
weldienne , une seule espèce de pokson qu^on poisse liîre rentrer dans tous les genres des terrains crétacés. Depuis celte époque jusqu^ù celle du dépôt do lias, les deux ordres qui prévalent parmi les espèces actuelles , ne s^y rencontrent pas, tandis que ceux qui sont en mU norité de nos jours, s'y trootent également et sobitement en grand nombre. Les ganôides y existent bien encore ; mais ooiqoement les genres à caudale sjmétriqae et parmi les placoides , ceux surtout dont les dents sont sillonnées sur leurs deux faces et les rayons remarquables par leor étendue. Ces grands rayons nommés IchikyodondùheSy par MM. Buokland et de la Béehe, ne proviennent ni des silures ni des balistes , mais bien de la dorsale des grandes squales dont on trouve les dents dans les mêmes coocbes , qui offrent les premières décès parties.
Les poissons de la craie considérés dans leur ensera-' Ue, ont déjà le caractère général de ceoi des terrain» tertiaires, surtout comparativement aux espèces da groope oolilbique. Celte simititode est même assez gnuH de, pour que, si dans un rapprochement général de» formations géolc^ques , on n'avait égard qu'aux pois« Mtfls, il serait plus naturel d'associer la formation do la craie et dugrès*vert, avec les terrains tertiaires , que de les ranger dans le groupe des terrains secondaires. Cependant la craie offre encore plus des deux tiers de ses «epèees qui se rapportant à dés genres cfnlîèrement ^^*
éteinU ; on y voit même paraître quelques-unes des formes qui prévalent dans la série oolithique. Mais au-des« sous de la craie , il n^y a plus un seul genre qui ait des espèces vivantes, et même ceui de la craie qui en ont ^ comprennent un plus grand nombre d'espèces fossiles. Par suite de la succession qui a eu lieu dans la création des êtres organisés, on conçoit facilement que les poissons des terrains tertiaires , doivent être ceux qui se rapprochent le plus des espèces vivantes. Cependant jusqu'à présent M. Âgassis n'a observé qu'une seule espèce parfaitement identique avec celle de nos i
Cest un petit poisson que l'on trouve dans le Gtomh land, dans des géodes d^argile, dont Tàge est enoore indéterminé.
Dans les formations tertiaires inférieures, par exemple, dansFargile de I^ndres, le calcaire grossier de Paris et de Monte>Bolca, il existe un tiers au moins des espèces qui appartiennent à des genres totalement életnts. Quant aux poissons du crag de Norfolk, de la fonnation subapennine supérieure et de la molsMe , ils se rapportent, pour la plupart, à des genres eomnnins dans les mers tropieales, tels que les plalax, les grands cardiarias et les myliobates à larges ebe* vroDs*
Les poissons des mêmes formations, mats des eeu* ches supérieures, se eomposent prineipalement de sq«ales et de raies^ e^est-iniire qq'ils appartiemietit à
des ordres fort compliqués. Le premier, oo celui des sqàaloldes (chiens de mer) , ne commence à panttarie sur la scène de Tancien monde, qu'arec la formation crétacée. Cet ordre traverse ensuite toute la période tertiaire, pour arriver jusqu'à la création actuelle où it prend on grand dévelc^pement.
Les poissons fossiles de la famille des squaloïdes (4* frent, du reste, tous les caractères des vrais squales. Leurs dents constamment lisses à leur surface esteme, sont quelquefois plissées à leur surface interne; dis* position également partieulière à plusieurs espèces vivantes* En outre, ces dents plates, taillées en forme de lamelles, afveo un bord trauehant, sont découpées en fines dentelures sur ce même bord, dans un assez grand nombre de ces poissons. Cette soQs4smille des squaloïdes, est la seule dont les espèces abondent dans les formations tertiaires.
Si les dents des squales de cette époque se sont amincies en bords tranchants, caractère do système dentaire des squales aetuels, cette circonstance a dépendu probablement de ce que les autres poissons de la série crétacée et tertiaire, se sont revêtus d*écaiHes de plus en plus molkea, semblables à celles qui recouvrent les espèces vivantes. La diversité de nourriture dont pou^* vaient user les poissons des terrains crétacés et tortiai* res, a enigé une différeuee dans leur organisation et particoKèromeutdaM leur système dffltaire. Aussi ne
Toit-on pas parmi les poissons des dernièi-es formatioos marines^ un seal de ces cestraeions à dents émoussées des époques antérieures.
Les poissons, comme tous les êtres oiiganisés, annoncent donc une succession lente et graduée dans leur création. En effet il n^est pas uhe seule espèce fossile qui se trouve successivement dans deux formations différenies ; tandis qu'il en est un grand nombre qui sont disséminés sur une étendue horizontale extrêmement considérable. Enfin, les espèces de poissons qui se rapportent à TaDcienne création, diffèrent d^autant plus des races de la création actuelle, qu'elles appartiennent a des âges plus éloignés ou qu'elles sont ensevelies dans des couches plus profondes.
Cette classe d'animaux s'étend donc dans Timmense série de toutes les formations sédimentaires. Elle offre pour les animaux vertébrés un point de comparaison, d'autant plus intéressant , qu'elle a constamment persisté depuis Tapparitiou de la vie. Les poissons des temps géologiques qui se sont succédés avec des formes différentes, ne se rapportent guère qu'à des types qui n'existent plus. Leurs affinités avec les espèces vivantes sont aussi éloignées que celles qui rattachent les crinoldes aux échinodemes ordinaires j les nautiles, les seiches et lés poulpes, aux bélemnites et ailx ammonites; les ptérodactyles, les ichtbydsaures et les plésiosaures à nos grands lésards ; Ici pachydermes vivants,
— >II5 ~ h ceux qui dans les temps géologiques habitaient les en* virons de Paris, de Clermont et de Montpellier, ou les plaines de la Sibérie.
Si en fi'appuyant sur ces faits , on peut hasarder quelques conjectures sur leurs causes , on serait porté à penser que le principe de la vie animale , qui s'est développé plus tard sous la forme de poissons ordinaires, de reptiles , d'oiseaux et de mammifères , a été d'abord entièrement confiné dans les singuliers poissons sauroides des premiers figes. Ib ont participé en màme temps, de Forganisation des poissons et de celle des reptiles, caractère mixte qui ne semble s'être perdu dans cette classe qu'après Tapparilion d'un grand nombre des derniers de ces animaux. 11 en est à peu près ainsi des grands reptiles aquatiques de Tépoque ooliihique. Ceux-ci ont participé, par leurs squelettes, des caractères des mammifères marins , comme les grands lézards terrestres de la même époque, de ceux des pachydermes , qui n'ont été créés cependant que beaucoup plus tard.
De grands changements et d'importantes modifications ont donc eu lieu dans les caractères des poissons fossiles. Us ont été en harmonie avec les dispositions nouvelles survenues dans les diverses classes des ani maux et des végétaux. Ils ont même coïncidé avec lotat minéral des couches où ils sont ensevelis. L'effet de ces changements a été sensible, non pas seulement dans les I. 8
(ormoîions éloi|M)ées, mais duiis celles qui se sontsni« vies immédiulometit , c'csl-à-ilipe, d'une formulion h l'autre.
En effet, ni les mémeB genres, ui les mêmes familles ne traversent les séries successives des grandes formations. Les poissons changent d'une manière prompte et subite à certains points marqués de la succession verticale des couches; ainsi, aucune espèce de poisson fossile n'est commune à deux grandes formations. Chacune d'elles est, à Tégard des espèces que Ton y découvre, ce que sont maintenant deux régions très éloignées par rapport aux êtres qui y vivent. En0n, les poissons des anciennes créations doivent avoir subi des influences tout à fait différentes de celles qu'éprouvent les espèces actuelles, puisque les premiers n'ont presque rien de commun avec les seconds.
H est h pen près impossible d'expliquer les changements brusques survenus à diverses époques dans Torganisation , par des transformations successives qui auraient fait passer les espèces les unes dans les antres. Les nouvelles races qui par suite des changements dans les milieux , succédaient aux plus anciennes, semblent, . comme celles qui les avaient précédées , avoir été produites par des actes de création directe et plusieurs fois répétés. Si le contraire avait eu lieu, on trouverait dans les couches de la terre , des traces de ces transformations ou de ces passages des espèces les unes dans les
— un —
auli*€8, au Heu de rencontrorà chaque époque, Jes êtres toialemeut différents de eeux qui les ont précédés ou soiviB. Àtmi) les faits bien appréciés annoncent que des oréatioiis diverses se sott tour à tour succédé sur le gtobê et que ees créations cmt été d^antant plus différentes des races aotpelles, qu* elles se rapportent à des époques plus aneientiei?.
La présence des poissons dans les couches sédimen* laires les plus profondes ou dans celle» de transition, peut nous faire concevoir comment Moïse a coilsidéré les animaux aquatiques comme les premiers êtres qui aient paru sur la scène de Tancien monde. La décou- ?erte des animaux vertébrés, réunissant è la fois tes earaet&res des poissoue et des reptiles, dans les'plus anciennes couches qui recèlent des débris de la vie , semble expliquer assez bien le 20^ verset de la Genèse, dans lequel il est dit < que Dieu ordonna aux eaux de produire des animaux propres a vivre dans leur sein.» L^ancienne création a commencé par les êtres aquatiques, et comme le dit Moïse, par tous les aninianx qui vivent et se meuvent dans les eaux : «.Omnem anùnam viventem atque moiabilem quam procktxeruni €Êqkiœin $pêtiê$ êùas.^ Aitisi , d'après le législateur des Hébreux , le monde aurait été peuplé pendant long* temps par des animaux aquatiques dont nous cherdions en train des traces sur la terre.
Où trouver dans notre création actuelle des repré-
— >I46 ~ sentants de ces grands léssards des eaux salées^ dont les couches secondaires nous ont dévoilé Tancienne exis<tence? Ces lézards , nommés ichtbyosaures et plésiosaures, étaient si étranges, qu^ils réunissaient les carac* tères des poissons , des reptiles et des mammifères marins, singulière combinaison qui donnait à leurs proportions gigantesques, quelque chose de bizarre et de réellement extraordinaire.
Ces animaux qui peuvent nous donner une idée du monde où ils ont vécu , n'ont pas plus de représentants parmi les espèces vivantes que les poissons sau« roîdes des terrains de transition et houillers , qui les ont précédés. Il en est de môme d'une foule d'autres reptiles , et particulièrement des ptérodactyles dont se nourrissaient probablement ces lézards à long cou , nommés plésiosaures. On se demande en voyant le grand développement que ces animaux ont pris à l'époque secondaire, si ce ne serait pas plutôt à ces êtres qu'aux mammifères marins , qu'il faudrait appliquer le mot mhamndn du 24^ verset de la Genèse qu'on a rapporté aux cétacés , faute d'en bien comprendre le sens.
Poumons en assurer, étudions d'une manière rapide l'organisation de ces animaux , et commençons par richthyosaure, ce reptile poisson dont rien dans le monde actuel ne rappellç les formes bizarres, ni peutèire lu voracité.
L'iohthyosaure, dont la longueur dépassait trente pieds, offrait des caractères départis maintenant à di- Tersea classes et à divers ordres d^animaux, caractères que Ton ne retrouve plus dans un seul et même genre. Ainsî, ce reptile avait tout à la fois le museau d'un marsouin^ les dents d^un crocodile, la tète d^un lézard, les vertèbres d^un poisson, le sacrum de romithorinque et les nageoires d^une baleine. Son corps mons« trueux se terminait par une^ queue longue et d'un^ force prodigieuse.
Quant à sa tète, dont la longueur dépassait souvent six pieds , elle portait deux yeux énormes. Ces organes étaient entourés d'une série de pièces osseuses analogues à celles qui entourent les yeux de plusieurs oiseaux et de certains reptiles. Par leur rétraction , ces pièces augmentaient la convexité de la partie antérieure de roeil et le transformaient en microscope. En reprenant leur position naturelle, elles en faisaient un télescope.
Ce curieux instrument d'optique permettait à Tichthyosaure de découvrir sa proie de loin et de près, dans robscuritédelanuitetdanslesabimesdesmers. Une pa^ raille organisation annonce aussi bien les habitudes voraces de ces reptiles, que les cent quatre-vingt dents coni* ques et acérées dont étaient armées les mAchoires de certaines espèces de ce genre. Les dents de ces animaux étaient, du reste, aussi bien appropriées au but qu'elles devaieui remplir, que renseiitble de leur organisnio.
il en était de même des mâelioires qui les dttppor* taient. Par exemple , la mâchoire inférieure , surtout k cause de sa longueur et de la taille des animaux qu'elle était destinée à saisir, aurait été sujette à de fréquentes fractures* Aussi ^ loin d'être formée par un seul os, comme chez les mammifères, elle était composée de six pièces oombinées de manière à la rendre solide , très élastique et d'une grande légèreté.
D^îin autre côté, pour faciliter les mouvements que ces animaux devaient exécuter dans le milieu qu'ils habitaienty leurs Vertèbres, au nombre de plus de cent, étaient creuses comme celles des poissons. Leurs côtes nombreuses , pour la plupart bifurquées au sommet , s'amincissaient a leur extrémité antérieure au moyen d'os intermédiaires analogues aux portions cartilagineuses et sternales des côtes du crocodile. Cette structure permettait à ces animaux d'introduire une grande quantité d'air dans leur poitrine et de rester long*temps sous Feau, sans venir respirer è la surface.
Enfin les membres antérieurs des ichthy osaures, sem* blables à ceux des baleines , occupaient à peu près la même place. Mais , outre ces rames élastiques et puissantes , ces reptiles en avaient deux autres de moitié plus petites et placées a la partie postérieure de leur corps.
Un reptile peut-être encore plus hétéroclite , et qui , au dire de Guvier, mérite mieux le nom de monstre,
— U9 ^ Tivait à Ja mAoïe époque qiia l'ichtbyoaaure » comme pour Bttlisfairo aux api^tito vor^ces de ee dernier.
11 joignait à une tête de I4iard les dents d'un eroco* dile et un cou d'une longueur énorme^ semblable au corps d'un serpent. Mais pour rendre ces anomalies encore plus singulières, cet animal nommé plésiosaure, ee qui veut dire ancien lézard, avait le tronc et la queue à peu près semblables à celle de ces mêmes parties chez un quadrupède ordinaire, les côtes d'un caméléon et les nageoires d'une baleine.
Cet étrange reptile vivait probablement dans des mers peu profondes où il était la pâture desichtbyosaures, dont la gloutonnerie était si grande qu'ils se dévoraient entr'eux, les plus petits succombant sous les plus gros.
Quelque singulier^ que puissent paraître ces faits, le doute n^est point permis à leur égard. Les excréments des ichtyosaures conservés dans les couches des terrains secondaires, y sont restés comme pour éclairer des événements passés au fond des mers, à une époque bien antérieure à l'existence de l'homme. Ces excréments renferment, comme oeux des anciennes hyènes, les os des animaux que dévoraient ces reptiles, et parmi ces os, on reconnaît très bien ceux des plésiosaures et des îchthyosaures.£nfin ces animaux étrangesétaient si peu destinée k durer ^ que , tandis que les plésiosaures vivaient aux dépiens des ptérodactyles, que leur long cou
leur permettait de saisir lorsqu'ils volaient au-dessus de leur tête , ces derniers déToraient avec avidité les énomies libellules qui vivaient également dans ces temps singuliers.
A voir ces animaux occupés sans relâche à se faire une guerre cruelle, pressés par les besoins les plus impérieux , on dirait que la nature ne les avait mis au monde que pour se détruire et s'entre-dévorer. Aussi est-on peu étonné qu^avec une organisation aussi bizarre, et des appétits que rien ne pouvait satisfaire, ces reptiles n'aient pas prolongé leur existence au-delà de Tépoque secondaire qui les vit naître et périr.
11 en a donc été de ces espèces , comme des autres genres dereptilesqui furent leurs contemporains, et entre lesquels se faisait remarquer le mégalosaure, dont la longueur dépassait 40ouméme50pieds. Ce reptile, d'une dimension aussi extraordinaire pour un lézard qui vivait sur des terres sèches et découvertes , était par ses formes un être intermédiaire entre les crocodiles et les monitors. Essentiellen)ent Carnivore, les reptiles plus petits que lui étaient sa proie ordinaire ; peut-être même pôursuivait-il dans Teau les plésiosaures et les poissons qui vivaient dans les bas-fonds, les criques ou les baies. Ce reptile et tous ceux qui furent ses contemporains ont disparu de dessus la surface du globe, aussi bien que les ptérodactyles, dont les formes bizarres rappellent
les fabuleux dragons de la chevalerie ou les créations fantastiques du génie de Callot.
Les ptérodactyles offrent des anomalies si extraor* dinaires, que dès le principe de leur découverte, quelques naturalistes les prirent pour des oiseaux, d'autres pour des chauve-souris et d^autres enfin pour des reptiles volants.
La forme de leur tète et la longueur de leur cou^ assez semblables à eeux des oiseaux, tendaient à les rapprocher de ces animaux, de même que leurs ailes, analogues à celles des chauve-souris , et leur queue et leur corps h celui des mammifères, semblaient indiquer de nombreux rapports avec ces derniers* Mais en comparant les ptérodactyles aux oiseaux et aux mammifères , dont ils se rapprochaient le plus , Cuvier a démontré que ces animaux étaient des reptiles doués des facultés de voir pendant la nuit , et de saisir au vol les insectes dont ils faisaient leur pâture.
Les ptérodactyles n^en ont pas moins, par leur forme extérieure , quelques ressemblances avec les chauvesouris et les vampires actuels. La plupart d^entre eux avaient le museau allongé , armé de dents coniques et acérées, analogue à celui du crocodile. Leurs yeux étaient d'une grosseur énorme , et leurs ailes portaient des doigts terminés par de longs crochets, semblables à Tongle recourbé des chauve-souris. Aussi, à raison de cette circonstance, ces reptiles ont reçu le nom de
plérodactylofi) qui signifie propremeot) ailes supportées par les doigts.
Ces crochets formaient une serre puissante, au moyen de laquelle Fanimal pouvait ramper, grimper ou se suspendre aux arbres. Peutrélre même pouvaitil nager, en sorte que les ptérodactyles, comme le Satan de Milton, étaient propres à tous les emplois et capables d'habiter tous les climats.
Ainsi, bien avant Tapparilion des mammifères , les reptiles furent les plus formidables et les plus grands habitants de la terre et des eaux. Parmi ces reptiles qui dominaient pour lors sur la scène de Tancien monde , on remarque surtout d'autres lézards de formes très variées et d'une taille souvent gigantesque.
Mais tandis que ces derniers, par suite peut-être de la bizarrerie de leur organisation, ont peu duré, il n'en a pas été de niéme des gavials. Ces animaux ont en effet traversé à peu près tous les ftges ; ils ont supporté 8ans périr les plus grandes vicissitudes des milieux ambiants. Au moment de leur apparition, ils formaient la classe la plus élevée des animaux vertébrés ; car avant eux, il n'existait encore que des poissons. Ces poissons servirent de pâture ë ces gavials, dont la voracité n'était peut-être pas moins grande que celle des autres lézards leurs contemporains.
Lors de la première apparition de ces reptiles, il n existait , ainsi que nous venons de le faire observer,
d'autres aoiinaax vertébrés que ée^ poissons. Le iduseau court et robuste des crocodiles, à Taide duquel ils peuvent saisir et dévorer les quadrupèdes qui dans les pays chauds viennent se désaltérer aux bords des rivières, leur aurait été fort inutile, puisque ces animaux n^avaient point encore paru.
Dans sa sage prévoyance ^ la nature a donné à ces anciens reptiles un museau mince et allongé, propre à saisir, comme le font les gavials actuels, les poissons, seuls êtres qui pussent leur servir de pâture et suffire à leurs besoins. C'est donc des gavials que se rappro* chent le plus les reptiles de la famille des crocodiles , dont on découvre les débris dans les formations antérieures à la craie ou dans la craie elle-même.
Biais du moment que les quadrupèdes eurent apparu sur la scène du monde , les vrais crocodiles, ceux dont le museau court et applati, rappelle les caïmans et les crocodiles proprement dits , remplacèrent les anciens gavials. Cest donc uniquement dana la période ter* tiaire où les mammifères ont commencé d'être nom** breux, que Ton découvre ce genre de reptiles, et cela parce quils trouvaient à cette époque des animaux propres à satisfaire leur voracité. Cette circonstance remarquable annonce combien peu il est admissible que les mammifères terrestres aient paru avant l'époque è laquelle les véritables crocodiles se sont établis
sur la terre , c^est-à-dire antérieurement à la période tertiaire.
Ces faits prouvent aussi bien l'admirable harmonie qui a constamment régné dans les choses créées , que l'antériorité des espèces aquatiques relativement aux espèces terrestres. Sans doute, il est quelques exceptions à cette loi, et nous les avons déjà fait connaître. Mais, en considérant Tensemble des êtres de Tancienne création, on reconnaît que les habitants des eaux ont précédé ceux des terres sèches et découvertes. Il y a plus, les animaux qui par leur conformation doivent habiter les continents , ont commencé par les espèces qui vivant constamment au bo^d des eaux, peuvent être considérées comme semi-aquatiques. Sans doute, à raison de cette circonstance, les pachydermes, quoiqu^essentiellement terrestres, ont apparu les premiers parmi les mammi* fères.
Moise a donc considéré avec raison Tapparition des étresqui viventdans le sein des eaux, comme antérieure & celle des espèces dont Thabilation ordinaire est sur les terres sèches et découvertes, il Ta dû d'autant plus, que dans son court récit de la création il s^est borné h décrire la succession des êtres d'une manière générale. 11 n'est pas moins remarquable, que les idées som* maires qu'il nous a données de celle succession des anciennes créations , s^accordent parfaitement avec ce
— 12S — que nous en ont appris les observations direclci; des couches fossilifères.
Ces observations prouvent que la loi de succession que les v^étaux ont suivie dans leurs développements et dans leurs progrès, a été la même pour les animaux. Les débris de Tespèce humaine se rencontrent uniquement dans les dépôts les plus récents et les plus superficiels, c'est-à-dire dans ceux qui annoncent que la surface de la terre a dû être ravagée par une grande et violente inondation. Ainsi . diaprés les faits physiques, comme d'après la Genèse, Thomme a paru le dernier sur le globe et couronné Tœuvre de la création.
La succession des animaux a tellement eu lieu en raison directe de la complication de leur organisation, que les oiseaux et les mammifères ont été précédés non-seulement par les animaux invertébrés , mais encore par les classes les plus inférieures des vertébrés, ou par les poissons et les reptiles. De plus, les mammifères marins sont venus avant les espèces qui habitent les terres sèches et découvertes. On sait que leur organisation, comparable, à certains égards, à celle des reptiles , est plus simple que celle des mammifères terrestres.
Ces derniers, loin d'avoir apparu d'une manière simultanée dans les temps géologiques , semblent ne s^y être établis que par degrés. Aussi , les premiers mammifères ont été des espèces vivant au bord do»
eaux, ri qui, par cela mémo , peaveiil èlre cousidéiv^ comme aquatiques. Un graud nombre de rongeurs , de solipèdes, de ruminants et enfin de carnassiers, leur a succédé. Leurs espèces sont devenues de plus en ptus semblables à celles qui vivent maintenant, et à tel point, que Ton ne saurait différencier les plus récentes, par aucun caractère précis des races actuelles.
A cette dernière époque se rapportent les ossements humains trouvés dans les dépôts diluviens et dans tant de lieux différents, soit avec des espèces dont on no découvre plus de traces sur la surface de la terre, soit avec un plus grand nombre de races qui ne diffèrent en rien des animaux vivants.
Un ordre à peu près pareil se fait remarquer dans la marche de Fancienne végétation. En effet, les plantes les moins compliquées ou celles qui ont les organes les moins nombreux et les moins distincts, ont précédé les plus parfaites de la même manière que les animaux les plus simples ont paru avant les plus perfectionnés. Le règne végétal et le règne animal ont donc tendu constamment vers cette proportion admirable qui existe maintenant entre les diverses familles des êtres organisés ; caractère le plus remarquable du monde actuel.
Ce perfectionnement est encore plus frappant pour ceux qui ne considèrent pas ces formes douteuses, que Ton a nommées cycadées et conifères , comme de véritables dicotylédons. Quelle que soit l'opinion que
Ion adopte à cèl éj^arcl. ii esl difiiciie de ne pas convenir que ces végétaux, dont les caractères sont si anor mauXy ne peuvent pas être considérés comme des di« cotylédons parfaits y ni leur être assimilés.
Ainsi , aux plantes cellulaires les plus simpjes de toute Torganisation végétale , auraient sucoédé les cryptogames semi-vasculaires, qui, quoique plus compliquées que les premières, sont cependant moins bien organisées que les phanérogames qui les ont suivies. La proportion de celles-ci a été toujours en augmentant, et peu à peu le nombre des dicotylédons est devenu analogue à celui qui dans les temps actuels compose la végétation des régions tempérées, dans laquelle brille surtout cet ordre dont Forganisation est la plus parfaite.
Le règne végétal, comme te règne animal, a donc marché d^une manière constante vers un perfectionnement marqué. Si ce progrès a été plus lent à s^opérer dans le second de ces règnes que dans le premier, cette circonstance tient à la grande distance qui sépare les animaux inférieurs des supérieurs, et à Fhomogénéité comparative des diverses classes du règne végétal. Aussi devons-nous être moins surpris de voir les mammifères terrestres paraître beaucoup plus tard que les végétaux phanérogames, soit monocotylédons, soit dicotylédons; car à tontes les époques, les conditions d'existence ont
été plus inlimemenl liées avec l'organisation diez les animaux que chez les végétaux;
Il importe cependant de faire remarquer que ces lois de perfectionnement qui ont présidé à la nature organisée , et dont nous n'avons reconnu Texistence que depuis peu de temps, sont écrites dans le livre dont nous étudions les premières pages. On se demande comment son auteur a pu deviner si juste et si vrai. La réponse à cette question est facile à ceux qui regardent ce livre comme inspiré; elle l'est beaucoup moins, lorsqu'on ne considère la Genèse que sous des rapports purement scientifiques; car alors on ne peut répondre que par Fétonnement et l'admiration.
On se demandera peut -être encore si cet ancien monde, si différent du nôtre» n'est point une sorte de complément des temps actuels, puisqu'il semble combler les lacunes qui se remarquent entre certaines classes et donner une symétrie complète au tableau maintenant irrégulier des affinités oi^aniques. Pour admettre une pareille hypotbèse , il faudrait regarder les êtres actuels comme une pierre d'attente pour des perfectionnements ultérieurs; car, si ce qui est arrivé maintes fois , se répétait encore de nouveau , Thomme et toutes les espèces qui existent maintenant avec lui , feraient un jour place à d'autres espèces, dont quelques - unes seraient organisées d'une manière plus
— 42» ~ iXiaiplète et dont TeBsembie serait supérieur à tout eè <)« a jamais existé.
Tel n^est point , tel ne peut être le but du Créateur^ qui en foimant rhomme à son image et lui donnant ce sodCBe qui l'anime, a rendu son intelligence susceptible de tous les genres de perfectionnement , mais non le corps qui Tenveloppe. Tout est fini ici-bas^ et la seule chose qui, dans les temps actuels , tende à un progrès, est cette intelligence donnée à l'bomme, afin de pouvoir comprendre et admirer les œuvres de celui qui Ta placé sur h terre, pour en être le maître et le dominateur.
On a opposé à cette loi admirable de succession dans les corps organisés, quelques faits dont nous apprécierons la valeur dans le cbapitre suivant. Nous verrons que mteie en les tenant pour réels, ils ne peuvent être considérés que comme des exceptions, et des exceptions si rares, qu'elles ne sauraient contrarier Tensemble des faits généraux sur lesquels il ne peut y avoir ooDiastatioB.
La Bible place la première apparition des animaux allés à cette cinquième époque. Nous disons animaux ailés, parce que le mot cp& dont elle se sert pour les'désigner, est un nom collectif qui embrasse tous les volati* les en gteéral ou tous les êtres volants. Il est du reste remarquable que ces animaux n'aient laissé qu'un petit nombre deleursdébris dans les couches terrestres. Cette rareté d'animaux allés, et particulièrement des oiseaux.
esl frappante, lorsqu'on lacompare à.rabondinee, dans les divers dépôts terrestres, des animaux aquatiques. On comprend facilement pourquoi les habitants des eaux sont ai fréquents dana la plupart dus eouches de Técorcedu globe; mais on ne eonçoit pas ai aisément pourquoi lea animaux ailés «t surtout las oiseaux y sont au contraire si peu nombreux»
Cette circonstance tiendrait^lle à la conformation du squelette des oiseaux et i la composition de leurs os, ou dépendrait^lle de ce que ces animaux ont pu facilement échapper aux causes de destruction qui ont fait périr les animaux aquatiques? Quoiqu'il en soit, il est certain que les restes des oiseaux et des antres animaux ailée, tels par exemple, que les ptérodaetylea qui ont vécu dans les temps géologiques , sont aussi rares que les débris des poissons de ces anciens temps sont abondants.
Si les oiseaux ont été peu fréquents aux époques géologiques, cette circonstance tient peut-être à h eomr posiiion de l'atmcaphère pendant ces époques. Chargée d'une grande quantité diacide carbonique, celle atmosphère pouvait bien favoriser le développement de Tancienne végétation , et même, jusqn'è un certain point, celui des animaux à respiration incomplète, tels que les reptiles et les poissons ; mais elle ne pouvait que nuire à des animaux qui respirent autant q«e les oiseaux* Ces légers habitants des airs sont plus nom*
breox dans le monde actuel, i'exoès d'acide carbonique s'étant diMipé à traverterlee eapacea interplanétaires ou aynot été aimorbé par la IwHlante végétetién de» divewea ^po^uea eéolggjquea, ou par la formation des masses calcaires.
Les oiMaux oot été bientdtsnim de l'apparition des mammifèreg terreslrei, les plot parfaits des animaux. Xeura races ont pu aa propager et se muHipIier À Hbfiai wr des «ontioents oà brillait une végétation plos appropriée i bon besoins, que oeite qui avait fleuri pendant laspranières périodes. A mesure que h terre recevait des animaux d'une organisation plus compliquée, sa Mrface était embellie par dès végétaux nouveaux, aarapport avec les êtres dont ils devaient assurer l'eiietenoe.
Ainsi , des lois d'bamiooie ont toujours présidé i l'ensemble des choses créées, et ont ainsi manifesté la puissance infinie, qw tour à tour les a fait soHir du néant.
En ffésnné, d'après k Genèse eomme d'aprts les reateelMsUeset bmnatiiea des étras oi^nisés, dent les «wwbes du globe nous révèlent l'ancienne existence, des «éations sneeesaives et diverses ont loor è tour apparu sur sa surface pour céder alternativement la place à de nouvelles créations qui devaient animer cette terre pendant si long-temps nue et inerte. Ces créations graduées et diverse» ont été d'autant plus différentes
de celles qui brillent maintenant à nos yeux, qu^elles se rapportent aux plus anciens temps , et d'autant plus semblables aux êtres vivants qu'elles se montrent ensevelies dans des dépôts plus rapprochés de Fépoque actuelle.
Tel est le dernier mot des sciences géologiques si modernes et pourtant déjà si avancées. Les faits qu'elles nous apprennent sont consignés dans le premier et le plus ancien des livres. Un pareil accord proclame à la fois l'exactitude du monument historique où ils sont écrits^ et la vérité des observations qui nous tes ont fait reconnaître.
L'histoire physique du globe, dans lequel certains géologues n'ont vu que ruine, désordre et confusion , présente donc aux yeux de celui qui sait la comprendre une suite d'événements nécessaires qui ont enfin amené l'harmonie et Tordre actuel.
Tout sur la terre, comme dans l'univers, nous révèle une sagesse supérieure qui a présidé à tout , et a rendu l'ensemble des choses créées essentiellement durable. Du fond de ses abîmes, la terre s'unit aux corps célestes qui roulent dans Titamensité de l'espace, pour proclamer la toute-puissance de celui qui les conserve, après les avoir tirés du néant.
S VI. — Sixième ipo^ue ou iixiimejaur.
A cette époque, Dieu eréa les reptiles terrestres et les mammifères , les races domestiques aussi bien que les races sauvages. Dieu couronna ensuite TœuTre de la création en faisant Thomme à son image. Il lui prescrivit comme aux autres êtres animés, de croître et de s'étendre sur la terre« Pour lui en faciliter les moyens , il assnjétitè son empire les poissons de la mer, les oi^ seaux du ciel et tous les animaux qui se meuvent sur le globe. 11 lui donna encore tous les végétaux, afin qu'ils loi servissent de nourriture.
Mais écoutons le récit qui se rapporte à cette sixième époque.
cDieu dit: Que la terre produise des animaux vi- « vants, chacun selon son espèce, les animaux domes- « tiques, les reptiles et les bètes sauvages, selon leurs « différentes espèces ; il en fut ainsi.
« Dieu fit les bètes sauvages de la terre selon leurs € espèces, les animaux domestiques et tous les reptiles « chacun selon son espèce; Dieu vit que c'était bien.
« Dieu dit : Faisons Thomme à notre image et à noie tre ressemblance , quMI domine sur les poissons de € la oier, sur les oiseaux du ciel, sur les bètes, sur toulo
c la terre , et sur tous les reptiles qui rampent sur la « terre. (Note 47.)
« Dieu créa rhomme m son image ; il les créa mâle « et femelle.
c Dieu les bénit et leur dit : Croissez et multipliezc vousi remplissez la terre, assujétissez-la, dominez c sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et' « sur tout animal qui se meut sur la terre.
c Dieu dit : Je vous donne toutes les herbes qui porc tant leur graine sur la terre et tous les arbres qui l'en- « ferment en eux-n^mes leur semence , chacun selon « son espèce , afin qu'ils vous servent de nourriture ; il c en fut ainsi. {Noie 48.)
4 Dieu vit toutes ses œuvres; elles étaient parfaites : c delà fin jusqu'au commencement , ce fut la sixième tt époque. »
Cette époque a vu terminer la création de tous les êtres vivants ; aussi comprend-elle uniquement les êtres les plus avancés en organisation ou les plus perfection* nés. 11 nous reste à examiner si ce tableau, aussi remarquable par sa concision que par Timportanoe des objets, est également d^accord avec les observations géologiques.
Les anciennes créations dont les restes sont conser^ vés dans les ^treilles de la terre, semblent embrasser trois grandes périodes^ Ces périodes sont aussi distinctes par la diversité des èli'es qui en font partie que par
la dilféreooe de nature des lerraîos où ces êtres sont ensevelis. Cbaqae changement dans la nature chimique des couches terrestres a été accompagné également d'un changement dans Tespèce des âtres organisés. On peut assigner l'âge d'un terrain par les débris oi^ni* ques qu'il renferme, comme par la nature chimique et minéraJogique de ses dépôts. Ces rapports constants donnent aux observations géologiques un caractère de précision et de certitude, dont la science à ses premiers âges paraissait peu susceptible.
C'est à ces trois grandes périodes dont chacune embrasse diverses phases de la terre , que nous rattacherons le vaste tableau de ces générations anciennes, qui tour à tour ont animé la surface du globe et ont successivement disparu.
Ces périodes ont vu leurs espèces essentiellement do« minantes s'effacer par degrés ^ comme pour céder la place aux nouvelles qui devaient se manifester plus tard, et dont les conditions d'existence étaient en harmonie avec la nature des m^^ieux, qui avaient éprouvé aussi de grandes modifications. Cette succession des êtres vivants en raison directe de la complication 4^ leur organisation , les plus simples, è quelques exceptionç près, ayant paru avant les plus compliqués , annonce que la création n'a pas eu lieu d'un seul jet, mais d'one manière graduée et à des intervalles inégaux.
Ces périodes se subdivisât elles-mêmes en on eer« tain nombre d*époques, qai correspondent aux diverses formations sédimentaires. Ces époques sont caractérisées par l'apparition de quelques êtres qui n'avaient point encore existé et dont la vie semble avoir été parfois bornée à des espaces de temps peu considérables. Elles comprennent aussi bien les animaux que les végétaux ; car la généralité des êtres vivants se rattache au dépôt des couches de sédiment , ou aux formations précipitées dans le sein des eaux. Une concordance frappante existe donc entre Tensemble des diverses formations géologiques, et les débris oi^aniques que Ton découvre dans leur sein .
La plus ancienne de ces périodes, est celle où la vie s'est manifestée pour la première fois sur la terre. Pendant long-temps notre globe n'a été animé par aucun être vivant ; Ton peut même Cxer avec la plus grande précision, le point où elle a commencé à recevoir des corps oi^anisés, de celui où notre planète n'était qu'une masse inerte et inanimée. Mais la terre avait parcouru des espaces de temps dont nous ne pouvons apprécier ni la durée, ni l'étendue, même en ajoutant des siècles à des siècles , avant de pouvoir fournir aux végétaux et aux animaux les conditions qu'exigeait leur existence. Si donc la terre est vieille, par rapport à Thomme qui y est si nouveau, elle l'est également à regard des végétaux et des animaux qui Tont embellie
loor à tour^ et dont nous ne trouvons plus les représentants parmi les races actuelles.
Cette première période embrasse les formations sedimentaires les plus inférieures , ou les terrains de transition et honillers, qui recèlent les débris des êtres organisés les plus simples. Ayant déjà fait connaître Jes espèces auxquelles ils se rapportent^ nous ne nous étendrons pas de nouveau snr cet objet, quelque intérêt qu^il puisse d^ailleurs présenter.
Les végétaux qui composent la première flore de Fancien monde, ne se sont plus perpétués lors de la seconde période ; il en a été de même des animaux leurs contemporains. Les uns et les autres ont été soumis h de fréquents changements. Ils n'en[étaient pas moins formés diaprés les mêmes lois d^organisation , que les espèces vivantes. Us offraient avec celles-ci de nombreux points de ressemblance , preuve nouvelle de l'ordre infini qui a présidé à la construction du monde matériel.
On pourrait trouver quelque trace de la diversité des e^ièeesque présente chaque formation géologique, dans ce que dit Moïse des végétaux que Dieu donna à Thomme à la sixième époque pour nourriture. Ces végétaux ne pouvaient pas être les mêmes que ceux des premières époques; car,' diaprés la succession qui a eu lieu dans TensemUedes choses créées, les plantes de la troisième époque avaient dû, lors de la sixième, avoir disparu depuis long-temps.
Si Moi«e D'en a pas dit davantage a eet égard , c est que ces détails étaient tout à fait étrangers au desaan qu'il s'est proposé et qui nous a valu le court récit de la création. Lorsque ce récit a voulu exprimer lacréalioû d'un corps, ou d'un être, ou enfin uqe disposition nouvelle donnée à un objet quelconque , il n'y revient presque jamais. Seulementle législateur desHébreux voulant nous apprendre que lesv^étauxetles animaux avaient été créés pour nos besoins, il a exprimé cette pensée de la manière la plus formelle et la plus explicite.
On dirait que dans les idées de Moïse, Dieu n'agit pas, a proprement parler; à chaque époque; mais que les formes nouvelles que prennent les choses, sont plutôt l'action des causes naturelle»^ émanées de son pouvoir divin , qu'un effet immédiat de sa puissance créatrice. Cette manière de concevoir la divinité comme produisant à la fois, par une seule de des paroles, tout ce qui edt, et les arrangements nouveaux que les choses créées doivent prendre pour être les plus parfaites possibles, est la plus propre à donner une haute idée de son pouvoir infini.
La même loi de complication qui a présidé à la création des êtres de la première période semble s'être continuée pendant la suivante. Les animaux les plus avancés eo organisation, y sont encore bornés aux poissons et à un grand nombre de reptiles ; les oiseaux et les mammifères ne paraissent pas y avoir eu de repré*
sentants. Tout au plus pourraitpon citer deux ou trois mannnifèresy sur la détermination desquels s'élèvent les dootes les plus fondés. De même, les Tégétaus les plus perfectionnés, les dicotylédons ne s'y trouvent pas dans la même proportion qu'actuellement , non^ seulement eu égard aux autres plantes, mais encore au nombre de celles de la troisième période géologique*
Cette seconde période , caractérisée par des reptiles aussi extraordinaires par leurs formes que par leurs dimensions , Test également par des végétaux partieulien. Ces végétaux avaient généralement une organisation moins avancée que les espèces qui leur ont succédé, quoique leurs classes fussent plus nombreuses et plus variées que celles des plantes de la première période.
L^époque à laquelle se rattache cette flore^ embrasse un grand nombre de formations diverses et un espace de temps considérable. Elle s'étend depuis le grès rouge ancien et le dépôt des schistes cuivreux et bitumineux jusqu'aux terrains tertiaires, comprenant ainsi la plus grande partie des formations secondaires.
La flore de la seconde période, considérée dans son ensemble, est évidemment plus compliquée que celle de la première. Elle comprend déjà cinq classes sur les six qui composent la flore actuelle, c'est-à-dire, le maxi* mum de développement qu'a pris la végétation de l'anôen uioude. Ces cinq classes sont les agames, les cryptogames semi-vasculaires, les gymnospermes^ les mono-
— ^40 — cotylédons et les dicotylédons. 11 ne manque donc à ceUe. flore que la classe des amphigames , pour être au^i compliquée que celle qui dans ce moment embeU Ht la surface de la terre.
Quant aux végétaux dicotylédons^ que nous venons de signaler comme caractérisant la seconde période, ils n^ont paru que vers la fin, à Tépoque du dépôt des terrains crayeux. lis n*y sont même alors qu'en petit nombre, appartenant, pour la plupart, à des familles incertaines. Ces végétaux, les plus compliqués de tous, n^atteignent pas encore è une proportion numérique, égale à celle qu'ils acquièrent lors de la troisième période ; cette proportion se rapproche beaucoup de la végétation actuelle, où les dicotusylédons sont en général plus nombreux que les autres plantes.
La flore de la seconde période a un caractère tout particulier, aussi différent de celle qui Ta précédée* que de la suivante. Les cryptogames semi«vasculaires n'y dominent plus comme lors de la première ; tandis que les plantes monocotylédons et gymnospermes y pren* nent une extension qu^elles avaient si peu acquise antérieurement que les cycadées n^y existaient même pas. Ces plantes, de Tordre des gymnospermes, y paraissent pour la première fois. Ces végétaux maintenant peu répandus, sont bornés à un petit nombre de localités des contrées les plus chaudes de la terre. Dans rèncienne création, les cycadées n ont pris ua
— 44i — Miiaîo développemeat que lors du groupe oolilbique , à la cinquième époque de la seconde période. Postérieurement ces plantes déclinent d'une manière si sennUe, que les terrains de craie, comme le calcaire oon* chylien, en recèlent à peine une ou deux espèces. Elles manquent totalonent dans les formations géologiques, plus récentes que les couches crayeuses. Elles sont remplacées dans les terrains supra-crétacés, par d'autres végétaux d'uneorganisationbeaucoupplns compliquée.
Avec cescycadées et de nombreux conifères, ont paru des monocotylédons, des familles des liliacées, des cannées, des graminées et d'autres dont il est bien^diffcile d'assigner la véritable place. Quant aux dicotylédons, constamment peu nombreux, ils n'ont commencé que fort tard lors de cette seconde période. Les familles auxquelles se rapportaient ces plantes sont toutes indétaviinées ; il en est de même de bien des bois fossiles, qui féTèlent Texistence de végétaux aussi compliqués.
La flore de la seconde période a été composée de végétaux terrestres et de plantes marines, dont Forgani-* sation était des plus simples. Elle a été également candériaée par une prédominance de phanérogames , dont la proportion a été toujours en croissant depuis le dépôt du grès rouge ancien , jusqu'aux terrains de cnie.
Cette flore a donc vu apparaître des végétaux dont les formes, et même les dimensions, étaient livs
— ^42 — différentes des plantes qui avaientcomposélaTégéiation des terrains de transition et houillers. Les fous^àres de celte époque sont loin d^avoir acquis un développement aussi grand que celui qu^elles avaient atteint primiti-^ vement. Néanmoins tes eryptogames semi^vaseulaires qui ont prospéré à Tépoque moyenne de cette période, cnt formé quelques dépôts de duirbon fossile, accompagnés d'impressions nombreuses des vitaux dont ils sont probablement les restes* Ces dépôts se montrent parfois assez considérables pour être Tobjet d^exploitations régulières. Mais la particularité la plus remarquable de cette flore tient à la proportion des.cycadée8. Ces plantes composent à peine la millième partie de k v^étation actuelle , tandis qu'a certaioes époques de cette période, elles ont été en si grand «ombre, qu'elles en formaient à peu près à elles seules la moitié.
La seconde période embrasse toutes le« lormations géologiques, déposées depuis h grès-rouge ancien joaqu'à la craie blanche inclusivement. Elle comprend donc la presque totalité des terrains secondaires. O0 peut la diviser en six époques pnncîpales ; la plus étendue se' rapporte au groupe oolithique et eomptend * le plus grand nombre de formations. Chacune d^eUcs est caractérisée par des flores particulières, dUférente^ de celles qui leur sont antérieures , comme de .eeUes qui leur ont guocédé. .
Les déteils relatifs à ces diverses flores nous auraient
copdoil beaucoup trop loin; il nous a para suffisant, pour notre bot, de faire connallre Tensemble des vé» gétaux qui les caraelérûent.
Voyons maintenant quels ont été les aniaaaux qu| ont aceompa^é cette ancienne végétation.
D'après la loi de complication , cette période, d^nne date plus récente que la précédente ou la premièrt parmi celles qui ont été caractérisées par des ôtrea vi-» vants, a vu paraître des animaux plus perfectionnés* Les poissons n'ont plus été les seuls vertébrés , les reptiles ont également apparu. Ils ont pris à la cinquièipe époque de cette seconde période un développement hors de proportion avec celui que ces animaux ont jamais acquis. Contrairement à la loi générale, les reptiles des plus anciennes époques ont appartenu aux ordres les plus oom» pliqués. Comme nous avons tracé Thistoire de ces an* ciais sauriens, aussi remarquables par la i)iBarferie de leurs formes que par leurs dimensions, nous n'y re* viendrons plus. {JSoie 49.)
Cette période aurait vu également apparaître des animaux d'une organisation plus avancée que les rep* iHes, si comme Tout admis certains observateurs , des oiseaux et des mammifères terrestres avaient également animé une création aussi imparfaite, il nous importe de discuter les preuves sur lesquelles repose l'admittion de ces faits , qui serairat une grande exeeptîon à la loi de complication.
Cette exceptiou serait d'autant plus remarquable que les oiseaux et tes mammifères, dont les débris se montreraient dans le groupe oolitbique, ne se rencontreraient pas cependant dans les terrains de craie, les plus jeunes des formations secondaires. En supposant qu'ils se trouvent dans ce groupe, il faut aller jusqu^aux terrains tertiaires, pour en découvrir d'autres traces, ce qui rend extrêmement douteuse leur présence dans des for* mations plus anciennes.
Quoiqu'il en soit , la seule découverte qui ait été faite de ces prétendus mammifères , a eu lieu dans les schistes de Stonesfield en Angleterre. On s'est d'abord demandé , si ces débris sont contemporains des formations secondaires où on les rencontre, ou s'ils n'appartiennent pas à une époque plus récente, ayant pu être entraînés dans les fentes de ces formations. Cette question ne nous arrêtera pas long-temps; ces restes organiques paraissant de la même époque que les couches où ils se montrent ensevelis.
La question zoologique est donc la seule à résoudre et la seule que nous discuterons. D'après M. Âgassîs, cesdidelphes reconnus pour tels, par Cuvier, appar^ tiendraient non à des mammifères terrestres, mais à des reptiles de J'ordre des sauriens. Cette assertion pourrait paraître extraordinaire; si l'on ne se rappelait que ce savant a prouvé qu'une portion de l'émail d*une grosse dent, considérée par Cuvier comme ayant
appartenu à un palœotherium^ élait un fragment d un poisson sauroïde.
La question de rîdentité des débris organiques de Stonesfield, avec les mammifères a été récemment l'objet des plus savantes recherches. Elles n'ont pas cependant encore déterminé à quel ordre d'animaux ces débris doirent être rapportés.
Si Topinion qui en fait des mammifères, se confirmait, il faudrait admettre que déjà, à l'époque jurassique, des espèces d'un ordre aussi compliqué, auraient apparu à la surface de la terre. On ne pourrait pourtant s'empêcher de convenir que les plus anciens animaux de cette classe se rapportaient aux êtres les plus simples.
Les sarigues sont en quelque sorte des embryons dte mammifères, d'après rinfériorilé relative de leur cerveau et de leur système nerveux. Aussi la forme et le développement de leur moelle épinière et de leur encéphale se montrent -ils en harmonie avec leur intelligence peu développée, la grande imperfection de leurs oignes vocaux et enfin leur système fœtal ou reproducteur.
Celte imperfection assigne à ces animaux une place intermédiaire entre les espèces ovipares et vivipares, et en fait pour ainsi dire un anneau qui unit la classe des marsupiaux à celle des reptiles. Dès-lors, comme ce sont les formes les plus simples qui se montrent dans I. 10
les dépôts géologiques les plus anciens, les mammifères dont le cerveau n'oflVe point la moindre trace des circonvolulioub si nombreuses et si manifestes chez les plus élevés de cette classe, devaient être les premiers à apparaître.
Avant d'admettre la présence des marsupiaux à une époque où les reptiles étaient les animaux de Tordre le plus élevé, il faut savoir si les débris qu^on leur a rapportés, appartiennent réellemwt à des mammifères terrestres ou à toute autre classe.
Les zoologistes qui out examiné avec le plus de soin cette question, sont, en France, MM. Geoffroy-Saint- Hilaire, de Blainville, Duméril et Valenciennes. Nous devons dire que tandis que M. Agassiz s'est rangé à Topinion de M. de Blainville, M. Buckland, comme la plupart des savants Anglais^ a considéré les restes de Stonesfield comme ayant appartenu à des mammifères terrestres. '
Cependant l'existence de pareils animaux dans nne formation très inférieure à la craie, et d'animaux dont les analogues vivants existent uniquement dans le Nouveau-Monde et TAustralasie, ne doit être adoptée qu'avec la plus grande réserve. Aussi des doutes graves ont été élevés à l'égard de ces débris de Stonesfield, par MM. Grantet Agassiz, et, selon eux, ils ne se rapporteraient point à des manunifères.
M. de Blainville a fait sentir combien cette derrière
opîlûop e$t f<mdée. i^>rè6 «Toîr décrit •>«£ délai! les |Mèoe0 mr lesquieUes on «était appuyé pour admettrt^ l'ao^MMie aùètence des inliininifères, lors descaloaireti MOOBdaifes, il a lait obswer que la première de ces pièces ne pouyait être rapportée à cette classe. La mldkoîiit de SlooesfieM ùffre Hoe série régulière non inknampue de dix dents sulnégalea, tandis qu'il n'est «Mm dîdelphe qu ait pfas de sept molairea*
Aucun de cesanimaux^ non plus, ne lés a auasi ré* guUèreBMit cspioées, ni ausai aemfclaUes. A ^ine ces dénis rant^eUes pkis petkcs en avant et en arrière. U B^eit enfin auoune eapàoe de diddflie qui ait ses mèahalières auasi disproportionnées entre fours couru»- Ms et leurs racines.
Sans doute, les premièrea fausses molaires olfrent ehea Tespèûe fossile quelque ressemblance avec les pitmiéreè du didelpliede Prévost, ayant, eomme cellesci , deux racines et la couronne comprimée ; mais là finit leitr ressemblunce. Ce fragment osseux n'a donc puiniapparianu à un amuamifere iaseotivore moBo4dpkeou didelphe.
ftuSBt au second fri^ywmt, buse du Dide^ù Buck* imdi, il y a un peu plua de difficultés. U est si difféaent dii prevûer, qioe M. Broderif n'a pas oraiot d^é- «Mttre ropinieii qrn le JDidâ^phkBêioàhmdij nedevuitpiienÉrar éaui le aaèoie gMre qm^ \eDi(k^^ Prewitii.
La forme générale et la proportion des deux pièces principales de la mftchoire fossile, ont bien quelque re»- . semblance avec la mandibule du Didelphis virginiana , mais il n^en existe aucune relativement au système dentaire.
Il n'est pas possible, d'après la grande différenoe des deux systèmes dentaires , que cette mftcboire ait réei*lement appartenu à un insectivore didelphe ou monodelpbe.
Si Ton cherche des analogies entre la manière dont les d^ts sont implantées dans la mftchoire fossile et celle des autres espèces découvertes dans les couches terrestres, on en trouve de très grandes entre cette mâchoire et celle d'un animal gigantesque nommé par M. Harlam BasUeo saurus , ou roi des lézards. Or , ce dernier parait appartenir à Tordre des reptiles, à en juger par la forme de ses vertèbres et celle de son humérus. (iVb/eSO.)
Dès-lors, les débris oi^aniques de Stonesfield n'appartenant pas aux mammifères terrestres, dont ils n'ont aucun des caractères, leur découverte dans des terrains secondaires, ne saurait prouver quMl ait réellement existé de pareils animaux à cette époque. Rien ne dé* montre pourtant que le contraire n'ait pu avoir lieu, de nombreuses exceptions à la loi ^de complication s'étant manifestées daas diverses formations ^ géologie- <[ues.
On ne peut donc pas rapprocher ces débris des dideiphes, ni des iasectivores voisins , ni même des tupaias ou des tenrées. Si eependant on croyait pouvoir les considâfer comme des mammifères , leur système dentaire les rapprocherait de] la famille des phoques plus que de toute autre. Il parait pourtant que les restes organiques de Stonesfield doivent être rapportés plutôt à un genre de reptile^ saurièn qu^à tout autre animal. C'est aussi Topinion qu'adopte M. de Blain^ ville.
Ce savant a proposé de le désigner sous le nom gêné*riqued' An^hùherium, afin d'indiquer sa nature ambiguë. Ce nom passera probablement dans la science ; car parmi les savants qui partagent Topinion de ce zoologiste, M. Agassiz avaitdéjà proposé le nom d^Am^ pAîganaiS.
L'opinion de M. de Blainville n'est point celle de MM. Valenciennes et Duméril .
D'après le premier, la présence des condyles aux mâchoires de Stonesfield , la forme des dents, l'aspect de la branche montante, et de la symphyse devaient les faire rapporter aux mammifères. On en trouve uneaulre preuve dans l'aspect deFouverture du canal dentaire, ainsi que dans la prolongation en apophyse mince et comprimée en languettede Tanglede la mâchoire. Enfin cequi,' uoxyeuxde M. Valenciennes, doit lever tous lesdculet^, c'est que ces mâchoires sont formées d'un seul os ; tan-
dis que chez les sauriens, chaque branche est composée de cinq pièces osseuses.
M. Duméril a observé, qu'il nefeilait pas oontparer œs mâchoires avec celles du Dùie^is çirgùUana^ n»is bien avec la marmose, dont la taille diffère peu dé celle de Tospèce fossile. M. Valenciennes profitant de cette dernière observation, a proposé de donner à Ta* nimal duquel proviennent ces débris, le nom de Thyàt^ caihérium.
Ces détails sont suffisants pour faire juger quelles incertitudes régnent encore sur la véritable place à assigner à ces débris fossiles.
Il en est de même de ceux nommés Cheirotheritmt , par MM. Kaup et Buckland , découverts sur certains grès bigarrés de rAIIemagne et sur des grès rouges de TÂngleterre. Si des doutes sérieux se sont élevés sur 1^ mâchoires de Stonesfield, combien,'^ plusforle raison , doit-on s'en former sur] de simples empreintes !
Ces empreintes semblent s'être moulées sur les traces laissées par les Cheirothertum oii pard'autres animaux en marchant sur les couches d^argile ramoflie. Outre celles-ci, il y en ad^autres, que Ton a rapportées à des tortues ou à des sauriens.
€es pieds en relief, posés pour ainsi dire les uns sur les autres, se croisent dans tous les sens; or, pour que leurs empreintes eussent été formées , il faudrait que la couche d^argiie qui les aurait transmises avec la plus
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grande fidélité, aa banc de pierre produit subitement, eût été recouverte d'un grand nombre de mammifères, qui depuis long«tempft auraient disparu de la surface de la terre.
De pareilles suppositions sont inadmissibles. Probablement lorsqu'on examinera avec plus d'attention ces traces , on reconnaîtra que celles de Sloreton , comme celles des grès bigarrés , ont été faites non par des animaux, mais par des végétaux. Cette hypothèse est d^autant plus probable, que près d'elles, on découvre une grande quantité de feuilles et de branches d'arbres.
Examinées récemment par M. de Blainville, elles lui ont paru se rapporter, non pas, comme on l'avait supposé, à des pas d'animaux terrestres, mais à des végétaux de l'ordre des prèles , ou a des rhyzomes de quelques acorus ou à des tiges sarmenteuses plus ou moins réticulées et anastomosées.
On a prétendu encore, avoir découvert des mammifères terrestres dans le calcaire portiandien de Soleure, en Suisse. Mais les terrains secondaires où ils ont été renoontrésparaissent avoir été remaniés.Dès-lors, leurs débris peuvent provenir de terrains plus jeunes, cornme sont les formations tertiaires. On doit d^antant plus le présumer, que ces mammifères se rapportaient à des am^hiherium et aux pai^Mherium ^ animaux
qui caractérisent d'une manière toute particulière ces dernières formations.
Le remaniement des terrains secondaires de Soleure est d'autant plus réel, quMl est démontré que les terrains tertiaires de l^Europe ne renferment aucune espèce de mollusques identique avec celles des formations secondaires sous-jacentes. Les mollusques, comme on le sait, sont beaucoup moins restreints dans leurs stations et leurs habitations, que les mammifères terrestres. Cependant si les faits observés en Suisse étaient aussi réels qu^on Ta prétendu, le contraire devrait avoir eu lieu, ce qui n^est guère probable diaprés les lois de distribution des espèces des temps géologiques.
Ces lois de distribution n'ont pas été les mêmes pendant le dépôt des terrains secondaires et tertiaires, à raison de la diversité de la température qui régnait lors de ces divers dépôts. Cette différence a été trop grande pour permettre aux espèces de la première période de vivre pendant la seconde. Aussi, diaprés les progrès récents que la géologie a faits relativement aux températures des diverses époques géologiques, il est à présumer que, quelque complet que puisse étra le mélangé d'espèces de plusieurs périodes, il sera bientôt facile de le reconnaître et de le déterminer avec une assez grande précision. On le pourra en ayant égard aux températures , sous Tinfluence desquelles devaient vivre les espè* ces mélangées, à peu près comme nous] pouvons re-
connaître la fausseté des observations astronomiques des anciens, d'après Fétat du ciel qu^ils ont représenté, état qui ne peut être celui de Fépoque à laquelle ils l'ont rapporté.
Il sera peut*étre encore possible de parvenir à la solution de ce problème, diaprés le degré d'altération des fossiles secondaires, comparé à celui des restes des terrains tertiaires. Enfin on pourra également y arriver ^ en considérant les effets du transport relativement aux espèces mélangées par suite d'un remaniement postérieur au transport qu'elles auraient éprouvé.
Lorsqu'on viendrai! à prouver que les débris organiques de Stonesfield se rapporteraient à des marsupiaux, et les empreintes des grès bigarrés à des mammifères terrestres, tout ce que cet ordre de faits prouverait, c'est que déjà à l'époque des terrains jurassiques, des espèces d'un ordre aussi compliqué avaient apparu à la surface de la terre. On ne pourrait pas cependant . s'empêcher de convenir que les plus anciens animaux de cette classe, se rapportaient aux élres les plus simples , parmi ceux qui en font partie. En effet, ainsi que Ta démontré M. Owen, les marsupiaux sont à beaucoup d'égards inférieurs aux autres mammifères , et forment, pour ainsi dire, le chaînon qui unit les ovipares aux vivipares.
Pour en être convaincu, il suffit de se rappeler la
eoafbmMtioii de ee» animaux. On leur a donné le nom à^ Marsupiaux , poree que les femelles ont entre leurs cuisses une poche ou bourse formée par un repli de la peau de Fabdomen , au centre de laquelle sont placées les mamelles. Les petits viennent au monde à peine ébauchés , incapables de tout mouvement volontaire , et sans Tasile que leur fournit cette poche ^ ils périraient infailliblement.
Dès que ces petits sortent du sein de leur mère » ils collent leur bouche à ses mamelles^ ils y demeurent suspendus y jusqu'à ce qu'ils soient assez robustes pour triompher de leurs ennemis ou pourvoir par eux-mêmes à leur subsistance. Us vont même long-temps après s'y réfugier^ lorsque quelques dangers les menacent, ou qu'ils veulent se mettre à Tabri du mauvais temps.
L'incertitude qui règne sur les débris des mammi* fères de Tépoque secondaire est plus grande encore , lorsqu'on considère les empreintes que l'on a supposé avoir été faites par les pas des oiseaux de l'ancien monde. Il faudrait admettre que ces animaux avaient des dimensions et une taille supérieures à celles des espèces actuelles. Ce fait est peu probable , la proportion de l'acide carbonique étant pour lors très considérable. Elle aurait sans doute favorisé le développement des reptiles, mais elle aurait nui à celui des oiseaux, qui consomment une grande quantité d'air.
Si ces empreintes avaient été produites par des
oiseniix grande et pesants, elles devraient parler de& traces de k portion plantaire de la peau. Les traces de cette partie, largement sillonnée par des rides transrersales on dans une toule antre direction, subsisteraient d^nne maniée quekonqne. On n'en roit cependant au< enuTestige, pas plus que desécaiHes qui recouvrent la partie supérieure ou eom^xe des orteils et des doigts , lesquelles écailles viennent se terminer an bord de la face plantaire. On devrait y voir également les différent* tes saillies formées par les phalanges, saillies dont on n^aperçoit aucune trace dans ces ^tendues emprein** tes dk pas d'oiseanx.
D'ailleurs , l'intervalle de ces traces étant de quatre il m pieds anglais , et leur longueur souvent de quiaae pouces , si elles avaient été produites par des oiseaux , il aurait fallu que ces animaux, de dimensions supérieures aux espèces vivantes, marchassent avec une ex* tréipe lenteur. Ces deux conditions s'exciuant en quel* que sorte, font nattre des doutes sérieux sur Terigine qu'on a voulu leur donner.
On a également cité des empreintes en relief assez régulières et disposées plus ou moins symétriquement, comme se trouvant sur des grès bigaiTés de ta Saxe. Ces empreintes ont tellement embarrassé les naturalistes, qu^ettes ont été considérées par les uns eomme les pas de quelques quadrumanes , et par les autres comme produiles par des didelplies pédimanes ou
sarigues. Enfin, aux yeux de quelques observateurs, tels que MM. Munster et Link, elles auraient été Tou vrage de salamandres gigantesques.
Des fragments de ces grès , à la surface desquels existent trois séries de ces prétendues impressions d'animaux, traduites en plate bosse et liées entre elles par une réticulation plus ou moins serrée , ont été soumis aux investigations de M. de Blainville. Cet observateur s^est assuré que ces figures en relief n'avaient pas été faites par les pieds d'un animal quadrupède marchant sur un sol susceptible de les recevoir et de les garder assez long-temps, pour qu'ensuite elles aieat pu être remplies par une matière molle plus ou moins capable de se solidifier. Ces empreintes paraissent de/* voir être attribuées à des traces de végétaux analogues à celles qui ont été rencontrées à plusieurs reprises dans les grès bigarrés. Elles ont été regardées comme des prèles gigantesques, ou des rhyzomes de quelques accrus, ou enfin comme des tiges sarmenteuses plus ou moins réticulées et anastomosées.
Le même M. Hilcheock qui a prétendu, en 4836, avoir découvert des empreintes de pieds d'oiseaux sur diverses pierres grenues , a également supposé avoir rencontré sur les pierres à graver de Nevv-Yorck des empreintes d'un quadrupède à deux doigts qui, comm^' les marsupiaux, marchait par sauts. La siogutarité d un pareil fait est déjà assez graude pour n'avoir
presque pas besoîii de faire remarquer èombien la présence des quadrupèdes analogues aux marsupiaux , à répoque du dépôt des grauwaves, serait extraordinaire. Aussi des doutes graves s^élèyent sur cette observation, surtout lorsque celles que nous devons à M. Hitoheock sont loin d^étre exactes. (JNoie ÎM .)
Les seules traces bien réelles d'animaux qui existent sur les grès bigarrés, sont celles que les reptiles de Tordre des cbéloniens y ont laissées. En comparant la trace ^e les pieds des tortues et des émydes vivantes laissent sur le sable, avec les empreintes que l'on voit sur ces pierres, il est facile de reconnaître que ces dernières ont dû avoir été produites plutôt par des tortues de terre que par tout autre genre dé reptile.
iUnsi, suivant la belle réflexion de M. Buckland, en vain J'iiistorien et Tantiquaire ont -ils traversé les champs de bataille anciens et modernes, en vain ont-ik suivi la marche triomphante de ces conquérants, dont les années écrasèrent les plus puissants empires du monde. Les vents et les tempêtes ont effacé les empreintes éphémères de leurs pas. De tant de millions d'hommes et de chevaux , dont les envahissements répandaieat la désolation sur leur passage^ il ne reste pas même la trace d'un seul pied.
Mais les reptiles qui rampaient à la surface de notre planète, ont laissé de leor passage^dé durables et d'indélébiles souvenirs. Aucune histoire n'a ent'egîstcé leur
Doissanoe ni leur destruction. lueurs os méa» ne 9e trouvent plos parmi les restes fossiles d'un monde plus ancien que celui où nous vivons. Des siècles, des milliers d'années ont passé depuis que ces empreintes lurent tracées sur le sable ; elles y sont aussi distinctes que les pas d'un animal le sont sur b neige, sur laquelle il vient de marcher. Elles sont écrites sur le roc en traits ineffiaçablesy comme pour nous apprendre que des milliers d'années ne sont rien pour rétemilé, et en quelque sorte pour tourner en dérision la course passagère et périssable des plus puissants potentats.
Ainsi disparait le merveilleux de ces empreintes découvertes «a Europe; le merveillem cessera sans dovie pour eelles d'Amérique, lorsqu'elles nous seront apportées. Dans Tétat actuel de la science, ces faits sont donc insuffisants pour promrer que des oiseaux et des mammifères terrestres ont été contemporains du dépdt des grès bigarrés on des terrains jurassiques , et rien ne dém^t cette snccessiou lente et graduée qui a Keu dans les différents êtres de la création.
Un fait| quoique entièrement étranger è ceux dont nMs venons de parler, mérite d'être signalé, k raison des conséquences qne Ton peut en déduire. Il coitf me, d'une manière puissante^ les limites dans lesqueHes se aont constamment mainteons les animaux.
Les poissons de la famille des Mpidoldes hétéroeerqaeS; anvi que toutes les espèces qui eu dépendent;
ont été uniquement découverts, dans i#ft terrains anlérieurs au lias. Cette circonstance n'est nullement aeci* dentelle , ainsi qu'on pourrait le supposer. EUe se re« produit dans les mêmes limites et sur un nombre d'espèces presque aussi considérable de la famille des sauroldesy de Tordre des plaooldes qui se trouvent avec eux dans les mêmes terrains. Ces poissons ont cela de particulier, d'avoir tous une structure sembla* ble dans la oonformation de leur queue, laquelle n^est nullement symétrique.
Quelque condition inconnue d'existence parait avoir agi j dans ces temps reculés, sur le développement de la vie organique, et déterminé une aussi singulière et aussi générale conformation. On ne peut pas envisager on phénomène si constant comme une simple exception ; car la nature n'en admet nulle part dans ses productions sur une échelle aussi étendue. Il faut donc considérer ces formes comme des antéoédenls de celles qui les ont suivies, et les traits qui les caractérisent et les distinguent, comme des différences dans un déve» loppement progressif.
Ces différences consistent surtout en une transition d'one structure non symétrique à une structure de ptas en plus pariaite qui a prévain dans les époques subséquentes, dims lesquelles les formes non symétriques ont successivement disparu.
Si Ton jette un coupd'cril sur Tensmible des êtres
organisés qui ont vécu simultanément avec les poissons hétérocerques, on remarque qu'ils étaient, pour la plupart, fixés au fond des eaux , ou que du moins ils y rampaient sans pouvoir s'élever librement et à leur gré vers la surface, et se mouvoir au loin.
A l'exception de quelques reptiles, dont Fapparition sur la terre est de beaucoup postérieure à celle des poissons, la plupart des animaux des anciennes époques étaient tous aquatiques. Le sol hors du sein des eaux ne nourrissait encore qu'un petit nombre d'animaux articulés , ou des plantes analogues à celles des grands archipels , ou des plaines basses. Gomme un pareil état de choses s'est perpélué jusqu'à la période tertiaire, il ne laisse guère supposer que des mammifères terrestres et des oiseaux aient existé avant cette période.
Les poissons sont les premiers animaux auxquels il a été donné de franchir spontanément l'espace entre deux eaux dans toutes sortes de directions ; les mouvements des crustacés sont irréguliers et peu soutenus. Parmi les mollusques, les céphalopodes, les plus mobiles et les mieux organisés pour la progression , voguent à la surface des eaux, et restent le jouet des vents dans leur ascension aérostatique. Sans doute, les ptéropodes nagent avec plus de liberté; mais ils ne paraissent pas avoir vécu à ces époques reculées, comme les mollusques les plus perfectionnés. Les gastéropodes,
cootemporains des céphalopodes, étaient bieo plus liés au sol que ceui-ci. Quant aux acéphales et aux brachiopodes, ou sait qu'ils y soot fréquement fixés. Enfin, les polypes et les crinoïdes de ces anciens temps étaient attachés par leur base à différents coq>s solides, et ne pouvaient opérer que des moQvements partiels.
Les habitants des premiers âges où la vie s'est manifestée sur la terre, étaient peu favorisés sous le rapport de la facilité de leurs mouvements. Les plus anciens poissons, avec leur caudale non symétrique, ne pouvaient exécuter des mouvements aussi précis que les poissous symétriques des périodes suivantes. Leur progression était aussi vacillante qu'embarrassée. Tous ces animaux, respirant par des branchies, ne pouvaient encore proférer ni faire entendre aucun cri; ils vivaient dans le silence le plus absolu, et la nature qu'ils embellissaient était muette et comme inanimée. Ce silence des premières phases de la terre ressemble peu à ces temps où les oiseaux et les mammifères ont égayé la solitude du désert et animé les campagnes fertiles, il est aussi bien différent de cette époque plus récente où tous les animaux ont, à Tenvi, rendu hommage par leurs cris et leurs chants à leur auteur, et ou rhomme a pu réfléchir sur les événements qui ont amené les divers changements de la vie organique, et méditer sur l'admirable succession des êtres qui composent la création actuelle et passée.
l^ défetoppeinent progressif qni a eo Ken dans tes étrts oi^nisés poraissait, avant la découverte des singes fossiles, avoir éprouvé une exception bien autrement remarquable que celle que nous avons déjà mentionnée. Il était surprenant que les quadrumanes, maintenant si nombreux parmi les espèces vivantes, n^eussent pas précédé dans l'ordre de succession les bimanes, les êtres les plus parfaits de la création. Quand même cette lacune n'aurait pas été comblée, elle ne prouverait rien contre le développement progressif des éti*es des temps géologiques; car elle reposerait sur des faits négatifs qui ne peuvent pas avoir la même valeur que des faits positifs.
M. Lartet a comblé celte lacune; il a démontré la présence des singes fossiles dans les terrains tertiaires de Sansan près d'Aucb (Gers). Ces singes auraient appartenu à une espèce dont les rapports avec les gibbons, limités aux parties plus reculées de TAsie, sont plus évidents qu'avec toute autre espèce vivante. Ce genre de quadrumane paraît même avoir été observé ailleurs.
D'après un recueil anglais, MM. Cautley et Falcon- Der, auxquels nous devons plusieurs découvertes intéressantes, ont trouvé dans le riche dépôt d^ossements fossiles des Sous * Himalaya une mâchoire de singe qu'ils ont rapportée à un cynocéphale. Ce fait est d'autant plus important 9 que toutes les espèces de ce
gmôfe n^dnt élé rencontrées jusqu'à présent qfr'eti Afrique. À la vérité, on assure qu^one espèce de ey- Moffphâfo, le Sùma hamadryoM, vit âeluellement en Perse; en sorte que ce groupe aurait des représentants en Asie fioA vivants^ soit fossiles.
La France n^oflre point de sin^ vivants ; notre pa^ trie n'en renferase pas moins des espèces fossiles. Aucune èm espèces de nnges qni font partie de ilos collée* tiotia n'^affire les mêmes caractères ^éeiâquea que celle découverte par M. Larlet. Cettse dernière n^a aucun rapperri avec les quadrumanes dé la création actuelle. Ce etafs ferme ainsi line petite section particulière, à flMÎna (pi^0n ne puisse le rapprocher des oolobes, qui dinaf Af liqueinéridioiMdesembkiAtrepréseBlttr le^Sem- «apilbèqées de Tlndc, elavecleaqaelsli. doBlâinvHIé n'a pQ cMiparer ie système dentaire de Tespèce fossile.
La mâoboirÉ niléri0«>e 4e quisuh-umane découverte à Sansan «uitMt appattenu à an singe de f ancien contîneal, et à «ne eapèae élevée dans la série, puisque tes indsivat sont égafea en lar^Mr, qu'elles sont presque verticaies , que les ouHaea sootdnntes, courtes, et devaienl as cmisar sans a'avtns^paasof. On aiYiv« ft la conolwîaQ e» feimai altentièn que la pMaiiè<« Ésobite n'est nuUemÉ»! inèimée en amère par la prasshm de la cauM aopériéura, ^ qu'elle est au eontiairs tout è fait Verticale oomnie cbes l'iMrmme ; enfin à ce que la» aaolairea' ont leur cooronne armée
de tubercules mousses disposées par paires obliquai* Les gibbons étant le groupe de singes qui doit suivre immédiatement les orangs, sUls n'appartiennent pas au même sous-genre , le rapprochement que M. Lartet a fait de l'espèce fossile avec le groupe des gibbons y est bien près de la vérité.
Il n'en est pas tout à fait ainsi des autres détermina** tions faites par le même observateur. 11 avait rapporté une dent molaire assez complète à un singe de la fe* mille des sapajous, aujourd'hui limitée à TÂmérique méridionale ; par suite , il avait admis Texistence an* cienne dans nos pays d'une espèce de cette famille. Quoique cette dent, par ses proportions et sa forme générale, cadre assez bien avec celle de ces animaux, sa ressemblance n'a pas paru assez frappante à M. de Blainville pour admettre le rapprochement supposé.
Elle paraîtrait à cet habile zoologiste avoir plus -de rapports avec les espèces du genre Ursus, de Linné , dont les canines, en général comprimées, sont plus ou moins striées longitudinalemeut. Le genre ArctUis des zoologistes modernes a, par exemple, la dernière molaire supérieure armée de quatre tubercules fort surbaissés : mais son talon, beaucoup plus prononcé que dans le fossile, empêche toute idée de rapprochement entre les deux dents. Il existe encore une grande incertitude sur l'espèce à laquelle on doit rapporter la mâchoire découverte par M. Lartet; on doit espérer que
les reeberobes anqQelles se li?re cet d>8erYateur, permettront de se prononcer sur cette question.
Qoant aux makis , ou quadrumanes de Madagascar, que M. Larlet croyait, diaprés un fragment de mâchoire avoir découvert k Sansan y il parait , suivant M. de nainville y que pour déterminer ce fragment , il faudrait choisir entre les insectivores, qui ont parfois dans la disposition des dents de leur maxillaire inférieure, quelque chose d'analogue avec les cochons. Dans son opinion, ce fragment se rapprocherait plutôt du genre sanglier ou pent*ôtre mieux encore d'un genre voisin , que des makis. Cette supposition est d'autant plus admissible, que le dépôt d'ossements de Sansan offre des restes de ce genre de pachydermes, et entre autres des pbalrages et des molaires, sur la détermination desquelles on ne peut pas se tromper.
Les seuls doutes qui se sont élevés sur les découvertes de M. Lartet, ne tiennent nullement à l'existence en France, de singe à Tétat fossile. Seulement il a paru difficile d'admettre sans preuves positives que des animaux, aussi rigoureusement limités dans leurs circons» criptions géographiques, que les singes, les sapajous , les makis, se trouvassent dans les mêmes lieux et dans les mêmes circonstances géologiques. Faute de ces preuves, la rencontre d'ossemenf^ fossiles ayant appartenu k un singe et à une espèce qui a^ plus de rappoi'ts avec les gibbons , limités aux parties les plus reculées
de rAûe^ ^u'ayee toute autre etf^ce vivante, eat des découvertes les plus heureasee et de« ploa ÎMttaiH dues que l'on ait faites dans cea derniers temps.
Peut-être a* t* elle pruToqué les reeberckes de IIM* Gautley et FalooDoer, qui paraisaeot evejr ^galemeat pbservé un lait du même genre au milieu du riche d4>pôt d'oseemeuts des Sous^uualayas. S'il eSMsfe quelque part, uoa dans les couches des terraias teltiaireS) mais dans les dépota stratifiés^ des ibnnalioos quat^naîres, des osseioents humains, il est probable que c'est au pied de la ebalne de THimalaya, ou du moins en Asie , que Ton en trouvera dans les formations géologiques les plus récentes. Jusqu'à présent «o n'en a reneontré qu'au milieu du dUuvmm, le dernier des d^la qui s'est opéré dans les temps géologiquns, et qui par suite des eauses qui Tont produit, neee pfé- Mnte jamais en cooebes distinotes etrégulières. . Depuis peu (5 novembre 4838), M. Lund a fait eonnaître à TÂcadémie des Sciences de Paris, qu'il avait aussi découvert, dès le mois de juillet 4836, dans ks cavernes <lu Brésil, des restes de singes antérieurs à Tordre actuel. Ces restes se rapportent, d'après Itti, à deux espèces qui ne peuvent entrer dans aucun 4es genres existants. La première,dont la hauteur était d'en* viron quati'e pieds, a été nommée par lui PnMpyikecus-brcLsUienm, et la seconde se rapprocherait beaucoup du genre CaUâhria;, dont elle sui^aaie, pur une
hauteur déplus du double, les races Tivautes. Cette der* nière a été désignée par M« Lund sous le nom de CtU* lùhriœ-primœçus.
Cette découverte prouve que les singes se reocoo^ trent à la fois en Europe , en Asie et eu Aoiérique , et que tandis qu'ils n'ont encore été observés dans Fa»cien continent qu'à Tétat fossile, c'est uniquement a Tétat buœatile qu'ils ont été reconnus dans le Nou* veau-Monde* Bien des genres toutafait éteints sont mélangés et confondus dans les mêmes limons où se montrent les débris de ces singes^ preuve nouvelle que de pareils mélanges sont moins rares qu^on ne lesuppose, et n'annoncent pas pour cela une grande anciennelé aux races qui se trouvent ainsi réunies. {Noie 52.)
Quant à la cause qui a opéré une pareille associa* tion dans les cavernes situées sur les bords du Rio- Francisco au Brésil , où AL Lund a observé un grand nombre d'autres genres nouveaux, il est diflicile, d'à* près lui , de ne poipt y voir les effets d'une grande irrupliop des eaux, -qui couvrant cette partie du globe, a mis un terme à Texistence des êtres qui la peuplaieut, et en a entraîné les débris dans les cavités souterraines. (Noie 55.)
11 résulte de ces laits que les quadrumanes, animaux dont l'organisation est moins avancée que Tbonmae , ont précédé Tapparition de l'espèce humaine. Leur présence dans.les vieilles comme dans 'les jeunes couches
de la terre, confirme puissamment la loi de complication. Elle annonce également que les anophîherium et les pcJœotherium, regardés jusqu'à nos observations, confirmées si puissamment par celles de M. Lartet y compae les plus anciens habitants des continents dans la classe des mammifères, ont vécu cependant à des époques récentes. C'est également avec des anophtherium qu'un assez grand nombre de naturalistes ont découvert des restes de singes fossiles au pied des monts Sevalik, dans Tlnde.
Enfin , ce qui n'est pas moins remarquable , c'est de trouver dans le récit de la création, non-seulement la loi de continuité formulée par tous les auteurs de traités de philosophie naturelle ainsi que par les géologues; mais une autre loi non moins belle qui leur est restée ignorée jusqu'à nos jours , celle de la succession des êtres en raison directe de la complication de l'organi* satioo,
La première nous démontre que la nature n'a jamais rien produit par secousse ni explosion ; mais qu'elle a toujours procédé par degrés et par voie de succession. Enfin , la dernière nous apprend qu'elle a suivi une graduation marquée dans la création des êtres vivants , en commençant par les plus simples, et terminant ses œuvres par les plus compliqués. D'après cette marche, il est tout naturel que l'homme , la plus parfaite des créatures , ait été créé le dernier. La
succession des êtres ainsi divisé^ par séries ascendantes, outre qu'elle justiGe mieux les voies de la science, nous donne Tidée la plus haute de la puissance et de la sagesse infinie de Dieu. {Noie 54.)
VU. — Septième époque, ouieptUmejawr.
La septième époque a terminé les temps géologiques; depuis lors, de nouvelles créations ont apparu sur la terre. Malgré la violence des inondations que les espèces qui appartiennent à cette dernière époque ont[éprouvée89 elles n^ont pas été entièrement anéanties, comme celles qui les avaient précédées. Elles différent en cela des générations des temps antérieurs.
Une violente révolution a eu lieu à cette époque récente. Elle a détruit la plus grande partie de Tespèce humaine , et a dispersé les dépôts diluviens, dont la puissance et Tétendue annoncent la grandeur de la cause qui les a produits. Pendant sa durée, ont été opérés les derniers soulèvements qui ont modifié d'une manière notable, le relief de la surface du globe , et changé peut-être le niveau des mers.
D'après la Genèse , < le ciel et la terre étant achevés « avec toutes leurs burmouies , Dieu termina Toeuvre
— no ~
« qjyi'il avait faite et se reposa peadant cette septième € époque. » (Note 5S.)
La terre reçut alors sa forme et sa configuration ac« tuelle. Les causes qui pendant si long-temps en avaient tourmenté la surface, ont pris, peu à peu , celte stabilité et cette régularité, qui caractérise la période actuelle ou historique. Cette époque est le véritable temps du repos de Punivers et de la terre, ainsi que de leur auteur. Elle a vu cesser ces violents bouleversements qui ont hérissé les continents de chaînes aussi étendues qu'élevées ; en même leaipSy la vie s'est maintenue dans des limites fixes, et les êtres organisés n'ont plus varié dens leurs formes.
Les mers» rentrées dans leurs bassins respectifs, n'ont plus abandonné loin de leurs rivages , les restas des animaux qu'elles avaient nourris dans leur sein, et leurs espèces n'ont plus vu leur existence compromise^ encore moins anéantie.
L'abaisseraeni de la chaleur centrale, cause de U perte d'un si grand nombre d'espèces vivantes, pendant les temps géologiques, est parvenu à cette époque à un terme si faible, que cette chaleur a été sans action sur la température de la surface de b terre. Ses eSeU , ainsi restreints, par rapport à l'ensemble des climats i n'ont plus , comme par le passé, anéanti les créations ooûveUes, en harmonie avec des influences qu'elles n'avaieat plus à redouter.
€» eaiiMs de joodifieations ma ceam renabisalas «ur te terre, sont rentrées dans des bornes qu'elles n'ont plus dépassées, et celles qui pendant les temps géolologiques étaient sous leur dépendance , ont diminué «n même temps d'identité. Aussi les dépôts de sédiaient, produits avec tant d'abondance et avec une si grande variété aux anciennes époques, et dans lesquels sont renfermés un si grand nombre de débris de la vie, ent à peine formé, depuis lors, des coucbes de quelques pieds d'étendue.
Ces terrains nouveaux , uniquement composés de dépôts d'attérissement, ont élevé le fond des fleuves qui les charrient , ou couvert de limons fertiles les plaines ptecérn au-dessous des grands courants d'eau. Mais là s'est bornée toute leur influence. Sans doute ces dépôts, donl ose partie au moins est entraînée dans le bassin des mers , doivent en élever le fond et y former des couches d'eau douce, analogues h celles des terrains géologiques. Mais cette action, quqiqne constante , ne panli pas avoir produit des effets bien sensibles sur le niveau des eaux salées. On peut facilement concevoir te nullité de pareils effets, malgré leur continuité , en faisant ettention à l'étendue du bassin des mers. Jus- ^'à présent cette action n'a pas pu encore ^Ire évaluée avec une certaine exactitude.
Les eaux courantes se bornent, en quelque sorte , à égaliser te surface du globe ; c*est^ au^si à un pareil
résultat que se réduisent les effets des mers sur les continents. Leurs eaux sapent par leur base les côtes escarpées qui s^élèvent au-dessus de leur niveau,et faction de leurs vagues les nivelle ainsi peu à peu. D'un autre côté, ces mêmes eaux jettent sur les terres basses, une partie des sables qu'elles ont formées dans leur sein. Elles tendent ainsi continuellement à les mettre de niveau avec les parties plus élevées qui les avoisinent. Enfin Paction des agents extérieurs, aussi bien que celle des eaux terrestres , produisent des effets à peu près semblables, ou opèrent ces éboulemenls et ces affaissements si fréquents dans les lieux dont la pente est rapide et la hauteur considérable.
C'est encore par de pareils mouvements du sol , que se manifestent les phénomènes perturbateurs dont la fréquence et l'étendue ont considérablement diminué depuis la même époque; témoins, les tremblements de terre, jadis si nombreux et si terribles. En disloquant le sol sur lequel ils agissent , les secousses intérieures opèrent à la fois des affaissements et des soulèvements.
Certains de ces soulèvements, ou si l'on veut, de ces relèvements du sol, semblent tenir à une causédu même genre, à l'actionde la terre, dont lecentrequijouitd*une fluidité ignée agit sur sa croûte oxidéeet durcie, ou peutêtre à un refroidissement graduel et inégal de l'écorce duglobe. Parmi ces relèvements qui ont lieu d'une manière extrêmement lente, on peut citer l'exhiaussement
séculaire des terrains de la Suède et des régions septentrionales. On présume , d'après les observations de Johnston que cet exhaussement est d'environ quatre pieds par siècle, rapport qui peut faire sentir avec quelle lenteur il s'opère.
L'absence de toute formation volcanique, comme de tpot souvenir de volcan, dans la Péninsule Scandinave» empécbe d'attribuer le relèvement séculaire de cette péninsule à une pareille cause. En attribuant au refroidissement l'élévation du sol dont la Scandinavie nous offre encore des exemples, on y voit un reste de l'action puissante auquel ce sol doit son origine.
Ces effets produits par le refroidissement graduel du globe, sont tout autres que ceux qui dépendent des actions volcaniques encore agissantes. Les premiers sont lents et gradués, tandis que les seconds se font au contraire remarquer par leur action violente et subite. Tels sont les cônes volcaniques de Sabrina dans l'Océan atlantique et de l'Ile de Grabam dans la Méditerranée ; ces cônes, élevés spontanément du fond de la mer, ont bientôt été abaissés jusqu'au niveau des vagues et plus tard dispersés par elles.
Des causes du même genre ont également fait surgir dans les environs de la Sicile , l'Ile nommée Julia Nerita , dont Télévation au-dessus du niveau des mers a . duré à peine quelques mois de l'année 4831.
Depuis lors, cette ile si brusquement exhaussée a to-
talement disparu. II en sera probablement de même de celle formée en 4 859 dans les mers du Chili, quoiqu^au rapport des navigateurs, elle ait jusqu'à six lieues d'étendue et des montagnes d'environ 440 à 450 mètres d^élévation.
Voilà les effets produits par les volcans actueh , ces brillanls phénomènes dus à Faction de Tintérieur de notre planète sur son écorce solidifiée. Ces phénomé* nés, comme toutes les causes perturbatrices dont Faction a été si long-temps puissante sur la surface du globe, ont diminué dans leur nombre et leur intensité, depuis Tépoque où la terre a acquis son état de stabilité. En comparant le nombre de ces fournaises brûlantes dont les éruptions ont été si terribles dans les temps géologiques avec celui des volcans en activité, on est frappé du nombre considérable de ces anciens fojrefs , maintenant aussi amortis que cent qui, dans^Torigine^ ont enflammé la surface de notre planète,
CTest donc vers un avenir de paix et de sécurité qu^i tendu le globe depuis cette époque , ou par suite de son refroidissement intérieur , ta vie n'a plus è craindre d*étre troublée à sa surface. Ce refroidissement a été favorable au développement de la vie, puisqu'il û contribué à augmenter Tépaisseurde la croûte solidedn globe. Par suite de cette solidification, tous les phénomènes perturbateurs, tels que les tremblements de terre, les soulèvements; les affaissements, les actions volcaniques
cl les TÎolentes inondations sont devenus beaucoup plus rares qu'aux époques qui ont précédé Fappari* tîon de Vbomme. Toutes ces causes ne se renou?elant plus avec la même intensité, la vie ne sera plus désormais totalement anéantie, comme à tant de reprises différentes. D'un autre côté , la chaleur de la surface de la terre est devenue indépendante des feux souterrains. Ces feux ne s^ font sentir que pour un trentième de degré ; lors même qu'ils viendraient à s'éteindre complètement, la température moyenne de notre planète ne serait affectée que de la diminution de cette fraction de degré, valeur trop faible pour exercer quelque influence sur les êtres vivants.
Le globe est donc arrivé à un équilibre dans sa température qui dépend de plusieurs causes. On peut signaler parmi les principales, la chaleur que répand sur sa surface le soleil , des astres slellaires dont les variations se maintiennent dans un tel état d'équilibre, que la vie n'a plus rien à redouter de leur influence. Aussi, depuis cette époque , les espèces vivantes ne voient plus leur sort dépendre de Tinconstance et des variations des climats.
Si nous portons maintenant nos regards sur les restes , soit fossiles, soit humaliles des corps organisés, et sur les dépôts de sédiment dans lesquels ils sont ensevelis, il est facile de reconnaître, que ces dépôts étaient complètement t^minés lorsque Thomme a para sur
la terre. Depuis son apparition , aucune création nou* velle d'êtres vivants n'a été produite, et le globe a tendu d^une manière constante vers l^état de stabilité auquel il est maintenant arrivé.
Un événement important a cependant troublé quelques instants cette stabilité et cette harmonie qui existent entre toutes les choses créées. Cet événement, rap^ pelé parles traditions et les annales de tous les peuples qui en ont gardé le souvenir , est également confirmé par les faits géologiques les moins contestables. Les recherches les plus récentes, ont démontré un accord remarquable entre les faits physiques et les vieilles traditions des peuples , qui toutes parlent d'une violente inondation dont l'influence a été aussi grande sur Tespèce humaine que sur la surface du globe.
Le déluge de Noé , décrit par Moïse , est probablement le même que celui d^Ogygès; leur date s'accorde tellement, qu'il est difficile de supposer quelle se rapporte à deux événements différents. Il peut bien en être ainsi de celui de Deucalion. Ce dernier n'est qu'une tradition de ce cataclysme, altérée et fixée par les Hellènes è l'époque où ils plaçaient le règne de ce prince. On peut voir une nouvelle preuve de l'identité de tous ces déluges dans la disparition de l'Atlantide , dont les Atlantes nous ont conservé le souvenir. (Note 56.)
Un assez grand nombre d'historiens et de géographes» ont supposé que celte Atlantide devait être le continent
de rAmérique , que le dernierdès grands soulèv^neitto semble avoir fait surgir du sein des eaux. Aussi, d'après les géologues modernes , son exhaussement aurait oc-* casionné le déloge , dont les effets sont si marqués sur les parties les plus abaissées de notre planète*
On ne trouve aucune mention de ce grand événe» ment dans les écrits d^Homère, quoiqu'il en soit question dans les poésies de Pindare^ qui sont cependant postérieures à celles du prince des poètes. Hérodote a également gardé le silence sur ce fait important, quoique Platon, qui fut à peu près son contemporaîn, en ait parlé. Ce philosophe n'a admis qu'une seule inondation, regardant celle de Deucalion comme identique avec le déluge d'C^gès. Cet événement fut regardé par Aristote^comme une inondation locale, qui, d'après lui, aurait eu lieu auprès de Dodone et du fleuve Acheloûs. Plus tard , le déluge de Deucalion reprit dans ApoUodore toute sa grandeur et sa beauté mythologique. Les Hellènes, qui regardaient Deucalion comme leur premier auteur, eurent un déluge de ce nom, comme les Autochtones de TAttique celui d'Ogygès , parce que c^étaitpar ce prince qu'ils commençaient leur histoire. Il en fut de même des Pelages d'Arcadie : ces peuples reconnurent également qu'une violente inondation aurait contraint Dardanus à se rendre vers THellespoût.
Le plus grand nombre des écrivains Grecs ont donc