‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiques (volume 2)Chapitre 8 sur 61 · TS · texte numérisé non relu

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admis un déluge , mais aucun d'entre eux n'en fesait remonter la date très haut.

On ne trouve aucune mention expresse de cet éfénementdans les plus anciens écrits des Égyptiens, qui du reste sont tous postérieurs à la dévastation de Carobyse. ïl n'en est pas de môme de leurs monuments et de leurs biéroglypes, qui en conservent le souvenir dans leurs figures symboliques. AussNa mythologie égyptienne, fc défaut de l'histoire, semble avoir rappelé ce grand oalaolysme, dans les aventures de Typhon et d'Osiris. Si les prêtres de 8aïs ont réellement fait à Solon leseontes que rapporte d'après lui Ctésias dans Platon , lesÉgypUens auraient conservé des noUons «sseï précises de cette catastrophe. Seulement iU en faisaient remonter l'origine 'plus haut que celle qui lui est attribuée |«r Moïse. {Noi* 57 .)

D'apr*8 eux, i l'époque où Osiris était occupé à instruire les hommes en Ethiopie, le Nil aurait débordé aux approches du solstice et inondé en entier la vaste plaine qu'il parcourt. Tous les hommes auraient féri, sans la mairf puissante d'Hercule, qui seule pûtarrèter les eaux, en élevant des digues. Ainsi fut sauvée une partie du genre humain. Il praltrait même, au dire d'Albumassar, cité par Mutardi , que d'après deux anciens livres égyptiens , le monde aurait été renouvelé après le déluge, lorsque le soleil était au premier degré du Bélier, et Régulus dans le colure du solstide. Ce fut

aassî pour venger la mort da premier Bacchas, qui avait sueeomfaé aoiu les coups des Titans, que Jupiter aurait emhràsé le monde , embrasement suivi d'un d6lii^e efibroyahke dont le poète Nomus (Chant. VI y verset 330), aousa retracé toutes les dreonstances.

Les mâoMs tradHiona que Moïse a rapportées dans la Genèse, senèlent s'être coneervées, mais avee des aliéffationsplusoQ moins grandes, parmi lesBabytoniens, dont la capitale avait étéfiandéeavant 'Abrriiam. B^ose qui fivaît du temps d'Alexandre, à Babylone ^ a décrit le déluge dans des tenues teHement aemUables à ceux de la Genèse , qn^il est diffîcik de ns point soppeser ^q'il a tiré aon récit de oatte deimèee source.

D'après cela , les îdéea de Moïse régnaient e» Chaldée à répoquede Bérose, lequel a ptaeé cet érvénement immédiatement avant Bâns, père de Ninne. Du reste , Hteronyme et Nîcela&de fitanaa ont égaieraentfMt mention de cette cnfastrafhn

Geofge le Syncdle noua a consené un paesage de Béroee et im autne d' AIcMndre Polybiiler > qin prouve que ces deux écrivains^ aduaeitaiaafc dix génératioiiB «vant ie déluge^ c'estriHlim depuis AJorna, riviam des CJuddéeos^ jusqiafà Jxm^itav» leur Moé, w FboBHM ^par laj^flodssftw deJnBmnilè, Mraiiaenléabapfié è ce désastre*

Ces dix ffoîa auraient régoé pendant 426 sares avant cette tenriUfi inonitaUpu > ksqueb^ é? alués par Bérose

à 2220 ans luDaires simples, ou 2460 ans intercallés, s'accordent assez bien à Tépoque a laquelle parait avoir eu lieu le déluge de Noé. D'après les Septante , cet éTénement dont nous trouvons tant de traditions chez des peuples qui diffèrent aussi bien par leur origine que parieur langage, se rapporterait à 2262 années après l'apparition de l'homme. Ce dernier nombre s^accorde avec Tévaluation des sares donnée par Suidas. Un pareil accord est réellement remarquable, à moins que Ton ne suppose que ces traditions tirent leur origine d'une seule et même source. '

Un fait non moins singulier^ c'est l'harmonie qui existe entre les différentes traditions, relativement à la violence de ce cataclysme. Ainsi, d'une part, d'après le récit que le Boundehesch,ou la Cosmogonie des Persans, nous fait du déluge, il aurait été occasionné par une pluie qui aurait duré dix jours et dix nuits ; tandis que les Indiens , dans leurs exagérations fantastiques , lui donnent une durée de 420 ans, 7 mois et S jours. (2Vai0 58). Ils supposent également dans leurs allégories, que Wishnou aurait apparu sous la forme d'un poisson, àSatiavidarem ou Satyavatra, roi de Dawaram , et lui aurait annoncé que le monde allait finir par une inon* dation. Ce roi de Davmram moni d'une barque, que,dan6 sa bonté infinie, Wishnou lui aurait envoyée , se serait sauvé seul, avec six autres hommes et une femme, sur une montagne située vers le Nor d. Enfin, diaprés celte

même cmnic^onie , le cataclysme qui aarait entièrement couvert la terre d'eaa, serait arrivé il y a environ21,000aB8.

Les idées des andens Perses étaient bien différentes ; car d'après leur cosmogonie» qui pardilavoir été extraite, du temps des Sassanides, d^oàvrages plus aaciens, la durée du monde devait être de douze mille ans , et il était bien nouveau lorsque la plus grande partie de la terre fut couverte d^eau.

A part la première de ces dates, tout à fait fausses, les autres drconstances relatées dans le Bagavadan, un des dix-huit Pouraman ou histoire sacrée des Indiens, sont à peu près les mêmes que celles racontées par Moïse. En effet, Wishnou envoie un bâtiment à Satyavatan, comme Dieu prescrit à Noé de construire une vcbe, afin de s'y enfermer avec tous les êtres nécessaires à la reproduction de leurs espèces, ou, comme le dit le Bagavadan, pour une nouvelle production dans le renouvellement du monde. D'après cette dernière cosmogonie, ce fut vers la fin do septième jour, que les cataractes des eaux s'ouvrirent et que les nuées déchargèrent une pluie si abondante, que la mer et la terre se trouvèrent de niveau. Le bâtiment fut porté au-dessus des eaux , et lorsqu'elles furent totalement écoulées , Satya vatra et ses contemporains en sortirent et adorèrent Wishnou. Bientôt après , Brahma recommença à peu-» pler la terre et à renouveler le gemre humain.

Aiost ^le Santiaviradeh des Indiens, nommé avssi SintawedeDoa Waispssouden, jove^dansieBagavidan, le même rôle que Noé dans la Genèse, et il y a entre «;es (feux personnages une ressemblance remarquable. Quant à la chronologie des Brahmanes, elle fait re« monter le commencement du Kalîhoaga, ou de Fflge actuel du monde, à 4,401 ans avant Tère cbrélienne» Cette date ne s*élojgne guère de eelle qui noos est foor^ nie par le texte samaritain, c'est«à-dire, 4,295 ans avant notre ère.

Nous avons déjà vu que de pareilles idées régnaient en Cfaaidée, du temps de Bérose, écrivain du siècle d'Alexandre. Les circonstances et la date qu'il donne au déluge , sont si semblables à celles adoptées par Moïse , qu'il est difficile qu'elles n'aient pas la même origine. Hieronyme et Nicolas de Damas ont également fait mention de cet événement, a peu près dans les mè» mes termes. Jl en est de même des anciens Arméniens, parmi lesquels Mosis-Choronensis noos a laissé une description du déluge dans son histoire de TArménie. On est moins surpris que les auteurs Arméniens du moyen-âge s^accôrdent, à peu près tous, avec le texte de la Genèse , lorsqu'ils font remonter cette catastrophe à 4,9>l 6 ans avant les temps actuels. Ces peuples si nouveaux, rebtivement auxHébreux, ont probablement reçu leurs tables cbronologiqoes de ces derniers; et leurs traditions se trouvent, par cela même , d'accord

nree oeHei de li Graète. Ainii, la tradition du déloge existait en Annénte, airant la eonvanion des babiUmlB an ebmtianiame, et les Arméniens avaient aor sa date, les ntémes idées que lesBébreot*

De pareilles croyances régpaaient éfalement obea les Arabes et tous lea peuples de l'Orient, comme les Mongoles et' les Turcs. Leurs traditions concordaient asser bien avee cellet que nous aToûs ynes en erédit en Arménie. Quant à leurs anciens livreB, ai jamais osa peuples en ont eu , ibr sont totalement peldos. Aussi toutes ces nations n'ont d'autre histoire que csile qu'ils se sont faite récemment ei qu'ils ont modelée sur la BiMe ; ce qu'elles disent du déluge est donc emprunté de la Genèse, et n'ajoute rien à son antbeiiticité.

Nous trouvons des traees de la même croyance chez fou9 les autres peuplée que nous pouvMis interroger. Ainsi les Banians noua disent que le déluge universel a été la in de la première période , ou du premier-Age du monde, tandis que les Siamois veoknt nous fatra croire, dans leur style métaphorique, è h aubmersâan de la terre entière, par une grande eau qui aarlilen abondance des chereux de leur mauvais géme^ Thé** réaf.

D'après ces peuples, comme d'après toutesIeanatioM qui en ont conservé le soowmr, cet événement aurait été la suite de la désobéissance des hommes envers la IMvintté. Ce serait en effet, diaprés eux , sur le refus

obstiné que legénie du mal, Théréaf, fit d'adorer Sammocodon ou la Divinité suprême , que la Déesse pro*tectrice de- la terre , irritée de son endurcissement^ au« rail fait sortir de ses cheveux les eaux abondantes qui engloutirent le genre humain. Comment ne pas voir dans ces idées une trace de ce que dit la Bible, où la désobéissance envers Dieu parait avoir été la cause de Tanéantissement des premiers hommes et celle du re* nouvellement du genre humain !

Mais poursuivons, et voyons si nous n'en trouverons pas également des notions chez les peuples qui babi** tent au-delà des déserts de la grande. Tartarie.

Les Chinois , si différents de nous par leurs institu* tions et leurs ooutumes, autant peut-être que par leur ligure et leur tempérament, admettent aussi un déluge. Ils en font remonter à peu près la date à la même «époque que nous. Leur Chou-King ou leur plus ancien livre, que Ton suppose avoir été rédigé par Coofucius, avec des lambeaux d^ouvrages antérieurs, commence l'histoire de la Chine par un empereur nommé Tao, qu'il nous représente occupé à faire écouler les eaux qui couvraient la plus grande partie de la surfaee delà terre. D'après les uns, cet empereur aurait vécu 4,463 ans avant l'époque actuelle, et selon les autres, seulemement 3,945 ans avant la même époque. La variété des opinions à cet égard, va même jusqu'à 284 années ; mats les documents les plus probables, lixontlc règne

de cet empereur à Fan 2,963 avant 1-ère chrétienne, ce qui la ferait repionter à 4,499 avant Fépoque actpelle.

Le fils de M. Biot nous a tout récemment donné de nouvelles lumières sur les déluges qui ont désolé la Chine comme toutes les contrées de la terre. Ce jeune écrivain a recueilli les traditions qui existent dans les monuments littéraires de la Chine ancienne, sur ces deux grandes inondations qui ont dévaste le territoire de cet empire à des époques antérieures à 2500 avant notre ère, ou environ 4442 ans avant Tépoque ac* tuelle(4844).

L'une de ces inondations générales , connue sous le nom de déluge dTao , est cilée dans le livre sacré, le Chou-King«Sa date est fixée à 2400 ans avant notre ère, par les ccmputations chronologiques des Chinois et par le caLcul approximatif d'uue éclipse de soleil indiquée par I^ texte , sous le règne de Tun des premiers successeurs d'Yao.

L'autre déluge est de beaucoup antérieur ; le souve* joir s'en est conservé dans des traditions rassemblées par des compilateurs qui vivaient deux siècles seule» meut avant la naissance de Jésus-Christ. Ils le font remonter au moins jusqu'à 2,500 ans avant notre ère, au temps de Fo-By, ce chef du peuple conquérant qui descendit des montagnes orientales du Thibet, et chassa devant lui les naturels de la Chine ancienne. Mais cette

date, nullement précise, se confond avec les temps héroïques. Diverses indications rendent même proba^ ble qu^il y a eu plusieurs inondations successives avant le règne dTao.

Les livres chinois qui mentionnent ces catastrophes, ne paraissent pas les attribuer à des pluies acciden* telles, mais à d'antres causes. Elles s^expliquent très bien par les soulèvements que M. de Humboldt a constatés dans la partie de fAsie voisine de la Chine. Le déluge du temps d^Yao, semble avoir dépendu de ces eihaussements du sol, analogues è œux qui se sont opérés dans la Chine même. Quant aux montagnes qui s^étendent dans la partie de cet empire^ où des soulèvements ont eu lieu, leur direction générale est du sud* ouest au nord-est.

Il parait aussi probable que des mers intérieures ont eiisté dans le désert de Cohi et aux environs du lac Hofao-Nor. Ce sont ces mers qui se sont déversées sur la Chine basse , Tune par un affluent du fleuve Jaune, entre le grand coude de ce fleuve, vers le nord et les monis Nan-Chan, et Tautre par la gorge de IsyChyJ près de Ho-Tcheon du Chan-9y.

Le déluge du temps d'Yao, dont nous venons de parler, a dû être occasionné par l'exhaussemenf simultané ou pet/ distant de denx grands systèmes de mon*tagnes. dirigés, l'on de Thi-Tong-Fou duCban-Syà la pointe méridionale de la province de Yun-Nan , ot

l'tolni de la pointe àe Left^Tong è Teitréiiiiié de TiU de Hai-Nan.

Le soulèyement du premier système semble avoir barré le cours du fleuve Jaune, qui jusqué-Ià coulait directement à Torient par les 40~ et 59**' parallèles , et ravoir rejeté vers le midi, où il rejoignit la vallée de la rivière Ouey de Cban«Sy, après la rupture des barrages secondaires de Moug-Men et de Long-Mem, et modifia aussi le cours de la grande rivière Han-Kiang.

Le sargisaement du second systèoie barra lé cours du grand Kiang, couvrit de lacs et de marais la Chine eentrale^ et agit avec le premier pour modifier le court des rivières du Chan«Tong et du Pe-tche-Ly.

Les mêmes annales chinoises mentionnent également un grand nombre de soulèvements , d'affaissements et de tremblements de terre. La fréquence de ces phénomènes , parfaitement constatés dans les val-* lées du fleuve Jaune et du Kîang , confirme d^une manière frappante la cause présumée des déluges qui ont ravagé la Chine à différentes époques. On y trouve aussi quelques données sur les éruptions aqueuses et boueo*ses, et sur la formation des longues fissures. On y aperçoit encore les effets des dérangements du sol, qni ont produit de petites buttes après Faffaissement ou la dis* parition de quelques montagnes. Ces buttes paraissent anak^es aux hamitos dti Nouveau-Monde, que M. de

Hoinboldt a le premier signalés à rattention des géologues.

Les tremblements de terre cités dans le texte chinois ont eu des effets aussi terribles que ceux de rAméri* que du Sud : comme au Pérou et au Chili , ils étaient accompagnés ou précédés d^un bruit sourd. Les des« criptions des affaissements observés en Chine sont identiques avec les effets semblables observés en Amérique par M. Boussaingault.

Cette analogie singulière concorde parfaitement avec une observation très remarquable de M. Élie de Beaumont. D'après ce géologue, Taxe de la grande Cordilière américaine et celui des principales chaiïies chinoises, à Test du >I06*"* degré de longitude , se trouve placé sur un même grand axe de la sphère. Le système des Andes se rattache donc à celui des montagnes c{iinoises, et la croûte terrestre semble encore imparfaitement couso* lidée sur toute Tétendue de cette ligne géologique.

Les anciens Chinois croyaient tellement à la réalité d'une violente inondation, cause de la perte de la plus grande partie du genre humain, qu'ils avaient institué une fête en commémoration de la mort des hommes qui en avaient été les victimes. Cette fête, célébrée également par les Japonais vers la fin du mois d'août^ avait le même but comme la même origine. Les détails des cérémonies que Ton y observait sont trop semblables pour m pas dériver d'une même source , en même

temps qaMls annoncent combien le souvenir du déluge s'était perpétué chez ces différents peuples.

Les nations dont l'origine parait encore plus récente^ en ont également conservé la mémoire. Ainsi les Kalmoukes paraissent persuadés que le premier âge du monde a été terminé par une très grosse pluie et une violente inondation. De même, à en croire les Scandinaves, le géant Ymus ayant été tué ^ il coula de ses lai^s et profondes blessures une si grande abondance de sang, que le genre humain fut submergé.

Un homme quHIs désignent sous le nom de Belgemer, fut, avec sa famille, le seul sauvé; et cela, parce que, d'après Tordre de la Divinité, il s^était réfugié sur un gros bateau.

Im traditions des Celtes semblent encore plus explicites sur ce grand événement historique. Diaprés eux, le déluge aurait détruit l'universalité du genre humain, à Texception d'un seul homme, Dwivan, et d'une seule femme, Dwivach. Ceux-ci auraient échappé à ce danger, ayant construit à Tavance un vaisseau sans voiles, dans lequel ils auraient placé un individu mâle et femelle de tous les animaux qui existaient ; c'est à peu de chose près ce que nous apprend la Genèse.

On trouve également chez les Gaulois, nos ancêtres, des idées analogues. Selon ces peuples, le castor noir ayant percé la digue qui soutient le grand lai?, le monde fiit.pour4ora inondé. Tout périt, excepté Douyman et

Douyméoh {num homme et méch fille) , sauvés dans un vaisseau sans voiles avec mi couple de chaque espèce d^aoimaux.

Les Américaius^ qui n^avaient point de véritable écriture, et dont les traditions remontent à une époque peu éloignée de nous, nous montrent également dans leurs grossiers hiéroglyphes une trace d'un déluge. Ces peuples si nouveaux, et qui semblent provenir du mélange de la race blanche et de la race jaune, ont leur Noé ou leur Deucalion y comme les Indiens, ica Babyloniens» les Grecs, et enfin la plupart des peuples de Tantiquîté.

On doit peu s'étonner de la vénération que les Péruviens ont conservée pour Tarc-en^ciel^ aigoe Hianiteste de ia cessation à jamais de ces terribles inondations qui auraient produit le déluge. Cette opinion des anciens habitants du Pérou , ccinforme k celle de diverses nations de l'antiquité , est loin d'être aussi déraisonnable qu'on pourrait le supposer au premier aperçu. Si l'aro-^^ciel parut pour la premîèrefoiaaprts le déluge, oe nouveau phénomène était fié waai à «m nouvel état de la terre, état |4us stable que edui pur lequel notre planète éteit passée anterienreoMBt* €e phénomène fut un signe réel et manifeato de la promesse iaite à ISoé, qm les eau ne produkiaenl plus à Pavenir dct déluge.

11 est en effet probable qM la quantité de b vapwr

d'eau disséminée actuellement dans l'atmosphère n'est pas assez considérable pour occasionner sur la surface de la terre un cataclysme pareil à celui dont les dépôts diluviens nous attestent la réalité. Si cette vapeur venait à se précipiter en entier dans le même moment, elle produirait seulement sur la surface du globe terrestre une lame d'eau d une épaisseur de 9 centimètres. Cette faible épaisseur annonce, d'une part, que b vapeur d'eau qui se trouve dans l'atmosphère j est continuellement entretenue par l'évaporation , et de l'autre, que si la quantité ne vient point à changerj des cataclysmes analogues au déluge historique sont désormais à peu près impossibles. Pour qu'ils puissent s'opérer de manière à produire des effets pareils à ceux qui ont dispersé les dépôts diluviens, il faudrait que les causes actuellement agissantes, ne se maintinssent plus dans cette stabilité et cet équilibre dont elles ne paraissent pas s'être écartées depuis les temps historiques, changement que rien dans le monde actuel ne saurait nous faire prévoir*

Ce n'est donc pas sans raison que les Péruviens se sont confiés sur l'apparition de l'arc-en-ciel , comme sur ttu signe du calme imprimé aux éléments primitive^ ment en désordre. Lorsqu'on creuse ces idées natives desanciens peupleSyOnestsouventfrappédeleurjustesse. Ces idées ont peut-être germé chexles Péruviens, par la raiscm que les traces du grand cataclysme qui a ravagé

la plus grande parlie de la surface de la terre, sont en Amérique moins effacées que partout ailleurs.

Du reste, il est facile de comprendre quelles sont les circonstances nécessaires à la production de Tare, en-ciel. Il suffit de se rappeler que, dans les régions équatoriales, les pluies ne présentent jamais assez de finesse pour donner lieu à la production des arcs-enciel supplémentaires. Un peu plus de grosseur encore suffii^it pour empêcher la production de Taro-en-ciel ordinaire. Telle devait être celle des gouttes d'eau qui tombaient sur la terre avant le déluge, puisque ce phénomène ne parait pas avoir eu lieu antérieurement.

Le souvenir de cette catastrophe semble même avoir favorisé les Incas dans leurs conquêtes. Lorsqu'ils firent celle du Pérou, ils cherchèrent à persuader aux peuples dont ils devinrent les maîtres , que depuis le déluge, dont la mémoire s'était conservée parmi les Indiens, te monde avait été repeuplé par leurs ancêtres. Leurs aïeux, sortis au nombre de sept de la caverne de Pacaritambo, auraient seuls perpétué la race humaine; dèslors, tous les hommes leur devaient hommage et obéissance; et ces idées ne leur ont pas été inutiles lors de leurs conquêtes, ainsi que nous Tavons fait observer.

De semblables croyances se sont également perpé* tuées dans les autres parties de l'Amérique, surtout au Mexique et au Brésil. Les habitants de la première de ces contrées, comme presque toutes les nations de l'an*

tiquHéy divisaient la durée du monde en quatre âgés. Le preoaier commençait à la création de la terre , et finissait an déluge. Les Mexicains le nommaient Âtonatiuh, ou l'âge de Teau. Il est difficile en lisant dans Glavigero les détails de cet éféoement, tel que les habitants du pays le racontaient y de ne pas reconnaître la plus grande conformité entre ce récit et les rapports historiques que la Genèse nous a conservés. Le second des âges de la terre se rapportait, selon les Mexicains, au renouvellement du genre humain; et le troisième était relatif à l'établissement des sociétés. Il est non moins singulier que des traditions analogues se soient conservées chez les sauvages de l'Amérique méridionale» Du reste , les traditions des Mexicains sont très modenies; elles datent au plus de cinq ou six siècles avant la découverte de rÂmérique.

S'il faut en croire les Toltèques» un fameux astronome, nommé Huetmatzin, aurait tenu, avec la permission du souverain, une assemblée de notables, composée des hommes les plus sages et les plus savants du royaume , à Teffet de recueillir les divers documents historiques qui existaient sur leur origine. Cette asseoie blée aurait eu lieu sous le règne de Ixtalchahnac, vers' Tan 660 de notre ère; dans son sein fut formé un re*^* cueil de tableaux appelé TeomoxUi, ou livre divin, dans lequel on avait représenté, en figures très intelligibles, * Torigilie et là dispersion des Toltèqùes après le déluge*

Les Mistèques ou les Zapotèques faisaient égalemeot remonter leur origine jusqu^à la création du monde, au moyen de leurs tableaux historiques. Ces tableaux faisaient mention d'un déluge universel et de la confusion des langues qui Tavait suivi* Ces peuples avaient entremêlé ces événements d'un grand nombre de fa« blés et de récits plus ou moins merveillem.

Dana leurs traditions, les Chiapanèses prétendaient descendre de Voltan , petit*fils du seul homme qui, se« Ion eux j avait échappé au cataclysme général. De pareilles idées régnaient die£ le& habîianls d^ la Floride. D'après ces peuples, le soleil ayant retardé sa course d'environ vingt^quatre heures, les eaux du lac Tbéomi débordèrent avec tant d'abondance que les sommets des plus hautes montagnes en furent couverts. Le so* leil en garantit une seule^ nommée Dolalemaî, et il n^ eût de sauvés que les hommes qui purent en atteindre le sommet.

Le souvenir d'un pareil événement est si fort mb« preint dans Tesprit de ces diverses peuplades, q«^an des Indiens de Cuba apostropha Gabriel de Cabrera , eu lui disant : c Pourquoi megrondes«tu ?Ne sommes* nous pas tous frères et ne descends-tu pa& comme moi de celui qui sauva notre race?» Les Âcbagoa dont faisait partie cet Indien , désignent le déluge par rexpressîon de Catenanemon qui signifie proprement la submersion générale du grand lac* Enfin d'après les Iroquois, ud

grand chasseur qQ'iisdés^ent sous lé nom de Messou aurait rsnoovdé le genre bamaîn après Finondation qui ra¥tit anéanti.

Ce Meieou étmt à la chasse aurait perdu ses chiens dâOfrunlaequi aurait débordé et eouyert de ses eaux la smiaoe de la tena. Resté seul après cette éruption , Mesaott serait parvenu à repeupler la terre, et à Taide des aninanux q[ui s'étaient échappés avec lui, il aurait réussi à propager leur» races.

Nous trouvons encore des notions analogues chez les sauvages de TAmérique méridionale qui admettent même, comme tMles lesaiunennes croyances tradition* nellts^ que les a&knaux ont paru sur la terre avant la créutioftde rhouMDe. Ces sauvages supposent, ainsi que nous rapprend Constant d'Orville, qu'après le déluge, Miehapoux avait créé les animaux qui se mnltiplièreot bientôt d'utie maniéré prodi^euse et à tel point, qu^ils se firent la guerre et se dévorèrent les uns les antres. Alîchaponx s'étant emparé des cadavres des anîoiaux morts dattsœttrfaltte terrible, à Taide de son pouvoir divin, las iaçôrina et en fit des hommes* 11 est aisé de fʧ» que dans eea difSérenta récits» plusieurs idées analogues régnant k pei pràsgéuéralemenl, quelles que soient Torigine, les mœurs et la date deenations q«ft nous les ont transmises; . L'idée hi plus eoUiniune est eélle d^une inondation eoBsidfaable pour avuor oecasionné là perte du

genre humain. Acette pensée fondamentale sur laquelle reposent toutes ces croyances ^ vient se joindre le renouvellement du genre humain, dû à un seul homme échappé avec sa famille dans un vaisseau, qui flottant au-dessus des eaux amoncelées, aurait dominé les pia» grandes élévations. Quant aux traditions qui ne parlent point d'arche ni de vaisseau , elles font perpétuer le genre humain au moyen d'un homme conduit par la main divine sur le sommet d^une montagne dont les eaux n^avaient pu atteindre la cime.

EnCn un assez grand nombre de cosmogonies ou, si Ton veut» de souvenirs historiques , ont admis, comme celles qui se sont conservées ches les sauvages de TAmérique septentrionale, que les animaux ont été créés avant les hommes.

Une pareille conformité entre des nations si différentes par leurs mœurs , leur langage et le pays qu'elles habitent^ est non-seulement un témoigm^ de la réalité du déluge , mais encore une preuve que tous ces souvenirs dérivent d'une même source et ont ane origine commune. Cette origine doit être la même que celle du livre le plus ancien qui nous a transmis l'histoire d'un événenkent sur lequel s'accordent toutes les croyances.

Après les preuves fournies par ces divers récits sur un cataclysme dont les faits physiques nous démontrent assez l'existence, en demanderons-nous à des peu*

pies plus nouveau , et par eiemple aux Lapons qui confinés près des glaces des pôles, semblent moins que tout autre peuple propres è nous répondre. Si nous les interrogeons, ils nous diront qu'avant Fépoque où Dieu submergea la terre, elle était entièrement habitée, idée à peu près conforme à celle des autres nations. .

Si nous leur demandons comment eut lieu cette sub-^ mersion générale , ils nous répondront que le globe fut inondé par les fleuves et les mers qui sortirent de leurs lits et en couvrirent la surface. Le genre humain aurait sans doute péri ; mais Dieu, dans sa bonté infinie, prit un frère et une sœur sous sa main puissante et les transporta sur la montagne de Passeware. Les eaux écoulées , ces deux enfants se séparèrent , voulant s'assurer s'il n^était pas resté d'autres hommes dans le monde. S*étant rencontrés trois ans après, ils se reconnurent et ne voulurent 'point perpétuer le genre humain, sachant qu'ils étaient frère et sœur ; ils se quittèrent de nouveau, et après un second voyage de trois ans, ils se rencontrèrent encore. Cène fut qu^aprèsune nouvelle séparation qui dura environ trois années qu'ils se revirent sans se reconnaître. 'Ils devinrent ainsi la souche des hommes qui depuis lors ont couvert la terre de nombreuses tribus.

Si nous interrogeons d'autres peuplades et, par exemple, les Guèbres , toujours préoccupés des mêmes idées, ils nous diront que le déloge est arrivé par suite

de la colère 4e Dieu i»ité contre les bonmet tédoili par les funestes suggestions du démon. Un ^rgna une seulefamille, soprde aux perfides coweilsdu génie du mal ; cette famille qui avait trouvé grAoe devant le Seigneur, renouvela plus tard le genre humain.

Les Turcs , les Persans et les Arabes avaient tous les mêmes croyances ; ils considéraient la in des dix générations antérieures au déluge ou des dix premiers jours comme Tépoque à laquelle cet évéoeaaent avait eu lieu. Us appelaient même ce cataclysme Téraption du four de Capba, ville d'Arabie ^ parce qu'ils suppo* soient que les eaux qui Tavaient produit étaient sorties du four d'une pauvre veuve de cette boui^de.

La fête que les Arabes antérieurs à Mabomet eélé>^ braient les premiers jours de Tannée au mois de Mo* harran, était nommée Aschour ou les dix jours. Les dix premières nuits étaient également très saiiltes aux yeux des Mabométans. Dans rALcoran, au ebapitre de r Aurore,. Dieu jure par ces dix nuits, comme dans la mythologie, Jupiter par le Styx. Enfin les Tm*cs eonsftp crent la même époque au jeAne et à la prière^ la considérant comme un temps pendant lequel Dieu exerce ses jugements.

Telle est Tliisloire sommaire des traditions des dif*férents peuples, chez lesquels le souvenir d^une violente inondation qui a ravage la plus grande partie de la terre, s'est conserve. Si ces traditions sont d'accord «ur J'en--

swiUeétee grand éwamnmiy oapetttse demaïKler s^il eo ert deméaie d« répoqiiaà Uquatte «liai 86 raf)port6et* Les Hébrauxoiil adoiieLqae dix géttératiow s'étaitat éoMilées avant Id déiage, 4»fHiiîoa (Mrtagée par Ifia Ty«' rteaa. Lea mèfliea îdéea existaient à fiaJ^ylona, oà Ton 4KUttptaii jusqu'à dix roisqiiiaTaieotgoiiveriiércropîre, pendant 420 sarea ou environ 2460 ans, avant que le déluge eût ravagé la terre. Enfin, d'après les livres Sibyllins , il y aurait eu environ dix siècles entre la création et le déluge, espace de towfê qu'ils prétendent avoir été partagé en sept âges. Des traditions analogues paraissent avoir été aussi adoptées par les Gbaldéens ; ceux-ci admettaient dix générations avant le déluge , c'esl-à-dire depuis A torus, TAdam des Hébreux, jusqu'à ILisùthrusleur Noé ou Thomnie qui, par la permission de la divinité , avait seul échappé au déluge.

Les Allantes supposaient deméme que des rois avaient régné sur leur patrie avant le cataclysme qui la ravagea. Cependant Platon, dans son dialogue de Ctésias, prétend que les Dieux s'étant partagé la terre, Neptune eut dans le lot que le sort lui donna, Tile Atlantique. Ayant visité cette lie, ce Dieu y trouva un seul homme, Evenor, lequel y habitait avec sa femme Leucippe et sa lille Qito. Neptune étant devenu amoureux de cette jeune fille Taurait épousée et en aurait eu une postérité nombreuse. Par suite de son union avec Clito, il aurait eu cinq couples d'enfants mâles et jumeaux entre les-

quels il auraitpartagérAtlantidedontils furent lespre* miers rpis. A en croire Platon et les auteurs auxquels il a amprunté son rédt^ ces dix princes auraient été tous contemporains. Cette supposition est trop contraire aux idées généralement adoptées pour ne point supposer que. Platon a confondu les dix premiers rois et les dix générations successives dont ils faisaient partie comme contemporains et fils de Neptune.

Les Orientaux comptent dix solimans ou dix premiers rois qui auraient régné dans le monde avant le déluge. A la vérité, d'Herbelot ne porte celte liste qu'à neuf, nombre inférieur à celui que donnent les autres documents 'historiques ; mais Caberman-Cabel explique naturellement la cause de cette différence. Il existe diaprés lui dans le pays de Schadoukiam une colonne d'une grosseur extraordinaire, posée sur une base , laquelle porte une inscription en caractères biblianiques sur laquelle on lit : c Je suis Soliman Hakki. » Or, d'Herbelot n'a pas connu ce Soliman, et en ajoutant ce prince à la liste des neuf rois qu'il a mentionnés, on arrive au nombre de dix, sur lequel s'aocordent toutes les traditions.

' Les Indiens admettent dix avaniarcu ou métamorphoses de la Divinité , depuis la création jusqu'au déluge. De même, les Chinois comptent jusqu'à neuf générations de patriarches, dont ils indiquent les noms et les aventures, cuire Hoang-Ti un leur Adam, elCbuui.

Or, Chum ayant été contemporain d'Yao, roi sous lequel est arrivé le déluge , il en résulte que les Chinois comptent dix générations entre Tapparition du premier homme etrinondation générale delà terre. Il y a d'autant fnoinsde doute à cet égard, que les livres de la Chine nous dépeignent ce Chum occupé, comme Yao , à réparer les maux produits par les eaux du déluge.

Ainsi, d'un concert unanime, toutes les histoires oomme toutes les traditions que nous pouvons interroger, nous attestent la réalité d'un grand cataclysme, et chose non moins remarquable, elles le fixent à peu près à la même époque.

Voyons en quels termes Moïse décrit ce grand événement dans ce livre que nous avons trouvé jusqu^à présent d'accord avec les faits reconnus par les sciences physiques encore si nouvelles. Nous lisons dans le chapitre VII de la Genèse :

« Les sources du grand abime des eaux jaillirent et € les cataractes du ciel furent ouvertes.

€ La pluie tomba pendant quarante jours et quarante € nuits.

c Le déluge se prolongea pendant quarante jours « et les eaux s'étant accrues , couvrirent la surface de la « terre ; mais Tarche était portée sur les eaux. « Les eaux crûrent et grossirent beaucoup, c Toutes les hautes moutagnes qui sont sous les c cieux fm*ent couvertes.

« L'eau ^yaat gigné k sûnunat à» montagaa» s'élevu « de quinsse coudées plue haut.

« Tom les animaux et tous les hommes périrent; î( « ne resta que Noé et ceux qui étaient avec lui dans « l^arche. »

11 résulte de ce récit qu^à une époque fixée par Moïse le globe fut ravagé par un violent cataclysme qui d'après lui, aurait été général au point de couvrir les montagnes les plus élevées et d'anéantir tous les êtres vivante. Ce cataclysme aurait été suivi du renouvellement complet du genre humain h qui Dieu fit la promesse que c tant que la terre durerait, la semence et la moisson, c le froid et le chaud, Tété et Thiver, la nuit et le jour ne « cesseraient point de sWtre-suivre et de se succéder. >

Sans doute , il se peut que la terre ait été ravagée par plusieurs cataclysmes ; mais il est certain que celui dont la Genèse nous a conservé le souvenir a été général et les autres partiels.

On se demandera si les faits physiques annoncent que le déluge ait été assez considérable pour avoir couvert la surface du globe et atteint le sommet des plus hautes montagnes.

Une première observation se préseiite d'elle-même : elle concerne ausei bien Moise que les anciens écrivains. Lorsqu'ils parlent de la totalité de la terre , ils entendent désigner uniquement la partie qui était pour lor^

toaâm et Miitée. D'ua autre «Mé, si la Oenèae dit que toutes les montagnes furent, a l'époque du déluge, eouiperles par les eaux, c'est que le style hébraïque emploie asses ordinairement ie mot tout pour une partie. 4iosi Tespression, toute la terre, dont se sert l'écrivatu saoré, design/ peut-être uniquement les contrées orientales qui étaient les seules connues.

Si nous devions prendre ici son récit tout h feil à la lettre, il serait en opposition atec les fai^ les plus con<» stants et les mieux démontrés. Les dépôts diluviens , loin d'être disséminés sur les plus hautes montagnes ne dépassent jamais 5000 ou 4000 mètres au plus. A la vérité, ces dépôts résultant de Faction des eaux courantes peuvent bien ne pas se montrer vers leurs points de départ et avoir uniquement couvert les parties les plus abaissées de la surface du globe. Du moins dans les temps présens, nous n'observoiis souvent aucune trace des plus violentes inondations sur les montagnes d'où elles sont parties.

On peut encore faire observer que la dispersion des Uocs erratiques , attribuée par un assez grand nombre de géologues à un cataclysme violent, semble annoner que Inaction qui Ta produite s^est exercée principalement sur les sommets élevés. En adoptant cette hypo* thèse, la plus probable, même aux yeux de ceux qui supposent les blocs erratiques dus aux mouvements des fheiers; il ne s'agirait plus que de déterminer si leur

dispersion a réellement eu lieu à l'époque du déluge historique ou dans toute autre période.

Il est certain que cet événement opéré par une cause plus violente que les autres inondations qui ont accom* pagné chaque révolution géoic^ique^ offre aussi une plus grande universalité. Dès-lors les hibcs erratiques, ne pouvant avoir été entraînés si loin de leur origine que par une action puissante, il est naturel de les rapporter au plus grand des cataclysmes, à celui qui est mentionné dans les traditions de tous les peuples.

L^absence de tout débris humain dans la presque totalité des dépôts qu'il a laissés sur le sol de TEurope, n'est pas une preuve du contraire, puisque Ton en dé« couvre dans les limons diluviens des cavités souterraines. Si Ton n'en trouve pas de traces dans les limons extérieurs, celte circonstance dépend probablement de ce que ces débris n'ont pas pu s'y conserver. D'ailleurs, d'après la Genèse, les hommes ne s'étaient point encore dispersés lors de la formation du diluvium* On ne saurait donc rencontrer des restes de l'espèce humaine dans des lieux qu'elle n'avait point habités. Quoiqu'il en soit, les blocs erratiques, plus encore que les autres dépôts diluviens prouvent que des eaux abon«dantes et violentes ont exercé jadis leur action sur les lieux les plus élevés de la surface du globe.

On peut enfin faire observer que tout en admettant que les inondations ont été plus considérables dans les

temps géologiques que dans Tépoque actuelle , ce n'est pas conYenir que le déluge ait pu avoir Funiversalité que lui a supposée Tauteur de la Bible. En effet , il est bien des contrées où Ton ne trouve pas de traces des dépôts diluviens.

Ces objections sont graves, et nous sommes loin de ne pas en sentir toute la portée. Mais quelle qu'en soit la force , elles semblent singulièrement affaiblies par des observations puisées dans la Genèse; c'est ce qu'il convient d'examiner.

La première remarque que nous ferons tient au récit en lui-même, qui parait empreint de cette exagération métaphorique, si commune et si familière au langage oriental. Comment Moïse pouvait*il dire que les eaux s'élevèrent de quinze coudées au-dessus du sommet de toutes les montagnes, lorsque de son temps, Ton ne connaissait qu'une petite portion de la terre , et qu'il ne pouvait pas parler des montagnes qui ne lui étaient pas connues ? Aussi en méditant sur l'ensemble comme sar l'esprit de ce récit , on est convaincu que tout ce qu'il a voulu dire, c'est que les eaux couvrirent tous les lieux habités, même les plus éleyés, de manière à engloutir en entier l'espèce humaine, à l'exception de ceux que Dieu avait voulu épargner.

Or pour Moise, ce qu'il y avait de grand et d'impor^ tantdans ce cataclysme, c'est la destruction, à peu près eomplète,. du genre humain ; quant à l'élévation plus

ou moins grande des eaux qui avaieat oceaaîaïuié le déluge , elle ne lui importait que dans ce seps y (|ue leur hauteur eut été supérieure à tous les points ha* bîtés par Thomme. Cest là le fait essentiel^ le bit unique qu'il faut prendre dans son récit, et ne voir dans tout le reste qu'une de ces brillantes métaphores, ai familières au lai^^age orientai et que Tauleur de la Genès» emploie sowent.

Quant à ce fait important^ celui de la destruction du genre humain et de son renouvellement, il est \fHU d'ètn démenti par les traditions et les monmaentahistonys? Nous avons déjà vu combien ces monuments viennent à Tappui du récit deTécrivain saeré, il en est de mém» des découvertes de la géologie* Aussi MM. Poirson et Gayx^ dans leur précis de Tbistoire aneieoBei fontriiB observer que Thistoire ne doit pas négliger les teelaer* ches importantes de la géologie, science qui appartîeot tout à fait à notre siècle. Elle le doit d'imtant moina, disent^ils, qu'elles s'aeeordent parfaitemeni avec le récit de Moise, sur U révolutiM U plus prodîgMui» qui ait booletersé le globe, et dont la traditton 09^ servée dans le souvenir des plus anciens peuplas, est deveiuse aa|oiifd'htti inoonteataUe par tatti de témoignages répandus sur la awfaoe du globe, aînsî que far les d^itis des ètrea vivants ensevdis dep«is dea siècles dans las entrailles de la terre«

Uy adonc, à eetégard, eoMentcmentimaaiiiie^e

toQles les nations, et Ton peut app liqaer ici raiiômc deTorateur romain, que le eonsentement de tous ne peut itreque la loi de la nature : omni in re conseraio onu nàangentium tex naturœpuiandaest.iyxsscvXdî^XSh.l.)

Leafaits géologiques confirment cette observation ; du mcrins jusqu^è présent, on n^a déconrert aucun débrishumain, antérieur aux dépôts diluvîens.On sait que ces dépôt» appartiennent 2i la période quaternaire et font partie des terrains les plus récents , dont ils composent les couches les plus modernes ou les plus superficielles. Aucun reste de Tbomme n^a été encore aperçu dans ces vieillea couches de la terre, antérieures à la rentrée des mers dans leurs bassins respectifs ; ainsi ces terrains ont été déposés bien ayant son existence.

11 est incontestable, d'après le grand historien de r antique création, queThomme est bien noureau sur cette terre où il domine maintenant en maître. Par suite, il est probable que ses débris ne seront jamais découverts, comme ceux de h plupart des mammifères terrestres à Tétat fossile, c^est-à-dire dans des couches dont le dépôt aurait précédé Tépoque à laquelle les mers éont rentrées dans leurs bornes octuelles.

H est seulement bien prouvé, malgré la supposition contraire de Cnvier, que les restes de notre espèce se trouvent confondus avec les races totalement perdues, au milieu des différents dépôts de la période quaternairO; prindpafement dans les terrains diluviens. Si

donc rhommefosstie n'a pas été rencontré jasqu^à pré* sent, son absence dans les couches antérieures à la rentrée des mers , n'empêche pas que les débris de notre espèce ne se montrent dans des dépôts posté* rieurs à cette retraite, c'est-à-dire à Tétat humatile.

Jusqu'à présent, les ossements humains n'ont tété aperçus qu'au milieu des terrains désagrégés de l'époque géologique la plus récente, ou au milieu des terrains diluviens. Si les restes de l'homme sont inconnus dans des formations plus anciennes, c'est qu'il ne devait pas exister à l'époque de leurs dépôts. D'un autre côté , la présence des ossements humains au milieu des terrains meubles remplis de galets, ou de cailloux roulés, qui couvrent les plaines ou remplissent les cavités souterraines, annonce que l'homme a péri victime du grand cataclysme, dont tout atteste la grandeur et la violence.

Ainsi la réalité d'une inondation immense, qui a ravagé la surface du globe postérieurement à l'apparition de l'homme et même aux terrains de sédiment de la date la [Jus récente, est non-seulement démontrée par le récit de l'écrivain sacré, conforme en cela à celui de tous les historiens , mais elle l'est surtout par les feita physiques qui ne sauraient nous tromper. L* étendue des dépôts dus à cette inondation est trop considérable, leur épaisseur trop grande pour admettre que les eaux actuelles ont pu en prodiiire de pareils. Pour les

— 20» ^ expliquer, il fant nécessairemmt supposer des courants plus abondanls que ceux de nos fleuves , et en mènie temps des causes plus actives que celles qui agissent encore. Ce cataclysme diffère donc essentiellement des inondations actuelles. Lesdébris de l'homme que Ton y découvre, témoignent par leur présence que sa date est postérieure à l'apparition du genre humain.

Depuis lors, les causes dont l'action s'est fait ressen* tir pendant la période géologique, quoique les mêmes que les causes actuelles, sont rentrées dans des limites d'harmonie et de stabilité qu'elles n'ont plus dépassées. Depuis lors la semence a succédé à la moisson, le froid au chaud , comme l'été à Thiver et le jour à la nuit , dans un ordre et une régularité si admirables, que ai nous ne savions pas que la terre est sortie du néant, on pourrait la croire éternelle.

Nous ferons observera ceux qui veulent trouver des motifs humains même chez les hommes les plus supértenurs, que si Moïse a dit que les eaux du déluge avaient dépassé les lieux les plus élevés, il Ta fait pour impri* m» une salutaira terreur aux peuples dont la direction lui avait été confiée. Si telle a été la pensée de ce grand homme, ce que nous sommes loin de supposer, hu^ mainement pariant, nous trouverions encore qu'il aurait agi sagement. Moïse est donc loin de mériter le . blâme que nous déversons souvent avec beaucoup trop

de facilité sur les actes des hommes du plus haut I. U

génie, foute de saisir la véritable raison qui les a déterminés.

Quant aux causes des cataclysmes , sont elles si différentes de celles dont nous pouvons apprécier Taction, qu'on doive les considérer comme produites par une suspension momentanée des lois de la nature et par la volonté de TÉtre infini, dont une seule parole a créé Tunivers? Sans doute il ne nous est point donné d'en pénétrer la cause première et de soulever le voile qui couvre ce phénomène , mais du moins il nous est per^ mis d'en apprécier les effets physiques.

il en est une dont Tinfluence a été d'autant plus grande, que le changement de nivean qu'elle a oocasionné sur la masse et la conGguration des continents a dû ra produire un très considérable sur celui des eaux qui couvraient la surface du globe. Comment supposer que les soulèvements de la chaîne centrale de l-Âsie, où se trouTent4es montagnes les plus hautes du monde, et ceux qui ont exhaussé les Alpes et les Pyré* nées , ont été sans effet sur les eaux courantes qui bai* gnent les contrées où de pareilles masses ont surgi ? Comment admettre également que Texhaussement de ta longue chaîne des Andes qui ^averse, du sud au nord, à peu près la totalité du nouveau continent, a été sans actimi sur le niveau du vaste Océan , au-dessus duquel elle a été élevée?

Cet exhaussement peut avoir produit le dernier et le

plus terrible des cataclysmes qui ont troublé la sorface du globe. Le sui^ssement de la chalue des Andes semble du moins avoir été contemporain du déluge, à en juger par les dépôts qui reposent à sa base , et dont la plupartont conservé leur horizontalité primitive^ ou n'ont subi que de légers déplacements.

On peut donc rapporter aux soulèvements qui ont fait suigir les grandes chaînes de monlagnes, les divers cataclysmes dont rinfloence a été si grande sur la surface du globe. La position inclinée des couches de sédiment qui recouvrent ieura pieds et dont nous pou* vons assigner l'origine^ est tine preuve évidente qu'ils ne remontent pas très haut dans les événementa géologiques. De pareil? elMs peuvent d'autant {dus être attribués è des soulèviemeote aussi étendus el aussi considérables que ceux qui ont produit les hautes chaînes de TijBie, de l'Europe ^l de TÂmérique, que les phis violcutes inondations actueUes dépendent d'un changement de niveau y Ueik léger sans doute en omoparai» 9on de eenx qui on( eu lieu pendant les époques géologiques.

Aussi b plupart des géologues modernes ont admis que la surface du globe avait été ravagée par un violent cataclysme auquel sont due les bbcs pratiques et les nombreux cailloux roulés, dîsséaiinés à peu près généralement sur cette surface. La plupart d'entre eux s'accordent à en fixer la date à environ 4000 ou 5000

ans au moins avaut Tépoque actuelle. Parmi ces géo iogues nous signalerons Delomieu, Deluc, André de Gy, Saussure, Haûy, Guvier, Brongniart, Buckland, Omalîus d'Halloy, Biot^ Beudant, Élie de Beaumont, sans que par cette citation nous entendions exclure ceux dont nous ne donnons pas ici les noms.

Un de ceux que nous venons de citer, M. Ômalius d'Halloy sW même demandé si l^on pouvait déterminer géologiquement Tépoque à laquelle le déluge avait eu lieu. Ydici sa réponse : <c Si nous examinons, dit*il, c dans les Alpes, les résultats des actions qui ont dû H commencer lorsque ces montagnes ont pris leurs « formes et leurs dispositions actuelles , telles que la « formation de leurs éboulis ou de leurs talus, et celles « de% moraines des glaciers. Si nous étudions les afc( terrissements formés par les rivières, et si nous prec nons en considération qae les atierrissements devaient c se faire bien plus rapidement lorsque les escarpec ments étaient plus abruptes qu^ls ne sont maintec nant, nous serons portés à conclure avec Deluc, €u- « vier et Buckland, que les révolutions qui ont donné c aux montagnes leurs formes actuelles, et aux fleuves € le cours qu4ls ont maintenant, ne remontent pas à c< des époques excessivement rebulées , de sorte que la c distance de 4000 ou 5000 ans du moment actuel, c que la Genèse donne à son déluge, peut fort bien

€ s'accorder a^ec les conséquences tirées des chrono* € mètres natnrek. i

Le même géologue se demande encore si l'homme existait lors de ces révolutions, et il se prononce pour ra£6rmative. Nous ferons du reste remarquer que puisque les débris de notre espèce se montrent ensevelis dans les dépôts diluviens avec un assez grand nombre d'animaux dont on ne trouve plus de représentants sur la terre, cette affirmative ne peut plus maintenant être Tobjef du doute.

Aussi, M. Beudant, dans son f^oyage en Hongrie, observe « que les faits nous indiquent des bouleverse- « ments avant la création des mammifères, et nous en c montrent également un qui a eu lieu évidemment € depuis leur existence. Rien ne s'oppose donc, et tout « au contraire conduit à regarder cette dernière catas- € tropbe comme celle dont la Genèse nous donné à la « fois la cause et les détails , et dont on retrouve sous « diverses formes la tradition chez tous les peuples. » D'un autre côté , d'après l'auteur des Lettres sur les Bévohaùms du Ghbe, depuis que la race humaine est répandue sur la terre , elle a été tictime d'une grande catastrophe et d'une inondation terrible qui a presque entièrement détruit son espèce. Si on ne retrouve pas de ses débris sous des couches marines , c'est que ces cooches ont été déposées avant l'apparition de l'homme sur la terre ; et bien certainement antérieurement à

Tépoque de la dispersion des limons diluviens ou du diluvium qui seuls en renferment des restes.

Aux yeux de TAristote des temps modernes , de Cuvier, la surface de notre planète parait avoir éprouvé , à une époque peu éloignée, une révolution qui a mis momentanément sous les eaux la plus grande partie des continents alors habités par les hommes , et à laquelle peu d'entre eux ont échappé. Ce petit nombre d'individus, les ancêtres des diverses nations , «epeu* plèrent ensuite les terres nouvelles que cette révolution venait de mettre à sec. Mais ce qu^il y a de plus remarquable, les peuples qui en ont gardé le souvenir s^accordent à placer cet événement à peu près vers le même temps , c'est-à-dire à 4 ou SOOO ans avant Tépoque actuelle.

Enfin, le déluge postérieur à Tapparition de rhom^ me, a exercé une influence funeste sur les nations qui habitaient pour lors la terre. Si Ton s'en tenait cependant au petit nombre de débris de l'espèce humaine, ensevelis dans les dépôts diluviens, il en serait autrement y tant ces débris y sont rares. Ils sont si peu fréquente, en Europe, qu'on a long-temps douté qu'il en existât réellement.

Mais aujourd'hui que le contraire est démontré, on se demande pourquoi le déloge, que toutes les nations s'accordent a considérer comme ayant détruit en quel-

qne sorte Tespèee humaine, en offre cependant si pen de traces dans les dépôts qnli a dispersés.

Les ossements humains s'altéreraient-ils plus facilement que ceux des autres animaux ; si Ton examine les anciens sépulcres et les champs de bataille de la plus haute antiquité, on ne voit pas quHI en soit différemment des uns et des autres. Ils se conservent également, lorsqu'ils sont soumis aux mêmes conditions. Ainsi ce n^est pas à raison de la diversité de leur altération que Ton peut expliquer l'extrême rareté des ossements d'homme, en comparaison du nombre prodigieux des débris des animaux qui les accompagnent.

Cette rareté tient peut-être à ce que les recherches géologiques n'ont pas encore sondé les lieux que l^homme habitait avant le déluge. S^il est un point du globe où Ton puisse espérer de rencontrer un grand nombre de restes humains, c^est surtout dans VA^, sie, le berceau et la patrie primitive de Thomme. Sans doute, un jour^ ces vastes plateaux de TAsie centrale, au pied desquds Ton vient de découvrir tant d'animaux îneonnus dans la nature actuelle , nous montreront également des traces des premiers hommes, qui comme ceux engloutis dans les fentes des rochers des diverses contrées dé TEurope, ont été contemporains et victimes du déluge. CTest en Asie et peut-être même en Afrique, que nous devons chercher les débris de nos premiers pères; c'est dans ces contrées que nous

trouverons de nouvelles preuves de la réalité d'un évé" nement attesté par un si grand nombre de faits et cou* sacré par tant de souvenirs.

Diaprés les sciences modernes, comme d'après la haute inspiration dont le récit de Moïse est empreint, la terre a eu ses jours et ses époques divers , pendant lesquels se sont succédés, dans un ordre merveilleux, les phénomènes qui sont pour nous un objet continuel d'admiration et d'études. Ainsi, dans Torigine des choses. Dieu après avoir créé la matière, ou le ciel et la terre, car c'est là toute la matière, voulut, dans sa sagesse, organiser ce globe et l'univers qu'il avait tirés du néant. {Noie^9.)

Cette création primitive a donc été, d'après l'écrivain sacré, antérieure à l'organisation particulière de la terre. Quant à notre planète, il est un fait qui découle aussi bien de la Genèse que des observations les plus récentes et les plus exactes, c'est que l'état de la surface du globe et la constitution de l'atmosphère n'ont pas été constamment les mêmes. A chaque modification du globe terresti*e, a correspondu un changement dans l'atmosphère, et réciproquement, si bien que ces changements sont tour à tour cause et effet l'un de l'autre.

Après la séparation de la lumière d'avec les ténèbres, c'est-à-dire après la première condensation des corps tenus jusque-là danb l'état gazeux, Dieu sépara les eaux

d'enbaotet les eaux d^en 1mi9» et créa l'air et Featr dans son état liquide ; ce fut là Fœuvre de la seconde époque.

Une fois que les eaux furent formées, elles se ras* semblèrent dans lebassin des mers, et peu à peu, queU ques portions de terres s'élevèrent au-dessus de leur niveau. Les continents parurent, et avec eux les corps organisés.

La v^étation qui devait embellir leur surface, jusqu'alors inerte et stérile , ouvrît la marche. Les vé* gétaux les plus simples la couvrirent d'abord, plus tard les herbes y répandirent leur brillante verdure, et les arbres succédèrent enfin à ces premiers végétaux. L'ac^ tive et gigantesque végétation de cette troisième époque, changea et modifia singulièrement Tétat dé l'atmosphère; en absorbant l'excès d'acide carbonique qui y était répandu, elle la rendit plus propre à la respiration des animaux qui arrivèrent bientôt sur la scène des premiers âges.

Ces végétaux ainsi créés pour l'ornement de la terre, aussi bien que pour ralimeut des animaux qui allaient bientôt la peupler, une vive lumière était nécessaire à la vie des plantes et des arbres qui avaient d^à germé. Pour leur donner les moyens de remplir ses desseins. Dieu disposa et appropria les deux grands corps lumineux que, dans l'immensité descieux, il avait le plus rapprochés de la terre, afin qu'ils pussent y ré|>andre

leur lumière bienfaisante. Le plus grand de ces corps présida au jour et le plus petit à la nuit.

Ainsi, la quatrième époque fut consacrée à disposer les corps célestes, particulièrement le solwl et la lune à exciter par leur présence , les ondulations lumineuses dont les corps oi^anisés exigent Tinfluence* Moise, en cela d'accord avec les théories nouvelles , a consir déré la lumière et la chaleur comme indépendantes des corps, d'où dérive toute celle dont la terre éprouve maintenant la bienfaisante impression. Pour lui. le soleil ne serait pas la source unique de toute lumière et de toute chaleur, et son importance dans Tordre de la création , ne serait pas plus grande que celle de ces milliers d'astres stellaires, semés par le Créateur dans rimmensité des cieux.

Lorsque le soleil eut répandu ses rayons vivifiants sur le sein de la terre, où avaient déjà germé de nombreux végétaux, les animaux apparurent ; d'abord les invertébrés» c'est-à-dire, ceux dont Torganisation est la plus simple, et successivement les espèces plus composées. La vie animale a commencé en effet par les êtres qui vivent dans le sein des eaux, et particulièrement par les zoophytes , les mollusques et les animaux articulés. Après eux ont paru les poissons et les reptiles aquatiques; enfin les légers habitants des airs sont venus animer l'atmosphère , qui sans eux aurait été vide d'habitants. Telle fut l'œuvre de la cinquième époque.

D'après la Genèse, comme d'après robsenratioii des couches terrestres, long«*temps après que les espèces aquatiques eurent dominé presque seules sur la scène de Fancien monde, les continents en partie découverts purent enfin recevoir des espèces terrestres, qui, d»* puis lors, n'ont cessé d'exister. Leurs races s'y étendirent d'une manière successive et graduée, comme cel* les qui les avaient précédées; les plus simples avant les êtres dont les conditions d'eiistence eiigeaient une or* ganisation plus compliquée» ou du moins plus en rap^ port avec les nouvelles influences dont elles allaient éprouver les effets.

L'homme n'existait pas encore; la terre avait bien reçu de nombreux mammifères, mais elle ne possédait pas celui qui pouvait la soumettre et la subjuguer. L'homme devait seul comprendre les merveilles de l'univers ; il devait aussi sonder en quelque sorte la grandeur infinie de cet être immense, dont il est la fai* ble image. Par cela même, l'homme a terminé Vœu** vre de la création et l'a couronnée, pour ainsi dire. Dernier ouirrage de la nature, c'est par lui que Mofse achève et complète le grand œuvre de la création.

Ce langage de la tradition est-il démenti par les ftdts les plus constants et les mieux observés? Non , mille fois non I La science tient à cet égard le même langage que la tradition. On dirait, à les voir marcher d'accord, que l'une n'a fait toutes ses découvertes que

pônr mieux confirmer la vérité des livres saints. Ces sciences, que Ton a tant invoquées lorsque, encore imparfaites, elles montraient certaines impossibilités apparentes dans le récit de la Genèse, sont venues au contraire Tappuyer, lorsque, libres dans leur essor, elles sont parvenues à un. plus haut degré d^exactitude.

11 y a plus, le récit du libérateur des Hébreux, de leur chef dans les combats, du révélateui; de la religion du Très-Haut, considéré sous le point de vue bistorique, porte un caractère irrécusable de vérité. C'est sous ce dernier point de vue que MM. Poirson et Cayx ont examiné ce récit dans leur précis sur Thistoire ancienne. D'après eux, il existe entre ce récit et rhistoire des peuples un accord remarquable, soit que Ton consulte les plus anciennes traditions, soit que Ion examine Tétat moral et politique des peuples et leur développement intellectuel, au moment où ils ont commencé à ériger des monuments et à construire des villes aussi remarquables par leur grandeur que par leur magnificence. Les faits historiques, comme la Genèse, nous représentent Téteblissement des premières sociétés humaines, comme d'une date assez récente, loin de leur attribuer une haute antiquite. Un pareil accord ne peut résulter que de la vérité des faits his« toriques et de celle de la Genèse qu'ils confirment.

Tels sont, en résumé, les fiiits principaux qui résultant des écrits de Moise. Ces livres ont des droits, non*

seulement h notre respect , comme les plus andennes traditions des temps qui n^ont eu aucun homme pour témoin, mais surtout à raison de leur accord avec les faits physiques*

N^est-ce pas déjà une chose étonnante de trouver dans la Genèse , dont la date remonte à 3900 ans, ta distinction des deux créations; Tune générale et primitive, qui eut lieu au commencement des temps, et l'autre toute particulière à notre globe, qui s^est opé« rée beaucoup plus tard? (Note 00).

N'y voyons -nous pas aussi que la terre était couverte d'eau, avant que les continents eussent surgi audessus de leur niveau et pris leur configuration actuelle? Enfin, n'y trouvons-nous pas la succession dans la création des êtres vivants, succession qui, d'après le témoignage de l'écrivain sacré, comme d'après les débris des générations éteintes, aurait marché du simple au composé?

Diaprés la Genèse et les découvertes géologiques, Pespèce humaine partie des plateaux de FAsie, sa première et antique patrie, se serait renouvelée après un événement terrible, gravé en traits ineffaçables dans ce fivre, comme dans le grand Kvre de la nature. Le globe entier et les diverses couches qui le composent nous fournissent en effet des preuves irrécusables de la nouveauté des continents dans leur forme actuelle, et de Tunité de l'espèce humaine.

Fouillerons-nous encore les plus anciennes annales, et y chercherons-nous des traces de ces &its pour noua si extraordinaires^ afin de nous assurer si le globe a une température propre, et si la lumière dont il est pénétré est le reste de celle dont la terre a joui dans le principe de sa formation? Ces annales nous répondront que la création de la lutnière et de la chaleur a précédé Tépoque à laquelle Dieu assujélit les astres qui composent le système de l'univers, à en répandre d^une manière coustante sur la terre, et que dès-lors, il doit exister nécessairement une température et une lumière primitives, indépendantes de Taction solaire. Or, que diront à leur tour les faits? Ils confirmeront cette double proposition, naguère Tobjet.des railleries des demi-* savants envers Técrivain sacré.

Ainsi se concilie avec les observations un récit contre lequel on s^est tant élevé par suite des plus fausses préventions, et parce qu^on était loin d^en pénétrer toute la portée. Nos recherches auront peut-être suffi à ceux dont Tesprit est dégagé de toute prévention; quant aux autres , nous n'avons jamais eu Tespoir de les convaincre; nous savons trop qu'il est des maux de T^sprit, comme du cœur, qu^il n'est pas donné à rhomme de guérir, ni même de souiller.

Si Ton considère que la géologie n^existait pas à Té* poque à laquelle a été écrit le récit de la création, et que les connaissances astronomiques étaient pour lors

pea avancées, oa est porté à conclure que Moise n^a pu deviner si juste que par suite d'une révélation, ki nous devons nous arrêter, et ne point oublier que nous n'avons voulu exaBÛner la Genèse que sous un rapport purement scientifique.

11 nous suffira de dire que les nouvelles découvertes des sciences physiques, loin d'être en opposition avec ce livre admirable , sont venues en quelque sorte en démontrer l'exactitude, D*après elles, la Genèse est l)eaucoup plus d'accord avec les faits les plus récemment observés y que les systèmes enfantés par les plus beaui génies des temps modernes, pour expliquer la formation de la terre et de Tunivers.

Si Ton ne voulait voir dans Moise qu^un écrivain ordinaire, on serait du moins forcé d'admirer en lui le singulier et beau privilège du génie, dont les heureuses inspirations, long-tftmps obscurcies et cachées par le voile épais de l'ignorance et du préjugé, brillent enfin de I éclat qui les venge de l'injuste ridicule , qui fut si souvent déversé sur elles.

Le récit de l'écrivain sacré est le seul monument qui éclaire l'histoire des premiers uges de la terre» Sans doute, on peut s'en former quelque idée, en lui comparant ces globes brillants qui^ dans leurs premières périodes, parcourent l'immensité des espaces célestes entourés d'une atmosphère lumineuse que l'on n'aper« çoit pohitdans les astres planétaires du système solaire.

Les résultats de cette comparaison {Prennent nécessairement une nouvelle importance lorsque nous les trouvons d^accord avec ceux consignés dans le premier et le plus ancien des livres. C^est même sur les don« nées fournies par la Genèse, que nous nous sommes formé quelques idées sur Torigine de notre planète , maintenant soleil éteint et tout à fait encroûté. L'excès de la température du globe s^est dissipé à travers les espaces planétaires, et depuis lors seulement, les êtres vivants ont pu Tembellir et Tanimer.

11 faut donc distinguer avec Moïse deux principales époques dans la création, celle qui se rapporte à Tunivers et celle qui embrasse les différentes phases que hi terre a subies, depuis sa formation jusqu^à Papparition de Thomme.

Enfin, diaprés ce que nous apprend ce législateur» le déluge aurait eu pour but d'anéantir le genre humain; mais pour opérer sa destruction, il était inutile decouvrird^eau le sommetdes plus hautes montagnes, puisque la terre était loin d'être habitée dans sa généralité. Aussi quelques siècles après , les hommes épouvantés par le souvenir de cette terrible eatastrophe^se rétmirent dans les plainesde Sennaar, afin d'y construire on monument très élevé, propre è les mettre ù l'abri dans le cas d'une nouvelle irruption des eaux. Usérigèrent la tour de Babel, dont les ruines attestent assez ta vaste étendue, afin de ne point se séparer et d V trouver au besoin un asile.

Leurs desseins ne furent point accomplis. Leur langage s'étant confondu, les hommes qui avaient élevé ce monument, se dispersèrent de ce lieu même, etjfûrent peupler les autres parties de la terre. Or, si à l'époque de cette érection, plusieurs siècles après le déluge , le genre buinain était encore si réduit, comment pouvoir supposer qu'il était beaucoup plus nombreux anté* rieurement à ce grand événement. Aussi, par ces mots, omnis terra ^ Moise n^a point entendu toute la terre ; mais seulement la portion qui étah habitée lors du déluge. Cette interprétation est du reste eonforme à celle que Ton est obligé d^adopter, pour une foule d^autres passages de TÉcriture.

Lorsqu'on étudie Thistoire des nations qui ont existé antérieurement à la dernière des catastrophes de la terre , on est frappé de leur petit nombre et du peu d'étendue qu'elles occupaient. Avant cet événement ^ les hommes si près de leur berceau n'avaient pas pu se propager beaucoup. Aujourd'hui , où ik couvrent de leurs tribus la presque totalité du globe , il ne serait point nécessaire, pour les anéantir, de couvrir d'eau les plus hautes montagnes, puisqu'ils en habitent à peine le pied. L'Écriture n'a donc voulu dire autre chose , que les eaux du déluge avaient couvert tous les lieux habités par les hommes. Du reste, c'est ce que démontreront les observations dans lesquelles nous entrerons plus tard.

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