SEPTIÈME ÉPOQUE OU SEPTIÈME JOUR
Cette époque a terminé les temps géologiques, c'est-à-dire, ces temps où de nouvelles créations ont été successivement produites, et tour à tour anéanties, et où enfin a eu lieu le dernier des cataclysmes qui a ravagé la plus grande partie de la surface de la terre. C'est donc à cette époque, qu'ont été dispersés ces dépôts ou limons diluviens dont la puissance et l'étendue annoncent assez la violence et la grandeur de la cause qui les a produits. C'est encore pendant sa durée , que semblent avoir été opérés les derniers tles grands soulèvements qui ont modifié d'une manière notable le relief de la surface du globe.
D'après la Genèse , « le ciel et la terre étant » achevés avec toutes leurs harmonies, Dieu ter- » mina à la septième époque l'œuvre qu'il avait » faite et se reposa pendant cette septième épo- » que. »
Mors la terre reçut sa forme et son relief actuels, et les causes qui pendant si long-tems en avaient tourmenté la surface, ont pris peu à peu cette stabilité et cette régularité, qui ont surtout caractérisé la période historique.
Cette septième époque est donc la véritable époque du repos de l'univers et de la terre, ainsi que de leur auteur. C'est elle qui a vu cesser ces violents bouleversements qui ont hérissé nos continents de chaînes des montagnes aussi étendues qu'élevées , en même temps qu'elle a vu la vie se maintenir dans des limites fixes et ne plus changer tout-à-coup d'une manière aussi brusque que complète
Les mers rentrées depuis lors dans leurs bassins respectifs, n'ont plus abandonné sur leurs rivages les restes des animaux qu'elles avaient nourris, et leurs habitants n'ont plus vu leur vie tour à tour compromise et encore moins anéantie.
L'abaissement de la température centrale , cause de la mort d'un si gr and nombre d'espèces vivantes pendant les temps géologiques , est aussi parvenu à cette époque, à un terme où il
a été à peu près sans action sur la température de la surface de la terre. Dés- lors, les effets de cette chaleur centrale,, ainsi restreints par rapport à la cliniature générale du globe, n'ont plus, comme par le passé, anéanti les créations nouvelles, pour lors enharmonie, avec des influences qu'elles n'avaient plus à redouter.
Ces causes des modifications continuelles pour la terre, ainsi rentrées dans des bornes qu'elles n'ont plus dépassé, toutes celles qui étaient plus ou moins sous leur dépendance, ont diminué en même temps d'intensité. Ainsi les dépôts de sédiment, produits avec tant d'abondance aux diverses époques géologiques , et dans lesquels , nous découvrons tant de débris de la vie des temps d'autrefois ont à peine opéré depuis lors des couches de quelques pieds d'étendue.
Aussi nous les voyons restreints à des dépôts d'attérissement, lesquels ont plus ou moins élevé le fond des fleuves qui les charrient, ou couvert de limons plus ou moins fertiles , les plaines placées au-dessous de grands courants d'eau.
Mais là s'est bornée toute leur influence. Sans doute, ces mêmes dépôts dont, partie continuellement entraînée dans le bassin des mers , y forment des couches d'eau douce, analogues à celles des terrains géologiques, doivent par cela même élever le niveau du fond du bassin des
mers. Mais cette action , quoique constante, est si faible relativement à la grandeur de ces mêmes bassins, qu'elle n'a pu encore être appréciée.
L'action actuelle des eaux courantes, se borne donc, en quelque sorte au nivellement de la surface du globe ; c'est aussi à une action pareille , que se réduisent les effets des mers sur nos continents. Leurs eaux sapent par leur base , les côtes escarpées qui s'élèvent au-dessus de leur niveau, et l'effort de leurs vagues les nivelle ainsi peu à peu. D'un autre côté, ces mêmes eaux jettent sur les côtes basses , une partie des sables , qu'elles ont formés dans leur sein. Elles tendent ainsi continuellement à les mettre de niveau , avec les parties plus élevées qui les avoisinent. Enfin l'action des agents extérieurs aussi bien que celle des eaux terrestres produisent des effets à peu prés semblables, en opérant ces ébou ■ lements et ces affaissements si fréquents dans les lieux, dont la pente est rapide et la hauteur considérable.
C'est encore souvent de pareils résultats que produisent les phénomènes perturbateurs, dont la fréquence et l'étendue ont cependant considérablement diminué depuis la même époque, comme par exemple, les tremblements de terre jadis si nombreux et si terribles. En disloquant le sol, sur lequel ilsagissent, ces secousses intérieures opèrent
plutôtdes affaissements que des soulèvements. Les derniers ne sont plus guère produits à l'époque actuelle, que par l'action volcanique elle-même , reste de cette chaleur ardente qui, dans le principe des choses, a non-seulement animé le centre de la terre , mais sa croûte aujourd'hui oxydée et à peu près complètement solidifiée.
Les volcans, terribles et brillants phénomènes dus à l'action de l'intérieur de notre planète sur sa surface en partie durcie, ont eux-mêmes, comme touslesautres phénomènes perturbateurs, diminué dans leur nombre et leur intensité, depuis l'époque où le globe a pris son état de stabilité, caractère le plus remarquable de l'époque actuelle. Comparez le nombre de ces fournaises brûlantes qui ont lancé leurs feux dans les temps géologiques, avec celui des volcans brûlants, et vous serez frappé du nombre considérable de ces anciens foyers, dont les feux sont aussi amortis que ceux, qui dans l'origine, ont enflammé la surface de notre planète.
C'est donc vers un avenir de paix et de stabilité qu'a tendu le globe depuis cette époque et par suite de ce refroidissement intérieur de notre planète, la vie n'a plus à craindre d'être troublée à sa surface. Il y a plus, cette circonstance a été elle-même la plus favorable au développement de la vie et de ses merveilles.
En effet, par suite de la solidification de l'écorce du globe, tous les phénomènes perturbateurs } tels que les tremblements de terre , les soulèvements, les affaissements , et les actions volcaniques y sont devenus beaucoup plus rares, qu'aux premières époques, où le globe a été habité. Toutes ces causes de perturbation ne se renouvelant plus , la vie ne sera plus désormais troublée , comme elle Ta été à tant de reprises différentes. D'un autre côté, la chaleur qui se fait sentir à la surface de la terre, est devenue indépendante des feux souterrains. Du moins , ces feux ne s'y font sentir que pour un trentième degré, et lors même qu'ils viendraient à s'éteindre complètement, la température moyenne de notre planète ne pourrait être affectée que de la diminution de cette fraction de degré , valeur trop faible , pour exercer quelque influence sur les êtres vivants.
Aussi la surface de la terre est-elle arrivée à un équilibre dans sa température, qui ne dépend plus que de deux causes principales, le soleil et l'atmosphère, et enfin au rayonnement des astres stella ires dont les variations se maintiennent dans un tel état d'équilibre, que la vie n'a plus rien à redouter de leur influence.
Depuis cette époque, les espèces vivantes qui animent cette terre n ont donc plus vu Leur sort
dépendre fatalement de l'inconstance et des variations des climats. En effet, dès l'apparition de l'homme, les climats terrestres devenus fixes et constants ont maintenu toutes les causes dans une harmonie et une stabilité presque merveilleuse. Sa présence parmi les êtres vivants a été en quelque sorte une promesse envoyée par le Créateur, que l'ordre naturel ne serait plus troublé, et que chaque espèce, pourrait désormais se développer et fleurir en paix, dans le lieu qui lui a été assigné.
Bénie soit donc cette puissance tutélaire , qui a fait concourir l'avènement de l'homme sur la terre , avec l'époque où celle-ci pacifiée a reçu sa température définitive, ainsi que de nouvelles créations, qui comme leur dominateur, dureront probablement autant, que Tordre des choses établies.
Si nous portons maintenant nos regards sur les restes, soit fossiles soit humatiles des corps organisés) et sur les dépots de sédiment dans les- , quels ils sont ensevelis , il est facile de reconnaître que ces dépôts , et les êtres dont ils renferment les débris étaient complètement terminés , lorsque l'homme a paru sur la surface de la terre. Depuis lors en effet, aucune création nouvelle n'a été produite, et le globe a tendu d une manière constante vers l'état de stabilité auquel
il est maintenant arrivé.
Cependant un événement remarquable est venu troubler quelques instants celte stabilité et cette harmonie qui existent entre toutes les choses créées. Cet événement rappelé par les traditions et les annales de tous les peuples qui en ont universellement gardé le souvenir , est également confirmé par les faits géologiques les plus évidents et les moins contestables. Du moins, les recherches les plus exactes et les plus récentes, ont démontré un accord remarquable entre les faits physiques et les vieilles traditions des peuples.
Ainsi le déluge de Noé décrit par Moïse , est probablement le même, que celui d'Oygès , dont la date s'accorde tellement avec une de celles qui ont été attribuées au déluge admis par les Hébreux, qu'il est difficile de supposer que cette date ne dérive pas de la même source. Il paraît en être de même de celui de Deucalion , 'qui n'est qu'une tradition de ce même cataclysme , tradition altérée et fixée par les Hellènes , à l'époque où ils plaçaient aussi leur Deucalion. Comment ne pas en voir une nouvelle preuve dans le fait qu'admettent les Atlantes , de l'engloutissement par l'effet d'un déluge d'une grande terre nommée Atlantide?
On en retrouve également des traces chez les Egyptiens qui ont supposé qu'à l'époque où
Osiris était occupé à instruire les hommes eu Ethiopie,, le Nil aurait débordé aux approches du solstice, et inondé en entier la vaste plaine qu'il
parcourt. Tous les hommes auraient donc péri par l'effet de ce déluge, sans la main puissante d'Hercule, qui seule put arrêter les eaux en élevant des digues, et sauver ainsi une partie du genre humain. Il paraîtrait même, au dire d'Albumassar cité par Mutardi , que, d'après deux anciens livres égyptiens, le monde aurait été renouvelé après le déluge, lorsque le soleil était au premier degré du Bélier et Régulus dans le colure du solstice. Ce fut également pour venger la mort du premieT Bacchus qui avait succombé sous les coups des Titans, que Jupiter aurait embrasé le monde, embrasement suivi d'un déluge effroyable , dont le poète Nonnus (chant VI , vers 230) nous a conservé toutes les circonstances.
Les mêmes traditions que Moïse a rapportées dans la Genèse , semblent s'être conservées , mais avec des altérations plus ou moins grandes, parmi les Babyloniens, dont la capitale avait été fondée avant Abraham.
Ainsi, leur Syncelle nous a fait connaître un passage deBérose et un autre d'Alexandre Polyhistor, d'après lesquels il y aurait eu dix rois, qui auraient régné pendant 120 sares avant le déluge
de Xisithrus. Ces 120 sares de la durée des dix générations antérieures à ce déluge, évalués par Bérose à 2,220 ans lunaires simples ou à 2,160 ans intercalés, s'accordent assez bien à 1 époque à laquelle paraît avoir eu lieu le déluge de Noé. Du moins d â*près les Septante , ce cataclysme dont nous trouvons tant de traditions chez des peuples qui diffèrent autant par leur origine que par leur langage, se rapporterait à 2,256 ou 2,262 années après l'apparition de l'homme sur la terre, ce qui différerait peu de l'appréciation que Suidas a donnée à l'évaluation des sares. Un pareil accord est réellement remarquable , à moins que Ton ne suppose qu'ils tirent tous leur origine d'une même source.
Un fait non moins singulier c'est l'accord que l'on trouve entre les différentes traditions, relativement à la violence de ce cataclysme. Ainsi d'une part, d'après le récit que le Boundehesch ôu la cosmogonie des Persans, nous fait du déluge, il aurait été occasionné par une pluie qui aurait duré dix jours et dix nuits ; tandis que les Indiens dans leurs exagérations fantastiques, lui auraient donné une durée de 120 ans, 7 mois et 3 joui s. Ils supposèrent également dans leurs allégories, que Wistnou aurait apparu sous la forme d'un poisson à Satiavidaremou Satyavrata, roi de Dawaram , et lui aurait annoncé que le
m imde allait finir par un déluge. Ce roi de Dawaram muni d'une barque que dans sa bonté infinie Wistnou lui aurait envoyée, se serait seul sauvé avec six autres hommes et une femme, sur une montagne située vers le nord. Enfin d'après cette même cosmogonie, le déluge qui aurait entièrement couvert la terre d'eau, serait arrivé il y a environ 21,000 ans.
Les idées des anciens Perses étaient bien différentes; car d'après leur cosmogonie, ouvrage du temps des Sassanides, et qui paraît avoir été extrait ou traduit d'ouvrages plus anciens , la durée du monde ne devait être que de douze mille ans, et il était bien nouveau lors du déluge.
A part la première de ces dates, laquelle semble tout-à-fait fausse, les autres circonstances relatées dans le Bagavadan , un des dix-huit Pouraman ou histoire sacrée des Indiens , sont à peu près les mêmes que celles racontées par Moïse. En effet Vischnou envoie un bâtiment à Satyavrata, comme Dieu prescrit à Noé de construire une arche , aûn de s'y enfermer avec tous les êtres nécessaires à la reproduction de leurs espèces, ou, comme ledit le Bagavadan, pour une nouvelle production dans le renouvellement du monde. D'après cette dernière cosmogonie , ce fut vers la fin du septième jour que les cataractes des cieux s'ouvrirent et que les nuées déchar-
gèrent une pluie si abondante , que la mer et la terre se trouvèrent de niveau. Le bâtiment fut porté au dessus des eaux, et lorsqu'elles furent totalement écoulées , Satyavrata et ses compagnons en sortirent, et adorèrent Wischnou. Bientôt après Brahna recommença à peupler le monde et à renouveler le genre humain.
Ainsi le Santiaviraden des Indiens nommé aussi Sizatadewen ou Waivassouden joue dans le Bagavadan le même rôle que Noé dans la Genèse, et il y a entre ces deux personnages une conformité réellement remarquable.
Nous avons déjà vu que de pareilles idées régnaient en Chaldée du temps de Bérose qui écri* vait à Babylone sous Alexandre. Cet écrivain parle du déluge avec des circonstances tellement . semblables à celles de Moïse , que son récit paraît avoir été tiré de la même source , et nous avons vu combien l'époque à laquelle il la placé, c'est-à-dire , immédiatement avant Bélus , père de Ninus, s'accorde avec celle que donne la Genèse. Du reste, Hiéronime et Nicolas de Damas ont également fait mention de ce grand événement. 11 en est encore de même des anciens Arméniens, parmi lesquels Mosis Choronensis nous a laissé une description du déluge dans son histoire de l'Arménie. Il y a plus , les auteurs arméniens du moyen âge s'accordent à peu près avec le texte de la Genèse, lorsqu'ils font remonter
le déluge â 4,916 ans. Du reste, ces peuples si nouveaux relativement aux Hébreux, ont probablement reçu leurs idées chronologiques de ces derniers peuples; et leurs traditions se trouvent par cela même d'accord avec celles de la Genèse. Ainsi non seulement la tradition du déluge existait en Arménie , bien avant la conversion des habitants au christianisme ; mais les Arméniens avaient sur sa date les mêmes idées que les Hébreux.
De pareilles croyances régnaient également chez les Arabes , les Turcs , les Mongoles et les Abyssins. Leurs anciens livres, si jamais ces peuples en ont eu, sont totalement perdus; Aussi n'ont-ils d'autre histoire que celle qu'ils se sont faite récemment, et qu'ils ont modelée sur la Bible; ce que ces peuples disent du déluge est donc emprunté de la Genèse et n'ajoute rien à son authenticité.
Nous trouvons égalementdes traces de la même croyance chez toutes les nations que nous pouvons interroger. Ainsi les Banians bous disent que le déluge universel a été la fin de la première période ou du premier âge du monde, tandis que les Siamois veulent nous faire croire dans leur style métaphorique, à la submersion de la terre entière par une grande eau, qui sortit en abondance des cheveux de leur mauvais génie Théreaf.
D'après ces peuples, comme d'après toutes les nations qui ont conservé le souvenir de ce grand événement, le déluge aurait été la suite de la désobéissance des hommes envers la divinité. Ce serait en effet d'après eux , sur le refus obstiné , que le génie du mal ou Théreaf fit d'adorer Sammonocodon ou la Divinité suprême, que la Déesse protectrice de la terre, irritée de son endurcissement, aurait fait sortir de ses cheveux les eaux abondantes qui auraient submergé le genre humain. Comment ne pas voir dans ces idées une trace de celles qui sont écrites dans la Bible ou la désobéissance envers Dieu paraît avoir été la cause de l'anéantissement des premiers hommes et celle du renouvellement du genre humain ?
Mais poursuivons, et voyons si nous ne trouverons pas également des notions de ce grand cataclysme chez les peuples qui habitent au delà des déserts de la grande Tarlarie.
Les Chinois , si différents de nous par leurs institutions et leurs procédés , autant peut-être que par leur figure et leur tempérament, admettent aussi un déluge. Ils en font à peu près remonter la date à la même époque que nous. Leur Chouking, ou leur plus ancien livre, que I on suppose avoir été rédigé par Confucius, avec des lambeaux d'ouvrages antérieurs, commence l'histoire de la Chine par uq empereur nommé Yao ,
qu'il nous représente occupé à faire écouler les eaux qui couvraient la plus grande partie de la surface de la terre. D après les uns, cet empereur aurait vécu quatre mille cent soixante- trois ans avant l'époque actuelle et selon les autres, seulement trois mille neuf cent quarante-trois ans avant la rnême époque. Du reste, la variété des opinions à cet égard va même jusqu'à deux cent quatre-vingt-quatre années; mais la date qui paraît la plus probable fixerait celle de la vie de cet empereur à Tan 2,36S avant l'ère chrétienne, ce qui la ferait remonter à 4,199 antérieurement aux temps actuels.
Les Chinois avaient même institué une fête en commémoration de la mort des hommes qui
avaient succombé lors du déluge. Cette fête célébrée également par les Japonais vers la fin du
mois d'août, avait le même- but comme la même origine. Aussi les détails des cérémonies que l'on y célébrait sont trop semblables pour ne pas dériver d'une même source, en même-temps qu'ils annoncent combien le souvenir du déluge s'était perpétué chez ces différents peuples.
Les nations dont l'origine paraît encore plus récente, en ont également conservé la mémoire. Ainsi les Kalmoucs paraissent persuadés que le premier âge du monde a été terminé par une très grosse pluie et une violente inondation. De même,
à en croire les Scandinaves, le géant Ymusayant été tué, il coula de ses larges et profondes blessures, une si grande abondance de sang, que le genre humain fut submergé.
Un homme, qu'ils désignent sous le nom de Belgemer, fut avec sa famille, le seul sauvé, et cela parce que, d'après Tordre de la divinité, il s'était réfugié sur un gros bateau.
Les traditions des Celtes semblent encore plus explicites sur ce grand événement historique. D'après eux, comme d'après les peuples les plus anciens, le déluge aurait détruit l'universalité du genre humain, à l'exception pourtant de Dwivan et dé Dwivach. Ceux-ci auraient seuls échappé à ce danger,ayant construit à l'avance un vaisseau sans voiles dans lequel ils auraient placé un individu mâle et femelle de tous les animaux qui existaient à peu près comme ce que nous apprend la Genèse.
Les Américains,qui n'avaient point de véritable écriture, et dont les traditions remontent à une époque peu éloignée de nous, nous montrent également dans leurs grossiers hyéroglyphes une trace d'un déluge. Ces peuples si nouveaux et qui semblent provenir du mélange de la race blanche et de la race jaune, ont cependant leur Noé ou leurDeucalion, comme les Indiens, les Babyloniens et les Grecs.
On ne doit donc pas sélonner, de voir la vénération' que les Péruviens paraissent avoir longtemps conservée pour Farc-en-ciel, signe manifeste pour eux de la cessation à jamais de ces terribles inondations qui avaient produit le déluge^). Aussi les anciens Incas, lors de leur con-
(i) Cette idée des anciens Péruviens est loin d'être aussi déraisonnable qu'on pourrait le supposer au premier aperçu ; du moins est-il extrêmement probable que dans l'état actuel des choses , la quantité de la vapeur d'eau qui existe dans l'atmosphère n'est pas assez considérable pour occasionner sur la surface de la terre un cataclysme pareil à celui dont les dépôts diluviens nous attestent la réalité. En effet, si cette vapeur venait à se précipiter eu entier et dans jlc même moment, elle produirait seulement sur la surface du globe terrestre , une lame d'eau d'une épaisseur de 9 centimètres, ou 3 pouces 25. Cette faible épaisseur annonce, d'une part, que la vapeur d'eau qui se trouve dans l'atmosphère y est continuellement entretenue par 1 evaporation ; et , de l'autre, que si sa quantité ne vient point à changer, des cataclysmes considérables et analogues au déluge historique sont désormais à-peu-près impossibles. Pour qu'ils pussent s'opérer , de manière à produire des effets pareils à ceux qui ont dispersé sur la surface de la terre les dépôts diluviens , il faudrait que les causes actuellement agissantes ne se maintinssent plus dans cette stabilité et cet équilibre, dont elles ne paraissent pas s'être écartées depuis les temps historiques, changement que rien, dans notre monde actuel , ne saurait nous faire présumer.
Ainsi donc , ce n'est pas sans raison que les anciens Péruviens se sont confiés sur l'apparition de l'arc-eu-ciel, comme un signe évident du calme imprimé par une main tûtélaire aux éléments primitivement en désordre. Lorsqu'on creuse
quête du Pérou, cherchèrent-ils à persuader aux peuples, dont ils devinrent les maîtres absolus , que depuisje déluge universel, dont le souvenir s'était conservé parmi les Indiens, le monde avait été repeuplé par leurs ancêtres. Ainsi, à les entendre, leurs aïeux sortis au nombre de sept, de la caverne de Pacaritambo, auraient seuls perpétué la race humaine ; dès lors, tous les hommes leur devaient hommage et obéissance, et ces idées ne les ont pas peu favorisés dans la conquête du Pérou.
Des idées analogues se sont également perpétuées dans toutes les parties de l'Amérique et particulièrement au Mexique et au Brésil.
Ainsi les premiers, comme presque toutes les nations de l'antiquité divisaient la durée du
monde en quatre âges. Le premier commençait à la création de la terre et finissait au déluge. Les Mexicains le nommaient-ils Atonatiuh, ou l'âge de Teau. Il est difficile, en lisant dans Clavigero, les détails de cet événement, tel que les Mexicains
ces idées natives des premiers peuples , on est souvent frappé de leur justesse. Le lecteur pourra juger ce qu'il en est de celles que nous venons de rappeler, émises par un des peuples les plus anciens , qui habitent un continent si nouveau, et où les traces du grand cataclysme qui a ravagé la partie la plus superficielle de notre planète, sont peut-être moins effacées qu'ailleurs.
le racontaient, de ne pas reconnaître la plus grande conformité entre ce récit et les rapports historiques que la Genèse nous a conservés. D'un autre coté, le souvenir de cette grande inondation s'était également perpétué chez toutes les autres peuplades du nouveau monde.
Ainsi, d'après les traditions des Toltèques, un fameux astronome nommé Huetmatzin, aurait tenu avec la permission du souverain une assemblée de notables composée des hommes les plus sages et les plus savants du royaume, à l'effet de recueillir les divers documents historiques qui existaient sur leur origine. Cette assemblée aurait eu Heu sous le règne de Ixtalchahuac, vers Tan 660 de notre ère, et dans son sein aurait été formé un recueil de tableaux appelés Téomoxtii ou livre divin, dans lequel on avait représenté en figures très intelligibles l'origine et la dispersion des Toltèques après le déluge. De même les Mistèques et les Zapotèques faisaient remonter leur origine, au moyen de leurs tableaux historiques à la création du monde. Ces tableaux parlaient d'un déluge universel et de la confusion des langues qui l'avait suivi, événements qu'ils avaient entremêlés d'un grand nombre de fables et de récits plus ou m'oins merveilleux.
Dans leurs traditions, les Chiapanèses préten-
daient également descendre de Voltan, petit fils du seul homme qui avait échappé au déluge universel. De pareilles idées régnaient également chez les habitants de la Floride. D après ces peuples, le soleil ayant retardé sa course d'environ vingt-quatre heures, les eaux du lac Théomi débordèrent avec tant d'abondance que les sommets des plus hautes montagnes en furent couverts. Le soleil en garantit cependant une seule nommée Dolalœmai, et il n'y eut de sauvés que les hommes qui purent en atteindre le sommet.
Ce souvenir d'un déluge est si fort empreint dans l'esprit de ces diverses peuplades qu'un des Indiens de Cuba apostropha Gabriel de Cabréra en lui disant, pourquoi me grondes-tu ? Ne sommes-nous pas tous frères et ne descends-tu pas comme moi, de celui qui construisit le grand vaisseau qui sauva notre race? Aussi les Achagua, dont faisait partie cet Indien, désignent-ils le déluge par l'expression de Catenanemon, qui signifie proprement la submersion générale du grand lac. Enfin, d'après les Iroquois , un homme, grand chasseur, qu'ils désignent sous le nom de Messou, aurait repeuplé le genre humain après le déluge qui l'aurait anéanti.
A les en croire, ce Messou étant à la chasse aurait perdu ses chiens dans un grand lac qui aurait débordé et couvert de ses eaux la surface
de la terre. Resté seul après ce violent déluge, Messou serait parvenu à repeupler la terre, et à l'aide des animaux qui s'étaient échappés avec lui,, il aurait réussi à propager leurs races.
Nous trouvons encore des traditions analogues chez les sauvages de l'Amérique septentrionale, qui admettent même comme toutes les anciennes croyances traditionnelles , que les animaux ont paru sur la terre avant la création de l'homme. Ces sauvages supposent, ainsi que nous l'apprend Constant d'Orville, qu'après le déluge, Michapoux aurait créé les animaux qui se multiplièrent bientôt d'une manière prodigieuse, et à tel point qu'ils se firent la guerre et se dévorèrent les uns les autres. Michapoux s' estant emparé des cadavres des animaux morts dans cette lutte terrible, à l'aide de son pouvoir divin, il les façonna et en fit des hommes. 11 est aisé déjuger que, dans ces différents récits, plusieurs idées communes régnent à peu-près généralement, quels que soient l'origine, les mœurs et la date des nations qui nous les ont transmis.
L'idée la plus générale est donc celle d'une inondation assez considérable pour avoir occasionné la perte du genre humain. A cette idée fondamentale, sur laquelle reposent toutes ces croyances, vient se joindre le renouvellement du genre humain dû à un seul homme échappé avec sa fa-
mille soit dans un bâtiment, soit dans un vaisseau, qui, flottant au-dessus des eaux amoncelées, aurait toujours dominé les plus grandes élévations. D'un autre côté, les traditions qui ne parlent point d'arche, de bâtiment, ni même de vaisseau , font perpétuer le genre humain au moyen d'un homme conduit par la main divine sur le sommet d une montagne dont les eaux n'avaient pu atteindre la cime.
Enfin un assez grand nombre de cosmogonies, ou si l'on veut de ces traditions historiques, ont admis, comme celles qui se sont conservées chez les sauvages de l'Amérique septentrionale, que les animaux ont été créés avant les hommes.
Telles sont les idées les plus communes et les plus généralement répandues chez les peuples qui ont conservé le souvenir du déluge et du renouvellement du genre humain.
Une pareille conformité entre des nations si différentes par leurs mœurs., leurs, langages et les pays qu'elles habitent, est non seulement un témoignage de la réalité du déluge ; mais encore une sorte de preuve que toutes ces traditions dérivent d'une même source et, ont une même origine; cette origine doit être la même que celle du livre le plus ancien qui nous a transmis l'histoire d'un événement, sur lequel s'accordent toutes les croyances.
Après les preuves fournies par ces divers récits sur un cataclysme, dont les faits physiques nous démontrent assez l'existence, en demanderons-nous à des peuples plus nouveaux; et par exemple à ces Lapons, qui, confinés près des glaces du pôle, semblent moins que tout autre peuple, propres à nous répondre. Cependant si nous les interrogeons, ils nous diront qu'avant l'époque où Dieu submergea la terre , elle était entièrement habitée, idée à peu près semblable à celles que nous avons trouvées chez toutes les autres nations.
Enfin, si nous leur demandons comment eut lieu cette submersion générale, ils nous répondront que le globe fut inondé par les fleuves et les mers qui sortirent de leurs lits et en inondèrent la surface. Le genre humain aurait sans doute péri , mais Dieu dans sa bonté infinie prit un frère et une sœur sous sa main puissante et les transporta sur la montagne de Passeware. Les eaux écoulées, ces deux enfants se séparèrent, voulant s assurer s'il n'était pas resté d'autres hommes dans le monde. S'étant rencontrés trois ans^ après, ils se reconnurent et ne voulurent point perpétuer le genre humain, sachant qu'ils étaient frère et sœur ; ils se quittèrent donc de nouveau, et après un second voyage de trois ans, ils se rencontrèrent encore. Ce ne fut cependant
qu'après une troisième séparation qui dura environ trois années, qu'ils se revirent sans »e reconnaître, et devinrent ainsi la souche des hommes qui depuis lors, ont couvert la terre de leurs nombreuses tribus.
Si nous demandons aux Guèbres leupfr -opinions au sujet du déluge , ils nous répondront que ce cataclysme est arrivé par suite de la colère de Dieu irrité contre les hommes séduits par les funestes sujestions du démon. Aussi Dieu épargna une seule famille sourde aux perfides conseils du génie du mal ; celte famille ayant trouvé grâce devant le Seigneur, renouvela plus tard le genre humain.
Les Turcs, les Persans et les Arabes avaient tous les mêmes idées, et considéraient la fin des dix générations antérieures au déluge ou des dix premiers jours, comme l'époque à laquelle cet événement avait eu lieu. Ils appelaient même ce cataclysme , l'éruption du four de Capha, ville d'Arabie, et cela parce qu'ils supposaient que les eaux qui l'avaient produit étaient sortis du four d'une pauvre veuve de cette bourgade.
Aussi la fête que les Arabes antérieurs à Mahomet, célébraient les premiers jours de l'année , au mois de moharran, était-elle nommée Aschour ou les dix jours. Les dix premières nuits étaient également très saintes aux yeux des mahométans,
et dans l'alcoran au chapitre de l'aurore , Dieu jure par ces dix nuits, comme dans la mythologie grecque Jupiter par le Styx. Enfin les Turcs consacrent également la même époque, au jeûne et à la prière et la considèrent comme un temps pendant lequel Dieu exerce ses jugements.
Telle est l'histoire sommaire des traditions des différents peuples qui nous ont conservé le souvenir de ce cataclysme qui a ravagé la plus grande partie de la terre, traditions qui s'accordent assez hien avec ce que les faits physiques nous en apprennent. Si ces traditions sont d'accord sur l'ensemble des circonstances de ce grand événement, on peut se demander, s'il en est de même de l'époque à laquelle ces traditions les rapportent.
D'abord d'après les Hébreux , dix générations s'étaient écoulées avant le déluge et cette opinion a été partagée par les Tyriens qui admettaient le règne de dix rois avant ce grand événement. Les mêmes idées existaient à Babylonne où l'on comptait jusqu'à dix rois qui avaient gouverné la Babylonie pendant 120 sares ou environ 2,1 GO ans avant que le déluge eût ravagé la terre. EnGn, d'après les livres sibyllins, il y aurait eu environ dix siècles entre la création et le déluge , espace de temps que ces
livres disent avoir été partagés en sept âges. Des
traditions analogues paraissent avoir été aussi adoptées par les Ghaldéens ; ceux-ci admettaient dix généra tionsavant le déluge,c'est-a-dire, depuis Alorus l'Adam des Hébreux jusqu'à XUuthrus leur Noé ou l'homme qui, par la permission de la divinité, aurait échappé seul au déluge.
Les Atlantes supposaient de même que dix rois avaient régné sur leur patrie , avant le Cataclysme qui la ravagea ; cependant Platon dans son dialogue de Ctésias , prétend que les dieux s'étant partagé la terre, Neptune eut dans le lot que le sort lui donna l'île Atlantique. Ayant vi sité cette île , le dieu y trouva un seul homme Evenor, lequel y habitait avec sa femme Leucippe et sa fille Clito. Neptune étant devenu amoureux de cette jeune fille , l'aurait épousée et en aurait eu une postérité nombreuse. Par suite de son union avec Clito , il aurait eu cinq couples d'enfants mâles et jumeaux entre lesquels il aurait partagé l'Atlantide dont ils furent les premiers rois. A en croire Platon et les auteurs auxquels il a emprunté son récit, ces dix princes auraient été tous contemporains. Cette supposition est trop contraire aux idées généralement adoptées , pour ne point supposer que Platon a confondu les dix premiers rois et les dix générations successives dont ils faisaient partie comme contemporains et fils de Neptune.
Du moins voyons-nous les Orientaux compter dix Solimans ou dix premiers rois qui auraient régné d>ns le monde avant le déluge. A Ja vérité, on fera peut-être 'observer que d'Herbelot ne porte cette lisje qu'à neuf , nombre inférieur à çelui que donnent les autres documents historiques. Mais Caherman-Castel a répondu d'une manière victorieuse à cette objection. Il existe y nous dit-il , dans le pays de Schadoujriam une colonne d'une grosseur extraordinaire, posée sur une base, laquelle porte une inscription en caractères biblianiques , sur laquelle on lit : » Je suis Soliman Hakki. Or,d'Herbelotn'a pas connu ce Soliman , et, en ajoutant ce prince à sa liste des neuf rois qu'il a mentionnés, on arrive au nombre dix, sur lequel s'accordent toutes les traditions.
Nous voyons du moins que les Indiens admettaient dix avantaras ou métamorphoses de la Divinité depuis la création jusqu'au déluge. De même les Chinois comptent jusqu'à neuf générations de Patriarches, dont ils indiquent les noms et les aventures entre Hoang-ti ou leur Adam et Chun. Or, Chun ayant été contemporain d'Yao, roi sous lequel est arrivé le déluge, il en résulte que les Chinois comptent également dix générations entre l'apparition du premier homme et l'inondation générale de là terre. Il y
a d'autant moins de doute à cet égard , que les livres de la Chine nous dépeignent ce Chu u occupé comme Yao , à reparer les maux produits par les eaux du déluge.
Ainsi d'un concert unanime., toutes les histoires, comme toutes les traditions que nous pouvons interroger, nous attestent la réalité d'un grand cataclysme , et, chose non moins remarquable , toutes la fixent à peu près à la même époque.
Voyons maintenant dans quels termes Moïse décrit ce grand événement, dans ce livre que nous avons trouvé jusqu'à présent d'accord avec les faits reconnus par nos sciences physiques encore si nouvelles. Voici ce que nous lisons dans le chapitre VII de la Genèse.
» Les sources du grand abîme des eaux furent » rompues et les cataractes du ciel furent ouvertes;
» La pluie tomba sur la terre pendantquarante » jours et quarante nuits ;
» Le déluge se répandit sur la terre pendant » quarante jours et les eaux s'étant accruesjnony> dèrent et couvrirent la surface de la terre ; mais » l'Arche était portée sur les eaux ;
» Les eaux crûrent et grossirent beaucoup au- » dessus de la terre ;
» Toutes les hautes montagnes qui sont sous » les cieux furent couvertes \
« L'eau ayant gagné le sommet des montagnes * s'éleva de quinze coudées plus haut.
» Tous les animaux et tous les hommes péri- » rent , il ne resta que Noé et ceux qui étaient » avec lui dans l'Arche.»
Il résulte de jce récit , qu'à une époque fixée par Moïse , la terre fut ravagée par un violent cataclysme, qui, d'après lui, aurait été général , au point de couvrir d'eau les montagnes les plus élevées et d'anéantir tous les êtres vivants. Ce même cataclysme aurait été suivi du renouvellement complet du genre humain f auquel Dieu aurait fait la promesse que « tant que la terre » durerait, la semence et la moisson ; le froid et » le chaud ; l'été et l'hiver; la nuit et le jour ne » cesseraient point de s'entre-suivre. »
Sans doute, il se peut que la terre ait été ravagée par plusieurs cataclysmes ; mais du moins est-il certain que celui dont la Genèse nous a conservé le souvenir a été plus considérable que tous les autres.
L'on se demandera peut-être , si les faits physiques annoncent que ce grand cataclysme ait été assez général pour avoir couvert la surface de la terre et atteint le sommet des plus hautes montagnes (1).
(1) Du reste, une observation essentielle à faire à l'égard de Moïse eomme à l'égard de tous les anciens écrivains ,
Si nous devons prendre le récit de l'écrivain sacré à la lettre , il paraîtra ici en opposition avec les faits les plus constants et les mieux démontrés. Les dépôts diluviens loin d'être disséminés sur les plus hautes montagnes ne dépassent jamais 3,000 ou 4,000 métrés au plus. À la Vérité ces dépôts résultant de l'action des eaux courantes peuvent bien ne pas se montrer vers leurs points de départ et recouvrir uniquement les points les plus abaissés de la surface occidentée du globe; à peu prés comme dans les temps présens, nous n'observons souvent aucune trace des plus violentes inondations sur les montagnes mêmes d'où elles sont parties (1).
c'est que, lorsqu'ils parlent de la totalité de la terre , ils entendent par là désigner uniquement la partie du globe qui était pour lors connue et habitée de leur temps.
(1) On pourrait observer du reste que la dispersion des blocs erratiques attribuée par un graud nombre de géologues à un cataclysme, prouve l'action des eaux sur les sommets élevés. En adoptant cette opinion , il ne s'agirait plus que de déterminer si cette dispersion a eu réellement lieu a l'époque du déluge historique ou à toute autre époque.
Ce cataclysme a eu évidemment une plus grande universalité , et a été produit par une action bien plus violente que les autres cataclysmes qui ont accompagné chaque révolution géologique; dès-lors il semble que la dispersion des blocs erratiques qui annonce une action bien puissante a été plutôt l'effet de ce déluge que de tout autre.
L'absence de tout débris humain dans les dépôts qu'il a
Sans doute ces effets ont dû aussi bien se
produire dans les temps géologiques , que dans
les temps actuels ; mais ce qui semble prouver que le déluge dont parle Moïse n'a pas eu la
généralité qu'il lui a supposée , c'est que certaines contrées n'offrent presque point de traces de dépôts diluviens. o
Telles sont les objections que Ton peut faire à cette interprétation d une partie du récit de la Genèse, et nous sommes loin de dissimuler combien elles sont graves et puissantes. Mais ces objections, quelle qu'en soit la force, ne peuventelles pas être singulièrement affaiblies par dea observations puisées dans la Genèse elle-même? c'est ce qu'il convient d examiner.
La première remarque que nous ferons à cet égard , tiendra au récit lui-même , qui semble ici empreint de cette exagération métaphorique si commune et si familière au langage oriental.
laisses n'est pas une preuve du contraire j car la presque totalité des dépôts diluviens de notre patrie en est aussi privée , à Texeeption pourtant de ces dépôts qui ont été en* traînés dans les cavités souterraines. D'ailleurs, d'après la Genèse, les hommes ne s'étaient point encore dispersés lors de la formation de ces dépôts. Dès-lors l'on ne saurait trouver des traces de l'espèce humaine dans des lieux qui n'étaient point habités; quoi qu'il en soit, les blocs erratiques n'en prouvent pas moins que des eaux abondantes et violentes ont exercé jadis leur action sur les lieux les plus élevés de la surface du globe.
En effet, comment Moïse pouvait-il dire que les eaux s'élevèrent de quinze coudées au-dessus du sommet de toutes les montagnes, lorsque de son temps, l'on ne connaissait guère qu'une petite portion de la terre, et qu'il ne pouvait pas parler des montagnes qui ne lui étaient pas même connues? Aussi, en méditant sur l'ensemble de ce
récit, on est bientôt convaincu, que tout ce que ce législateur a voulu dire , c'est que les eaux couvrirent tous les lieux habités, même les plus élevés, de manière à engloutir en entier Y espèce humai ne à l'exception de ceux que Dieu avait . voulu épargner. Or, pour le législateur des Hébreux , ce qu'il y avait de grand et d'important dans ce cataclysme , c'était la destruction à peu près complète du genre humain qui en avait été la suite et la conséquence nécessaires. Quant à l'élévation plus ou moins grande des eaux qui avaient occasionné ce cataclysme, elle ne lui importait que dans ce sens, que leur hauteur eût été supérieure à tous les points habités par l'homme ; c'est là le fait essentiel, le fait unique, qu'il faut prendre dans son récit , et ne voir dans tout le reste qu'une de ces brillantes métaphores si communes dans le langage oriental et dont l'auteur de la Genèse ne pouvait pas toujours être exempt.
Or , la destruction du genre humain et le renouvellement de l'espèce humaine sont-ils donc
démentis par le» faits géologiques ou par les traditions et les monuments historiques ? Loin d'en être ainsi , ces faits et ces monuments viennent ici à l'appui du récit de l'écrivain sacré; Toutes les traditions aussi bien que les annales de tous les peuples commencent l'histoire du genre hu> main par son renouvellement après un violent cataclysme (1). Aussi les monuments historiques nous représentent les premiers souverains , occupés à faire écouler les eaux, qui antérieurement avaient inondé la surface de la terre et dont ils cherchaient à la débarrasser. A cet égard on peut dire qu'il y a consentement unanime de toutes les nations ; ici l'on peut sans doute appliquer l'axiome du prince des orateurs romains, lorsqu'il disait que le consentement de tous, ne pouvait être que la loi de la nature, omniin re,
(1) Deux écrivains très distingués de notre époque observent à cet égard , que l'histoire ne doit pas négliger les découvertes importantes de la géologie, science qui appartient tout-à-faità notre siècle. On le doit d'autant moins, disent-ils, qu'elle confirme pleinement le récit du législateur des Hébreux sur la révolution la plus prodigieuse qui ait bouleversé le globe et dont la tradition, conse/vée dans le souvenir des plus anciens peuples <hi monde, est devenue aujourd'hui incontestable par tant de témoignages répandus sur la surface du globe et ensevelis depuis plusieurs siècles dans les entrailles de la terre. (Précis de l'histoire ancienne par M. Poirson et Cayx. Paris 1831 ). •
consentio omnium gentium lex naturœ putanda est{\). ' •
Il en est encore de même, d'après les faits géologiques; du moins jusqu'à présent, l'on n'a découvert aucun débris de l'espèce humaine antérieur aux dépôts diluviens. L'on sait que ceux-ci
appartenant à la période quaternaire font partie des terrains les plus récents, dont ils composent
même les couches les plus modernes ou les plus superficielles. Aucun débris de l'homme n'a doue été encore aperçu dans ces vieilles couches de la terre antérieures à la rentrée des mers dans leurs bassins respectifs; ainsi d'après ces faits, ces terrains ont été déposés bien avant son existence. Il est donc incontestable, ainsi que l'a observé Cuvier, cet illustre historien de l'antique création , que l'homme est bien nouveau sur cette terre où il domine maintenant en maître. Par suite, il est également peu probable que ses restes soient jamais découverts comme ceux de la plupart des mammifères terrestres, à l'état fossile, c'est-à-dire, dans des couches dont le dépôt aurait précédé l'époque à laquelle les mers sont rentrées dans leurs bornes actuelles (2).
{i)Cicero Tttsculan lib. 1.
(2) Il est seulement bien prouvé , contrairement à ce qu'avait supposé Cuvier, que les restes de notre espèce sont mêlés et confondus avec des espèces totalement perdues au
Il est du moins certain que les débris de nôtre espèce n ont été encore démontrés qu'au milieu des terrains désagrégés de l'époque géologique là plus récente , c'est-à-dire , au milieu de ees dépôts limoneux et caillouteux qui composent les terrains diluviens. Si donc les restes de l'homme sont inconnus dans des formations plus anciennes, n'est-ce point parce que notre espèce n'existait pas encore à l'époque de leurs dépôts; tandis que leur présence au milieu des terrains meubles .remplis de galets, ou de cailloux roulés qui couvrent nos plaines ou qui remplissent nos cavités souterraines, annonce que l'homme a péri victime de ce grand cataclysme dont les faits physiques aussi bien que les monuments historiques nous attestent la grandeur et la violence?
Ainsi l'existence d'une inondation immense qui a ravagé la surface de la terre , postérieurement à l'apparition de l'homme et même aux dépôts de sédiment de la date la plus récente, est non seulement prouvée par le récit de l'écrivain
sacré, conforme en cela à celui de tous les histo-
milieu de différents dépôts de la période quaternaire , principalement dans les terrains diluviens Si donc Vhomm* fossile n'a pas été rencontré jusqu'à présent, son absence dans les couches antérieures à la rentrée des mers dans leurs bassins respectifs, ne fait point que les débris de l'homme ne se montrent dans des dépôts postérieurs à cette rentrée, c'està-dire, à l'état humatile.
riens ; mais elle Test, surtout par les faits physiques qui ne sauraient nous tromper. L'étendue des dépôts dus à cette grande inondation est trop considérable, leur épaisseur trop puissante pour admettre que les eaux actuelles ont pu en produire de pareils. Pour les concevoir et les expliquer, il faut nécessairement supposer des courants plus abondants et plus impétueux que ceux qui résultent de nos cours d'eau ordinaires, et en même temps des causes plus actives et plus intenses que celles qui agissent encore de nos jours. Ce cataclysme, la dernière des modifications de la. surface de la terre, ne diffère des inondations actuelles que par son étendue et sa puissance, et les hommes dont il a causé la perte, témoignent assez par la présence de leurs débris, que sa date ne remonte pas très-haut , ou tout ou moins que cette date est postérieure à l'apparition du genre humain.
Depuis lors, les causes qui ont agi pendant la période géologique, quoique les mêmes que celles qui agissent encore aujourd'hui, sont rentrées dans des limites d'harmonie et de stabilité , qu'elles n'ont plus dépassées. Depuis lors enfin, la semence a succédé à la moisson, le froid au chaud , comme l'été à l'hiver , et le jour à la nuit, dans un ordre et un accord si admirables, que si nous ne savions pas que la terre est spr-
lie du néaut, on pourrait la croire éternelle, ainsi que l'univers dont elle fait partie.
Si donc Moïse a dit que le déluge avait dépassé le sommet des plus hautes montagnes, il a seulement entendu par là que leurs eaux avaient atteint les lieux les plus élevés où les hommes avaient établi leurs demeures, et qu'ainsi elles les avaient à peu près tous anéantis. Ici Ton ne saurait le taxer d'erreur, les monuments géologiques confirment trop puissamment cette assertion , pour qu'elle puisse être démentie.
Nous ferons enfin observer à ceux qui veulent trouver des motifs humains, même chez les hommes les plus supérieurs, qui ne se laissent jamais diriger par une pareille impulsion, que le législateur des Hébreux n'a peut-être agi ainsi, que pour imprimer une salutaire terreur aux peuples dont la direction lui avait été confiée, à l'égard des châtiments que la puissance divine infligeait au crime. Si telle avait été la pensée de ce grand homme, ce que nous sommes loin de supposer, humainement parlant nous trouverions encore qu'il aurait agi sagement. Moïse est donc bien loin de mériter le blâme que nous déversons souvent avec beaucoup trop de facilité sur les actes même des hommes du plus haut génie, faute de comprendre et de bien saisir la véritable "raison qui les a déterminés.
Quant aux causes de ces cataclysmes dont tous les faits physiques nous démontrent la réalité, sont-elles tellement différentes de celles dont nous pouvons calculer et apprécier l'action, qu'on doive les considérer comme produites par une suspension subite des lois de la nature et par la volonté de cet Être infini dont une seule parole a produit et formé l'univers? Sans doute il ne nous est point donné de soulever le voile qui couvre ee grand phénomène ; mais du moins il nous est permis d'apprécier les causes probables et naturelles qui ont pu l'opérer.
Parmi ces causes,il en est une qui paraît y avoir exercé la plus grande influence, d'autant que le changement de niveau qu'elle a opéré sur la masse et la configuration de nos continents, a dû en produire un très considérable sur celui des eaux qui couvraient la surface du globe. Comment supposer que les soulèvements de la chaîne centrale de l'Asie, où se trouvent les montagnes les plus hautes du monde et ceux qui ont produit les Alpes et les Pyrénées, ont été sans effet sur les eaux courantes qui baignaient les conitrées où de pareilles masses ont surgi? Comment admettre également que l'exhaussement de la •longue chaîne des Andes qui traverse du Sud au Nord, a peYi près la totalité du nouveau continent
a été sans action sur le niveau du vaste Océan , au-dessus duquel elle a été élevée ?
Cet exhaussement , loin d'avoir été sans effet sur ce niveau, parait l'avoir violemment akéré. Il peut donc avoir produit Je dernier cataclysme . qui a ravagé la plus grande partie de la surlace de la terre. Du moins, semble-t-il que le surgissernent de la chaîne des Andes a été postérieur ou contemporain au déluge ; les dépôts diluviens qui reposent à la base de cette chaîne de «ion— Gagnes n'ont point en effet subi de déplacements.
On peut donc rapporter aux soulèvements qui ont fait surgir nos grandes chaînes de montagnes, les divers cataclysmes qui ont troublé passagèrement la surface du globe. La position inclinée des couches de sédiment qui recouvrent leurs pieds et dont nous pouvons assigner l'origine, est une preuve 'évidente qu'ils ne remontent pas très-haut dans les événements géologiques. De pareils effets peuvent d'autant plus être attribués à des soulèvements aussi étendus et aussi considérables que ceux qui ont produit les hautes chaînes de l'Asie, de l'Europe et de l'Amérique, que les plus violentes inondations actuelles dépendent d'un changement de niveau bien léger, en comparaison de ceux qui ont eu lieu pendant les époques géologiques. Aussi, la pres-r que généralité des géologues modernes a-t-eUe
pensé que la surface du globe a été ravagée par un violent cataclysme, auquel sont dus les blocs erratiques et les nombreux cailloux roulés, dispersés à peu prés généralement sur cette même surface. La plupart d'entr'eux s'accordent même à en fixer la date à environ 4,000 ou 5,000 ans au moins avant l'époque actuelle. Parmi ces géologues, nous signalerons spécialement Dolomieu, Deluc, 'André de Gy, Haùy, Cuvier, Brongniart, Buckland , Omalius d'Halloy, Biot , Beudant, Elie de Beaumont, sans que, par cette citation , nous entendions exclure ceux dont nous ne donnons pas ici les noms.
Un de ceux que nous venons de citer, M. Omalius d'Halloy, s'est même demandé si l'on pouvait déterminer géologiquement l'époque où le déluge avait eu lieu , et voici sa réponse. « Si » nous examinons, dit-il, dans les Alpes, les » résultats des actions qui ont dû commencer » lorsque ces montagnes ont eu pris leurs formes » actuelles , telles que la formation des éboulis » ou talus des montagnes , et celle des moraines » des glaciers;. si nous étudions les attérissements » formés par nos rivières actuelles , et si nous » prenons en considération que les talus et les » attérissements devaient se faire bien plus rapi- » dément lorsque les escarpements étaient plus » abruptes qu'ils ne sont maintenant, nous serons
» portés à conclure , avec les Deluc , les Cuvier, » les Buckland , que les révolutions qui ont » donné à nos montagnes leurs formes actuelles, » et à ces fleuves le cours qu'ils ont maintenant, » ne remontent pas à des époques excessivement » reculées , de sorte que la distance de 4,000 ans » du moment actuel , que la Genèse donne à son »> déluge , peut fort bien s'accorder avec les con- » séquences tirées de l'élude , des chronomètres » naturels. »
Le même géologue se demande encore si l'homme existait lors de ces révolutions , et il se prononce pour l'affirmative. Ici nous ferons remarquer que puisque les débris de notre espèce se montrent ensevelis dans les dépôts diluviens, avec un assez grand nombre d'espèces dont on ne trouve plus de représentants sur la terre, cette affirmative ne peut plus maintenant être l'objet du doute.
Aussi, M.Beudant, dans son voyage géologique en Hongrie, observe-t-il « que les faits nous » indiquent des bouleversements avant la créa- » lion des mammifères; mais elle nous en montre » aussi un qui a eu lieu évidemment depuis leur » existence. Rien ne s'oppose donc , et tout , au «contraire, conduit à regarder cette dernière » catastrophe comme celle dont la Genèse nous » a donné à la fois la cause et les détails, et dont
» ou retrouve , sous diverses formes, la tradition » chez tous les peuples. » D'après l'ingénieux auteur des Lettres sur les révolutions du globe, depuis que la race humaine est répandue sur la terre, elle a été victime d'une grande catastrophe , d'une inondation terrible , qui a presque entièrement détruit son espèce. Si on ne retrouve pas de ses débris sous des couches marines , c'est que ces couches ont été déposées avant l'apparition de l'homme sur la terre , et bien certainement antérieurement à l'époque de la dispersion des limons diluviens ou du diluvium , qui seuls renferment des restes de notre espèce.
Aux yeux de l'Aristote de nos temps modernes, de Cuvier enfin , la surface de notre planète parait avoir éprouvé , à une époque relativement peu éloignée, une grande révolution, qui mit sous les eaux la partie des continents alors habitée par les hommes, et à laquelle peu d'entre eux échappa. Ce petit nombre d'individus , ou les ancêtres des nations , -repeuplèrent ensuite les terres nouvelles que cette même révolution venait de mettre à sec. Mais , ce qu'il y a de plus remarquable , les peuples qui en ont gardé le souvenir s'accordent à placer cet événement à peu près vers le même temps , c'est-à-dire de 4 à 5 mille ans au moins avant l'époque actuelle.
Enfin cet événement postérieur à l'apparition
de l'homme, a dû nécessairement exercer une influence funeste sur les nations qui habitaient pour lors la terre. Si l'on s'en tenait cependant au petit nombre de débris de l'espèce humaine , ensevelis dans les dépôts diluviens, résultat de ce grand cataclysme , il en serait bien différemment, tant ces débris y sont rares. Ils sont même si peu fréquents, du moins dans nos régions, qu'on a long-temps douté qu'il en existât réel-
lement.
Mais, aujourd'hui que ce fait est démontré de la manière la plus évidente, on se demande pourquoi le déluge, que toutes les nations s'accordent à considérer comme ayant détruit en quelque sorte l'espèce humaine , les dépôts d alluvion qu'il a entraînés dans les parties les plus abaissées dè la surface du globe, en offrent cependant si peu de traces.
Les ossements humains s'altéraient -ils plus facilement que ceux des autres animaux ; si l'on examine les anciens sépulcres , et les champs de bataille de la plus haute antiquité , on ne voit pas qu'il en soit différemment des ossements d'homme de ceux des autres animaux. Les uns et les autres se conservent également , lorsqu'ils sont soumis aux mêmes conditions. Ainsi, ce n'est pas à raison de la plus facile altération des uns et des autres, que l'on peut expliquer l'ex-
trème rareté des ossements humains comparée au nombre prodigieux des os des animaux, qui les accompagnent , et cela même dans les lieux, où ces derniers ont été modifiés par suite de notre influence.
Cette rareté tient probablement à ce que les recherches géologiques , n'ont pas encore sondé les lieux que l'homme habitait principalement avant le déluge. En effet, s'il est un point du globe, où Ton puisse espérer de rencontrer un grand nombre d'ossements humains, c'est surtout dans l'Asie, le berceau et la patrie primitive deriiomme.Sans doute, un jour, ces vastes plateaux de l'Asie centrale, au pied desquels Ton vient de découvrir tant d'animaux exlraor-
dinaires, nous montreront également de nombreuses traces des premiers hommes, qui comme ceux engloutis dans les fentes des rochers de nos contrées, ont été contemporains et victimes de ce déluge, dont tant de faits nous démontrent Tétendue et la violence. C'est donc là, qu'il faut aller chercher ces débris de nos premiers pères; c'est laque nous trouverons de nouvelles preuves de la réalité d'un événement attesté par un si grand nombre de faits, et consacre par tant de souvenirs. 4 •