‹ De la Cosmogonie de Moïse, comparée aux faits géologiques (volume 3)Chapitre 13 sur 37 · PÉRIODE ACTUELLE OU HISTORIQUE · texte numérisé non relu

PÉRIODE ACTUELLE OU HISTORIQUE

5° Époque historique.

On a pu voir, par tout ce qui précède, que les temps dont Moïse seul nous a donné une idée, peuvent être divisés en trois principales périodes.

La première ou la plus ancienne , dont la durée parait avoir été indéfinie, nous l'avons nommée universelle, afin de rappeler que loute la matière qui compose les corps célestes et planétaires a élé créée pour lors. La seconde période, celle où les corps célestes et planétaires ont reçu leur forme et leur disposition actuelles, devait, par cela même, être considérée à la fois comme céleste et comme terrestre.

Cette période pendant laquelle la lumière a été mise en action, et notre globe a reçu ses diverses modifications , comprend plusieurs épocjuesj ces époques correspondent à ce que I on nommé vulgairement les sept joursde la création.

L'avant dernière époque de cette période a vu l'homme, le dernier créé entre les êtres vivant*, apparaître sur la terre, et bientôt après ont commencé les temps historiques, qui géoîogiquement parlant, ne peuvent être divisés ni partagés en temps distincts, du moins par les diverses for-

mations qui y ont eu lieu ; car rien dans ces formations nouvelles, ne nous permet d'asseoir quelque intervalle ni de préciser quelque date.

Telle est la manière dont nous avons cru devoir partager les temps dont Moïse seul nous a donné une idée ; nous disons Moïse seul , car nous trouvons uniquement dans la Genèse , la mention de cette création primitive de l'univers, création , qui eut lieu au commencement des temps, bien avant l'époque où les corps célestes et planétaires furent mis dans leurs harmonies

respectives.

: La seconde période, qui comprend les sept époques , ou si l'on veut ? les sept jours de la Qenèse f aurait pu également être nommée géologique; car, c'est pendant les temps qu'elle embrasse, qu'ont été produites les diverses modiQcations, dont les témoins sont dans les entrailles e la terre. Quoique les traces des auciennes et diverses générations qui se sont succédées sur la surface du globe y soient empreintes d'une manière ineffaçable dans les vieilles couches terrestres, il ne faut pas cependant en inférer que l'on puisse rattacher le dépôt de ces différentes coucbes, aux époques dont il est parlé dans la Genèse. 11 nous semble, en effet, que c'est aller beaucoup trop loin et méconnaître en quelque sorte le but qui a porté Moïse à nous donner le

court récit de la création, que d'essayer d'établir une pareille concordance.

Nous nous sommes donc bornés à faire saisir, que dans sa généralité , ce récit est d'accord à laT fois, avec Jes faits historiques et physiques, ainsî qu'avec ceux dont nous devons la connaissance aux recherches géologiques même les plus récentes. Ainsi, relativement aux seconds, nous avons, vu que clans les temps actuels, il existe pour la terre, une lumière et une chaleur tout-à-fait indépendantes du soleil , et que dés lors, il devait à plus forte raison, en avoir été de inême, avant l'époque où cet astre fut disposé pour répandre la lumière sur la terre. On ne doit donc pas s'étonner que l'écrivain sacré nous ait dit que la lumière avait jailli à la voix de Dieu, bien avant l'époque , où le soleil l'avait mise en action, relativement à notre globe.

On peut même supposer que comme, antérieurement à cette disposition nouvelle du soleil, l'eau répandue dans le vaste bassin de l'atmosphère s'était précipitée sur la terre et y avait constitué l'immensité des mers, les rayons lumineux purent ensuite plus facilement traverser cette même atmosphère et éclairer la terre.

Quant aux faits géologiques , nous avons vu combien ils s'accordaient avec ceux consignés dans le récit de la Genèse. En effet, d'après ces

faits , comme d'après ce récit, une succession manifeste a eu lieu dans l'apparition des êtres vivants, succession qui s est opérée en raison inverse de la loi de la complication, de* 1 organisation.

Enfin, aux deux premières périodes, pendant lesquelles se sont passés les événements , dont nous trouvons le résumé dans la Bible , le livre par excellence des Hébreux et de l'humanité, a succédé la période actuelle ou historique.

Depuis cette époque postérieure au déluge, les hommes partis de l'orient se sont répandusdaos les diverses contrées de là terre, où chacune de leurs tribus a eu sa langue, ses usages et ses luis. Depuis lors enfin, les eau es auxquelles sont dues les principales modifications que la surface du globe a subies, sont rentrées dans des bornes plus étroites et plus restreinte*. Devenue* constantes dans leur action, elles n'ont plus opéré ces perturbations violentes qui avaient eu lieu à tant de reprises différentes sur la terre, et qui pendant les temps géologiques ont anéanti tant de races et d'êtres vivants.

Les mèmès effets qui se sont manifestés à ces anciennes époques, se produisent encore de nos jours, mais seulement avec une moindre intensité. Rien n'est donc changé a l'égard de ces causes , si ce n'est que leur action a perdu de

plus en plus de son étendue et de son énergie, par suile de la slahilifé vers laquelle le globe a tendu dés le principe de sa formation. Aussi, tout ce qui s'y est passé , semble avoir été une suite et une condition inévitables delà constitution de notre planète, qui devait arriver peu à peu à cette stabilité et à cette harmonie nécessaires à la durée et au bien-être des animaux et des végétaux, qui devaient 1 embellir et ranimer.

Depuis lors encore , l'homme sorti des plateaux de l'Asie a irradié de ce point le plus favorable à sa dispersion, et a successivement couvert la plus grande partie de la surface de la terre. L'homme s'y est en effet d'autant plus étendu, qu'il a eu à surmonter moins d'obstacles pour pénétrer dans les contrées qu'il ne connaissait point encore. Plus lard et par suite des progrès toujours croissants de cette civilisation vers laquelle l'espèce humaine a été entraînée, comme par une puissance irrésistible, ses tribus se sont propagées à peu près partout; dominateur du monde, il n'y a plus eu pour l'homme d'asile inexploré, ni de terres inconnues. Heureuse et

douce influence de la civilisation , qui a mis de

Tharmonie dans le monde moral , de même que se sont établis peu à peu cet ordre admirable et cet accord merveilleux que nous voyons régner dans le monde physique et dans l'ensemble des choses créées.

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