‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiquesChapitre 20 sur 80 · RL LE D LE · texte numérisé non relu

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Jes ont mis en rapport avec le peuple hébreu. Les anciens historiens nousont parlé de deux villesimmenses, de Babylone et deNinive, qui en ont été tour à tour les capitales. Ces villes étaient embellies par des temples ornés de peintures et de sculptures magnifiques , de palais et d’édifices somptueux, et de fortifications dont l'étendue dépassait tout ce que l’on pourrait imaginer. Ils nous représentent enfin : cet empire détruit par les fautes sans nombre du prince qui régnait à Ninive, et qui est devenu la personnification du luxe poussé jusqu’à la mollesse.

C'est à peu près à ces quelques mots, dispersés dans les Lvres prophétiques et historiques de la Bible, que se borne

tout ce que nous savons sur l'empire d’Assyrie. Les anna-

les de cet empire, fameux dans l'antiquité, que nous de-

‘vons probablement à Hérodote, sont entièrement anéanties.

Il en est de même de celles tracées de la main de Ctésias, et

qui ne nous sont connues que par les extraits incomplets

que Diodore de Sicile nous en a conservés.

D’après cet écrivain, l’origine du royaume d’Assyrie ei la fondation de Ninive remontent aux plus anciens temps historiques; le prophète Jonas en avait jugé ainsi d’après la grande quantité d'habitants qu'il avait vus dans cette capitale. Ce prophète en porte, en effet, le nombre à plus de douze myriades, à l’époque où il en parcourait les

-rues en lui annonçant les maux qui allaient fondre sur

elle.

Ctésias, en rapportant la fondation de Ninive aux temps rapprochés du déluge, s’accorde à cet égard avec le témoignage de Moïse. Il avait du reste composé trois principaux

documents : 4° une histoire de la Perse ; % une descripüon de l'Inde ; 3° enfin une histoire de l’Assyrie. A ces données incomplètes, on aurait pu joindre les traditions rapportées par Berose, Abidène, Mégasthène, Alexandre Polyphiste, si le temps les avait épargnées; mais elles sont totalement perdues. Les fragments peu nombreux que citent Josèphe, Eusèbe, Georges le Syncelle, etc., sont loin de nous fournir des matériaux propres à nous éclairer sur les événements relatifs à l'Assyrie ; ils ne servent qu’à nous faire apercevoir les pertes que la science a faites à cet égard. (Note 62.)

Ce que nous avons dit du commencement des monarchies chaldéenne , babylonienne et assyrienne a prouvé que leur origine ne pouvait reculer celle du genre humain. C’est uniquement faute d’un sérieux examen, qu'on a pu penser que les traditions de ces peuples et celles des anciens Égyptiens étaient en opposition avec la nouveauté de l’homme , attestée par les faits physiques , aussi bien que par les monuments de l’histoire.

Lorsqu'on examine avec attention les anciennes traditions des peuples idolâtres, et qu'on les soumet à une critique sévère, on ne tarde pas à s’apercevoir qu’elles n'ont rien de réel ni de certain. Loin d’ébranler ce que ke temps nous a conservé de documents positifs sur les premiers établissements des nations, elles annoneent mieux que tout autre genre de preuves que l’Écriture nous éclaire seule sur les premiers âges du monde.

D’après les monuments naturels et les faits physiques, cette antiquité indéfinie, attribuée par les aneiens écrivains

aux nations dont ils onttracé la marche de leur civilisation, doit être rapportée non à l’homme mais à la terre , sur laquelle il a été placé si longtemps après sa formation.

Ce que nous avons déjà fait observer de l'antiquité relative des Hébreux et des Chaldéens, a acquis un nouveau degré de certitude par les recherches de M. Dureau de la Malle. Cet archéologue a, le premier, fixé l'attention sur la conformité qui existe entre les deux peuples. Il a démontré l'identité de leur origine, en constatant l’uniformité des traits des Chaldéens, des Kurdes et des Mèdes sculptés sur les bas-reliefs de Persépolis, et ceux des Juifs reproduits sur les monuments grecs ou romains. Il:a prouvé, d'après la similitude du type caractéristique de ces différents peuples avec celui des Juifs établis dans le faubourg du Ghetto, à Rome, qu’ils ne formaient qu’une seule et même nation. |

Cette race vit en quelque sorte parquée au milieu de la capitale du catholicisme .Comme elle ne s’allie jamais avecles étrangers, elle a gardé, plus que toute autre branche de la race juive, le caractère indélébile de sa physionomie. D'un

autre côté, M. Boré a remarqué dans son voyage en Orient,

particuliérement dans la Perse et le Kurdistan, la ressemblance frappante qui existe entre les traits des Juifs et des Chaldéens. Ces derniers , répandus depuis le Pont-Euxin jusqu’aux bouches du Tigre et de l'Euphrate, y sont connus sous les noms de Childam, de Chalb, de Kard, de Kurd, de Chalybes, de Kalmuques et de Gordiens des anciens. Le même observateur a trouvé entre ces divers peuples une identité de langage des plus remarquables , ce que

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