‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiquesChapitre 27 sur 80 · VI. Latins ou Romains · texte numérisé non relu

VI. Latins ou Romains

L'histoire de l’ancienne Italie ne prend un certain degré de certitude qu'à l’époque où Romulus fonda la ville à laquelle il donna son nom, et qui plus tard devint la capitale du monde. Ce que l’on sait sur les invasions dont l'Italie a été successivement le théâtre, c’est que la première invasion fut opérée par les Sicules, qui, à leur tour, furent chassés par les peuples étrangers venus avec la colonie des Pélages d'Ænothrus. °

Nous avons adopté comme époque de la fondation de cette colonie , l’année 1790 avant l'ère vulgaire , date admise par Champollion. Les Thessaliens apparurent ensuite en Italie; plus tard, Évandre et les compagnons d'Hercule ; enfin Énée avec ses guerriers échappés au sac

! Stromata, lib. V, pag. 580.

? Apologet., $ 47, pag. 36 et 37,

de Troie, vers l’an 1270, leur succédérent. Ce prince, qui s’établit dans le Latium, eut quatorze successeurs, dont le dernier, Amulius, mort en 424 après la prise de Troie, précéda immédiatement Romulus.

A partir de cette époque, fameuse dans l’antiquité , la chronologie des Romains prend un certain caractère de certitude. Toute la difiérence qui existe entre les dates de la fondation de Rome tient à ce que, selon Varron, elle aurait eu lieu la première année de la septième olympiade, ou la 752e avant l’ére chrétienne, et selon Caton plutôt la 753e avant la même époque , ce qui du reste est peu différent.

Cette opinion a été assez généralement préférée par les anciens historiens comme par les nouveaux : Dion Cassius , Pline l’ancien et Velleius Paterculus l'ont suivie. Elle fut adoptée par l’empereur Claude, lorsqu'il fit de l’époque de la fondation de Rome une ère civile pour l'empire. Denys d'Halicarnasse et Tite-Live ont préféré le calcul de Caton ; mais , d'après les recherches de Varron , la fondation de Rome fut reconnue remonter au 21 avril 753 avant l’êre vulgaire, la quatrième année de la sixième olympiade.

Les Romains réunirent peu de temps après tous les peuples de l’Italie sous leurs lois. Les annales de ces peuples, malgré les soins que Varron parait avoir pris de les ras- . sembler, pour donner à ses travaux historiques toute la précision désirable, ne sont pas parvenues jusqu’à nous.Nous savons seulement que cet écrivain avait divisé les anciens: temps de l’histoire d'Italie en trois périodes. La première qu’il a appelée incertaine , la seconde mythique presque

fabuleuse, et la troisième historique. Celle-ci commençait avec la première olympiade, vers l’année 776 avant l’ère chrétienne, époque où Coroebus fut vainqueur aux jeux olympiques, la plus magnifique des institutions de t'ancienne Grèce.

Les faits historiques qui se sont passés après cette époque, et dont les dates ont pris une certaine précision, ont

‘ par cela même un caractère de certitude qu’ils étaient loin

d’avoir eu auparavant. On employait, du reste, deux nombres dans la manière de cumpter les olympiades. L'un de ces nombres désignait l’olympiade , et l’autre indiquait l’année même à laquelle elle se rapportait. On écrivait d'ordinaire le premier de ces nombres en chiffres romains, et le second en chiffres arabes.

. VII. Hindous ou Indiens.

L'histoire primitive des Hindous est peut-être encore plus environnée d'obscurités que celle des autres nations dont nous nous sommes occupé. La religion des brahmes paraît les avoir empêchés de conserver les anciennes traditions; elle leur défend du moins de garder la mémoire de ce qui se passe dans l’âge actuel, ou l’âge du malheur.

Du reste, ainsi que le fait observer Freret, là où il ny a point de monuments, il ne peut pas y avoir d’histoire, et encore moins de chronologie; aussi tout est chimérique dans la partie des annales indiennes qui remonte au-delà de 3102 ans avant notre ère, c’est-à-dire au-delà de leur quatrième âge, le Kali- Yougha, dont la commencement se lie aux temps voisins du déluge.

Le plus ancien de leurs livres, ou les Védas, révélés, selon eux, par Brahma lui-même à l’origine du monde, et rédigés par Wistnou au commencement de l’âge actuel, ne remonterait pas, en adoptant les systèmes les plus favorables à son antiquité, au-delà de 3290 ans avant l’époque actuelle. Les Védas seraïent danc postérieurs de plus de trois siècles au Pentateuque. La date que nous venons de citer paraît encore exagérée, lorsqu'on porte son atten-

tion sur les idées cosmogoniques qui y sont consignées. -

Le style des Védas ne ressemble en rien à celui des premiers âges. Les opinions philosophiques qui y règnent sont les mêmes que celles des Grecs, preuve de Ja nouveauté des livres où elles se trouvent inscrites ; aussi Bailly et surtout les travaux de la Société asiatique de Calcutta, ont-ils démontré qu'il n’y a point de chronologie, ni de dates suivies, ni de détails géographiques exacts , dans les livres que les brahmes regardent comme révélés et considèrent comme le fondement de leurs croyances. (Note 68.)

La partie des prières contenues dans les Védas , et qui sont en vers , est connue sous le nom particulier de Rig ou de Rech ; mais lorsqu’elles sont en prose, on les désigne sous une dénomination particulière et toute différente de la première ; on les nomme Yasouch, et Saman . lorsqu'elles sont destinées à être chantées.

Le Rig-Veg-Veda contient plus de panégyriques que de véritables prières. Le Yagur-Veda traite des oblations et des sacrifices. Quant au Samta- Veda , peut-être plus

répandu que les deux premiers Védas, il renferme des prières pour obtenir le pardon des péchés.

Enfin l’Athavar, ou le plus récent des Védas, contient, d’une part des imprécations contre ses ennemis, ainsi que des formules ou des prières destinées à détourner les calamités qui pourraient menacer le monde. On y trouve également des hymnes et des prières appropriées à diverses circonstances.

Nous ferons enfin observer que M. Albert Weber, le célèbre professeur de Berlin, s’est demandé si sur les données hypothétiques qui ne reposent sur aucun fait certain, on pouvait admettre que les Védas sont du xive, du xve ou du xvre siècle avant Jésus-Christ.

Il est à peu près impossible de déterminer l'époque précise à laquelle ces livres ont paru, à un ou même à plusieurs siècles près ; tout ce que l’on peut affirmer, c’est qu’ils sont fort anciens. L'histoire des Hindous, leurs migrations géographiques, le caractère et l’esprit des poèmes qui constituent l’ensemble des Védas, sont les seuls témoignages que l’on puisse invoquer en faveur de leur antiquité, sans que cette antiquité atteigne celle qu'ont réellement les Livres Saints, et surtout le Pentateuque, le premier et le plus ancien des livres.

Outre les Védas et les Pouranas, lés Hindous ont encore

deux autres principaux poèmes, le Ramayana et le Machibarat, mille fois plus merveilleux que l’Iliade et l'Odyssée. D'autres poèmes forment, avec les deux dont nous venons de parler, le grand corps des Pouranas, desquels on ne

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