‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiquesChapitre 30 sur 80 · SU · texte numérisé non relu

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Chine, que l’on suppose avoir été rédigé par Confucius, et dont la moitié est perdue pour toujours , nous représente eet empereur occupé à faire écouler les eaux qui baignaient le pied des plus hautes montagnes.

Pour fixer la date du déluge , il faut déterminer celle du règne de Yao ; nous avons adopté le chiffre 2557, que Freret a reconnu pour être le plus exact, en supposantle déluge arrivé 284 années avant ce prince. Cet événement, d’après les traditions considérées en Chine comme exactes, remonterait vers 2600 ou 2644 avant l'ère vulgaire, ainsi que nous l’avons admis dans notre tableau !.

Nous devons cependant faire remarquer que les anciennes observations astronomiques rapportées par les annales de la Chine, et qui sont assez bien circonstanciées pour être soumises à une vérification, ne remontent pas au-delà de 4400 ans environ avant l'ère chrétienne. Ces observations, relatives aux longueurs méridiennes du gnomon, aux solstices d'hiver et d'été, vérifiées avec soin, ont été reconnues exactes. Ces dates méritent d’être signalées, à raison de la certitude de la période où elles ont été faites. |

L'époque à laquelle nous avons rapporté le déluge admis par les Chinois, serait moins éloignée si l’on consultait les monuments littéraires de la Chine ancienne. Les recherches faites dans ces annales par M. E. Biot, font présumer

! D’après l'Écriture, le déluge aurait eu lieu l’an 2362 de l’âge du monde, ou en 2988 avant l'ère chrétienne, c’est-à-dire 386 ou $42 plus tôt que ne l’admettent les Chinois.

que le déluge le plus ancien constaté par les Chinois ne remonte pas au-delà de 2500 avant l'ère chrétienne.

Les traditions chinoises distinguent deux inondations générales ou deux déluges. L'une de ces inondatjons, connue sous le nom de déluge de Yao, est citée dans le Ohou- King. Sa date est fixée à 2400 ans avant l'ère chrétienne, d’après les calculs chronologiques des Chinois et le calcul

approximatif d’une éclipse de soleil indiquée par le texte,

sous le règne de l’un des premiers successeurs de Yao.

Le souvenir de l’autre déluge, de beaucoup antérieur au premier, s’est conservé dons les traditions recueillies par des compilateurs qui vivaient deux siècles seulement avant l’ère chrétienne. Ces compilateurs le font remonter vers 2500 ans avant notre ère, au temps de To-Hy, le chef du peuple conquérant qui descendit des montagnes orientales du Thibet et chassa devant lui les naturels de k Chine ancienne.

Cette époque, nullement certaine, se confond en quelque sorte avec les temps héroïques. Diverses indications portent à supposer que la Chine, avant le règne de Yao, a été ravagée à diverses époques par de grandes inondätions ou des déluges plus ou moins violents. Les livres chinois qui font mention de ces catastrophes, ne les attribuent pas à des pluies accidentelles, mais les font dépendre de toute autre cause. On peut considérer comme causes principales de ces cataclysmes, les soulèvements qui ont eu lieu dans la Chine. Ces soulèvements paraissent avoir été analogues à ceux qui ont été constatés par M. de Humboldt dansk partie de l'Asie qui en est très-rapprochée.

D'un autre côté, comme des mers intérieures paraissent avoir existé dans le désert de Cobi et s'être déversées sur la Chine basse, on peut, à l’aide de cette circonstance et du grand nombre de soulèvements , d'affaissements et de tremblements de terre mentionnés dans les annales chinoises, concevoir la cause des violentes inondations qui, : à plusieurs reprises, ont ravagé cette contrée.

Les annales chinoises fixent l’époque de la plus grande irruption des eaux à la même date que.le déluge de Noé, décrit dans les Livres Saints. Il règne une telle conformité entre l'époque assignée à ces événements, qu’elle fait présumer une commune origine à ces traditions historiques et témoigne de la réalité du fait physique, sur lequel toutes s'accordent.

La plupart des peuplesque nous pouvons interroger et chez lesquels nous trouvons des annales et des monuments, les Hébreux , les Égyptiens, les Chaldéens, les Babyloniens, les Assyriens, les Indiens, les Chinois, et tous les peuples de l'Orient, ainsi que les premiers habitants de l'Étrurie et de la Grèce, ont conservé le souvenir de cette catastrophe et de la régénération presque totale du genre humain. Il n’y a pas jusqu'aux peuples du nouveau Monde qui ne nous tiennent le même langage ; dès-lors, comment ne pas voir dans une croyance aussi répandue, une preuve de la réalité du fait sur lequel elle repose ?

Il n’y a rien d'incertain pour le déluge que sa date. Les chiffres que nous avons adoptés ne sont pour la. plupart qu'approximatifs, comme les dates qui se rapportent aux premiers temps historiques. Il y a cependant plusieurs

siècles d’incertitudes entre ce cataclysme et la premiére donnée positive de l’histoire profane. Aussi, d’après ces faits, n’y a-t-il de chronologie positive et réelle que celle de Moïse. Si nous en cherchons la cause, nous la trouverons dans ses hautes lumières qui lui ont fait mettre à profit les traditions existantes sur l’origine et l'histoire du peuple qu’il était appelé à gouverner.

Le législateur des Hébreux a tiré un grand part des connaissances qu’il avait acquises chez les Égyptiens, sur leur propre histoire et sur celle des autres nations. En effet, lui seul nous a donné la chronologie des premiers âges, sans y mêler des événements fabuleux comme l'ont fait les anciens historiens. I} a fondé sur des bases certaines l’histoire du peuple juif, si remarquable au milieu ‘ des nations idolâtres dont il était entouré. Ces nations, occupées de leur mythologie , aussi fausse que le culte qu’elle leur imposait , sont restées impuissantes pour nous fournir sur les premiers âges quelques données précises, ou du moins des idées raisonnables sur leur commencement.

Si nous n'avons pas mentionné dans nos tableaux les peuples du nord de l’Europe , tels que les Gaulois et les Germains, c'est que ces peuples n’écrivaient point et n’ont laissé aucun monument propre à nous fixer sur leur origine, qui paraît ne pas remonter bien haut. Il n'en est pas tout à fait ainsi des nations du nouveau Monde ; quoiqu'elles n’aient pas eu non plus d’écritures ni d’annales, elles étaient néanmoins plus avancées sous le rapport de la connaissance du déluge, que les anciens habitants des

Gaules et de la Germanie. On trouve, en effet, dans leurs hiéroglyphes quelques traces de ce grand événement.

Mais ce qui distingue essentiellement les anciens Américains des peuples de l’ancienne Gaule et de l'antique Germanie, ce sont les monuments gigantesques de tout genre qu'ils ont élevés à. l'époque où les derniers étaient encore sauvages et barbares. Ces monuments annoncent üne civilisation assez avancée , ce qui s'accorde peu avec les idées premières que nous nous étions formées des habitants du nouveau Moude, avant la découverte des ruines des grands édifices disséminés sur différents cantons de cet hémisphére.

B. Américains.

Nous avons fait observer que l'Amérique avait été peu plée en grande partie par les anciens habitants des diverses parties de l’Asie, et particulièrement par les Chinois. Cette circonstance, appuyée sur quelques faits précis, nous a porté à placer ici quelques données historiques sur l’âge de ces constructions américaines, dont certaines ont un caräctère de grandeur qui n’est surpassé que par les monuments plus anciens qui couvrent le sol de la haute Égypte.

Parmi les nombreuses explorations entreprises dans l’hémisphère austral, nous ferons connaître d’abord celles qui ont été exécutées du Nord au Sud dans le continent mexicain. Ces recherches nous ont dévoilé l’existence de plusieurs édifices dont les ruines paraissent annoncer une plus haute ancienneté que l’on n’aurait eu lieu de supposer aux peuples du nouveau Monde. De nombreux tumuli ou des

tertres immenses, semblables à ceux du nord de l’Asie, et

qui servaient probablement de sépulture, ont été également rencontrés auprés de grandes circonvallations. Ces monuments n’ont du reste aucun rapport avec les édifices en pierre du Pérou et du Mexique. °

On a encore trouvé dans l’état de Kentucky les ruines d’une ville antique que l’on a présumé avoir été abandonnée il y a quelques siècles. Des calculs, sans doute fort exagérés, ont fait supposer que ces ruines remontaient à 2000 ans avant l’époque actuelle. Des antiquités d’un tout autre genre ont été aperçues sur les bords du Mississipi ; ce sont des rochers tout couverts de caractères inconnus qu’on prétend être phéniciens , enfin des roches tremblantes semblables aux monuments druidiques ou celtiques. |

L'Amérique du Sud a offert des monuments d’une plus

grande étendue, mais dans un espace plus restreint.Le Pérou’

seul présente des constructions en pierre faites avec plus d'art et de science. Ce qui prouve que lors de la conquête de l'Amérique il existait dansune certaine partie du nouveau Monde une civilisation assez avancée, c’est que le temps était partagé, dans'la Nouvelle-Grenade, en semaines, en moiset en années. On y faisait usage de calendriers gravés sur pierre et de colonnes destinées à faire connaitre les heures au soleil. On y trouva également des fonderies dans lesquelles on préparait et travaillait différents métaux. On a de même rencontré au Brésil quelques débris d’édifices en briques, et des roches sculptées très-remarquables, vers l'embouchure de l’Arnagos et de l’Avoredo.

Chacun des caractères d'écriture qui y sont taillés en creux n’a pas moins de 40 pieds (environ 43 mètres) de bauteur ; on aperçoit du reste ces monuments de plus d’une loug en mer.

Le Mexique , la terre classique de la civilisation et des arts en Amérique, a éveillé depuis peu l'attention des savants. Leurs recherches ont fait découvrir la ville de Palenque, aux huit lieues d’étendue, aux temples de granite et aux sculptures colossales ; on y a rencontré un basrelief en marbre qui atteste un ancien culte de la croix. On y voit également la ville des morts, Milta, aux murailles de mosaïque, aux ornements grecs, enfin une foule d’autres monuments épars çà et là dans toute l'étendue du pays.

Lesruinesde l’ancienne Matlan,capitaledu grandroyaume des Indiens Kachiquels, ainsi que celles plus considérables

encore de Palenque au Mexique , sont loin, malgré leur

étendue et la beauté des palais qu’on y a reconnus, d’assigner aux anciens habitans de l’Amérique une très-grande antiquité. (Note 71.)

Nous ferons observer avec M. Stephens, qui a décrit ces monuments, que Matlan est d’une date beaucoup plus moderne que d’autres villes de la même contrée, et par exemple que Copan et Quirigua. M. Stephens le suppose, parce que lon ne voit dans la première aucune statue, ni la moindre trace d’hiéroglyphes et de tertres pyramidaux‘. Il paraît que les ruines des constructions de l’intérieur du Yucatan,

! Voyage dans l'Amérique centrale et dans le Yucatan, par John Stephens.

et particulièrement celles d'Uxmal , dénotent à plusieurs égards des arts plus avancés que celles de Copan et de Palenque. |

Les ruines que le capitaine Dupaix avait fait remqpter à une époque antédiluvienne, sont simplement, aux yeux

de M. Stephens qui les a étudiées avec soin, les restes de

la civilisation américaine telle qu’elle existait lors de l'invasion espagnole.

Ce voyageur regarde comme probable que plusieurs anciens monuments du Mexique sont l’œuvre de la race qui a immédiatement précédé celle de la conquête. Cette opinion s'accorde avec ce que dit M. de Humboldt , des mœurs paisibles des Toltèques, de leurs progrès dans les arts, et en particulier du téocali de Cholula, qui paraît être leur ouvrage. | -

Cette opinion est du reste assez vraisemblable, d’après le mode qui a été suivi dans leur construction. Il existe, en effet, une grande différence entre les monuments américains et ceux de l’ancien continent , où l’on ne trouve aucune pyramide construite dans l’unique but de former le piédestal ou le support d’un édifice. Il n’y a aucun rapport entre les bas-reliefs, les sculptures, les hiéroglyphes américains, et ceux des Égyptiens, des Hindous et des Chinois.

Ilexiste , au contraire, une grande conformité entre les hiéroglyphes que M. Stephens a découverts, et ceux que M. de Humboldt a reproduits d’après le manuscrit mexicain de Dresde. On y a reconnu l'existence de linteaux de bois à Uxmal, à Palenque et à Ocosingo, dans un climat éminemment destructeur. On trouve une dernière preuve

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