‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiquesChapitre 42 sur 80 · AU · texte numérisé non relu

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se rapportait au manchot ou au pingouin. Il en est cependant tout autrement , car les os d’un oiseau du même genre sont conservés dans les musées de Londres et d'Oxford. Ces restes paraissent se rapporter à plusieurs espèces de ce genre qui ont disparu depuis l'établissement des Européens à lîle Maurice.

La grosseur du corps du dronte était telle, que ses ailes courtes et peu puissantes ne pouvaient le soutenir dans l'air; , d’un autre côté, le peu d’étendue des pattes de cette espèce ne lui permettait pas de courir, en sorte qu’il n’avaitaucun moyen d'éviter les dangers qui pouvaient le menacer. Aussi n'est-il pas extraordinaire qu'il n’ait pas pu échapper aux causes de destruction qui l'ont entouré de toutes parts, du moment où l’homme a pu vouloir l’atteindre.

Cette espèce s’est éteinte, comme tendent à disparaître tous les animaux que l’homme a quelque intérêt à détruire. Parmi toutes les causes qui ont le plus d’influence sur leur anéantissement , il n’en est pas de plus puissante que la crainte qu’ils nous inspirent : en effet, notre action ne se ralentit jamais et s'exerce avec une activité d’autant plus grande que le danger est plus pressant pour nous. Ainsi les temps ne sont peut-être pas bien éloignés où l’homme se sera débarrassé des animaux féroces qui menacent son existence, dans les lieux où il a établi sa demeure.

Note 3, pag. 15. — La pyramide du Nord, ou la grande pyramide, est, d’après M. Jomard, orientée avec une exactitude remarquable. (Grand ouvrage sur l'Égypte, tom. IL, chap. XVIII, section m1, pag. 61.) M. Nouet, astronome, a prouvé par ses observations géométriques et astronomiques, que le côté du Nord déviait de la ligne Est et Ouest de 1938”

vers le Sud. Ï en a conclu que la ligne réridienne tracée pour donner au monument la direction qu’on lui désirait, déclinait de 20’ vers l’Ouest; mais comme le revêtement a des bornes très-étroites, il n’est pas certain que cette petite différence provienne de la direction primitive des faces. Il est naturel de l’attribuer, au moins en partie, à la difficulté

de déterminer, avec une certitude parfaite, la direction des

degrés qui forment aujourd’hui les faces.

L'orientation de l'observatoire de Tycho-Brahé a été trouvée à Urambourg, par l’académicien Picard , en défaut

de 18’. D'ailleurs, suivant les remarques de M. Nouet, la

ligne méridienne étant tracée et dirigée exactement au Nord, on aurait de la peine, en élevant une perpendiculaire, à ne point dévier, sur une longueur de 113 mètres 1/2, de 3 décimètres, quantité suffisante pour donner 20’ de différence.

La seconde pyramide, dite de Cephron, est orientée comme la première ; il n’y a pas de motif pour croire qu’elle le soit moins exactement, quoiqu’on n’y ait pas observé d’azimuth. La boussole, appliquée sur plusieurs faces, donne le même angle que la première avec le nord magnétique. Il y a également un parallélisme parfait entre ses faces et celles de la première ; 1l en est de même de la troisième.

Note 4, pag. 17.—Homèére n’a pas nommé les pyramides, quoiqu'il ait parcouru l'Égypte et que Thèbes soit célébrée dans ses chants. Hérodote (lib. Il, cap. CXxIv et suivants) eh a cependant parlé. Il en est de même de Diodore de Sicile (Hist. univ., lib. I, $ 63, trad. de Térasson, tom. 1, pag. 134, 137 et suiv. ; Paris, in-12, 1771). Strabon (Géogr., lib. XVH, pag. 808, trad. française, tom. I, pag. 395, 39) et Pline ( Hist. nat., lib. XXXVI, chap. xn) les ont également mentionnées et même décrites. |

Certains écrivains arabes, parmi lesquels nous citerons Ben-Ouessif-Chah, et Ebn-A.’bdt Hokm, ont attribué à Sourdy la construction des pyramides, qu’ils ont dit être gardées par trois gardiens formidables. Ils ont distingué es trois principaux de ces monuments, sous les noms d'orientaux , d’occidentaux et de peints.

Note 5, pag. 18.— Les puits de Syène étaient éclairés en entier, les jours du solstice d’été à midi, par la lumière du soleil, d’après Héliodore, Strabon et Pline (Æthiopie., lib. IX ; Hist. nat , lib. ÎI, cap. Lxxin1).

Ainsi, au ie siècle de l’ère vulgaire, le bord septentrional du soleil atteignait encore au zénith de Syène le jour du solstice d’été, ce qui suffisait pour que l’ombre fût nulle, ainsi que le rapporte Arrien, qui écrivait vers l’an 120 de l'ère chrétienne. En effet, l’obliquité de l’écliptique devait être alors de 230, 49”, 25”, en partant de l'observation d’Hipparque et de la variation calculée approximativement pour cette époque.

Si l’on y ajoute le demi-diamètre moyen du soleil, ou 45,57”, on trouve 240, 5, 22”, ce qui, à un degré près, est la latitude de Syène. A plus forte raison, les écrivains antérieurs, tels que Plutarque, Pline, Lucain, Hipparque et Érastothènes étaient fondés à dire que le style ne donnait point d'ombre à Syène le jour du solstice. Il est facile de concevoir comment Ptolémée, Pausanias, et enfin Ammien Marcellin, qui écrivaient au Iv®siècle, ont rapporté le même fait, soit qu'ils s’en fussent tenus à une tradition accréditée, soit qu’on observât encore de leur temps le gnomon à Syène; car un rayon vertical ne déviant que de 2 à 3 minutes, ne devait produire qu’une ombre insensible à l'œil.

Il. ; (l,

Aujourd’hui le tropique est plus rapproché de l’équateur, et sa distance à Syène est de 37’,25” au sud, ou de plus de quinze lieues et demie. Le limbe du soleil n’arrive donc qu'à 210,3" du zénith de cette ville, d’où il résulte qu’au solstice d’été l'ombre y est encore très-peu sensible, càr elle n’équivaut qu’à un quatre centième environ. Un style de 20 mètres de haut ne produirait qu’une ombre de 5 centimètres, ou moindre encore en raison de la pénombre; mais si l'on pouvait observer à l’ancien puits de Syène, on n’en verrait presque plus la moitié de l’année.

La différence qu’il présente avec son état primitif prouve sans doute les variations qu’éprouve lobliquité de l’écliptique; mais ce puits ne montre pas moins combien ces variations sont légères. (Description de l'Égypte, tom.1, chap. Il, pag. 2 et suiv.) Le vers de Lucain que nous avons cité:

Ægypto, atque umbras nusquam flectente Syene,

vient encore à l’appui de cette ôpinion. ( Voyez le liv. Il, vers 587 de la Pharsale.) |

Héliodore, dans ses Éthiopiques, parle du puits de Syènequi sert à mesurer la hauteur du Nil. Ce-puits est, d’après lui, semblable à celui de Memphis et construit au-dessous d’une pierre polie surlaquelle on a gravé deslignes distinctes d’une coudée. On y arrive par un canal souterrain; il donne la quantité de l'accroissement et de la diminution du Nil, par les nombres et les caractères que cette eau recouvre ou laisse à découvert; cette hauteur indique la mesure du débordement ou de l’abaissement du fleuve Les gnomons horaires ne fournissent point d'ombre à midi, parce que les rayons - solaires étant verticaux à Syène le jour du solstice d’été, la Jumière est également répandue de toutes parts. Elle ne donne lieu à aucune ombre; en effet., au fonds du puits la

surface de l’eau est éclairée en entier. Ce nilomètre subsistait encore au 1Ive siècle; selon Margrivy, il aurait été établi par A’mrou-Ben-el-A’ss; A’mrou ou plutôt ce dernier ne fit que le retrouver. (Æfhiopic., lib. IX.)

Ce puits paraît antérieur à Érastothènes et date du temps où le tropique d'été passait par cette ville extrême de l'Égypte. Les expressions de Strabon font voir que ce puits avait été creusé pour connaître le jour de solstice, et qu'il avait été destiné à cet usage. (Voyez Géograph., lib. XVIT, pag. 817. Paris, édition de 1620.)

Note 6, pag. 24. — Cette hypothèse n’a pas été adoptée par les observateurs, et par exemple par M. Morton, qui a étudié d’une manière particulière l’hybridité chez les animaux, considérée par rapport à l’unité de l’espèce humaine.

Ce physicien n’admet pas que, dans tous les cas, les animaux qui produisent des petits semblables à eux constituent une espèce, et que l’être né du croisement de deux races distinctes perde toujours la possibilité de se perpétuer. Il signale premièrement les chevaux, où les croisements d'espèces ont souvent réussi; 1l cite ceux de l’âne, de l’onagre, du zébreet de l’hémione. Sans doute, plusieurs voyageurs ont prétendu que les mulets se reproduisaient assez souvent dans les climats chauds: mais ce fait est loin d’être démontré. Il en est de même de la supposition d’Hamilton, qui rapportait le cheval à cinq souches distinctes; ces souches en s’unissant ont produit l'espèce la plus appropriée aux besoins de l’homme.

Le même Hamilton Smith pensait aussi que le chien domestique dérivait de plusieurs races distinctes qui avaient donné lieu à de nombreuses variétés. Mais ce qu’il n’a pas fait, c’est de remonter jusqu’à ces races primitives; c’est

cependant ce qui aurait été essentiel pour démontrer cette supposition.

Le loup, le chien, le chacal et le renard, espèces différentes, se croisent sans trop de difficulté; leur croisement est, aux yeux de M. Morton, la preuve que l'identité d’une espèce ne peut en dépendre. Cela serait vrai si de pareils accouplements, qui n’ont lieu que lorsque les animaux sont réduits à l’état de domesticité, avaient pour résultat des individus féconds. La fécondité et l’immutabilité dans l’état sauvage sont le caractère fondamental des espèces.

En réduisant à l’état de domesticité les animaux qui l’entourent, l’homme en tire bien des produits qu’ils n’auraient pas donnés s'ils avaient été constamment à l’état sauvage ; mais nous ne pouvons pas rendre ces métis féconds. Les loups, qui aux États-Unis peuvent être dressés à la chasse du cerf, reprennent bien vite leurs habitudes farouches lorsqu’on les abandonne à eux-mêmes. Mais il est essentiel de ne pas perdre de vue que les métis sont à peu près constamment stériles.

Les exemples cités par M. Morton en faveur de l’hypothèse qu'il adopte, ne sont pas plus concluants, relativement aux oiseaux, aux poissons et aux mollusques, que ceux qu'il ‘ signale pour les mammifères.

Cet observateur reconnaît que l’hybridité est fort rare chez les animaux sauvages, si toutefois elle y existe; cette faculté ne se manifeste guère que chez les races domestiques. Aussi, laptitude de certains vertébrés à donner des produits fertiles, au plus jusqu’à la quatrième génération , est proportionnelle à leur facilité à se civiliser sous l’influence de l'homme. Mais, comme la plupart des animaux ne sont pas susceptibles de produire des hybrides fertiles, et que les

races humaines les plus dissemblables donnent par leur réunion des individus féconds, il s’ensuit que celles-ci ne constituent qu’une seule espèce.

Cette conclusion, à laquelle conduisent les faits avoués par M. Morton lui-même, est contraire à celle qu'il a adoptée en les interprétant d’une manière inexacte !.

Note 7, pag. 28. — L'action du cerveau sur la boîte crànienne peut s'exercer jusqu’à l'âge adulte, où le système osseux oppose une résistance puissante au développement de l’encéphale. Cette circonstance n’empêche pas qu'il n’y ait un rapport harmonique. entre les deux organes , ainsi qu'on peut s’en assurer à toutes les époques de la vie.

D'après Lafarge, la cavité crànienne est l’image exacte du cerveau, et à tel point que sur la voûte orbitaire, dans les fosses temporales, à l’occipital, on remarque des éminences encéphaliques. Si donc on coule du plâtre dans un crâne, le moule simulera la configuration de la surface cérébrale. En général, la forme du cerveau peut être représentée par l'extérieur, en tenant compte toutefois des sinus frontaux et des saillies servant d'attache aux muscles.

L’encéphale paraît maîtriser l’ensemble de l’organisation, par son action sur l’angle facial et les conséquences anatomiques qui en dérivent. Par l'effet de cette action, l’organi- Sation du corps de l’homme se montre en harmonie avec l'état de la civilisation. Elle est également en rapport avec le développement de l'intelligence, réglé lui-même par le cerveau, qui en est la source et l’organe matériel.

Note 8, pag. 35. — L'unité de l’espèce humaine est une

! Voy. Americ. Journal of science, vol. ILE, janvier et mars 1847.

question délicate de philosophie naturelle qui a occupé dans tous les temps, non-seulement les savants, mais les philosophes et les historiens. La solution de cette question paraissait à Voltaire si claire et si contraire aux enseignements de l’Écriture, qu’il n’a pas craint d'avancer qu’il fallait être aveugle, pour supposer que les blancs, les nègres, les Chinois, les Lapons, les Américains, enfin les albinos, fussent des hommes de la même espèce et d’une même origine.

La science répond : Oui, tous les hommes, quelque grandes que soient leurs dissemblances, sont de la:même espèce, puisqu'ils se perpétuent d’une manière indéfinie. Les diverses variétés humaines sont moins différentes entre elles que certaines races des animaux domestiques qui nous entourent, variétés que nous faisons naître pour ainsi dire suivant les caprices de notre volonté.

Note 18, pag. 74.— Les livres de Moïse (Genèse, IV, v. 2%) fournissent un témoignage de l’ancienneté de la découverte du fer. De la manière dont Moïse en a parlé, ce métal devait être en usage depuis longtemps dans l'Égypte. (Lévitigue, ch. XXVI, v. 19; — Deutéronome, ch. XXVIIE, v. 23 et 48.) Ces divers passages nous apprennent que le lit d’Hog, roi de Basan, était en fer. (Detitéronome, chap. IT, v. 41.) Il compare la servitude que les Israélites éprouvaient en Égypte, à l’ardeur d’un fourneau où l’on fond ce métal.

On faisait en effet avec ce métal des lames de couteau, des sabres, des épées, témoin le sabre qu’Abraham sortit du fourreau pour immoler Isaac. (Genèse, chap. XXII, v. 6.)

Note 19, pag. 75.— L'usage où étaient les anciens patriarches de faire tondre leurs brebis, est encore une preuve des progrès que l’on avait faits dans la préparation des métaux,

et particulièrement dans l’art de tremper le fer et le cuivre. (Genèse, chap. XXXI, v. 19; chap. XXXVHII, v. 12.) La découverte du fer et l’art de le travailler, remontent donc à des temps très-anciens dans l'Égypte et dans la Palestine; mais on ne peut s'empêcher de convenir en même temps que son usage était pour lors peu répandu.

Celui qui tracerait l’histoire des progrès que la fabrication du fer a faits dans les temps modernes, serait obligé de faire en même temps l’histoire du perfectionnement de la civilisation. Ces deux genres de progrès se sont en effet suivis, et l’un n’a pas avancé sans qu’il n’en ait été de même de l’autre. On pourrait en dire presque autant de la fabrication du cuivre, quoique cet art n’ait pas marché avec la même promptitude que celle du fer. Les anciens paraissent même avoir été plus avancés dans l’art de tremper le premier de ces métaux que nous ne le sommes nous-mêmes.

Note 20, pag. 76. — D’après la Genèse, l’art de fabriquer le fer, que Diodore de Sicile (liv. V, pag. 230) suppose avoir été inventé par les Chalybes ou Cabires, aurait été trouvé bien avant eux. (Livre de Job, cap. XXX, v. 24; cap. XXVIII, Y, 2; cap. XL, v. 13, et cap. XLI, v. 18.) Voyez également Iliade , liv. IV, v. 521; liv. XIII, v. 612; liv. XXII, v. 560, 561. — Odyssée, liv. XXII, v. 423. — Hésiode, v. 316. —

Plato in Thessal., pag. 17, etc.

Note 21, pag. 717. — Voyez le Voyage uu Pérou, d'Antoine Uloa, tom. I, pag. 386 et 392. — Mémoires de l'Académie des sciences, 4746, pag. 451.— Histoire des Incas, in-fol., 232.

Note 22, pag. 79. — Voyez Strabon, lib. IT. — Ptolémée, lib. VII, cap. I. — Diodore, lib. 5. — Philippi Cluvieri Ita-

lie antiquæ: idem siliciæ et consubricæ." Lugduni , ex officina elzeviariana, 1634, 2 vol. in-fol.— Voyage à l’île d'Elbe, par M. Thiebaud de Berneaud. Paris, 1808, in-80. — Précis de la géographie universelle de Malte-Brun. Paris , 1849, tom. VIL, pag. 588. — Geographiæ Blavianæ. Amstelodami, 1662, 8 vol. in-fol.

M. Héron de Villefosse ne suppose pas (voyez son ouvrage sur la richesse minérale, tom. 1, pag. 425. Paris, 1810) que les minerais de fer de l’île d’Elhe soient connus depuis des temps fort éloignés de l’ère chrétienne. Il ‘fait remarquer qu'il existe dans cette île deux exploitations principales, celles du Rio et de Terra Nera, qui ne remontent pas à une époque fort reculée.

Note 23, pag. 19. — La mythologie a rappelé l’histoire de la tour de Babel dans le tableau de l’escalade des Titans. Son érection est admise par les annales des anciennes nations, ainsi que la séparation des peuples et la confusion des langues, qui suivirent sa construction.

On en retrouve l’idée chez des nations très-modernes, comme par exemple les Américains. Ainsi les habitants du Mexique l'ont conservée sur leurs monuments et les Chinois n’en ont pas encore perdu la mémoire. Le nom, la forme et la hauteur de cette tour ont passé dans leur écriture. Une lettre de leur langue, qui signifie l’adieu ou la séparation, représente la mystérieuse Babel. (Voyez, dans la Vue des Cordillères, les mémoires concernant les Chinois, que M. de Humboldt y a insérés.)

Note 24, pag. 80. — Les pyramides, monuments de l'orgueil des premiers rois de l'Égypte, n’ont pas une grande antiquité.Ces constructions ne paraissent pas remonter avant

Sésostris, d’après Hérodote, qui en éloigne le plus la date, en sorte que leur érection aurait eu lieu en 3389 avant l'époque actuelle, ou seulement en 3263, d’après la plupart des écrivains modernes. Champollion, dont les travaux ont le plus éclairé l’histoire de l’ancienne Égypte, a adopté le dernier chiffre; il a également admis que les plus anciens monuments de cette contrée ne s’étendaient pas au-delà de 4059 avant les temps actuels. Les plus anciens de ceux qui sont encore debout ne le cédent qu’à la tour de Babel, érigée, d’après les Septante, l’an 4065; et les uns et les autres sont bien postérieurs au déluge.

Le but de leur destination, fort différent de celui qui a porté les Hébreux à élever la tour de Babel, le prouve encore. Les recherches récentes faites dans les pyramides nous ont à peu près fait connaître les motifs qui avaient porté les anciens rois d'Égypte à les construire. Les objets découverts dans les tombeaux pratiqués au-dessous de leurs énormes masses, ont démontré que ces monuments n'avaient pas l’antiquité qu’on leur supposait, et qu’ils étaient non-seulement postérieurs au déluge, mais même à Moïse. Cette circonstance nous explique pourquoi le chef des Hébreux n’en a rien dit. Î n’aurait pas pu s'empêcher d’en parler, si les pyramides avaient existé de son temps, lui qui sortait de l'Égypte, ainsi que les peuples dont la conduite lui avait été confiée...

Des monuments aussi gigantesques que les pyramides ou la tour-de Babel n’ont pu être élevés que par suite de superstitions aveugles ou de croyances absurdes, ou enfin d’un despotisme ahsolu. On sait assez pour quel dessein insensé les nations se réunirent dans la plaine de Sennar pour ériger la tour de Babel, dont les ruines attestent quelle était sa hauteur et combien son pourtour était vaste et étendu. Le but de son érection prouve que les peuples qui l’avaieñt conçue

Hi. b

devaient être fort nouveaux et bien peu avancés en civihsation.

Les pyramides, érigées en l’honneur des souverains de l'Égypte, qui rêvaient encore la grandeur après leur mort, sont des monuments impérissables du despotisme absolu qui les a fait édifier. Aussi, depuis leur construction, l’antiquité, qui a si souvent ressenti les effets d’un pouvoir sans bornes , n’a rien édifié de comparable , pour la grandeur et l'élévation, aux pyramides, devant lesquelles tant d'événements se sont passés et se passeront encore; le temps semblé, en effet, n’avoir pas eu de prise sur leurs masses Indestructibles.

Si depuis leur érection, l’antiquité a été impuissante à produire de pareils édifices, on doit peu s'étonner que rien d'aussi grand n'ait été tenté dans les siècles modernes. De semblables monuments sont d’un tout autre âge que le nôtre, et ne peuvent avoir appartenu qu'aux temps où les hommes asservis gémissaient sous le pouyoir d’un seul.

Note 25, pag. 82. — Dupuis a fait remonter l’établissement du zodiaque à une époque très-ancienne , mais il la fait sans âucune espèce de fondement, ainsi que toutes les observations faites après lui l’ont démontré. C’est aussi sans aucun motif fondé qu’il a supposé que le zodiaque de Dendérah data de l’époque à laquelle le solstice était entré dans le Capricorne, c’est-à-dire vers 15000 au moins avant l'ère chrétienne ; tandis qu’il est postérieur à cette ère, ainsi que le démontre le monument même.

Note 26, pag. 83. — Quoique Visconti ne connût pas les faits qui annoncent la nouveauté des zodiaques d’Esnée et de Dendérah, qu’on avait à tort considérés comme de la plus

haute antiquité, il avait jugé, d’après la ressemblance des signes qui y étaients inscrits, qu’ils devaient se rapporter à une époque où les opinions des Grecs étaient grandement influencées par celles des érudits de l'Égypte. Visconti choisit donc la fin de la dernière grande année, ou l’époque écoulée entre lan xu et lan cxxxvin après Jésus-Christ. Cette époque lui parut s’accorder avec l'inscription grecque, qu'il ne connaissait pas encore, et où il avait appris qu’il était question d’un César. |

Les calculs de Delambre avaient établi que les sculptures de Dendérah étaient postérieures à Alexandre ; aussi avaiton à peu près abandonné l'opinion de l’ancienneté de ce zodiaque, avant que Champollion ne l’eût examiné. Il en était de même des calculs de Delambre, en raison de la difficulté que présentaient toutes les dates dérivées de la double supposition que Ja division marque le solstice, et que la position du solstice indique l’époque du monument.

La conséquence inévitable de cette hypothèse était que le zodiaque d’Esnée devait être au moins de deux mille ans et peut-être de trois mille ans plus ancien que celui de Dendérah. Cette conséquence né pouvait être admise, par la raison toute simple que des monuments presque semblables ne pouvaient pas avoir été construits à des époques aussi différentes et aussi éloignées. |

Les zodiaques d’Esnée et de Dendérah sont donc loin d’avoir l'antiquité fabuleuse de quinze mille années qu’on avait voulu leur attribuer. S'ils avaient été aussi anciens, on se demande comment les Égyptiens, ces hommes qui représentaient tout par des emblèmes, et qui attachaient un grand prix à ce que ces emblèmes fussent conformes aux idées qu’ils devaient représenter, eussent considéré les signes des zodiaques comme se rapportant à des milliers

d'années, lorsqu'ils ne correspondaient pas à leur type primitif ?

On n’est plus réduit à accepter de pareils chiffres depuis qu’il est démontré, de la manière la plus positive, que ces monuments, dont l’idée première a été apportée en Égypte par les Grecs, étaient évidemment de l’époque où les empereurs romains gouvernaient le monde , et qu'ils se rapportaient aux temps de Tibère, des Antonins ou de Trajan.

‘Aussi ceux qui, comme saint Martin, en ont le plus reculé la date, ont rapporté le planisphère de Dendérah au x1re siècle avant l’ère chrétienne. Biot n’a pas partagé cette opinion et l’a supposé représentant un état du ciel peu éloigné de sept cents ans antérieurement à Jésus-Christ. Quant à Visconti et à M. Testa, le premier a singulièrement rajeuni ce zodiaque, et en a considéré la construction comme du premier siècle de l’êre chrétienne, ainsi que nous l’avons fait observer ; tandis que le second l’a envisagé comme du troisième.

Il est du moins certain, d’après les inscriptions grecques et hiéroglyphiques , que les temples de l'Égypte dans lesquels on a sculpté des zodiaques, ont été construits sous la domination des Romains. Aussi lit-on sur le frontispice du portique du temple de Dendérah , une inscription grecque qui porte que ce temple est consacré au salut de Tibèére, ce qui en fixe l’érection aux premières années de notre ère. Cette date est confirmée par le planisphère du même temple, ainsi que par d’autres monuments, tels que le petit temple d’Esnée et l'inscription grecque qui se trouve sur le cercueil d’une momie rapporté de Thèbes par M. Cailliaud et sur lequel se trouvent le nom de l’empereur Trajan, et un zodiaque divisé de la’même manière que ceux de Dendérah.

Du reste, tous les zodiaques égyptiens ne représentent aux yeux de M. Halma que les travaux de chaque mois, et ”

n’ont pour lui aucune importance chronologique. Ainsi se sont évanouies les conséquences que l’on avait cru pouvoir tirer de ces monuments, contrairement à ce que nous apprennent les faits déduits de l’observation des couches du globe et l’histoire de toutes les nations.

Note 27, pag. 84. — Les zodiaques d’Esnée et de Dendérah n'offrent qu’une représentation générale du ciel, il n’y a pas la moindre pensée astronomique ; l'intention de leurs auteurs était toute logique. La simple inspection de ces monuments, et encore plus leur étude, amènent à ce résultat et prouvent que ceux qui les ont construits n’avaient pas de Connaissances scientifiques bien avancées.

Note 28, pag. 87. — Nous avons rapporté les propres paroles de Nouet, astronome de l'expédition d'Égypte. (Voyez Delambre, Abrégé d'astronomie, pag. 217, dans sa note sur les parantellons. — Histoire de l'astronomie du moyen dge, pag. 8.)

Les représentations zodiacales sont complètement étrangères anx Égyptiens. Il n'y en a aucune qui remonte au-delà de l’époque de la fusion des Grecs ou des Romains avec ces peuples. Toutes les momies qui ont des représentations zodiacales sont tout à fait étrangères aux Égyptiæss ; elles ne datent que de l’époque romaine.

Les plus anciennes sont du temps d’Auguste, à l’extinction de la dernière dynastie égyptienne. Antérieurement, ce genre de figures a été complètement ignoré des habitants de l'Égypte.

On a trouvé dans les ruines anciennes des villes égyptiennes, des dessins de lions et de bœufs, mais à la vérité uniquement parmi les hiéroglyphes. D'ailleurs ces animaux

HI, b.

ne peuvent être considérés comme des signes zodiacaux, puisque sur aucun des monuments antérieurs aux inscriptions grecques ou romaines, on ne voit pas un seul capricorne ni la moindre trace de sagittaire.

Ces figures, uniquement propres aux représentations zodiacales, ne se trouvent sur aucun autre monument, à moins qu'il ne soit de l'époque romaine. On a hien trouvé un centaure, dans les dessins antérieurs à ces trois peuples, Grecs, Romains et Égyptiens; mais on n’y a jamais observé un capricorne ou un sagitiaire armé d’une. flèche. Thèbes n’en a pas, quoi qu’en ait dit Dupuis. |

Déjà, dans le grand ouvrage de l'Égypte, où l’on n’a pas considéré le zodiaque de Dendérah comme l’œuvre des Grecs ou des Romains, on convient que ce monument ne peut avoir une haute antiquité. « L’air de fraîcheur des édifices de » Dendérah, l'exécution précieuse des sculptures qui les » décorent, le dessin en quelque sorte plus correct et plus |» gracieux, ont fait présumer aux artistes français que ces » ouvrages devaient être de l’époque récente où l’art, tel » que les Égyptiens l’ont reçu, était arrivé au plus haut degré » de splendeur. »

M. Groteland a lu à la Société égyptienne de Londres, un grand travail sur l’astronomie des Assyriens et des Babyloniens, qui prouve que cette science était beaucoup moins avancée qu'on ne l’avait supposé. Ce docteur a puisé ces renseignements dans les découvertes récemment faites à Ninive. D’après lui, le cadran solaire, que le prophète Isaïe connaissait sous la domination assyrienne, est une invention des Babyloniens, et les signes du zodiaque égyptien n'étaient pas des crocodiles, des hippopotames, des chats, des ibis, des ichneumons, mais des sujets ayant rapport au climat et à la manière de vivre des Assyriens et des Chaldéens, dont le

temple de Bel peut être considéré comme le premier observatoire. Souvent l’année était partagée en trois parties de quatre mois chacune, représentées par un hœuf, une vierge et une chèvre sauvage avec une queue de poisson.

Les Égyptiens ne paraissent pas avoir connu les constellations avant l’ère des Alexandrins; ce qui le prouve, c’est qu'aucune constellation ne se trouvait au-delà de l’horizon d’Alexandrie. Les Assyriens ont certainement enseigné l’astronomie aux Grecs, car la description qu'Homère donne d’Hercule, d'Apollon, de Diane et de Vénus, est en tout semblable à des statuettes et des bas-reliefs trouvés à Nemrod par M. Layard.

Note 29, pag. 87. — Pour distinguer plus facilement les étoiles, les Grecs et les Romains imaginèrent d’en réunir plusieurs dans un seul et même groupe. Ils donnèrent des noms particuliers à ces amas d'étoiles que nous désignons sous le nom de constellations. ‘Leurs observations durent se faire peu à peu; il est du moins probable que les constellations les plus voisines du pôle furent les premières qui attirérent l’attention des observateurs, en raison de ce qu’elles sont visibles dans-toutes les saisons et à toutes les heures de la nuit.

Il n’en est pas de même des constellations qui composent le zodiaque ou qui n’en sont que médiocrement distinctes. Le voisinage du soleil les fait disparaitre entièrement pendant un temps considérable; on ne peut les apercevoir ni les distinguer que lorsqu'elles sont à une certaine distance de cet astre.

Note 30, pag. 89. — Les observations astronomiques des anciens étaient si peu avancées, qu’ils n’avaient aucun moyen

de mesurer le temps ni aucune idée des chronomètres. Ils n'avaient pas non plus appliqué le verre aux instruments astronomiques et étaient loin d’avoir acquis la moindre notion des appareils météorologiques.

Cependant ces moyens étaient nécessaires pour faire des observations astronomiques d’une certaine précision. Cette science ne put donc pas avoir fait de grands progrès, et par conséquent elle ne date pas d’une haute antiquité. Du moins, d’après les données historiques les plus exactes, aucun peuple ne paraît avoir possédé, il y a quarante siècles, des connaissances précises en astronomie.

Les annales des brahmes et des Chinois sont loin de remonter à cette époque; ce qui le prouve, c’est que ces peuples ne connaissaient point la véritable position des solstices, ainsi que la grande position semi-lunaire. D’un autre côté, des peuples qui avaient à peine Îles premières notions de l’agriculture et des arts les plus indispensables, ne pouvaient guère avoir des données bien parfaites sur une science comme celle des astres, qui repose à la fois sur le calcul et l'observation.

Note 31, pag. 92. — Deux ordres de faits totalement différents suffisent donc pour montrer que l’on ne peut juger des progrès des sciences, par la longueur du temps depuis lequel elles sont cultivées.

Avant 1800, on ne connaissait pas une seule planète télescopique ; cinquante-six ont été découvertes depuis lors!.

‘ Quelque grand que puisse paraître le nombre des cinquantesix planètes télescopiques découvertes depuis 1800, il s’augmentera sans doute d’une manière notable; car, d’après M. Leverrier, nous ne connaissons probablement qu'une petite partie de la matière

On n’avait connu pendant longtemps que sept grosses planètes au ciel; deux ont été découvertes depuis peu, ce qui en porte la totalité à neuf. L'une de celles-ci, Uranus, a cependant jusqu’à huit satellites, quantité égale à ceux qui sont particuliers à Jupiter ; tous ces satellites n’ont pas été aperçus avant 1700, et ceux qui font leur révolution autour d'Uranus ont suivi de près la découverte de cette planète, qui a été faité par Herschel en 1781. C’est à partir de cette époque , bien récente on le voit, que l’astronomie a fait la plupart de ses progrès.

Un des plus beaux résultats des nouvelles méthodes a été l'annonce de la planète Neptune, faite par M. Leverrier le 31 août 1846, et que M. Galle, de Berlin, a trouvée, le 25 septembre suivant, dans la partie du ciel où elle venait d’être indiquée.

Si nous comparons maintenant le nombre des corps simples métalloïdes ou métalliques qui étaient connus des anciens, avec ceux que nous avons découverts depuis 1700, la différence ne sera pas moins grande. Ainsi, avant 1700, le soufre, le carbone et le silicium, ou plutôt le quartz, étaient les seuls corps simples métalloïdes connus ; sept ont été découverts de 1700 à 1800, et cinq depuis 1800 jusqu’à nos jours. Huit substances métalliques ont été connues de tout temps; une a été trouvée de 1500 à 1600, douze de 1700 à 1800, et vingt-neuf de 1800 à nos jours.

Les progrès relatifs à la connaissance des corps organisés | n’ont pas été moins prompts que ceux des corps bruts. On présume qu’il existe environ, sur la surface du globe, de

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