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Ces différentes causes ont probablement retardé l’invention du zodiaque, invention dont les anciens astronomes ne nous ont rien dit; ils nous ont du moins laissé ignorer de quelle manière on s’y était pris pour construire et diviser le zodiaque. ,
Les observations des Chaldéens, citées par Ptolémée, ne consistent qu’en éclipses de lune, dont ils avaient enregistré les jours et les heures, mais postérieurement à l’ère de Nabonassar. Or, des observations de ce genre ne constituent pas une haute science astronomique.
La célèbre période Saros , qui ramène les éclipses aux mêmes intervalles et dans le même ordre, est également attribuée par la tradition aux Chaldéens. Rien ne prouve pourtant qu’ils eussent la moindre connaissance des mouvements des nœuds de l'orbite lunaire; mais on sait que la découverte de cette période peut résulter naturellement de l’inscription régulière et longtemps prolongée des phénomènes ” écliptiques. -
L'invention du cadran solaire fait sans doute honneur aux Chaldéens. Outre le témoignage positif d’Hérodote, on trouve dans l’Histoire du cadran d’Achaz, une preuve de l'existence de cet instrument en Judée, au vine siècle avant l’êre chrétienne.La plupart des critiques ont admis que cette invention ÿ avait été apportée de Babylone.
[ne faut pas croire quecette connaissance exige une science bien élevée; car, deux ou trois siècles plus tard, Anaximène linventa en Grèce, et cependant ce philosophe’ croyait la terre cylindrique et plate, du moins en partie.
Quant à la connaissance de l’année sidérale, que les Chaldéens avaient faite, au dire d’Albategnius, de 365 jours, 6 minutes, 11 secondes, valeur qui ne diffère de la véritable
que de deux minutes, on se demande comment un astronome IL. c
du rxe siècle aurait pu connaître un fait aussi remarquable? Ce fait était cependant ignoré d’Hippocrate et de Ptolémée, qui avaient compulsé toute la science des Chaldéens et qui en avaient transmis la connaissance aux Arabes, dont l’Almageste était tout lé savoir. De plus, Albategnius attribue cette dénomination aux Chaldéens et aux Égyptiens, circonstance qui prouve l'incertitude de la source où il avait puisé un pareil renseignement.
Note 34, pag. 110. — Ceux qui désireraient connaitre les progrès que l'astronomie avait faits dans l’ancienne Égypte, trouveront des détails curieux à ce sujet dans les travaux suivants : 10 Dans le Mémoire sur les observations planétaires consignées dans quatre tablettes égyptiennes en écriture démotique, par M. Henri Brugsch, publié à Berlin en 1856; |
20 Dans les différents Mémoires publiés par M.J.-B. Biot, sur les noms égyptiens des cinq planètes principales, dans les numéros du Journal des savants de décembre 1856 et janvier 1857;
, 30 Dans le Mémoire sur r les résultats de l'examen des lieux des cinq planètes principales, consignés sur quatre ta- Llettes antiques trouvées en Égypte, et la détermination de l’époque à laquelle ces tablettes se rapportent, par M. Williams Ellis, de l'observatoire de Greenwich. Ce travail a été inséré dans le tome XXV des Mémoires de la Société astronomique de Londres ;
4o Dans la note sur les noms égyptiens des cinq planètes principales, par M. le vicomte de Rougé, membre de l’Institut. Paris, 1856;
5o Mémoires sur la division de l’année des anciens Égyptiens, publiés dans les numéros du Journal des savants (avril,
mai, juin, août et septembre 1857), par M. J.-B. Biot. Ces . Mémoires sont principalement destinés à démontrer l’erreur dans laquelle M. Brugsch est tomhé relativement à Champollion, ainsi que dans le système qu’il a adopté et qui n'offre pas le moindre rapport avec la succession des phénomênes annuels propre au climat de l'Égypte. Ce système de M. Brugsch suppose le climat de cette contrée tout autre qu'il n’est et qu’il pourrait être. La notation prise au contraire dans son état de continuité naturel, présente, quant à la succession des phénomènes climatériques, une image naïve dont l’exactitude n’avait pas échappé à Champollion.
Note 35 , pag. 113. — Les méthodes de calcul dont les Grecs faisaient usage, et qu’ils connaissaient du reste trèsbien, étaient fort peu avancées. Sans doute, l’algèbre numérique était cultivée par eux et par les Hindous; mais c'était à ce point que se bornaient leurs connaissances mathéma- . tiques. Ils les ont transmises ensuite aux Arabes dans le vue siècle de notre ère, c’est de ces derniers que nous les tenons. Jean Rispanensis, auteur du xne siècle, qui nous a donné la traduction de Mohammed-Ben-Musa, nous a appris tout ce que les Arabes et par conséquent les Grecs savaient de l'algèbre numérique.
Du reste, il y a une grande différence entre cette algèbre, qui a été cultivée parmi nous dans le moyen âge, et notre algèbre actuelle bien autrement perfectionnée.
En effet, dans la première, les inconnues, c’est-à-dire les quantités que l’on veut déterminer, étaient représentées par des symboles ou par des mots, et les quantités connues, ou
les données d’une question, l’étaient toujours par des nombres.
Aujourd’hui les quantités connues comme les inconnues sont représentées par des lettres, de sorte que la solution des problèmes est générale, et qu’il n'est pas nécessaire de recommencer toutes les opérations pour chaque genre en particulier.
L’algèbre ancienne était numérique, l’algébre actuelle est littérale ou symbolique. La découverte de l'algèbre littérale paraît due à Viette, quoique plusieurs auteurs l’aient attribuée à Léonard Fibonnais, marchand de Pise.
Note 36, pag. 116. — On trouvera des notions plus étendues sur ce sujet dans l’Histoire de l'astronomie de Delambre, tom. I, pag. 212. (On peut encore voir son Analyse de Ger-
. minus, ibid.. pag. 214.) Il faut aussi comparer les données
qui y sont consignées avec celles qui nous sont fournies par les mémoires de M. Ideler sur l'astronomie des Chaldéens, dans le quatrième volume du P{olémée de M. Halma, pag. 98.
Note 31, pag. 122. — D’après S.-W. Jones, Wilfort et Klaproth, les sciences et les arts sont arrivés fort tard, dans le Céleste-Empire, à un certain degré de splendeur. Ces savants pensent qu’il n’existe pas en Chine de certitude avant l’année 782 avant l’ère chrétienne, c’est-à-dire vers l’époque de la fondation de Rome, alors que la littérature hébraïque
était déjà sur son déclin.
Cette opinion, si contraire à la haute antiquité que les Chinois ont voulu s’attribuer, a été adoptée également par le savant Windischmann, qui, comme Klaproth, range parmi les temps incertains, toute la période de l’histoire chinoise regardée comme telle par Wilfort. Cependant, Abel Remusat paraît disposé à croire que lhistoire des Chinois
peut remonter à 2200 ans avant l’ère chrétienne, et leurs traditions plausibles à 2637 années. Lors même que l’on adopterait ces deux dates, l’antiquité de ces peuples ne remonterait pas à une époque bien reculée.
On s’est encore fondé, pour attribuer aux Chinois une haute antiquité, sur leurs connaissances en astronomie, que l’on a supposé avoir été introduites en Chine par Yao, l’un de leurs premiers souverains, dont on fait remonter l'existence à l'époque du déluge.Les historiens de la Chine le représentent comme faisant écouler les eaux produites par ce grand cataclysme. Leurs connaissances astronomiques étaient si peu avancées, que, 2000 années après Yao, ils n’avaient aucun moyen de prédire avec une certaine exactitude les éclipses de soleil; en 4620 de notre ère, lors de leur dispute avec les Jésuites, ils ne savaient pas même calculer les ombres.
Aussi M. Paravey, après de nombreuses et de laborieuses recherches, pense que la plupart de leurs connaissances leur sont venues .par les livres composés en Égypte ou dans l’Assyrie. S’il en avait été autrement, on ne trouverait certainement pas dans les encyclopédies chinoises, certains faits relatifs à l’histoire naturelle de l'Afrique, la connaissance de l’hippopotame, celle de l’existence des nègres. On a eu tort de taxer les livres chinois d’inexactitude, parce qu’ils ont placé des nègres dans une chaîne de montagnes désignée par eux sous le nom de Kouen-Lun. L'erreur est au contraire du côté des interprètes, qui ont placé cette chaîne dans le Thibet, tandis que par le nom même donné aux nègres qui l'habitaient, elle appartient non à la Chine, mais au Zan- Zibar, ile de la mer des Indes.
! Comptes-rendus des séances de l'Académie des sciences de Paris, tom. XXXIX, pag. 1035, n° 21, 20 novembre 1854. |
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Note 38, pag. 128. — L'invention de la trigonométrie n’est pas l’œuvre du Chinois Cocheou-King, mais bien d’Hipparque, le plus habile astronome de l'antiquité. Cette découverte remonte en effet à l’an 164 avant l’ère chrétienne, et par conséquent longtemps avant la naissance du mandarin chinois. Hipparque peut également être considéré comme l’inventeur de la géographie; car il paraît avoir été le premier à déterminer les positions des lieux par les latitudes et les longitudes. Il les fixa au moyen des éclipses de lune.
Ce grand géomètre reconnut également les parallaxes et sut s’en servir pour déterminer les distances des corps célestes à la terre. Il paraît aussi avoir connu le mouvement équinoxial, mais d’une manière incomplète. Il laissa à ses successeurs le soin de vérifier ses observations à ce sujet; il osa enfin compter les étoiles, et il en donna un catalogue qui en comprenait environ huit cents, déterminées par leurs ascensions droites et leurs inclinaisons.
Ce fut plus tard et vers le milieu du deuxième siècle après l'ère chrétienne, que Ptolémée, riche des observations de ses devanciers et de ses propres travaux, continués pendant quarante années, se sentit le courage et la force de construire un système du monde qui en représentât les résultats. Il découvrit des inégalités célestes, et inventa, pour expliquer les mouvements en apparence si bizarres des masses planétaires, l’ingénieux système des épicycles. Il consigna toute sa science dans un ouvrage qu’il a intitulé : La grande Construction, dont le premier mot, passant par la bouche des Arabes , est devenu celui d’Almageste, nom sous lequel cet ouvrage est connu.
Ptolémée supposa la terre immobile et le soleil en mouvement. Ce point de départ était tout au plus supportable à