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qui avait pour limites l'Égypte à l’ouest, la mer Rouge au sud , la Judée et le lac Asphaltite au nord, enfin le grand désert à l’est (chap. XXVIT, vers. 21). Strabon comprenait sous le nom d’Arabie toute la presqu'île qui s’étend entre l'Inde et la mer Rouge, et le désert jusqu’à l'Euphrate. Voyez également le Voyage dans l’Arabie Pétrée, par Léon de Laborde et Linard, un vol. in-fol. ; Paris, 1830.
Note 46, pag. 200. — M. Paravey, dans son mémoire in- ” titulé : De quelques faits bibliques retrouvés dans les hiéroglyphes chinois, a prouvé que le Pentateuque ainsi qu’Abraham étaient très-bien connus en Chine dès les plus anciens temps. Ce patriarche y était désigné sous le nom de Tan, ou de Père de la multitude. Les mêmes hiéroglyphes, ainsi que le Chouking, nous ont fait connaître les migrations qu'Abraham avait faites à l’ouest de la Palestine. Elles mentionnent également les sept années de disette et de famine qui eurent lieu sous un Pharaon puissant, fondateur d’une grande dynastie, et un ministre habile, d’un nom vénéré.
On y trouve aussi sur le déluge quelques détails analogues à ceux que Moïse nous a donnés de ce grand événement. (Voyez les Annales de philosophie chrétienne, 28e année, IVe série, tom. XVIII, pag. 456, no 108, décembre 1858.) (Cette note n’est pas indiquée dans le texte.)
Note 4T, pag. 212. — D’après Clément d’Aléxandrie, la sortie du peuple hébreu de l'Égypte aurait eu lieu la 445e année avant le renouvellement du cycle sothiaque. Cette époque se rapporterait, si cette circonstance importante dans l’histoire de ces peuples est bien exacte, ainsi qu’on le suppose, à 1770 avant l’ère chrétienne, ou 3629 années avant l'époque actuelle 1859.
— XLUI —
Note 48, pag. 213. — La certitude historique ne com- * mence que vers 2000 ou 2500 ans avant l’ère chrétienne. Le calcul fait en réduisant à sa juste valeur l’antiquité que les Égyptiens ont voulu se donner, on voit qu’elle ne dépasse pas, pour les érudits qui la font remonter le plus haut, au-delà de 3901 années avant Jésus-Christ, ou à plus de 5760 ans avant l’époque actuelle.
Voici du reste une chronologie qui nous a été donnée par M. de Brotonne, dans son ouvrage remarquable intitulé : Histoire de la filiation et des migrations des peuples. Elle prouve qu'aux yeux de cet écrivain , l’antiquité de l’homme n'est pas aussi grande qu’on a voulu la faire admettre. M. de Brotonne distingue dans la chronologie sept époques principales dont il a cherché à déterminer les dates. Ces recherches l’ont conduit à fixer l’époque de l’apparition de l’homme à 7390 années avant les temps actuels. Ce chiffre n'est pas très-différent de celui qu’ont admis plusieurs historiens modernes, qui correspond äux nombres 7620 à 7720. Ces nombres diffèrent toutefois de celui adopté par les Septante, qui est de 7130 années depuis l'apparition de l’homme jusqu’à nos jours.
Voici du reste le tableau chronologique de M. de Brotonne:
années.
1° De la création au déluge..................... 2262
2° Du déluge à la naissance d’Abraham.......... 1192
30 De la naissance d'Abraham à l’'Exode......... 506
ko De l’Exode à la construction du temple. ....... 562 5° De la construction du temple à son incendie or-
donné par Nabuchodonosor...........,...... 470
6° De l’incendie du temple à J.-C............... 540
7° De l'ère chrétienne à nos jours............... 1859
En comparant ce tableau avec celui qui se trouve à la fin
de cet ouvrage, on verra qu’ils sont assez d'accord pour les dates principales. Ainsi, pour la date de l'apparition de l’homme, il n’y a, entre l’époque admise par M. de Brotonne et celle de plusieurs écrivains moderries, qu’une différence en moins pour la première de 248 années.
Plusieurs observateurs supposent à l’homme une anti-
quité plus grande que celle que les faits historiques lui attribuent. Ainsi tout récemment M. Owen a été appelé en Amérique pour vérifier des faits qui , au premier aperçu, semblaient confirmer cette opinion. On avait découvert dans le nord du nouveau Monde un arbre que l’on considérait comme fossile, arbre découvert en creusant les fondations d’un dock à Jarrow et qui portait cependant des tracés de la main de l’homme. En procédant à une enquête, M. Owen ne tarda pas à apprendre que l’un des ouvriers qui ne travaillait plus dans les chantiers avait découvert un arbre semblable dans une autre partie du dock et qu’il l'avait fendu pour en faire une traverse de chemin de fer. * Cet homme ayant été mandé, déclara que l’arbre en question était l’un de ceux qu’il avait coupés. On crut le fait d’autant plus impossible, que le sol où il avait été rencontré n'avait pas été fouillé auparavant. Cet ouvrier affirma pour lors qu’on trouverait probablement dans les environs la partie supérieure de cet arbre qu’il avait séparé avec sa hache, et que le tronçon enfoui avait été ensuite recouvert de terre : ce qui fut vérifié aussitôt. Jamais, dit à ce sujet M. Owen, on n’a été aussi prêt d'introduire dans la science une fausse découverte et les conséquences qui en dérivaient, et jamais on n’y a échappé plus heureusement.
Aussi, à l’occasion de l'exploration récente de la caverne de Brixham , près Torquen, le même M. Owen n’a pas pu
s'empêcher de mettre les naturalistes en garde contre des conclusions relatives à l’ancienneté des ossements qui y avaient été trouvés, conclusions qui auraient été à l’époque de leur découverte tout au moins prématurées.
Il a en outre fait observer que les ossements de tigres, d'éléphants et d’autres espèces qu’on a rencontrées en Angleterre, en Sibérie et dans d’autres régions où le climat est beaucoup plus froid que celui que lon suppose être compatible avec la vie de ces animaux, prouvent d’une manière évidente que leurs races ont pu s’adapter à des régions froides ou tempérées, tout aussi bien qu’à des climats équatoriaux.
En effet, d’après cet habile observateur, les conditions de la vie animale ne dépendent pas seulement du climat, mais de la nourriture et du repos. Partout où il y a une proie que l’homme ne trouble pas et ne chasse pas, il y a aussi un animal destructeur et carnassier. Îl paraît qu’il existait 1l y à 2000 ans, en Angleterre, trois espèces distinctes d'animaux sauvages, y compris deux espèces gigantesques de bœufs et une de renne, et peut-être même le lion, tous animaux qui n’y vivent plus aujourd’hui. Aussi ne voit-il rien dansles débris osseux de Brixham qui puisse autoriser à penser que les espèces auxquelles ils ont appartenu vivaient antérieurement à l’époque historique, ou qui soit incompatible avec la coexistence d’une race d'hommes sauvages. Il ajoute qu’il aurait été charmé qu’on pût lui présenter un véritable fossile humain, qui prouvât que l’homme existe sur la terre depuis des temps plus anciens que ne l’indiquent les documents historiques !.
1 Voyez l’Institut, 27° année, n° 1813, pag. 74, mercredi 2 mars 1859.
Noté 49, pag. 216. — M. Paravéy, d’après l'étude spééiale qu'il a faite de l’histoire de la Chine, pense que la civilisation n’y a pas pris naissance, mais y a été apportée à une époque comparativement assez récente. Il se fonde sur des documents desquels il résulte qu’à une date peu antérieure à l’ére chrétienne, et même beaucoup plus tard, il y a eu chez les Chinois des habitudes d’anthropophagie, qui sont incompatibles avec l’état d’un peuple marchant progréssivement vers la civilisation. De pareilles mœurs ne sont en effet le partage que des hommes barbares et sauvages !.
Note 50, pag. 218. — On admet assez généralement qu’'Héber, fils de Salé et père de Phaleg (Genèse, chap. XI, vers. 14, 15et 16), a vécu de 3041 à 2637 avant l'ère chrétiénne; ce patriarche, qui a précédé Abraham, mort âgé de 404 ans, paraît avoir donné son nom aux Hébreux. Gette opinion a été adoptée par une foule d’interprètes, à Ja tête desquels nous citerons Josèphe, Eusèbe, saint Jérôme, le vénérable Bède 2, enfin saint Isidore.
Les Hébreux, qui, d’après cette opinion, durent leur nom à ce patriarche, conservèrent à la fois leur religion et leur langue primitive, nommée par suite Hébraïque, et cela même après la confusion des langues.
Plusieurs savants n’ont pas adopté cette hypothèse. Parmi ceux qui contestent à Héber l'honneur d’avoir donné son nom
‘ Comptes-rendus des séances de l'Académie des sciences , du 15 mars 1852, tom. XXXIV, pag. 412.
? Bède , né en 672 dans le comté de Durham, avait embrassé toutes les sciences de son temps, et en fut aussi l’homme le plus distingué. J1 a laissé un grand nombre d’écrits sur l’histoire, la rhéthorique , la théologie et la philosophie.
—— YXLVIL —
aux Hébreux, on distingue Huet, qui, dans ses Démenstrations évangéliques (Demonstratio evangelica, 1679, 1687, 1690, ouvrage d’une grande érudition, mais rempli de conjectures très-hasardées), a cherché à prouver que le nom des Hébreux vient bien du mot Héber, mais que ce mot ne désigne pas uniquement un homme, mais veut dire aussi au-delà, parce que ces peuples étaient venus d’au-delà de l'Euphrate. Ce sentiment, qui paraît le plus probable, a aussi prévalu chez plusieurs commentateurs.
= I est fâcheux que dom Calmet, auquel nous devons un excellent commentaire sur la Bible, ne nous ait rien dit sur cette question, qui ne laisse pas que d’avoir une certaine importance. On peut s’assurer de son silence à cet égard, en jetant les yeux sur la page 316 du premier volume de son Commentaire, édition de 4715, publiée à Paris chez Pierre Emery ; deux volumes in-4o.
Note 51, pag. 220. — On conçoit très-bien, avec l’auteur de l'Art de vérifier les dates, que la civilisation n'ait pas fait et n'ait pas pu faire les mêmes progrès chez toutes les nations, et surtout que ces progrès n’aient pas été également rapides et continus chez les différents peuples. Il est facile de comprendre que la civilisation a dépendu en général du caractère et de la trempe d'esprit des nations. Les communications qu’elles ont pu avoir avec des hommes plus avancés en civilisation, ont dû encore les favoriser dans la voie du progrès, dont ces derniers leur ont fait saisir tous les avantages.
Du reste, le perfectionnement des sociétés modernes n’a pas été produit par les mêmes causes qui ont agi sur les sociétés anciennes. Le progrès qui a eu lieu chez ces dernières
s’est opéré d’une manière générale, sans pouvoir être rapporté à une cause unique, qui aurait fait sentir son influence sur les différents degrés de la civilisation. Les effets de ces causes multiples, aussi variés que ces causes elles-mêmes, sont la conséquence d’une infinité d'actions diverses.
Si l’on compare ces effets manifestes sur l’ensemble de la civilisation, et ceux que l’on peut reconnaître dans les progrès opérés chez les primitives sociétés humaines, avec les résultats qui ont eu lieu chez les nations modernes, on est frappé de leur différence. Les premiers ont un caractère d’unité particulier, ou si l’on veut une uniformité remarquable qui annonce des perfectionnements opérés par un seul fait et en quelque sorte par une pensée unique essentiellement dominante.
La civilisation, partie comme on le sait de l'Asie, et surtout des environs des hautes chaînes de l’Himalaya et du Caucase, points les plus élevés du globe, s’est répandue de proche en proche sur la plus grande partie de la surface de . la terre. Les hommes qui ont habité les premiers les grandes chaînes, ont dû tendre bientôt, et par suite de l’accroissement naturel de la population, à aller répandre plus loin leurs nombreuses tribus. .
Les nations asiatiques, pour lors dans l’enfance de la civilisation, simples dans leurs mœurs comme dans leurs
institutions, n’ont pas pu recevoir d’ailleurs les lumières :
qui leur auraient été si nécessaires pour avancer dans Ja voie du progrès. Ces lumières, elles les ont dues à leur intelligence et à la loi du besoin, la plus impérieuse de notre monde; car elle se renouvelle sans cesse et se fait sentir à chaque instant.
Cette loi, on peut du moins le supposer, leur a appris
qu'elles devaient prendre pour guide dans leurs migrations, non la direction des hautes montagnes, mais le cours des fleuves et des rivières. Elle leur a fait comprendre qu’en suivant leurs pentes naturelles, elles arriveraient aux lieux les plus abaissés de la surface du globe , où elles trouveraient des terres fertiles qui leur donneraient les moyens de subvenir aux conditions de leur existence.
C’est donc sur les bords des grands cours d’eau que les premières sociétés humaines se sont formées, et que le besoin les a réunies. C'est là qu’elles ont pu se livrer à la culture de la terre et à l'éducation des bestiaux, qui ont été constamment les premières occupations des hommes. Une fois ces premiers besoins satisfaits, les nations se sont constituées en sociétés, et ont établi des gouvernements et des institutions en rapport avecleurs mœurs et leurs idées. . Démocratiques ou monarchiques, ces premiers gouvernements ont dirigé les institutions par une seule pensée, en harmonie avec celle qui a été la base de leur pouvoir, soit ahsolu, soit plus ou moins populaire.
Cette unique pensée a donné un caractère non moins particulier aux institutions qui en sont dérivées ; cette simplicité primitive a signalé les premières ébauches d’une civilisation naissante. L'unité de principe et de forme ne s’est pas toujours conservée dans l’établissement de ces premières sociétés ; en effet, elle a amené un état stationnaire dans la civilisation, ou bien elle a fait prendre au principe social un développement prodigieux, qui a donné aux États où il s'est opéré un éclat des plus remarquables.
Une infinité de causes diverses , en répandant pour lors des faisceaux de lumière sur tous les rameaux de la civilisation, lui ont fait perdre son unité primitive, et l’ont fait
JL. e
avancer dans les points les plus divers. De pareils effets n’ont guère pu se produire que chez les sociétés modernes, qui ont emprunté de toutes parts des moyens de progrès et de perfectionnement.
Par suite du développement des institutions, et en parti- . culier de celui des arts et des sciences modernes, le progrès n’a pu avoir lieu sur un seul point, sans se réfléchir en même temps sur une infinité d’autres. Ainsi s'accroît l’édifice immense et non achevé de la civilisation, auquel nous concourons tous dans notre état social actuel. Un seul empêchement, contre lequel tout pouvoir humain est pour ainsi dire impuissant, y met toutefois obstacle : c’est l’état stationnaire et contre-nature de certaines sociétés, chez lesquelles cet état d’inaction est admis comme un principe absolu, que l’on ne saurait enfreindre sans avoir à redouter les plus funestes résultats. Cette circonstance qui s'oppose à tous les genres de progrès devient de plus en plus rare.
Il faut cependant , pour que l’on revienne au principe du progrès, que les sociétés changent de forme et de base dans leurs institutions. Les sociétés ainsi de nouveau reconstituées, avancent rapidement dans la voie du perfectionnement de la civilisation, à peu près comme l'ont fait de nos jours les États-Unis. Transplantés sur le 50l du nouveau Monde, avec toutes les connaissances des nations les plus avancées dans les arts et les sciences , les nouveaux habitants de l'Amérique ont marché d’un pas ferme et assuré dans les voies de la civilisation; ils les ont même agrandies et perfectionnées par de nombreuses découvertes, qui les ont placés tout d’abord à la tête des nations civilisées.
Cet exemple, unique aussi bien parmi les sociétés modernes que parmi les sociétés anciennes, peut nous faire
comprendre l'influence qu’ont dû exercer sur la civilisation des peuples de l’antiquité, les communications qu’ils ont eues avec des nations plus avancées qu'eux dans tous les genres de progrès. |
Quoi qu’il en soit, les sociétés modernes ont avancé rapidement dans les voies de la civilisation, parce qu'elles en ont bien mieux compris les avantages que n'avaient pu le faire les sociétés antiques, et qu’elles ont joui de toutes les formes de gouvernement, ainsi que de la liberté de penser. Enfin, comment pouvoir oublier qu’elles ont à leur disposition tous les moyens de communication, moyens aussi rapides que merveilleux, puisqu’à leur aide le temps et les distances ne sont presque plus comptés pour rien?
Ne devons-nous pas espérer que, dans l’état actuel de nos sociétés, nous obtiendrons chaque jour, chaque instant, de nouveaux progrès, par suite du déveléppement des arts et de l'industrie? Pensée consolante qui doit nous encourager à cultiver de plus en plus la Science, d’où dérivent tant de biens ! |
Note 52, pag. 221. — Un autre fait non moins important doit aussi nous faire considérer l’Asie comme un des premiers continents sortis du sein des eaux. Ce fait, c’est que la plupart des arbres fruitiers et des plantes potagères que nous cultivons dans nos champs et nos jardins nous sont venus de cette contrée. - |
L’Asie a été primitivement ce que de nos jours l’Europe ‘est relativement au reste du monde : cette dernière contrée est maintenant le pays le plus avancé en civilisation ; aussi, à l’aide deses vaisseaux, elle peut mieux que toutes les autres contrées , faire jouir les différentes régions de la terre des