‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiquesChapitre 49 sur 80 · IL. e · texte numérisé non relu

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du reste que l’épinard n’est pas venu de l'Asie; car, d’après eux, il n’a été connu que vers le moyen âge. |

La même contrée nous a donné toutefois le blé, l'orge, l’avoine, l’engrain ou petite orge, originaire du Caucase, comme l’épautre commun de la Perse. Nous lui devons encore le riz, ainsi que les diverses variétés du blé sarrasin, tels que les Polygonum fagopyrum, tataricum ‘et emarginatum.

Quant aux espèces fourragères, nous en devons peu à l'Asie, à moins que l’on ne veuille comprendre parmi elles, indépendamment de la luzerne, le lin, le chanvre et l’indigo, qui peuvent servir aux mêmes usages que les plantes cultivées comme propres à la nourriture des bestiaux.

Il est bien d’autres arbres et d’autres plantes non moins utiles, et qui nous sont venus de la patrie primitive du genre humain , que nous aurions pu également signaler. Tels sont : le bananier, le citronnier, le limonier : et parmi les plantes proprement dites, le coton, le riz f, le câprier?, le thé , le safran, la canne à sucre, ainsi que les arum et les solanum, végétaux qui font partie des substances alimentaires. (Voyez la Géographie botanique de M. Alphonse de Candolle, tom. II, pag. 809, principalement le chapitre sur l’origine géographique des plantes cultivées. — Idem; Journal général de l'instruction publique, vol. XXVIE, no 75,

! Le riz a été cultivé dès la plus haute antiquité dans l'Asie équatoriale.

"2 Le câprier est un arbrisseau qui croît en Palestine et que Boyle a regardé comme l'hyssope de l’Écriture. (£xode, chap. XII, vers. 22. — Lévitique, chap. XIV, vers. 4, 6, 49, 51 et 52. — Nombres, chap. XIX, vers. 6, 18.— Rois, liv. III, chap. IV, vers. 33; liv. Il, chap. II, vers. 33.— Psaume 60, vers. 8.) Cet arbuste, en supposant qu’il soit le même que l’hyssope, joue un rôle important dans les purifications ordonnées par la loi de Moïse.

pag. 496; no 75, pag. 698 et 785; vol. XXVIIT, n°6, pag. 45, mercredi 19 janvier 1859, où sont insérés divers articles sur la botanique des anciens, par M. Martens.

L'Orient, et particulièrement l’Asie, est égalefnent la patrie originaire de la plupart des animaux domestiques et surtout de ceux dont la domestication est la plus ancienne. En effet, sur quarante-sept de ces animaux, treize nous sont soumis depuis une époque très-reculée, tels que le cheval, l’âne, le bœuf!, le mouton, la chèvre, le cochon, le chien, la poule, et d’autres encore; et pour les peuples de l'Asie et de l’Afrique, le chameau, le dromadaire et le zébre.

Les espèces essentiellement utiles ont attiré bien plus l'attention, que les espèces de luxe ou d’ornement. C’est en effet de très-bonne heure que nous avons ravi les premiéres aux peuples pasteurs de l'Orient; mais beaucoup plus tard seulement, les Grecs se sont emparés du faisan et du paon, trophées de leurs conquêtes passagères en Asie.

En un mot, si l’origine de la culture des principales plantes alimentaires se perd dans la nuit des temps, il en est de même de la domestication des animaux de première nécessité. Enfin, dans la plus haute antiquité déjà, l’homme s’était donné une plante textile d’une grande utilité, comme un insecte qui lui fournissait ses plus beaux vêtements. Il paraît, en effet, que le lin et l'arbre qui nourrit le ver à soie ont été très-anciennement cultivés ; ce ver précieux est

! Le bœuf, comme son congénère le zèbre, est asiatique, ainsi que presque tous les ruminants domestiques ; quant au nombre des animaux qui nous sont soumis depuis très-longtemps, il s’élève pour l'Asie, non à onze sur douze, mais à treize sur quatorze. (Voyez le mémoire de M: Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire, sur l’origine des animaux domestiques. — Comptes-rendus des séances de l'Académie des sciences, tom. XLVIII; n° 3, 17 janvier 1859.)

devenu maintenant, comme on le sait, la source d'une infnité d'industries. l

Note53, pag. 221.— La plupart des monuments de l'Égypte sont construits avec des pierres d’une dureté très-différente et ayant aussi appartenu à’ des formations très-diverses. Les édifices qui se rattachent aux plus anciennes périodes, sont en granite ou en syénite; quant aux autres, ils se rapportent principalement aux roches néocomiennes, fort riches, à ce qu’il paraît, en infusoires fossiles. .

Quant aux grès qui ont servi à la construction: de la majeure partie des anciens monuments de cette contrée, ils appartiennent assez généralement aux roches de grès ou psammites. On peut réduire à trois les diverses formations dont ces grès ont été extraits. Les plus anciens dépendent des terrains permiens, et les autres du keuper, sortes de bancs pierreux qui fournissent d’excellents matériaux. Quant aux plus récents, ils proviennent du groupe crétacé. La dureté et la solidité de ces roches n’a pas peu contribué à la durée des constructions de l’ancienne Égypte, dont la conservation après tant de siècles est non moins remarquable que les grandes dimensions de plusieurs d’entre elles.

L'architecture égyptienne, qui employait dans les temples et les palais des matériaux extrêmement durs , avait fait aussi de notables progrès quant à la taille et à la pose des blocs de grande dimension. Elle était de même fort avancée dans l’appareillage des voussoirs et des différentes parties des monuments; les pyramides, surtout la plus gigantesque, nous en offrent des exemples qui n’ont pas été surpassés.

Nous citerons également comme un chef-d'œuvre de Part égyptien, une jambe colossale en granite noir, provenan(

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d'une statue du roi Sessourtasen Ier, que l’on voit maintenant dans le musée de Berlin. Nous ne signalerons que peu de ces monuments en particulier, parce que si nous voulions rappeler tous ceux que les Égyptiens nous ont laissés en pierres dures telles que les granites et les syénites, nous en aurions trop à mentionner. On a de la peine, en effet, à concevoir comment les statuaires égyptiens, qui n'avaient pas les mêmes moyens que nous, ont pu ériger une si grande quantité de statues colossales, comme, par exemple’, les nombreux sphinx qui conduisent aux propylées des temples de Thèbes.

Ï en est de même du grand sphinx, aujourd’hui presque entièrement enseveli, dont on ne voit guère que la tête et qui se trouve auprès des pyramides de Gyzeh. Cette énorme slatue, nommée le grand sphinx en raison de ses dimensions, ne paraît pas avoir été formée d’une seule pièce. On peuten dire tout autant des deux statues colossales d’AmunolttphIlr, placées auprès de Thèbes ; elles se trouvaient probablement près de‘la porte d’un temple ou d’un vaste palais, à en juger par leurs grandes dimensions. Il en est encore ainsi de la statue gigantesque de Memnon, également très-rapprochée de Thèbes.

Les architectes et les statuaires de l’ancienne Égypte ont attaché un assez grand intérêt à varier la nature des pierres dont ils se servaient dans la construction des monuments, ou dans l'érection des statues colossales dont le nombre est si considérable.

En effet, ils ont employé dans les temples et même pour les statues, toutes les variétés de granite et de syénite, de couleur différente, rose ou rougeâtre, et même noirâtre. Îls ont aussi fait usage des basaltes, des jades et de toutes

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