‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiquesChapitre 5 sur 80 · TA · texte numérisé non relu

TA

” Si les animaux n'avaient pas dû périr, lors même que homme n'aurait pas désobéi, le serpent, cause première de cette désobéissance , aurait été non-seulement maudit entre toutes les bêtes et réduit à ramper sur le ventre, mais il aurait été condamné à mourir. Cependant Dieu ne prononça pas contre lui une pareille sentence, parce que, comme les autres animaux, le serpent étaitsujet à la mort. ll n’enétait pas de même de l’homme; aussi Dieu, en lui défendant de manger du fruit de l'arbre de la science du bien et du mal, l’averut en même temps que s’ilen mangeait, il mourrait, sentence terrible dont l'effet suivit sa désobéissance *.

Si ces explications ne suffisaient pas , et si l’on voulait s’en tenir au sens littéral du livre de la Sagesse, qui fait entrer la mort dans le monde par suite de la jalousie que l’homme avait excitée dans l’âme du démon, on ne serait pas plus avancé. D'après ce texte, Dieu n’aurait pas fait la mort et aurait créé tout, afin que tout subsistât. Les créatures peuvent avoir été saines dans leur origine, n’avoir eu en elles rien de mortel, et cependant avoir été soumises à l'influence des milieux extérieurs *.

Aiasi, quoique les végétaux n'eussent en eux-mêmes, à leur origine, aucun principe de mort, les races herbivores pouvaient les anéantir, comme les dents des carnassiers pouvaient faire succomber ces mêmes races, quoique

! Voyez les versets 17 du chapitre IT et 11 du chapitre JII de la

Genèse.

2 Voyez .le livre de la Sagesse 1,18, et 11,24 , où on lit : {nvidia

autem diaboli mors intravit in orbem terrarum.

aucun germe de destruction ne püt les faire périr naturellement. On doit probablement entendre dans ce sens le passage du livre de la Sagesse ; car autrement on lui en

donnerait un qui serait contraire à toutes les analogies, ainsi qu'aux faits positifs.

En considérant les variétés de l'espèce humaine, on ne voit pas, malgré leur nombre et leurs extrêmes différences, qu’elles puissent faire attribuer à l’homme une antiquité plus reculée que celle qui lui est donnée par les Livres Saints.

Il en est de même si on les compare avec les animaux ensevelis dans les couches terrestres ; car évidemment la presque totalité de leurs espèces est antérieure à l'apparition du genre humain. Enfin, en admettant , avec l'Écriture, que la mort n’est entrée dans le monde qu'avec le péché, ce n’est pas convenir que les animaux n’eussent pas péri si l’homme n'avait pas désobéi aux ordres de Dieu.

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