‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiquesChapitre 52 sur 80 · LXXXVII · texte numérisé non relu

LXXXVII

Leang. Elle a eu quatre empereurs qui ont régné de 502 à 557, ou pendant cinquante-six années environ. Le premier prince des Leang a été Ou-Ti, et le dernier King-Ti.

La onzième dynastie, les Tchin, a été beaucoup plus courte; elle a seulement duré 35 ans, et n’a eu qu’un seul souverain nommé Heou-Tchin. |

La douzième dynastie, ou les Sout, quoique plus courte que la onzième, car elle n’a duré que dix-neuf années, a eu cependant deux princes qui ont régné depuis 590 jusqu’en 619. D'abord Ouen-Ti et en second lieu Oug-Ti.

La treizième dynastie, ou celle des Tang, a commencé en 619 et a été terminée en 907; elle a donc eu une existence de 288 années. Le premier de ses princes a été Kao-Tsou etle dernier Tchao-Suen-Ti.

La quatorzième dynastie, les Heou-Léang ou Léang postérieurs, n’a régné que seize années et n’a eu que deux princes, Tai-Tsou et Mo-Ti. Le premier est monté sur le trône en 907, et le second est mort en 923.

La quinzième dynastie, les Heou-Tang ou les Tang postérieurs, n'a eu que deux princes, Tschung-Tsung et Leou- Ouang. Ce dernier est mort en 937, en sorte que cette dynastie n’a régné que quatorze années.

La seizième dynastie, les Heou-Teing ou les Teing postérieurs, a commencé en 937; elle n’a duré que dix années, depuis le règne de Kao-Tsou jusqu’à celui de Tsi-Ouang.

La dix-septième dynastie, celle des Heou-Han ou des Hans postérieurs, n’aeu que trois années d’existence, de Kao-Tsou à Kong-Ti, qui est mort en 950.

La dix-huitième dynastie, consacrée aux Heou-Tcheou ou les Tcheow postérieurs, n’a régné que huit années , depuis Tai-Sou (954) à Kong-Ti, qui est mort en 959.

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La dix-neuvième dynastie, ou Îles Songs, a gouverné la Chine pendant 319 années, et cela par une assez longue suite de princes, dont le premier a été Tai-Tsou et le dernier Ti-Piag, mort en 1279.

La vingtième dynastie, les Mongous oules Yeu, s'est étendue depuis Houpilai ou Chiesou, jusqu’à Chmati, mort en 1388. Cette dynastie a donc régné pendant quatre-vingt-neuf années.

La vingt et unième dynastie, ou les Ming, a existé pendant ua plus long espace de temps; commencée en 1368 sous le règne de Hong-Vou, terminée en 4649 par la mort de Ming, elle a donc existé pendant 281 années.

La vingt-deuxième dynastie, se rapporte aux Tsing, qui ont commencé à régner en 1649, sous l’empereur Chun-Thi, et se sont éteints en 1780 par la mort de Kieu-Long. Cette dynastie a gouverné la Chine pendant 132 années.

Nous nous arrêterons à cette époque de 1780, qui est aussi celle à laquelle les missionnaires de Pékin ont clos la généalogie des empereurs du Céleste-Empire. Cette époque est si rapprochée de. celle où nous vivons, qu'elle ne peut être l’objet d’aucuse difficulté relative à la date et aux circonstances des événements qui lui sont postérieurs. Aussi n’en parlerons-nous pas.

Note T1, pag. 317. — Les monuments du centre de l’Amérique ont également attiré l’attention de plusieurs voyageurs anglais. Cathervood a publié le fruit de ses recherches dans l'ouvrage intitulé : Anciens monuments in central America. Les anomalies du genre d'architecture où se montrent assoeiées la symétrie des proportions et l'élégance des ornements avec les conceptions les plus hideuses et les plus sauvages,

jl, h.

ainsi que des sculptures d’un grotesque barbare, effriront constamment un sujet important aux méditations des archéologues.

Les masses de lourde maçonnerie distinguent principalement les villes de Copan, Palenqué, Uxmal, Chichen , Itsa, Kabals et Tuloom. De basses pyramides, dont les assises ont des hauteurs diverses et qui supportent des plates-formes d’une étendue variable, les signalent également. On observe sur ces pyramides des rangées de cellules étroites , éclairées seulement par l'entrée, couvertes d’un toit aigu. Les demeures des sacrificateurs et les temples présentent une uniformité non moins remarquable.

La hauteur de ces constructions avait le double but d’imposer au peuple un respect pour les prêtres, en donnant à leurs demeures un caractère de grandeur sacrée, et de les mettre ainsi à l’abri de l’accès des profanes. Sous leurs toits de pierres massives, les prêtres étaient préservés contre l’ardeur du soleil et échappaient aussi à l'influence des exhalaisons d’un sol humide , si funestes sous les climats tropicaux. D'ailleurs, des arceaux ouverts formaient pour eux une promenade agréable rafraîchie par la brise du matin et du soir.

Quoique les temples de Yucatan réunissent les formes pyramidales de l'Égypte aux terrasses de l’Hindousfan et aux ornements classiques, on ne saurait disconvenir qu’ils n’aient un caractère particulier, et qu’ils n’aient été construits sous une direction toute théocratique. La pierre des sacrifices avec la surface excavée et arrondie, cannelée, pour faire couler le sang des victimes, placée aux pieds de l’idole au nom de laquelle s’accomplissaient ces cérémonies cruelles et sanguinaires, exprime parfaitement son objet.

Les ornements architecturaux avaient en outre un caractère de grandeur qui indiquait au peuple , dont les habitations étaient en bois, combien la Divinité méritait leurs hommages. Toutefois, la reproduction de ressemblances grossières et hideuses avec la figure humaine dans les ornements des façades, l’encastrement dans les murs de masques de grandeur colossale et grimaçant horiblement, ressemblant à la face des idoles, annoncent que la sculpture était pour lors dans l’état le plus inférieur de l’art.

On trouve dans ces monuments l’indication d’une civilisation peu avancée, d’un peuple qui se laissait frapper de respect par des images peu supérieures à celles que vénèrent les habitants des îles de la mer du Sud. Les édifices n'offrent dans leurs constructions rien qui indique une haute antiquité; elle paraît évidemment au-dessous de celle des monuments les moins remarquables des Grecs et des Romains.

Note T2, pag. 321.— Il n’est presque plus douteux maintenant que les Romains ont connu l’Amérique. On a en effet découvert dans des fouilles exécutées dans les environs de Panama, un vase en terre cuite contenant un nombre considérable de monnaies romaines en bronze frappées dans les troisième et quatrième siècles de notre ère. On pourrait toutefois supposer, à défaut d'autre preuve positive des communications entre les anciens Romains et l’Amérique méridionale, que ces monnaies avaient été enfouies par quelque numismate ou archéologue espagnol qui habitait l’ancienne ville de Panama , lorsque celle-ci a été saccagée et détruite en 1670 par le boucanier irlandais Morgau.

Quoi qu’il en soit de cette supposition peu vraisemblable,

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ces mosnaies sont les premières qui aient été rencontrées dans le sol de l'Amérique. On y a également trouvé des armes de guerre qui portent des inscriptions grecques, et des dessins évidemment de la même nation sur quelques paniers!. Enfin, outre ces objets qui signalent la prèseuce des Grecs en Amérique, on ne doit pas oublier l'inscription dont nous avons donné le texte.

Note 73, pag. 322.—La grandeur de certains monuments dont quelques parties de l'Amérique sont couvertes, démontre peut-être mieux que tout autre genre de preuves que ces monuments sont le fruit d’une civilisation venue d’ailleurs, surtout lorsqu'on considère qu’ils se trouvent dans un continent qui paraît avoir été peuplé si tard. Comment ne pas le supposer, lorsque les traits des Américains eux-mêmes . rappelent ceux de certains peuples asiatiques leurs voisins, dont ils ne sont séparés que par la faible étendue du détroit de Behring ?

Enfin, comment ne pas admettre que les constructions immenses et gigantesques dont nous venons de donner une bien faible idée, ne sont pas uniquement l’œuvre des habitants primitifs de l'Amérique, mais de nations étrangères et d’une civilisation plus avancée que ne pouvaient avoir ses habitants au moment où elles ont été érigées ? On n’en doute presque pas lorsqu'on voit les têtes des hommes ensevelis dans les fombeaux péruviens présenter la même configuration et les mêmes traits que celles des Indiens nomades de l’Orégon et naguère de la Californie. |

Ce point de fait prend un nouveau caractère d’évidence

! Journal général de l'instruction publique, du samedi 25 juin 1853, vol, XXII, no 51.

lorsqu'on porte son attention sur la ressemblance qu’ont entre elles les diverses langues ou idiomes américains, quelque différent que puisse être leur vocabulaire. Cette ressemblance est telle qu’il est difficile de ne pas considérer les peuples qui ont fait usage de ces divers langages comme s'étant fondus les uns dans les autres, presque comme s'ils avaient eu une origine commune. C’est du moins à ce point que semblent tendre les recherches récentes de Galatin!. Ainsi, tout noys porte à considérer la plupart des babitants de l'Amérique comme venus des contrées septen- | trionales de l'Asie, d'autant que les deux continents se touchent pour ainsi dire vers le Nord. C’est principalement de la Chine que sont arrivées en Amérique les peuplades | qui y ont apporté une civilisation plus avancée êt y ont érigé des monuments aussi remarquables par leurs dimensions que par leur solidité. Nous pouvons suivre en quelque sorte les traces de ces peuplades à l’aide des notions qu'elles ont laissées de leur patrie, au milieu des contrées et des peuples du nouveau Monde.

L'inscription grecque que nous citerons plus bas ne contrarie pas cette supposition; car elle annonce uniquement qu'un capitaine grec a abordé au Brésil du temps d'Alexandre, mais nullement qu’il y soit resté assez longtemps pour concourir à l'érection des grands édifices que l’on a découverts en Amérique. On peut d'autant moins admettre qu’il en a été ainsi, que ces édifices ne se trouvent pas dans la partie du nouveau Monde où ce capitaine a abordé.

Quoique les constructions découvertes récemment en Amé-

! Mémoires asiatiques de Saint-Pétersbourg; 3 volumes, de 1856 à 1857,

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rique puissent faire supposer que les vaisseaux de Salamoa y aient abordé, il est toutefois difficile d'admettre cette hypethèse. En effet, on se demande comment, sans connaissance de la boussole, les Hébreux, dont la marine était si imparfaite que Salomon fut obligé d'emprunter des vaisseaux à Hiram, roi des Tyriens, pour faire un voyage qu’ilavait projeté, auraient pu arriver en Amérique.

On a du reste douté que les peuples de l'Orient aient jamais fait le tour de V’Afrique, et les preuves sur lesquelles on a cherché à établir la réalité de ce fait n’ont point paru décisives. Les anciens ont toujours été divisés sur cette supposition. Les uns ont nié la libre communication de la. mer Rouge ou Erythrée avec la mer des Indes, tandis que suivant les autres elle était aussi réelle que facile {.

Quoi qu’il en soit, il est certain que des navigateurs ont

1 Le nom de mer Rouge a été donné d’abord par Hérodote, puis par les Septante, au golfe Arabique, en raison du phénomène périodique de ses eaux. Ce phénomène, quoique ordinairement restreint aux tropiques, est loin d’être limité à la mer Rouge ou au golfe d'Amour ; on l’aperçoit également dans les oeéans Atlan- - tique, Pacifique, et particulièrement dans la mer de Chine ( Man Haï ) qui baigne les côtes de la partie méridionale de cette partie de l’Asie.

La coloration rougeûtre des eaux des mers n’est pas produite uniquement par des animaux microscopiques. Elle l'est également par la production presque périodique de quelques algues du genre Trichodesmium, appartenant au Trichodesmium Erythrœum (mer Rouge et de la Chine }, et au Trichodesmium Hindü de Montagne (mer de la côte orientale de l'Amérique du Sud et de la côte oecidentale de Guatamala).

Une troisième espèce encore indéterminée et qui appartient probablement au même genre, colore les eaux des mers de l'Océanie et de la côte méridionale de la Nouvelle-Guinée. (Comptes-rendus des séances de l'Académie des sciences de Paris, du 26 décembre 1854.)

æbordé en Amérique bien avant Sa découverte ; il s'agit donc de s’assurer si ce ne seraient pas les Hébreux qui allaient chercher de l'or. D'abord , Génébrard, Vatable, et quelques autres commentateurs, ont prétendu que Saint-Domingue n’est autre que l’Ophir de l'Écriture, dont il est parlé dans

le ligre des Rois. Goropius-Postel et Arias Montanus placent

au Pérou l’Ophir où Salomon envoya chercher de l’or, des

bois colorants, connus sous le nom de Thia ou Thya. Les

Grecs, les Romains et les Carthaginois descendus des Phéni- -C1e8s, auraient donc ignoré la route que suivirent les vaiseaux de Salomon pour aller recueillir ce métal précieux en Amérique ?

Josèphe a pensé, au contraire, que Sophir ou Ophir était dans les Indes, contrée connue de son temps sous le nom de la Terre d'or. (äb. VITE, cap. n, pag. 337, sur les Antiquités.) Grotius, dom Calmet, et plusieurs autres écrivains modernes, ont placé Ophir en Asie, sans s’accorder sur le lieu de sa position. Certains ont voulu voir cette région dans Ormus ou dans quelque île aussi peu connue. Quant à Maphée, il à supposé que cette contrée était située dans le Pègre, où il existe un grand nombre de mines d’or et d’ar- Sent. Peretius veut que ce soit Malacca, dans la presqu'fle ‘du même nom ; tandis que Jean Tzetzès aime-mieux placer Ophir dans l’île de Sumatra, où il existe encore des mines de ces métaux.

Lipénius considère comme pays d'Ophir, non-seulement da -Chersonèse (Asie ) qu’il croit être la Terre d’orde Josèphe, mais encore les îles de Java et de Sumatra, les royaumes de Siam, de Pégu et du Bengale. Ce serait d’après lui dans la Chersonèse que les vaisseaux de Salomon auraient abordé. Liv. IN des Rois, chap. IX, vers. 26, 27 et 28 ; id. chap. V,

VI.— Paralipom., chap. VII, vers. 17 et 18; id. chap. IX, vers. 10.) Bochart distingue deux pays d’Opbir : l’un en Arabie, au pays des Sabéens, et l’autre dans l'Asie. (Voy. Job, chap. XXII.) Enfin Roland, daus une de ses dissertations, place cette contrée dans la presqu’ile de l'Inde, en deçà du Gange. Il s’est seulement demandé comment trois années pouvaient avoir été nécessaires aux vaisseaux de Salomon et d'Hiram pour un pareil voyage. ( Voyez, en outre, le liv. II des Rois, chap. X, vers. 21.)

On a également cherché Ophir en Afrique, partieulièrement dans la Cafrerie, où l’on trouve une certaine quantité d’or. Comme on y a découvert d'anciens édifices construits avec de grandes pierres de taille analogues à celles dont Salomon s'était servi dans les monuments qu’il avait érigés, on a cru y voir une preuve de cette supposition. D’autres écrivains ont fait remarquer que Sophala, d’un abord facile et fournissant beaucoup de métaux précieux, pouvait bien être l’ancienne Ophir, avec d'autant plus de raison que l'opinion qui considère cette région comme appartenant à l'Afrique , remonte à une haute antiquité.

Les mêmes écrivains ont'aussi supposé que les pierres précieuses que la flotte de Salomon avait rapportées, pouvaient fort bien être fournies par l’Éthiopie, qui en possédait une grande quantité. Il existe d'autant moins de doute à cet égard, d’après leur opinion, qu’Ophir est dérivé du mot arabe Auphar, ainsi que Bochart l’a fait observer.

Bunzen de la Martinière pense quela supposition qui placé Ophir sur la côte orientale de l’Éthiopie, entre le pays de Sophala et le détroit, doit être préférée, d'autant que cette contrée pouvait fournir en abondance de l’or aux flottes de Salomon. Sophala, située sur le hord de la meret dont les ri-

chesses ne sont pas épuisées après lant de siècles, Jui paratt être la véritable Ophir dont il est question dans le livre des Rois.

Cette opinion a été partagée par Danville, Bruce et Gos-

-selin. Ils ont fait remarquer que Sophala, située dans la

partie septentrionale de l’Yémen, sur la côte orientale de l'Afrique, était célèbre chez les Arabes du temps de Job, c’est-à-dire, vers 1700 avant l’ére chrétienne. Job parle de or d’Ophir comme d’un fait très-connu dans lArabie Pétrée, où il demeurait. (Chap. XXVIII, vers. I, 17.) David se glorifie même d'y avoir rassemblé mille talents d'or. (Paralipom., liv. 1, chap. XXIX, vers. 4, Liv. II, chap. VIII, vers. 18 et chap. IX, vers. 10.)

Il est donc présumable que Salomon, d’accord avec Hiram, roi des Tyriens, qui lui avait fourni des navires et des matelots, envoya ses vaisseaux sur les bords du golfe Arabique

. à Asiongaber, près d’Ælath ou Ælana dans l’Idumée , et

que de là ils se rendirent à Ophir.

Cette ville nommée aussi Aphar existe encore aujourd'hui; les Arabes la désignent par corruption sous le nom d’Offir ou Afar : c’est la capitale du Bellad-Hadsjé, dans Yémen. Elle est un peu plus au nord que Lodréia, et assez rapprochée d’une autre ville nommée Affar. Elle est maintenant à environ quinze lieues de la mer. M. Gosselin a présumé toutefois qu’Ophir ne devait pas être trop éloignée du rivage il y a trois mille ans, circonstance qui ferait présumer que les vaisseaux de Salomon y ont réellement abordé. (Recher-

" ‘ches sur la géographie systémalique et positive des anciens,

tom. III, pag. 85; Paris, 1813, 4 vol. in-40.) Telles sont les diverses hypothèses qui ont été proposées

pour fixer la région où était située l’ancienne Ophir, dont

Y'Écriture nous a fait connaitre les richesses, On ne pourra IL, i

— XCVIN —

savoir si elles sont fondées, que si l’on vient à découvrir en Amérique quelques monuments propres à fixer tous les doutes. On se demande toutefois comment des traces d’institutions judaïques ont été apportées en Amérique, telles par exemple que lé repos du septième jour de la semaine et la circoncision, si cette contrée n'avait recu des habitants et des lumières d’ailleurs, ainsi que nous l’avons fait pressentir ?

Comment, sans cette circonstance, pouvoir expliquer la croyance si fortement empreinte chez presque tous les peuples, même les plus bas placés dans l'échelle sociale, du dogme de l’immortalité de l’âme, croyance qui n’a guère pu venir dans leur esprit que parce qu’elle leur a été communiquée ?On ne s’expliquerait pas davantage la pensée de tous ces peuples relativement à un mauvais génie qui pousse l’homme au mal, et enfin la tradition d’un déluge qui aurait anéanti la presque totalité de l’espèce humaine.

Ces idées d’un ordre élevé ont dù être apportées aux tribus sauvages par des nations civilisées ; elles font également supposer que les Hébreux, malgré l’imperfection de leur marine, ont pu, ainsi que d’autres nations asiatiques, aborder en Amérique, à des époques diverses et déjà bien éloignées de nous.

On est moins surpris d’observer chez des peuples longtemps sauvages, l'emploi de moyens ingénieux pour suppléer aux ressources que possèdent les peuples éclairés, et exécuter ainsi des choses fort difficiles avec la plus grande simplicité. Ainsi, les habitants de la Nouvelle-Hollande, qui appartiennent à une des races les plus abâtardies de l’espèce humaine, se dirigent cependant avec tout autant de sécurité au milieu de leurs immenses forêts vierges que le . font les oiseaux voyageurs.

Ces habitants, guidés par un fil plus sûr que celui d’Ariane, parviennent ainsi sans embarras et presque sans détour aux lieux qu’ils veulent atteindre. En les voyant parcourir sans hésitation des routes non tracées et qu'aucun homme n’a jamais franchies, on les croirait munis de boussoles.Ils n’ont cependant d’autre guide que leur intelligence,

., Qui n’est puissante que pour leur permettre d’arriver à leur

but et de remplir leurs conditions d'existence.

Ces mêmes besoins les portent à dresser des poissons voraces, dont ilsse servent avec habileté pour les aider à la pêche des espèces dont ils font leur nourriture. Ces moyens, tout ingénieux qu’ils sont, pourraient bien être rapportés en quelque sorte à l’instinct; mais on ne saurait le penser pour les idées morales, si fortement empreintes dans leurs esprits.

Du reste, quant à l’Amérique, il est infiniment probable, pour ne pas dire certain, que des relations nombreuses ont existé entre l'Islande et le nord de l’Amérique, et cela avant la découverte de tette partie du monde par Christophe Colomb. En effet, comment pouvoir en douteraprès la rencontre que M. Lund vient de faire aux environs de Bahia (Brésil), de maisons en pierre qui, sous le rapport architectural, ressemblent aux ruines qui existent dans le nord de la Norwège, en Islande, et sur la côte occidentale du Groënland ? Le même archéologue y a trouvé la statue du dieu Thor, dieu du tonnerre des nations Scandinaves, avec tous ses attributs.

Ces découvertes, que la Société archéologique de Copenhague a chargé M. le professeur Rafn, auteur de l’ouvrage sur les Antiquités américaines, de vérifier, prouvent que les anciens peuples du Nord auraient non-seulement poussé leurs voyages jusqu’au midi de l'Amérique, mais

qu’ils y auraient même formé des établissements stables et peut-être même de longue durée,

Note 14, pag. 327. — L'une des éclipses les plus anciennement calculées par les Chaldéens , est l’éclipse de lune qui eut lieu à Babylone le 49 mars de l’année 721 avant Jésus-Christ. C’est sur le calcul de cette éclipse que Lalande avait fixé la valeur du coefficient + à 9”,886 pour l'accélération séculaire du moyen mouvement de la lune.

Tout récemment, M. Airy a trouvé que la valeur de 12”,18, . adoptée en dernier lieu par M. Hausen pour ce coefficient, s’accordait assez bien avec trois anciennes éclipses toutes de soleil observées, l’une en mer entre la Sicile et l'Afrique , le 13 août 309 avant Jésus-Christ (éclipse d’Agathocie ); la deuxième à Larisse (actuellement Nimrod) en Perse, le 19 mai de l’an 556 avant Jésus-Christ; la troisième dans l’Asie-Mineure, le 28 mai de l’an 584 avant Jésus-Christ (éclipse de Thalès). Le même M. Airy a reconnu que s’il y ‘avait lieu à modifier cette valeur de 12”,18, elle devrait plutôt recevoir une augmentation qu’une diminution.

Il est extrêmement probable que cette valeur est susceptible de recevoir une certaine modification ; mais, quoi qu’il en soit, on voit que l’éclipse de l’année 721 a été assez bien calculée par les Chaldéens!, puisque Lalande a cru ce calcul suffisamment exact pour fixer d’après elle le coefficient de l'accélération séculaire du moyen mouvement de la lune. Quoi qu'il en soit à cet égard, l’observation de cette éclipse ne remonte pas à une baute antiquité. Cette antiquité rentre

‘ Comptes-rendus des séances de l'Académie des sciences, tom. XLVIII, pag. 817, no 17 (25 avril 1859).

tout à fait dans les limites que nous avons fixées à la science astronomique des Chaldéens.

Note 15, pag. 327. — D’après l’Écriture, Assur, qui bâtit Ninive, Rcholrot et Chalé, ainsi que Rezen, situé entre deux de ces villes, fut le premier fondateur de l'empire des Assyriens , tout comme le fils de Chus, ou Nemrod, le fut de celui des Babyloniens. Assur, n’ayant pu résister à la puissance de ce prince guerrier, dont les forces étaient bien supérieures à celles dont il pouvait disposer, fut donc forcé d'abandonner l’Assyrie, ou les provinces renfermées entre le Lye et le Caper. Malgré les défaites qu’il éprouva successivement, le nom d’Assur s’est conservé pendant plusieurs siècles dans le pays où ce monarque se retira , ainsi que l’attestent Dion-Cassius et Strabon, qui l’un et l’autre font mention du royaume d’Assyrie.

La plupart des anciens historiens ont considéré, avec les

Livres Saints, Assur comme fondateur de l’empire d’Assyrie. Tels sont du moins Josèphe, Ératosthène et Xénocrate. Cette circonstance ne fait pas que Ninive ne puisse avoir reçu son nom de Ninus; car cette ville, si célèbre dans l'antiquité et si remarquable par la magnificence de ses monuments, n’a été élevée au rang de capitale que longtemps après la mort d’Assur.

‘ Nous n’en dirons pas davantage de cette partie de l’histire de l’Assyrie, et si nous avons ajouté ces détails à ceux que nous en avions déjà donnés, c’est afin de réfuter l’opinion de quelques historiens modernes qui ont voulu voir dans Nemrod le fondateur de cet empire.

Note 76, pag. 337. — Ce n’est pas seulement dans la Genèse que la création dE la malière a été distinguée de 11. ê,

son arrangement sous des formes diverses, mais encore dans plusieurs autres passages de l’Écriture. Ainsi, on trouve dans le Psaume XXXIT, vers. 6, 7 et 9, que les cieux ont été créés par la parole de Dieu, et toute leur armée par le souffle de sa bouche. Il a rassemblé les eaux de la mer en un monceau et a renfermé les abimes dans des réservoirs. Il a parlé , et la terre a paru ; il a commandé et tout a été fait.

Quant à la coordination postérieure des astres créés au commencement des temps, on lit dans le Psaume VIIE, vers. À :« Quand je regarde les cieux, l'ouvrage de tes mains, la lune et les étoiles que tu as agencées et coordonnées. »

Le même verset 4 du Psaume VIII à été traduit par Cahen, dans sa version de la Bible, en ces termes : «Lorsque je vois les cieux, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu as établies. » Le texte porte, en effet, fes doigts, et non pas fes mains.

Note 11, pag. 338.— Nous avons fait observer avec Herschel que, quoique la lumière, presque aussi rapide que le fluide électrique, parcoure environ 80000 lieues par seconde, celle que nous envoient certaines nébuleuses n’a pas mis moins de cent mille années pour arriver jusqu’à nous. Il faut donc que l'existence de ces nébuleuses remonte au-delà de celle de la terre elle-même; quoique cette conséquence ne soit pas rigoureusement exacte comme la première, on peut cependant l’admettre, en raison de sa probabilité.

Note 18, pag. 341. — Voyez le Psaume CIIT, vérs. 6, 7, 8, 9.« Dieu a affermi la terre sur ses fondements ; les siècles ne l'ébranleront pas. L'abime l'enveloppait de toutes parts

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