‹ De la cosmogonie de Moïse comparée aux faits géologiquesChapitre 54 sur 80 · CIN · texte numérisé non relu

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Cette force, où l'attraction pénètre les particules les plus minimes de la matière, et par suite l’action combinée de toutes les parties de la terre, forme les diverses attractions de la masse totale. On peut voir dans cette propriété dont les molécules de la matière paraissent douées et en vertu de laquelle elles tendent toutes les unes vers les autres, la cause de la stabilité des phénomènes célestes; cette grande loi les maintient dans une admirable harmonie , et yrend pour ainsi dire tout désordre impossible.

C’est dans ce sens que l’Écriture dit: Que Dieu a posé la terre sur ses fondements et qu’elle ne sera jamais ébranlée, tant les bases qu’elle lui a données sont fixes et solides. Ainsi, dans le psaume CIIL, vers. 6, David s’écrie : Bénissez tous le Seigneur, car c’est lui qui a fondé la terre sur sa propre fermeté, et qui l’empêchera à jamais d’être renversée de la base qu’il lui a donnée, quoique l’abîme l’environne de toutes parts comme un ample vêtement.

C’est encore Dieu qui a posé les fondements de la terre, renfermé les mers dans leurs limites, et qui leura imposé des lois, afin qu’elles ne pussent pas sortir des bornes qu’il leur a prescrites. C’est enfin par sa toute puissance qu’il a affermi l'air au-dessus de la terre, et soumis l'écoulement des eaux des fontaines, comme toutes les eaux courantes, à la grande loi de l’équilibre. (Proverh., chap. VIIT, vers. 27, 28 et 29.)

N'est-ce pas Dieu, se demande Joh, qui a fait reposer le pôle du septentrion sur le vide, et qui a suspendu la terre sur le néant (chap. XXVI, vers. 7)? Il va encore plus loin, dans le chapitre XXXVIIT, versets 4 et 6, où Dieu lui demande à lui, élu, où il était quand il jetait les fondements de la terre, et s’il sait sur quoi les bases en sent affermies et qui en a posé la pierre angulaire? |

Note T9, pag. 342. —- Voyez Job, chap. XXVI, vers. 7,8, 9, 40.— Proverb. VIII, vers. 27.— Isaïe, XL, vers. 12,22. — Il est dit dans le premier de ces livres : Quand Dieu traçait le cercle de la terre au-dessus des abîmes.

Le texte hébreu porte que Dieu a étendu sur le vide la voûte des cieux et a suspendu la terre sur le néant. D’un autre côté, Job dit qüe la terre est suspendue et comme flottante dans l’air (chap. XXVI, vers. 7). Isaïe exprime exactement la même pensée : « Qui soutient la masse de ja terre avec ses trois doigts ? Quis appendit tribus digitis molem tarræ ( chap. XL, vers. 12).

Les Septante traduisent le passage de Job de la manière suivante : xpeuäov nv êré obdevos, c’est-à-dire que la terre est suspendue sur rien, ou, si l’on veut, sur la matière éthérée ou l’espace.

Voyez, sur l'étendue dela terre, le vers.18 du chap.XXXVIII du livre de Job. ,

Note 80, pag. 342. — Il est probable qu’en comparant les cieux à un miroir de métal, dom Calmet, à l'exemple de Job, a eu en vue leur éclat et leur splendeur. Voyez Job XXXVII, vers. 48. C’est constamment comme un espace d’une immense étendue, que la Bible envisage le ciel.

Isaïe (XLIT, vers. 5) dit que Dieu a créé les cieux et les a étendus à travers la voûte éthérée.

Le Psalmiste (CLIT, vers. 2) nous raconte, dans son style poétique, que Dieu a étendu les cieux comme un voile immense. Jérémie, en parlant du Seigneur, nous apprend qu’il a formé les cieux par sa souveraine puissance (chap. X, vers. 12).

Isaïe, revenant sur le même objet, nous raconte que les cieux se rouleront comme un livre, et plus loin il reproche

aux Hébreux d’avoir oublié le Seigneur, qui les a créés et qui a donné aux cieux leur immensité ( chap. XXXIV, vers. 4 ; id.). Voyez chap. XXXV, vers. 5, chap. XXXVIII, vers 37 et le chap. IX, vers. 8 du livre de Job. Dans tous ces passages,

le saint homme parle des cieux comme d’un espace im-

mense, étendu comme. une toile; du reste, le mot rakiah a

toujours été pris dans le même sens. Si cependant on a

comparé le ciel quelquefois à des miroirs de fonte ou de

métal, ce n’a été que d’une manière figurée et à raison de

l'éclat de la voûte éthérée.

M. de Genoude a adopté cette interprétation, car ül a traduit le vers. 18 du chap. XXXVIT de Job, en disant : Estce toi qui as étendu les cieux et leur as donné l'éclat d'un miroir d’airain ? :

L'expression hébraïque rakiuh, que nous ne traduisons pas comme les Septante, est souvent reproduite dans l'Écriture. On assure qu’elle y est repétée jusqu’à dix-sept fois dans la Genèse. Les Septante l’ont rendue par otepéoua et la Vulgate par firmamentun, d’où nous avons fait firmament.

Le Nouveau Testament n’a pas faitusage de oTeptouæ dans le sens que lui ont attribué les interprètes grecs, mais dans celui d’étendue, d'espace ou d’immensité ; cette version est plus d'accord avec le texte que ne l’est eelle des premiers commentateurs. On voit enfin, d’après le vers. 27, du chap. VIII du livre des Proverbes, que les cieux ont été constamment pris dans l’Écriture dans le sens de l’étendue.

M. Godefroy a traduit le motrakiah par centre d’attraction. Nous ferons observer que, dans aucun passage de l’Écriture, cette expression n’a été prise dans ce sens. Aussi Pagain l'explique d’une tout autre manière que M. Godefroy. Voici les diverses interprétations dont elle lui a paru être suscep-

tible : Sonaf diductionem , expansionem, vel expansile, ductile.

Quant au verbe rakuh , il signifie à ses yeux : expandere, extendere , deducere, ut æs dum liquefit extenditur, ou toutes autres expressions ejus modi, comme raræ et fluidæ. Ces

expressions employées dans Pagnin nous font comprendre

le véritable sens du substantif rakiah et du verbe rakah ; elles nous donnent plutôt l’idée d’une matière étendue ou gazeuse, indéfinie, comme la matière éthérée et nébuleuse, que d’un centre d'attraction.

Aben Hezra traduit rakiah par air, ou fluide aériforme, ou vapeur. Ce mot a quelquefois cette dernière signification; elle est plus favorable à la manière dont nous entendons celte expression, qu’à celle adoptée par M. Godefroy.

Lorsque Moïse dit que les oiseaux volent dans le firmament du ciel (birkiah hanchamain), il faut nécessairement entendre que les oiseaux parcourent les plaines de l'air. En effet, le mot rakiak signifie également éfendue. Ainsi nous disons les oiseaux volent dans l'étendue, sans attacher cependant le même sens à ces deux expressions. Moïse a donc pu se servir du mot rakiah, pour désigner les espaces interpla. nétaires remplis d’abord par la matière éthérée ou nébuleuse, et en second lieu par l’air dont la terre estentourée, et dans lequel se meuvent les oiseaux. Mais rien, nous devons l’avouer, ne nous paraît justifier la traduction proposée par M. Godefroy.

Note 81, pag. 342. — L'Écriture a distingué, ainsi que nous l’avons fait observer, la lumière primitive de celle que nous envoie le soleil. Outre les preuves que nous en avons données, nous ajouterons celle qui se trouve dans Job.Après avoir parlé de la foudre et des éclairs qui éclatent à la voix

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de Dieu, il s’écrie que par sa puissance il cache la lumiére dans ses mains et lui commande ensuite de paraître de nouveau. Cette lumière que Dieu enferme ainsi dans le creux de ses mains, n’a certainement rien de commun avec la lumière solaire. Voyez le chap. XXXVI, vers. 30, 32. — Chap. XXXVIII, vers. 19, 20, 24.

Note 82, pag.344.— La lettre de Newton à la Société royale de Londres, éerite en 1675, a été insérée dans l'histoire de cette Société, histoire qui a été publiée en 1756 par Birch. -.Quant à celle de Newton à Boyle, elle a été traduite par Pictet. Elle se trouve dans la Bibliothèque universelle de Genève pour 1822. Dans cette lettre, Newton admet la propagation de la lumière moyennant les vibrations de l’éther préexistant et répandu partout.

Note 83, pag. 344. — Genèse, chap. I, vers. 3, 18. — Judith, chap. VI, vers. 31. — Job, chap. XXXVII, vers. 15, 24; chap. XXXVIIL, vers. 49, 20, 24. — Ps. XLIT. vers. 3.— 62, vers. 12. — Proverbes de Salomon, chap. V, vers. 18. — Ecclésiaste, chap. If, vers. 13. — Livre de la Sagesse, chap. XVI, vers. 28 ; chap. X, vers. 17. — L’Ecclésiastique, chap. XLVI, vers. 18. — Isaïe, chap. XVIII, vers. 4; chap. LVIIE, vers. 10. |

Note 84, pag. 345.— D’après Hipparque, il n'y aurait pas plus de 1022 étoiles dans le ciel. Quoique Ptolémée en ait un peu étendu le nombre, il n'en admettait cependant que 1026. Malgré la faible quantité supposée à ces astres par Hipparque, il n’en a pas moins été regardé comme le plus grand astronome de l'antiquité, titre qu’Arago a cru devoir

lui conserver ; le rang attribué à cet astronome à toutes les époques, prouve à quelle hauteur il s'était placé par ses nombreuses et importantes découvertes 1.

La Bible lui a été toutefois supérieure, lorsqu'elle s’est occupée des étoiles; car, loin d’en restreindre le nombre, elle les a considérées, au contraire, comme innombrables, et les a comparées aux grains de sable qui bordent les rivages des mers.

Pour se former une idée de la quantité infinie des étoiles qui existent dans le firmament, il faut consulter les tables de lAtlas de Harding, et les résultats. auxquels Herschel est arrivé au moyen de sa méthode de jaugeage.

On trouve dans l'Atlas de Harding, composé de 27 cartes, la position de 50000 étoiles tirées de la collection des astronomes français. Les zones de Bessel contiennent, en outre, 75000 observations depuis le parallèle céleste — 150, jusqu’à celui de —- 450. Argelander, en continuant d’observer ces zones jusqu’au parallèle de 800, a fixé les lieux de 20000 étoiles.

Weiss a ensuite calculé, pout 4895, la position de 31896 étoiles, dont 19738 sont de la neuvième grandeur.

Mais ce qui peut nous donner une idée du nombre de ces astres, idée bien faible en comparaison de la réalité, c’est la méthode des jauges herschéliennes. En se servant de cette méthode et sans y introduire la moindre hypothèse, Struve en a déduit que la quantité des étoiles visibles avec un télescope de 20 pieds (6,5) pouvait être évalué par ce procédé à 20400000.

\ Hipparque, né en Bithynie au x1e siècle avant Jésus-Christ, a fait la plupart de ses découvertes à Rhodes.

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