IL. | J
L'Écriture admet du reste la matière éthérée dans le même sens.que les astronomes. En effet, dans le livre des Proverbes, la Sagesse, qui parle, dit: Quando prœparabat cœlos, aderam; quando certa lege et gyro vallabat abyssos; quando œthera firmabat sursum, et librabat fontes aquarum, etc.
«Lorqu’Il préparait les cieux, j'étais présente ; lorsqu’Il »senvironnait les abîmes d’un cercle immense et d’une loi »invariable; lorsqu'il affermissait les voies étkérées et qu’il »équilibrait les sources des eaux. » (Proverbes VIIE, 27-30. —Maupied, pag. 278) |
Fiat firmamentum. in medio aquarum et dividat aquas ab aquis. Enfin, c'est encore Dieu qui au commencement avait créé (creaverat cælum) le ciel et la terre: Bereschit bara Elohim et hachamaym ou hachamaïm wéot haaretz. Enfin, dans le chap. XXX VIII, vers. 8 et 9 du livre de Job, Dieu lui demande s’il sait quel est le sentier de la lumière et le lieu des ténèbres? enfin, par quelle voie se répandent la lumiére et la chaleur et par quels chemins elles arrivent sur la terre?
Qui extendit aquilonem super terram et appendit : terram super nihilum, qui ligat aquas in nubibus suis: ut non erumpant pariter deorsum. Qui tenet vultum solis suiet suspendit super illud nebulam suam. Terminum circumdedit aquis usque dum finiantur lux et tenebræ. |
Le prophète Isaïe ajoute : Qui donc a mesuré les eaux dans le creux de sa main et pesé les cieux de ses doigts? Qui soutient de trois doigts la masse de la-terre et a équilibré les montagnes sur leur propre poids et mis les collines dans la balance? (Isaïe, LX, 12.)
Note 87, pag. 346. — La Bible est le premier livre où l'on trouve mentionnées quelques constellations, ou les
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étoiles qui font partie d’un même groupe et d’un même: système; telles sont les constellations de la grande Ourse, d'Orion, des hyades et des pléiades , ainsi qu’on peut s'en. assurer en jetant les yeux sur le verset 9 du chapitre IX, et le verset 31 du chapitre XXX VIII du livre de Job, enfin dans le verset 8 du livre V d'Amos.
Hésiode et Homère ont également parlé de quelques constellations ?; et plus tard, Aratus, de Tarse, astronome, qui vivait vers l’année 272 ou 277 avant l’ére chrétienne, nous & parlé des constellations qui étaient connues de son temps. Ce traité, ou plutôt ce poème intitulé: Les phénomènes, a eu l'honneur d’être traduit en vers latins par Cicéron, César Germanicus et Aviénus, et d’être commenté par Hipparque, Ératosthènes et Théon.
Le traité ou le poème d’Aratus jouit d’une assez grande estime, jusqu’à l’époque où parut Ptolémée. Cet astronome admit dans la partie du ciel connue à son époque, 48 constellations. Plus tard Hévélius en ajouta 12 à ce nombre, qui s’augmenta peu à peu : d’abord par Halley qui en admit:8 nouvelles , Bayer 12, La Caille 16 ; enfin, successivement,
* Arago, dans son Astronomie popularre, tom. {, pag. 346 et 348, fait également remarquer que la Bible est le premier livre qui nous ait donné quelques notions sur les constellations , quoique ce livre remonte à peu près à quatre mille années.
? Hésiode, qui a cité dans son Trailé des travaux et des jours les pléiades, les hyades, Arcturus, Orion et Syrius, vivait, d’après Hérodote, en 884 avant Jésus-Christ. Quant à Homère, il a également parlé des pléiades, des hyades, d'Orion, de la grande Ourse dans la description du bouclier d'Achille. Il fait remarquer que cette dernière constellation est la seule qui ne se baigne pas dans les eaux de l'Océan ou qui ne se couche pas. Dans le livre V de l'Odyssée, Homère dit encore qu’Ulysse dirigeait son vaisseau vers les pléiades et le bouvier. : 7
le nombre en fut porté à 100, c'est-à-dire à plus dy deuble du chiffre que Ptolomée avait adopté, ainsi que l’on pourre s'en convaisere en portant son attention sur l'Atlas céleste que Bode a publié à Berlin.
La première idée des constellations nous est donc venue des Livres Saints. En effet, les pléiades y sont désignées à plasieurs reprises sous le nem de kimah , que la Vulgate a rendu par trois mots différents, savoir : 40 les hgades, % les pléiades 'et 30 Arcturus.Le Scorpion y est appelé kesil, comme les signes zodjiaques le sont en général par le mot masclofà.
Quant aux Septante, qui écrivaient à Alexandrie environ 271 ans avant Jésus-Christ, ils ont substitué ou traduit les mots hébreux aguas, chime et chésil par les expressions d’Orion , d’hyades et de pléiades. La constellation de la grande Ourse a été désignée constamment dans le verset 9, chapitre IX , et le verset 31 du chapitre XXXVHI du livre de Job, sous le même nom d’atseh, ainsi que l’a fait remarquer Goguet dans sa Dissertation sur l’origine des lois, des arts et des sciences, tom. VI, pag. 68.
El n’en est pas de même du verset 10 du chapitre XMI d’Isaïie, qui se rapporte uniquement aux étoiles du ciel, et même aux plus éclatantes, mais nullement aux constellations et encore moiss à l’une des constellations en parti-. - culier.
On distingue les différentes étoiles d’une même constellation, par les lettres de l’alphabet grec, en attribuant les premières lettres aux étoiles les plus brillantes. Les lettres latines et les chiffres ordinaires ne sont employés que lorsque: le nombre des astres dépasse celui de l'alphabet grec. me
Les groupes d'étoiles nommés généralement astérismes
— CXAVI — -
ou constellation (du latin, cum, ensemble, et stella, étoile), qui n’ont, du reste, aucun rapport avec le contour de la figure qui les renferme, sont maintenant au nombre de 109, ou de 117, si l’on considère les étoiles informes comme des constellations nouvelles, du moins celles qui ont été admises comme telles par les astronomes modernes.
On conçoit facilement pourquoi on n’a pas mis au nombre des constellations la longue fraînée lumineuse qui fait le tour du ciel, que les Grecs ont nommée galaxie à cause de sa blancheur analogue à celle du lait, et que nous connaissons sous le nom de voie lactée f.
Quoique les Livres Saints soient les premiers où il est question des constellations, Clément d'Alexandrie, suivi en cel par Newton, n’a pas moins attribué à Chiron le partage du ciel étoilé en diverses figures ou constellations. Cette circonstance ne ferait, du reste, remonter la première sphère céleste qu’à 1360 ans avant notre ère; c’est celle que Chiron, né en 1420 avant Jésus-Christ, exécuta pour l'usage particulier des Argonautes.
Note 88, pag. 348. — On lit dans le 25° verset du chap. XXVHI du livre de Job : Laensoth laourach mischkal, c’est-àdire que Dieu donna à l’air son poids. La Vulgate, loin de conserver, à ce passage son sens littéral, l’a traduit par ces mots : Dieu donna au vent son poids (qui fecit venti pondus). 1 semble, d’après cette version, que Joh a voulu parler de
! Les Chinois désignent la voie lactée sous le nom de fleuve céleste; quant aux sauvages de l'Amérique septentrionale, ils la nomment le chemin des dmes ; nos paysans la connaissent sous le. nom de chemin de Saint-Jacques.
— CAVII —
la violence du vent, tandis que c'est uniquement sur le poids de l'air qu'il a entendu fixer l'attention !.
M. de Genoude a rendu ce passage de la même manière: Quand Dieu pesait la force des vents ( voy. le tom. IX, pag. 402 de sa traduetion de la Bible), ce qui n'offre abso- Jument aucun sens.
Les Septante avaient adopté la même version. Jis ont, en effet, employé l'expression «vos pour rendre le met laourach, qui signifie proprement l'air, etnon comme «vsuec, le vent ou l'air en mouvement. Toutefois , ces interprètes se sont servis du mot caxôuos, qui, comme mischkal, s'entend par poids, densité ou pesanteur. |
Les Septante auraient mieux saisi le véritable sens de l'Écriture, ainsi que la Vulgate et la plupart des interprètes modernes, s'ils n'avaient pas jugé nécessaire de s’en tenir aux anciennes versions, ne pouvant pas supposer que l'air pât être pesant.
Cependant tous les interprètes des Livres Saints s’aocerdent sur ce point important, que mischkal signifie poids et non force, et que laourach veut dire uniquement l’air.
Les divers passages de l’Écriture où le mot misrhkal est employé prouvent qu’il signifie poids, mais jamais force ou violence. Lorsqu’en hébreu on veut exprimer la violence ou la force du vent, on joint à l’expression rouach (vent) les adjectifs guedolach grand, ou chazakah fort, mais jamais le mot mischhal. On peut en voir la preuve dans le verset À du chap. Y d’Éséchiel. (Voy. également le premier chapitre des Paralipomènes, et entre autres le chap. XXVIII, vers.
1 Le texte porte : Laensot laourach mischkal ou magïim fiken demidoh.Cahen a traduit ce passage dans les termes suivants : pour déterminer le poids du vent et peser les eaux avec mesure.
44, 15, 16, et le chap. VU, vers. 34 du Livre ler d'Esdens.
Job s'est servi de deux expressions analogues, eomme par exemple kabir rouach, pour dépeindre ou donaer l'idée d’un vent violent ou impétueux. On lit, en effet, dans le chap. VIII, vers. 2 de cet élu: « Jusqu'à quand tes paroles set les discours de ta bouche seront-ils comme un vent impétueux ! a{ Voyez la Bible, traduction nouvelle avec l’hébreu en regard, par S. Cahen, tom. XV, pag. 32.) J1 fant, toutefois, remarquer que pour l’Écriture l’air en mouvement est le vent, en sorte que le mot hébreu rowcé ext synonyme de vent et de l’air; en effet, l’on dit aussi bien du second qu'il est lourd et pesant, comme du vent, qui paraît avoir un certain poids quand il est violent.
On sera peut-être bien aise de trouver ici les principales notions que les philosophes de l’antiquité ont eues sur la pesanteur ousur l'attraction; aussi en dirons-nous quelques mots. | ®
L'idée de la pesanteur et du mouvement de projection combinés dans le cours des corps célestes , ainsi que la ki du carré de la distance, a été développée par les philosophes de l’antiquité, à la tête desquels on peut citer Empédocle. - Les Pythagoriciens et les Platoniciens, traitant de la création de l'univers, ont senti également la nécessité d’admettre l’effet des deux forces de projection et de pesanteur, afin‘de pouvoir rendre raison des mouvements des planètes.
Timée de Locres et Platon supposèrent que Dieu avait imprimé aux astres le mouvement qui leur convenait le mieux, le mouvement rectiligne, qui les fait tendre vers le centre de la ‘terre ‘. Par suite d’une autre impulsion, cette
1 Timeus Locrensis Plato, ncrepre, pag. 06,96.—Id., Pirtonis Fimas, pag. 44.14. -—:H., 84 et 36.
projection fut changée en une direction cireulaire, ce qui fit dire à Diogène Laerce que des corps agités tumultueusement à l’origine des choses avaient ensuite suivi leur cours réglé par les lois naturelles et proportionnées aux effets qu’elles devaient produire !.
Les philosophes que nous venons de citer, tels qu’Anaxagore, Timée de Locres, Diogène Laerce?, Aristote, Platon, ne pouvaient guère avoir appris de la Bible ce qu’ils savaient de l’air, de la gravitation et de la matière éthérée, car ils ne lisaient pas l’hébreu, dont ils n'avaient aucune connaissance. On se demande dès-lors comment ils ont pu être instruits du peu qu'ils en savaient. Il faut pour concevoir ces faits remonter jusqu’à la science primitive, dont les traces confuses, plus ou moins défigurées par les superstitions, auront été conservées dans les sanctuaires du premier empire d’Assyrie, et plus tard dans les temples de l'Égypte, enfin dans ceux de la Grèce.
Gette opinion, professée par presque tous les physiciens et les chimistes du moyen-âge, revient à chaque instant dans la fameuse collection intitulée Theatrum chimicum. Elle a été également soutenue par Olaus3 Borrichius dans son
1 Diogène, lib., 3, sect. 76, 77.
2 Diogène Laerce, in Anaxagor, lib. 2, sect. 19.— Id. Plutar, mn de facie in orbe lunæ , pag. 924.
8 Borrichius (Olaus) , hé le 7 avril 4626, à Borchen, en Dane-
mark, acquit une certaine célébrité, par la prétention qu’il soutint avec force de la supériorité des Égyptiens dans les sciences et les arts. Il trouva du reste un contradicteur habile dans Conringius, ‘qui prouva combien les prétentions d’Olaus à cet égard étaient exagérécs.
* Outre le’ traité intitulé: De ortu et progressu chymiæ disserfalio, que ce dernier a publié à Copenhague en 1668, nous lui de-
— CN — traité De ortu et progressu ehymiæ. On retrouve la même idée dans l’école d'Alexandrie. A en croire Josèphe (livre I, chap. 3), les principes de cette science primitive furent gravés par Cham sur deux tables, l’une en bronze et l’autre en marbre.
Ces traditions confuses et aussi incertaines que celles qui font venir l’expression chimie de cham, qui, en vieux arabe, signifie chose occulte ou cachée, n’ont certainement pas une grande valeur; mais puisqu'elles existent, elles signifient toujours quelque chose. Du reste, les philosophes de l’antiquité ont très-bien pu tenir d’ailleurs quelques notions cosmographiques qui auront pu les conduire à ces rapprochements, quelque peu fondés qu'ils puissent être.
Note 89, pag. 349. — Jérémie nous dépeint d’une manière poétique l’ascension des eaux dans l’atmosphère. Il dit que Dieu fait monter les eaux de l’extrémité de la terre et sait convertir les éclairs en pluie. (cap. LI, vers. 16.)
Voyez les versets 6, 7, et 8 du chapitre Ier de la Genèse. Nous avons traduit le verbe vatahas du veréet 7 par étendit, tandis que M. Cahen Fa rendu par fit. Cet interprète de la Bible fait observer avec toute raison qu’il ne s’agit pas icid’une création, mais seulement d’une simple appropriation
vons plusieurs autres travaux.Nous nous bornerons à en citer deux:
Le premier se rapporte à l’idée favorite de Borrichius ; il est intitulé : Hermetis Ægyptionum et Chymicorum sapientiæ ab Hermani Conringii animadversionibus vindicata, 1674, in-4o.
Le second prouve que Olaus s’occupait également de bien d’autres sujets, et mème des questions les plus délicates. Ce second traité porte le titre: De causis diversitatis Linguarum. Celui-ci a été publié à Iéna, en 1704, format in-80.
JL, k
ou d’une opération destinée à faire prendre à la matiôre des formes et des dispositions nouvelles.
Ce mode d'interprétation s'accorde très-bien avec l’ensemble du récit de la création, soit que l’on traduise le mot waïahas par fit ou par étendit. En effet, le verbe vaiahas, dérivé du verbe hassah ou ass, signifie proprement feire, approprier, coordonner, et non créer, comme le verbe bars.
Note 90, pag. 349. — Si l'on suppose que dans chaque région la quantité d’eau enlevée par l’évaporation est égale à celle qui tombe en pluie, l’eau ainsi évaporée doit se disséminer dans l'atmosphère à toutes les hauteurs. T1 doit dès-lors s’opérer une sorte de compensation entre les mouvements ascensionnels, et l’on peut concevoir par la pensée que l’eau enlevée s’est élevée ou s’est arrêtée à une certaine hauteur moyenne.
L’évaporation annuelle se trouvera ainsi représentée dans ses effets mécaniques par une masse d’eau connue , élevée verticalement d’un nombre également connu de mètres. Mais le travail de cette nature qu’un homme peut faire dans l’année a été déterminé. Eh bien! la comparaison des deux résultats montre que l’évaporation représente le travail de 80 millions de millions d'hommes. Supposons que 800 millions soit la population du globe, que la moitié seulement de ces individus puisse travailler, la force employée par la nature à la formation des nuages sera égale à deux cents mille fois le travail dont l'espèce humaine tout entière est capable!.
Du reste, YÉcriture a très-bien su que l’eau en vapeur
' Annuaire du Bureau des longitudes, année 1885, pag. 196,
était disséminés, eu, peur nous servir de ses propres expressions, était liée dans lés nuées, afin qu'elle ne fonde pas toute à la fois sur la terre. Ainsi Dieu , ajoute-telle, a imposé des bornes aux eaux qui dureront autant que la lumière et les ténébres. (Vers. 8, 9, et 10, du chap. XXVI du livre de Job.) |
Note 91, pag. 350. — Moïse paraît avoir eu quelque connaissance des eaux souterraines que nous ramenons à la surface du sol au moyen du sondage ou des puits artésiens. En effet, Zacharie (chap. XIV, vers. 8) dit : Îl sortira en ce jour des eaux vives de Jérusalem; moitié ira à la mer du levant , et l’autre moitié à la mer du couchant. Il y en aura aussi bien en été qu’en hiver. Cette dernière circonstance prouve que ces eaux sortiront de la terre d’une manière permanente et continue, ce qui ne peut guère convenir qu’aux sources souterraines.
Il ignorait si peu cette dernière circonstance, que l’Exode, chap. XX, vers. 4, ct le Deutéronome, chap. V, vers. 8, portent vaenchar bamaym milachath laarrets, ce qui signifie proprement les eaux qui sont sous la terre.
On trouvera encore des preuves de ce que nous venons de dire dans le chapitre VII, vers. 44 de la Genèse, où il est dit fheom laaraht, qui signifie uniquement les eaux intérieures renfermées dans les cavités de la terre. On peut
aussi bien écrire ces mots en disant fheom rabbah ou thom rabbah.
Note 92, pag. 350. — L'existence de l’eau dans l’intérieur de la terre et à différentes profondeurs est un fait maintenant tout aussi bien démontré que la haute température
dont jouit le centre de notre planète. Les puits artésiens ont contribué pour beaucoup à rendre ces deux faits évidents. Us nous ont également appris que les eaux intérieures y composent plusieurs nappes superposées les unes au-dessus des autres, et dont la température est d’aufant plus élevée qu’elles coulent dans des couches plus profondes ou plus enfoncées dans l’intérieur du sol.
On peut même parvenir par l'observation directe à déterminer le point où l’on peut espérer d’obtenir des eaux jaillissantes , d’après la comparaison avec d’autres eaux voisines qui offrent cet avantage et qui appartiennent aux mêmes formations. C’est ce qu'a fait M. Héricart de Thury, relativement aux eaux du puits de Grenelle, qu’il a supposées dépendre des mêmes nappes aquifères qui avaient été atteintes à Rouen et à Tours. Il affirma que les premières jailliraient entre 560 et 575 mètres; elles ont été rencontrées plus tôt à Grenelle , c’est-à-dire à 547 mètres. L’eau prise à cette profondeur a offert une température de 28 degrès centigrades.
La disposition des eaux souterraines en nappes était connue des anciens Égyptiens et des Romains. Les premiers en ont aussi profité depuis des siècles. Nous devons des détails fort curieux sur ce sujet à Diodore, mort vers 390 après Jésus-Christ, qui avait vu pratiquer le forage dans la grande Oasis, située dans le désert à une quarantaine de lieues de l'Égypte. °
Les oasis avaient du reste une grande célébrité dans l'antiquité, ainsi que nous l’a appris Olympiodore, né luimême dans une oasis, environ cinq siècles avant l’ère chrétienne. Les puits de ces oasis , dont il nous a conservé le
souvenir, avaient été ercusés jusqu'à 300 et même 500 coudées de profondeur.
D’après M. Aimé, chargé par le pacha d'Égypte de l’inspection des oasis, les cours d’eau qui y entretiennent une verdure constante se trouvent assez généralement à 100 ou 435 mètres au-dessous de la surface du sol. Il a fait remarquer que la bande des oasis occupe en Algérie un espace de plus de cinquante lieues.
Note 93, pag. 351. — Quoiqu'il n’existe aucun fait physique qui prouve l'existence de la violente inondation à laquelle tous les peuples ont donné le nom de déluge, sa réalité n’en est pas moins certaine , ce phénomène ayspt été admis par l’histoire et les monuments de toutes les nations. C’est ici que s’appliquent les paroles de l’orateur romain : Consensus omniusm lex nature puianda est. (Cicéron)
Mais ce phénomène pourrait-il se renouveler dans les circonstances actuelles, avec la quantité de vapeur d’eau disséminée maintenant dans l’atmosphère ? Quoique ootte quantité soit extrêmement variable, comme les circonstances qui en déterminent l'ascension, parmi lesquelles les plus influentes sont la pression et la température, on peut cependant s’en former quelque idée.
Cette vapeur compose souvent sous les tropiques plus des 80 millièmes de la portion de l’atmosphère qui la contient, tandis que dans nos latitudes moyennes et à une petite élévation, elle en forme seulement les 15, 16 ou 17 millièmes en été, et seulement les 5, 6 ou 7 millièmes en hiver.
La quantité de vapeur d’eau est à Paris à 11 degrés dy thermomètre centigrade ef à 82 degrés de lhygromètre,
IL, k.
les 8,6 millièmes de l'air en volume ou les 5,4 en poids (environ 6,7 de gramme) par mètre cube. :
Si cette quantité de vapeur d’eau n'était pas gênée pour sa libre répartition dans l'atmosphère par l’air interposé, et qu’elle vint à se précipiter en entier, elle ne produirait qu’une lame d’eau de 9 centimètres (3pouc. 25) d'épaisseur.
D'un autre côté, si l’on rapproche et que l’on additionne les résultats des observations faites dans les deux hémisphères , à différentes latitudes, on arrive pour ce volume au chiffre de 703,435 kilomètres cubes, ce qui équivaut environ à une couche d’eau d’une épaisseur upiforme qui couvrirait la terre de 1m,379.
Ce calcul, tout en confirmant le premier, prouve que la quantité de vapeur d’eau qui existe aujourd’hui dans un moment donné dans l’atmosphère, est trop petite pour produire à la surface de la terre d’aussi violentes inondations que celles dont toutes les nations ont conservé le souvenir. 1 a fallu pour produire des effets pareils à ceux que le déluge a opérés, que des condensations extraordinaires eussentlieu; c'est probablement des condensations longtemps répétées que l’Écriture a eu en vue lorsqu'elle a dit que toutes les cataractes du ciel furent ouvertes. (Genèse, chap. VIE, v. 11.)
Note 94, pag. 354. — Voyez le chap. XXX VIII, vers. 8,16, 25 du livre de Job. — Genèse, chap. VII, vers. 11. — Rupti sunt fontes abyssi et cataractæ cœli apertæ sunt. Le texte porte :«nibekehu kol magniounoth thom rabbah, » ce qui veut dire que toutes les sources du grand abîme jaillirent.
Les Psaumes , et particulièrement le psaume LXXVIE, prouvent -que l’Écriture savait qu’il existe dans l’intérieur de la terre de grandes quantités d’eau. Les versets 18 et 23
— CIXVE —
portent que Dieu fendit le rocher du désert, et qu’il en. découla d'abondantes sources et le débordeméht de grands torrents. On lit dans le verset 19 que Dieu fit sortir les ruisseaux de la pierre, et que les eaux coulèrent comme les fleuves. Voyez également le verset 40 du psaume CIV.
On ne lira pas sans intérêt le mémoire que M. Durocher a publié sur le phénomène diluvien dans le nord de l'Europe, d'autant qu’il se rapporte au même sujet. Voyez également les Comptes-rendus de l'Académie des sciences de Paris, tom. XIV, pag. 78, année 1842.
Note 95, pag. 353. — Quoique les mers actuelles occu-
‘pent environ les trois quarts de la surface du globe, leur
étendue a été bien plus grande encore dans les premiers temps géologiques. En effet, la plupart des continents n’existaient pas pour lors, recouverts qu’ils étaient par les eaux des mers. Ainsi réduites à quelques pitons ou à quelques îles isolées, les terres découvertes et hors du sein des eaux n'avaient presque pas d'importance quant au reste du globe. Par suite du peu d’étendue de la partie solide de la terre, les animaux terrestres ont été fort rares et peu répandus aux premiers âges. Il en a été tout le contraire des habitants des eaux, et entre autres des poissons, les premiers des vertébrés qui aient paru sur la scène de la vie. Ces animaux, qui depuis lors n’ont jamais cessé d'exister, ont été accompagnés par de nombreux vertébrés des mêmes stations. (Voyez Job, chap. XII, vers. 8. — Genèse, chap. I, vers. 26 et 28. — Deutéronome, chap. IV, vers. 18.) L'Écriture nous apprend que Dieu a posé des bornes aux eaux de l'océan, bornes qu’elles ne franchiront plus du moment où l’homme aura posé le pied sur la terre. En effet,
— CIAVHI —
ce n’est que dans des errconstances très-extraordinaires que les eaut des mers font irraption dans l'intérieur des terres; mais, ces circonstances accidentelles passées, l’océan rentre dans les limites qui lui ont été prescrites et reprend son étendue ordinaire. Ainsi s’accomplissent les paroles de Job (chap. XXVIIT, vers. 8, 9, 10, 11) et les inspirations des Psaumes.
Note 96, pag. 353. — Les mers occupent à la surface du globe un espace trois fois plus considérable que les continents ou la partie solide. Ce qui est non moins remarquable, lear profondeur paraît plus grande que la hauteur des montagnes les plus élevées. Elle ne doit être, en effet, considérée que comme une très-potite fraction du demi grand axe de la terre.
En effet, la hauteur moyenne des continents ne dépasserait pas 508 mètres d'après les premières ohservations, sur lesquelles M. de Humboldt avait établi ce chiffre; mais depuis lors cette élévation moyenne de toutes les terres continentales a paru trop élevée, elle a été réduite à celle de 307 mètres.
Quant à la hauteur moyenne de l’Europe, elle paraît n’atteindre qu’à celle de 205 mètres, tandis que la même élévation pour les terres de l’Asie est de 351 mètres. Mais ce continent est à la fois le plus étendu et celui qui offre les points les plus hauts du glohe. D’après les officiers anglais , la hauteur des plus hautes cimes de l’Himalaya atteindraient, les unes 8400 mètres, et les autres jusqu’à 9100 mètres.
‘ Aux yeux de Job, la profondeur des mers est immense, ainsi que les abîmes qui en occupent le fond (chap. XXX VIII, vers. 16).
La profondeur des mers serait encore plus grande que l'élévation de ces hautes cimes, si les observations du capitaine Ross sont exactes. Ce navigateur affirme que dans son voyage vers le pôle antarctique, il a pu porter des sondes à lPouest de Saint-Hélène à la profondeur de 30000 pieds anglais , ce qui équivaut à 9143 mètres. Cette profondeur est jusqu’à présent la plus considérable de toutes celles qui ont été observées par les navigateurs les plus habiles et les plus instruits.
Note 97, pag. 354. — L’ascension de l’eau à travers l'air atmosphérique est une suite de sa faible densité; car, quoique Peau soit loin d’être le liquide le plus léger, elle n’en donne pas moins la vapeur la plus légère et par conséquent l'air lui-même est plus pesant que cette vapeur. Son ascension dépend essentiellement de la température ; l’évaporation qu’elle occasionne produit l’admirable circulation de l’eau à travers l’air. La vapeur qui en est le résultat retombe plus tard en pluie et entretient une humidité favorable à la végétation, en même temps qu’elle contribue à l'alimentation des sources et des diverses eaux courantes. Ses effets sur les mers ne sont pas moins remarquables et dignes d'être signalés.
Enfin, ce que ce phénomène a de plus digne d'attention, c'est que ses effets sont constants et à peu près égaux. Il paraît en effet que ‘la quantité d’eau qui s’évapore annuellement à la surface du globe, à l’état de vapeur, est représentée à peu près exactement par un égal volume d’eau météorique qui tombe de l’atmosphère pendant le même espace de temps.
Cette action constante maintient les phénomènes de la
surface du globe dans un état d'équilibre qui west pas moins admirable que les causes auxquelles ils doivent leur stabilité. Frappée de ce grand phénomène, l'Écriture nous représente Dieu séparant les eaux d’en bas, ou les eaux terrestres, de celles qui étaient dans le firmament, c’est-à-dire de la vapeur aqueuse disséminée dans l'atmosphère. (Genèse, chap. I, vers. 6 et 7.) Jérémie, dans son stylé prophétique, nous dit qu’à la voix de Dieu, les eaux s’amassent dans le ciel , ainsi que les nuées qui existent jusqu'aux extrémités de la terre. Aux bruits de son tonnerre , les vapeurs se résolvent en pluie et fécondent ainsi nos campagnes ( chap. LI, vers. 16).
Job va plus loin encore ; il nous apprend que la toutepuissance de Dieu lie les eaux dans les nuées, afin qu'elles ne tombent pas toutes à la fois et qu’elles ne ravagent pas la surface de la terre (chap. XXVI, vers. 8, 9 et 40).
Note 98, pag. 354. — C’est encore dans le livre de Job que nous trouvons la première mention de la chaleur qui anime l’intérieur de la terre , chaleur que cet inspiré distingue très-bien de celle de sa surface qui nous fournit nos aliments ( chap. XXVIIT, vers. 5). |
Le feu central, qui n’était pour Buffon qu’une hypothèse, est devenu un fait démontré par tous les phénomènes du globe , et, en outre , par l’eau qui a été amenée au dehors par le forage des puits artésiens. Il paraît en effet qu’en moyenne, la température de l’écorce terrestre augmente daas le sens vertical avec la profondeur à raison de 1 degré du thermométre centigrade par 30 mêtres. En supposant que cette loi s’applique à toutes les profondeurs, les couches de granit.ot des autres roches cristallines analogues seraient