DE LA LUXATION ET DE L ANKYLOSE
Mais les preuves nécroscopiques apportées par Larrey à l'appui de la même proposition l'ont m.ise à l'abri de toute attaque. « La tête du fémur, dit ce savant chi- » rurgien (1), se déplace-t-elle , comme l'ont avancé » certains auteurs? Ou, s'il n'en n'est pas ainsi, que » devient-elle?
» Ayant qu'elle soit arrivée au rebord de la cavité coty- » loïde, l'érosion du ligament inter- articulaire et des «cartilages diarthrodiaux a lieu ; et à moins d'une chute » ou d'un mouvement forcé de la cuisse, susceptible de » déplacer l'extrémité articulaire du fémur alors dé- » pourvue de son ligament d'insertion, elle ne s'établit » point spontanément, et si, à l'ouverture du cadavre » on a trouvé la tête de cet os déplacée en dehors de » sa cavité, on doit en rapporter la cause essentielle » à une chute ou à une précussion violente dont les effets » ort porté sur l'extrémité de l'os de manière à produire
» ure luxation primitive ou consécutive Mais (ajoute-
» t-:l page suivante), à moins d'une cause mécanique » coicomitante, la tête du fémur, déjà réduite d'ailleurs » par la carie, ne se luxe point. Je n'en ai pas vu un » seil exemple, bien que j'aie eu l'occasion de faire » l'ouverture des cadavres d'un grand nombre* de per- » sonnes mortes de femoro-coxalgie. »
On n'est pas plus explicite. Des auteurs, qui ont écrit depuis, ceux-là mêmes que dirigeait une conviction inverse ont compris la nécessité d'une concession aux documents fournis par Larrey.
(1) Larny, Campagnes et mémoires de chirurgie mililaire, t. IV, p, 294 [Mémoire s.ir le caulère aûlitel^, i^i7 ,
DE LA LUXATION DITE SPOiNTANÉE. 3/il
C'est ainsi que dans leur ouvrage (1), MM. Humbert et Jacquier reconnaissent que la luxation peut manquer, et cèdent à une réflexion singulièrement avantageuse pour l'opinion qu'ils combattent. « La chirurgie, disent-ils, » est, sans contredit, redevable de plus d'un avantage à » l'esprit d'indépendance dont M. Larrey a fait preuve » dans ses écrits touchant plusieurs points de l'art de » guérir ; mais nos obligations ne peuvent s'étendre à tout » ce qui lui est propre relativement à la femoro- coxalgie. » 11 est de fait, d'après les observations qu'il a recueillies, » que cette maladie est moins souvent suivie de luxations
» qu'on ne le pensait etc.» Puis, en note, ils ajoutent:
«La présence constante de la tête du fémur, ou à son » défaut, du col de cet os, dans la cavité cotyloïde. sur » tous les cadavres des personnes qui ont succombé à la » femoro-coxalgie, et dont M. Larrey a fait l'ouverfare, » dépendrait-elle de l'uniformité de la cause (le rhuma- » tisme) qui a donné lieu à la maladie, du repos que ce » chirurgien célèbre sait obtenir de ses malades, et au- » quel il peut facilement contraindre les militaires jsou- » mis à la discipline dans un hôpital, du bandage avec » lequel il le favorise, du mode de traitement! em- » ployé? etc. » '
Eh mais î si le repos et l'immobilité permettent coi^stamment d'éviter la luxation, n'est-ce pas que les mouve/nents, les pressions extérieures, une force extrinsèque, en iln mot, sont indispensables pour la produire, et que sa Spontanéité est une illusion? Enfin, parmi les travaux ilus ré-
(1) Humbert et Jacquier, E&sai et observations sur la manière de réduire les luxations spontanées ou symptomatiques de l'articulation iko-féinorale. 1835, p. 101.