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DE LA LUXATION DITE SPOiNTANÉE. 3Z|7
on sent rouler sous les doigts cette tumeur i'onnée par la tête du fémur.
La constatation d'une tumeur osseuse dans la fosse iliaque et celle de sa mobilité, voilà bien le caractère pathognomonique de la luxation. Quelles que soient les circonstances qui aient présidé à l'écartement des os, ce caractère se retrouve, et il prime tous les autres. A la vérité, le degré de son évidence varie; mais quai:(d bien même la tuberculisation ou la carie auraient déti^uit en totalité la tête du fémur, on pourrait encore, si cetot était effectivement luxé, apprécier le relief que ferait sein col sous les muscles fessiers. Puis la résistance de cetle tumeur, jointe à sa mobilité, fixerait sur sa nature. ¥a\ face d'un signe aussi positif, toute hésitation tombe; pais particulièrement dans la coxalgie, on doit, en son absdpce, se garder de conclure, en se fondant seulement sur 'ensemble symptomatique dont ce signe s'entoure, qu^ les surfaces articulaires ont cessé d'être en contact. Cbmbien de fois pourtant Texistence d'un raccourcisserhent notable, de l'adduction, et de la rotation interne, celp de la saillie et de TélévatioD du grand trochanter joinfes à la croyance accréditée en l'accomplissement spontaijé de la luxation, ont-elles entraîné un diagnostic affirojatif ? Si le moyen d'investigation dont nous parlons avait été interrogé, il aurait bien souvent répondu négativeiient ; il ferait défaut dans la plupart des cas où tous les jlutres symptômes de luxation iliaque sont manifestes. Gesitlivers désordres, en effet, — demi-fiexion — rotation pterne
— saillie du trochanter — élargissement de la ianche
— roideur du membre, découlent comme autant iîe con--= séquences de l'adduction. Or, l'adduction et le /accour-
SAS DE LA LUXATION LT DE l'aNKYLOSE.
cissement, troubles communs à la luxation iliaque et (sauf circonstances exceptionnelles) à toute coxalgie osseuse, sont dus presque toujours, dans cette dernière maladie, à l'état pathologique dont est frappée la partie postéro-supérieure du sourcil cotyloïdien.
Les motifs qui font de cette portion du cotyle le lieu d'élection des lésions osseuses ont été exposés plus haut :
— richesse du réseau vasculaire — faiblesse d'épaisseur
— plan d'intersection de la résultante des efforts musculaires, Les effets de ces lésions sur ce point du squelette ont été soigneusement décrits : — affaiblissement de la consistance — ramollissement — dépression de la voûte cotyloïdienne.
Nous l'avons vu : un plan incliné en haut et en dehors remolace le crochet cotyloïdien qui maintenait, dans sa fixité normale, la tête du fémur. Celle-ci glisse sur ce plan incliné; elle en suit la direction, c'est-à-dire que par degîés, elle se porte en haut et en dehors. De là, le raccouicissement et l'adduction qui entraînent presque tout entier le cortège symptomatique de la luxation iliaque.
Ibit-on dire dès lorsque le fémur est luxé? oui; si l'on s'en tient rigoureusement à la lellre de cette définition adoptée par Boyer (1) : « On entend par la luxation «un changement permanent et plus ou moins étendu » dars les rapports naturels des surfaces articulaires des » os, survenu à l'occasion de quelque violence extérieure, )i ou mr l'effet de quelque altération organique. » Oui, car il ^st évident que tel point de la tête fémorale corres-
(1) Bojr, Traité des maladies chirurgicales, t. IV, ch. ii, Des luxaliomen général.