‹ De la coxalgieChapitre 40 sur 60 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

La multiplicité des considérations dans lesquelles nous sommes entrés à propos de la symptomatologie, de Tanatomie pathologique, et de l'étiologie de l'afFection qui nous occupe, montre combien d'influences peuvent faire varier son pronostic. Ce n'est pas ici le lieu de revenir avec détails sur chacun de ces éléments divers. A une semblable tache qui nous exposerait incessamment à des redites fastidieuses, la sagacité du lecteur suppléera avantageusement. Nous nous bornerons donc à des déductions générales tirées de la forme revêtue par la coxalgie, du degré auquel sont parvenues ses altérations, des circonstances qui ont présidé à son invasion et favorisé ses envahissements, pour donner un guide à l'opinion qu'il sera permis de se faire touchant son issue-

Abstraction faite de toute autre considération , la coxalgie capsulaire est moins grave que la coxalgie osseuse.

A quelque acuité que la douleur se soit portée dans les premiers temps, quelque rapide qu'ait été l'apparition de la claudication, toutes les fois que l'allongement apparent a signalé le début de l'évolution morbide, il y a lieu d'en augurer mieux que lorsque le raccourcissement du membre a été constaté, dès le principe, en coexistence avec des souffrances à peine appréciables, et une difficulté plutôt qu'un obstacle absolu à la locomotion.

Il en est ainsi, parce que les altérations circonscrites aux parties molles de l'article sont loin d'offrir la ténacité des lésions qui ont pris pour siège le tissu osseux,

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A moins de s'élever à un état suraigu qui ne laisse à aucune médication le temps nécessaire pour développer ses ressources, les lésions de l'appareil ligamenteux sont douées d'une franchise plus grande, et laissent plus de prise aux moyens de traitement.

Une complication fréquente de la coxalgie capsulaire, celle peut-être qui porte en elle les dangers les plus pressants, consiste dans la formation d'abcès aux dépens du tissu cellulaire péri-articulaire. On ne saurait trop diriger l'attention sur les accidents dont ces collections purulentes pourraient être le principe, si elles venaient à cheminer vers les parties profondes, et à se déverser dans le centre de l'article. Au chapitre du traitement, les indications que cette complication présente seront soigneusement déterminées. Mais par eux-mêmes, lorsqu'ils progressent vers la périphérie et qu'ils peuvent s'ouvrir au dehors et se déterger, ces abcès ne constituent nullement une entrave à une guérison parfaite. Bref, la la coxalgie capsulaire tend assez aisément vers la résolution, à la condition qu'elle y soit sollicitée par des moyens rationnels mis en pratique en temps opportun.

Les lésions des os sont presque toujours plus graves, même réduites à leur expression la moins complexe, à une ostéite simple. Elles déterminent, dès les premiers temps de leur existence, une déformation des parties articulaires qui n'offre aucune tendance spontanée à la régression. Sans revenir sur ce qui a été dit de la dépression du rebord cotyloïdien, et de la projection en dehors et en haut de la tête fémorale, il convient de rappeler que cette altération du cotyle trouve dans les conséquences immédiates qu'elle entraîne, des causes puissantes d'accroissement.

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Les conditions favorables au pronostic que renferme Tostéite des parties articulaires consistent dans la lenteur de sa progression. Elles sont, on le voit, subordonnées de la manière la plus directe à l'activité de l'intervention chirurgicale et à l'opportunité de cette intervention. En somme, l'ostéite offre encore, pour la guérison, de favorables éventualités.

Les ravages de la carie, ceux de dégénérescence tuberculeuse ont été décrits. Il serait superflu d'insister sur la gravité que la constatation des lésions de cette nature confère au pronostic. Si leur diagnostic précis reste longtemps difficile sur le vivant, l'invasion des désordres qui caractérisent la période de suppuration (réaction fébrile,— abcès ossifluents, — trajets fîstuleux, — émaciation profonde), finit par trahir l'existence, sinon du tubercule, au moins de la carie, et affaiblit profondément la confiance qu'il est permis de conserver dans une issue favorable. Non que l'apparition de ces nouveaux accidents voue irrévocablement le malade à la mort; leur concéder une influence aussi funeste, serait exagérer leur portée, mais ils sont l'indice d'altérations très-avancées, qui éloignent toute chance de guérison sans infirmité. Parvenus à un tel degré d'intensité, les accidents pourront, par des soins bien entendus, rétrocéder au point que la locomotion sera un jour possible ; mais on ne saurait compter qu'elle puisse alors s'accomplir sans claudication. Toutefois, il est un fait d'observation sur l'importance duquel on ne saurait trop insister : c'est l'influence qu'exerce au point de de vue de la guérison dans les affections osseuses, la persistance du contact entre les surfaces malades, même atteintes d'altérations considérables. Tant que les surfaces

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articulaires n'ont pas cessé dans la coxalgie d'être en rapport, on ne doit pas désespérer de la cicatrisation.

Pour ne rappeler, parmi les circonstances étiologiques capables d'influencer le pronostic de la coxalgie, que celles qui sont de nature à modifier gravement et sa modalité et sa terminaison, nous citerons l'âge du sujet, sa constitution, le genre de la cause déterminante de l'affection.

La coxalgie réclame la promptitude dans les secours de l'art, d'une manière d'autant plus impérieuse qu'elle attaque pltis souvent des sujets d'un âge peu avancé, et dont le développement organique est loin encore d'avoir acquis son dernier terme.

Indépendamment de toute complication, la longueur dans la durée des désordres articulaires, menace les enfants atteints de coxalgie, d'une irrémédiable infirmité: l'arrêt de développement, l'atrophie du membre malade. Parce qu'on a outre-passé les limites de la temporisation, parce qu'on a remis indéfiniment l'application de moyens chirurgicaux dont l'usage tardif affaiblit les garanties de succès, un grand nombre sont restés, quoique guéris, affectés d'une incurable claudication.

La constitution du sujet modifie puissamment l'aspect des déterminations pathologiques. Plus aiguës, plus rapides chez les pléthoriques, elles sont aussi plus accessibles à l'action thérapeutique; d'une évolution plus lente, moins accusées en apparence, plus opiniâtres en réalité, chez les individus débiles et afFaibhs, elles résistent avec une toute autre ténacité.

D'une manière générale, on doit considérer comme une éventualité heureuse d'avoir à combattre des désordres dont le type phlegmasique se prononce avec fran-

chise ; et ce qu'on doit redouter le plus, c'est de les voir • se compliquer de troubles suscités par la nature scrofule use du sujet.

Mais de toutes les causes occasionnelles de la coxalgie celle qui plus que toute autre assombrit le pronostic, c'est l'irruption brusque d'un abcès migrateur dû à un psoïtis ou à une carie vertébrale, dans le centre de l'articulation coxale. L'issue des coxalgies dues à une cause de ce genre est presque inévitablement mortelle.

Enfin, parmi les accidents funestes de la maladie, pour en signaler un qui tient encore aux migrations du pus : on comprend que l'accès du liquide dans la cavité pelvienne par suite d'une perforation du cotyle, soit la source de désordres formidables contre lesquels les ressources de Tart sont impuissantes presque toujours.

En résumé, le pronostic de la coxalgie emprunte sa gravité plutôt aux conséquences des lésions primitives qui l'ont déterminée qu'à l'existence même de ces lésions. La nature de celles-ci, qu'elles occupent Tappareil ligamenteux ou le squelette, est essentiellement phlegmasique. Tant que persiste leur état de simplicité, elles conservent leur aptitude à la résolution.

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