APPAREILS
L'insuffisance des agents thérapeutiques une fois reconnue, et la nécessité de moyens contentifs une fois
(1) Malgaigne, Journal de chirurgie, t. I, p. 52.
(2) Bonnet, Gaz. médic, p. 744, iSàO,
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admise, il convient de s'enquérir si les divers appareils • proposés par les auteurs remplissent avec exactitude l'indication fondamentale en vertu de laquelle on les applique.
§ I. — I^xamen des principaux appareils usités.
Depuis les plus simples jusqu'aux plus complexes, depuis ceux qu'on prépare extemporanément jusqu'à ceux qui sortent tout fabriqués des ateliers de l'orthopédiste, les appareils communément en usage dans la coxalgie ont pour but de répondre à ce principe posé et développé dès l'année iSàO, par Bonnet (de Lyon) : « Lorsque » le membre inférieur est étendu, il peut y avoir en- » core des tendances aux luxations spontanées, s'il est » entraîné, par exemple, dans l'abduction et la rota- » tion en dehors, ou s'il est porté dans l'adduction et » la rotation en dedans; mais s'il est étendu et dirigé » parallèlement à l'axe du tronc prolongé, la pointe du » pied regardant en devant, s'il est en un mot dans la » situation où il se trouve lorsqu'on se tient debout sur » les deux pieds, les membres placés parallèlement, il n'y » a plus dans l'articulation de la hanche aucune disten- » sion, aucune tendance aux luxations spontanées; la tête » du fémur est même alors si bien logée dans le fond de » la cavité cotyloïde, que si les rebords de celle-ci étaient » complètement érodés, le déplacement ne saurait avoir » lieu. »
Ceci revient à dire qu'à l'indication fondamentale qui consiste dans l'immobilisation du membre, se joignent celles de le placer dans l'extension et d'opérer sur la
cuisse des tractions parallèles à l'axe du corps. Tel est le but que nous voyons tour à tour le plus grand nombre des auteurs s'évertuer à atteindre.
A. — Plusieurs ont eu recours à l'appareil inventé par Desault pour les fractures du fémur. Il serait superflu d'exposer ici avec détails la description de l'appareil si connu de Desault. Rappelons seulement que le membre placé dans l'extension et maintenu dans cette position par des lacs extenseur et contre-extenseur, est entouré dans toute son étendue de bandelettes imbriquées, compris entre trois coussins remplis de balles d'avoine, qui le séparent du même nombre d'attelles de bois dont l'externe dépasse en bas la plante du pied, et remonte en haut jusqu'au-dessus de la crête iliaque pour fournir le point fixe à la contre-extension; enfin, qu'un bandage de corps solidement appliqué autour du bassin, et que plusieurs lacs coapteurs, jetés de distance en distance sur la longueur du membre, assurent la fixité de l'appareil.
B. — Suivant un même ordre d'idées (celui d'appliquer à l'immobilisation du membre dans la coxalgie, les procédés en usage dans les fractures du fémur), Blandin se bornait à coucher les malades sur un plan horizontal ; puis à produire l'extension au moyen d'une alèze appliquée de chaque côté au niveau des malléoles, et la contreextension au moyen d'une autre alèze passée sous les aisselles et attachée à la tête du lit.
C. — L'appareil inventé par Bonnet (de Lyon), dans le but de maintenir le membre dans une position déterminée, est droit et inflexible.
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Nous reproduisons, d'après le texte même de l'auteur, la description qu'il en a donnée (1).
« appareils droits et iii flexibles. — Ce sont ceux dans » lesquels on fait entrer le tronc et les membres infé-
» rieurs Ils consistent en une gouttière solide qu
» embrasse tout à la fois les deux tiers postérieurs des » membres abdominaux, et les deux tiers postérieurs du » bassin et de l'abdomen. Leur forme est celle d'un pan- » talon allongé, dont le tiers antérieur aurait été enlevé, » et qui présenterait en avant une ouverture qu'on peut » agrandir ou resserrer à volonté. Leur charpente est de » fil de fer très-solide en arrière, plus mince sur les côtés. » Elle est recouverte d'une couche épaisse de crin sou- » tenue par un fort coutil; sur les côtés de cette gouttière, » au niveau des crêtes iliaques, et au niveau du genou » sont des barres de fer transversales et solides terminées » par des boucles d'où partent quatre cordes qui vont se » rendre à une moufle fixée au ciel du lit et à l'aide de )) laquelle le malade peut se soulever aisément. Cet appareil » peut servir au redressement. Le malade y étant couché » sur le dos fait des efforts pour y entrer aussi compléte- )) ment que possible, et par là il s'éloigne de sa position » vicieuse. Tous les éléments de la déformation peuvent » y être simultanément amendés; la flexion, puisque les » membres inférieurs y sont dans la rectitude, et que le » bassin n'y est bien soutenu qu'autant qu'il cesse de s'in- » chner en avant; l'abduction et la rotation en dedans, » car le bord interne du pied et du membre malade presse
(1) Bonnet, Traité de thérapeutique des iïialadies articulaires, 'J853, p. àil €t suivantes.
» contre l'aile interne de l'appareil; enfin le raccourcisse- » ment, puisqu'il est facile d'exercer des tractions. Celles- » ci exigent d'abord l'immobilité du bassin. La meilleure 0 manière de fixer cette partie du tronc est de l'entourer » d'une ceinture que l'on attache à l'appareil, et qui n'a » de sous-cuisses que du côté sain ; on peut aussi se con~ » tenter d'un simple sous-cuisses ou boudin placé du côlé » opposé aux tractions.
» Pour saisir le membre que l'on veut allonger, on fait » entrer le pied et la jambe dans un bas de laine aussi » épais que possible ; sur ce bas on place une chaussette » de peau de chien, et afin de saisir la cuisse aussi bien » que la jambe, on entoure la première, au-dessous du » genou, d'un coUier également de peau et que l'on réu- » nit à la chaussette ; enfin , pour éviter les pressions » douloureuses sur les malléoles, on tient écartées par » une traverse de fer les deux lanières latérales qui par- » tent de la chaussette. »
D. — ■ Pour obtenir la môme action, M. Guersant a proposé un appareil dont M. Labbé (1) donne , d'après l'auteur, la description qui suit :
a L'appareil de M. Guersant se compose de deux at- » telles symétriques en bois, un peu plus longues qu'une » béquille, appliqués sur la face externe des deux mem- » bres inférieurs. Elles se prolongent eu haut jusqu'à » l'aisselle, sans gêner toutefois les mouvements des bras, » et dépassent en bas de quelques centimètres le niveau » de la plante des pieds. Sur leur longueur, les attelles » présentent des trous ou plutôt des mortaises au nombre
(1) Labbé, loc. cit., p. 102 et 103.