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» de trois à cinq, destinées à laisser passer des lacs qui » doivent assurer la contention. Leur extrémité supérieure » est arrondie ou échancrée en béquille; l'extrémité in- » lérieure se termine par un enfourchement disposé de » manière à pénétrer dans la mortaise de la traverse. » Celle-ci consiste dans une planchette elliptique vertica- » lement placée et plus haute que les pieds, présentant » dans le sens vertical six mortaises dont deux plus gran- » des, destinées à recevoir l'enfourchement des attelles, » les quatre autres servant à fixer les liens extenseurs. » Cette plaque fixe les attelles, donne de la solidité à l'ap- » pareil, assure la bonne position du pied, le protège «contre le poids des couvertures, et empêche la com- » pression toujours fâcheuse du talon. Deux coussins, :^ interposés entre les membres, et les attelles fixées à ces » derniers par des lacs, protègent les parties en saillie » contre une pression trop forte, trop rude ou trop long- » temps prolongée; leur extrémité supérieure se termine » par un gousset destiné à coiffer Tattelle.
» Un bandage de corps est destiné à fixer le tronc avec » les attelles, et ces dernières entre elles. Il se compose » de deux pièces rectangulaires de toile ou de tissu élas- » tique, portant sur les petits côtés, des liens qui viennent » s'attacher aux mortaises. L'une des pièces correspond » à la partie postérieure du tronc, l'autre à l'antérieure. »
E. — De son côté, M. Marjolin substitue à ces divers moyens extensifs et contentifs un appareil de Scultet appliqué sur les membres pelviens. Par-dessus les bandelettes sont placés des coussins et des attelles. Les attelles internes ont la longueur du membre; les attelles externes
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remontent jusqu'à la base delà poitrine. Un bandage amidonné ou dextriné enveloppe cet appareil du côté malade, et assure sa fixité en embrassant au niveau du tronc les deux attelles externes.
F. — Enfin, M. Mathieu est le promoteur d'un appareil dont l'objet spécial est de garantir le centre articulaire malade contre les pressions qui lui sont transmises dans la station verticale par le poids du tronc.
L'appareil proposé par M. Mathieu pour le traitement des coxalgies se compose d'une ceinture bouclée autour du bassin. Deux béquilles latérales remontent de cette ceinture sous les aisselles dont elles sont destinées à soutenir le poids, ainsi que celui de la tête et du segment supérieur du tronc.
De la ceinture partent également deux tiges articulées qui, du côté malade, descendent jusqu'à la semelle d'un brodequin, et qui ont pour but de transmettre directement au sol le poids supporté par les béquilles, en laissant la jointure malade étrangère à toute pression.
ïl faut bien le dire, aucun de ces procédés n'est à l'abri d'objections. De ces objections, les unes sont particulières à tel ou tel appareil, les autres sont communes à tous.
Si le mérite d'avoir mis en rehef l'opportunité de placer les membres dans une position déterminée revient à Bonnet (de Lyon), sur lui doit aussi peser la responsabilité du choix qu'il a fait de la position dans laquelle son appareil fixe la cuisse. Sauf celui de M. Mathieu, les autres moyens contentifs que nous avons décrits n'ont été, après celui de Bonnet, proposés ou inventés que dans un
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but d'imitation. Mais avant de discuter ce que leur principe général a de défectueux, signalons, pour n'y plus revenir, les imperfections, les dangers, les contre-indications, en un mot, propres à chacun.
Et d'abord les deux alèzes disposées par Blandin pour l'extension et la contre- extension, nous paraissent un moyen très-infidèle d'obtenir l'immobilité et de s'opposer aux déviations.
Rien dans ce procédé n'empêche la bascule du bassin; pas même la troisième alèze que l'auteur conseille de jeter transversalement en cravate par-dessus le corps du malade, et d'attacher aux côtés du lit. Rien n'assure non plus la constance dans l'énergie de la traction, puisque les draps extenseur ou contre-extenseur sont exposés à se relâcher, et que le plan horizontal formé par le lit varie par le tassement des matelas. Force est bien d'ailleurs dedesserrer et de resserrer incessamment l'appareil, de.déranger, de soulever perpétuellement le malade pour l'accomplissement de la miction et de la défécation.
La ceinture surmontée de deux béquilles, employée par M. Mathieu, n'est pas un appareil nouveau ; et de plus elle supporte incomplètement la pesanteur du tronc, puisque le point fixe est pris sous les aisselles, et que les articulations scapulo-humérales n'ont pas de rapports directs avec le tronc; mais, remplirait-il pleinement le but qu'il se propose (celui d'obvier aux compressions que peut subir dans la station verticale la voûte cotyloïdienne), cet appareil ne répondrait pas encore à l'indication fondamentale qui est de maintenir la jointure dans l'immobilité.
Les tiges descendantes s'articulent au niveau des han-
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ches, avec l'extrémité inférieure de celles qui se terminent en haut par des béquilles.
Une deuxième articulation est située au niveau du genou entre les tiges descendantes du côté malade. Il en reste une troisième nn peu au-dessus des malléoles. Les mouvements du pied sur la jambe, de la jambe sur la cuisse et delà cuisse sur le bassin peuvent donc s'effectuer à la guise du malade. Volontaires ou non, le degré de leur étendue, de leur brusquerie, de leur fréquence ne saurait être déterminé. Alors même qu'appliqué avec un soin extrême, et supporté sans difficulté, l'appareil de M. Mathieu préserverait de toute compression les parties constituantes de la jointure malade, les mouvements alternatifs de flexion et d'extension de la cuisse sur le bassin qu'il tolère, ne peuvent manquer d'avoir sur les organes lésés un retentissement défavorable. Cet appareil, enfin, serat-il applicable dans tous les cas indifféremment? Dans tous ceux où la déviation est considérable, il faudra pyéalablement obtenir le redressement forcé du membre. Dans tous ceux où la tuméfaction de la hanche et de la cuisse indique l'imminence d'un abcès, les deux bracelets de cuir qui sont bouclés autour de la cuisse devront être supprimés, et la régularité des effets produits sera troublée d'autant.
L'appareil de Desault, celui encore de Boyer, proposés par beaucoup de chirurgiens pour l'immobilisation du membre dans l'affection qui nous occupe ; l'appareil dont M. Guersant est l'inventeurj et celui auquel M. Marjohn donne la préférence, ont, à nos yeux, plusieurs défauts qui leur sont communs.
D'abord ils sont très-vite souillés, chez les jeunes enfants,
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par l'urine ei les matières alvines. Leur application laliorieuse et difficile, doit ôtre fréquemment renouvelée; et c'est au grand détriment du principe qu'on s'est posé, de maintenir dans un repos permanent l'articulation coxale. Ensuite, les bandelettes qui recouvrent le membre, les coussins et les attelles qui le compriment, le bandage dextriné ou amidonné qui l'emprisonne, voilà autant d'obstacles à une surveillance dont l'activité est rendue nécessaire par la nature phlegmasique de l'affection que l'on traite.
Sans parler des abcès ossifluents (les obstacles à l'application des appareils en question n'attendent pas d'ordinaire pour se produire la période à laquelle apparaissent ces abcès), que deviendront, sous les plans résistants entre lesquels la cuisse est comprise, les collections purulentes qui se forment souvent dès les premiers temps de la maladie, aux dépens du tissu cellulaire sous-aponévrotique? Il importe cependant, au premier chef, de favoriser leur progression vers les parties périphériques. Or, un inconvénient partagé par tous les appareils qui isolent la région malade de l'investigation, est celui de dissimuler les prodromes de ces phlegmons circonvoisins. Un danger qu'ils rendent imminent, est celui de contrarier les efForts du pus, lorsqu'il est une fois élaboré, vers une voie favorable à la détersion rapide et complète du foyer. Un pareil danger devient formidable, pour peu que la collection purulente refoulée vers les parties profondes se prenne à suivre une route qui la rapproche de la capsule orbiculaire : arrivée au contact du ligament, elle y développe par contiguïté un état phlegmasique à l'acuité désorganitrice duquel la trame fibreuse finit par céder ; et le
pusse déverse dans la cavité même de l'article. Le surcroît de violence dans les accidents, qui accompagne et suit une éventualité aussi fâcheuse, est tel, qu'il peut d'emblée mettre la maladie au-dessus des ressources de l'art.
En laissant découverte la partie antérieure delà hanche, en permettant d'exercer de Fœil et de la main une surveillance active sur la région malade, la gouttière de Bonnet échappe à l'objection qui précède ; mais elle encourt un reproche plus sérieux. Sans placer la cuisse dans une extension forcée , il est dans le principe de cet appareil de placer le membre dans l'extension. La charpente de la gouttière se compose en effet de fils de fer (i très-solides )^ à la partie inférieure ; et les membres, dit l'auteur (1), « y sont dans la rectitude »...
« Le bassin, ajoute-t-il (2), n'y est bien soutenu qu'au-. » tant qu'il cesse de s'incliner en avant. » C'est précisément cette dernière condition qu'il est dans la plupart des coxalgies avancées impossible de réaliser.
Les efforts d'extension qu'on exerce sur la totalité du membre trouvent dans les lésions articulaires un obstacle invincible. La puissance qu'on développe pour y parvenir, se transmet à la région lombaire qui obéit; l'inclinaison en avant ne fait que s'exagérer, et l'ensellure persiste. La position qu'on s'évertue à imprimer à la cuisse, n'est donc obtenue qu'en apparence, et malgré la légère inflexion delà portion de l'appareil qui répond au jarret, et qui est destinée à modérer la rigueur de l'extension, l'extension de la cuisse par rapport au bassin est donc plus forcée
(1) Bonnet, loc. cil., p. 419.
(2) Bonnet, loc. cil., même page.
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qu'elle ne le paraît. De là, riniperteclioii fréquente des résultats : imperfections que l'auteur se fait d'ailleurs un devoir de reconnaître. Ces obstacles à une application régulière de l'appareil en question l'ont décidé à y substituer, pour beaucoup de circonstances, une double gouttière propre à obtenir l'extension des jambes sur les cuisses; mais qui, « n'ayant pas prise sur le bassin » , ne peut garantir l'immobilité et la position régulière des organes malades.
D'une manière générale enfin, les appareils employés contre la coxalgie dans le but de mettre au repos les organes articulaires, et qui de prime abord exigent l'extension de la cuisse, manquent à notre avis le but qu'ils se proposent.
Quelles sont, en effet, pour une jointure malade les conditions du repos?
C'est IHmmohilité dans une position telle que toutes les parties constitutives de la jointure soient à l'abri de tractions et de compressions.
Assurer le repos d'une articulation revient donc à maintenir les forces dirigées en sens divers qui agissent sur les parties constitutives de cette articulation dans un équilibre parfait.
En dehors de cet équilibre, quelles parties de l'articulation coxale subissent, avec prédominance, l'action de ces forces exercées en sens différent ?
1° La voûte cotyloïdienne : elle perçoit la résultante des compressions, et c'est pour cela que son bord postérosupérieur se déprime?
2° La capsule orbiculaire : elle perçoit la résultante des
tractions; et c'est pour cela qu'enflammée, elle devient douloureuse et se raccourcit.
Pour annuler les pressions que subit la voûte cotyloïdienne, il faut l'intervention de deux puissances agissant en sens contraire; il faut que l'une — puissance extensive — abaisse la tête fémorale, que l'autre — puissance contre -extensive — élève la partie correspondante du bassin. Plusieurs des appareils que nous avons passé en revue, réalisent partiellement cette première indication.
Pour annuler les tractions que subissent les faisceaux ligamenteux, il faut les placer dans le relâchement. Aucun des appareils ci-dessus mentionnés ne répond à cette seconde indication non moins fondamentale que la première. Dans l'état physiologique, en effet, la tension des faisceaux lioamenteux commence avec l'extension complète de la cuisse. C'est cette tension du ligament qui limite la projection du membre en arrière. Mais, dans le cas d'inflammation, le tissu fibreux est retracté; dans le cas d'épanchement intra-articulaire, la capsule est ballonnée ; et dans l'une et l'autre circonstance, tout effort d'extension imprimé à la cuisse, détermine la tension des faisceaux fibreux avant que l'extension de la cuisse soit complètement effectuée. L'imminence de cette tension des fibres ligamenteuses est en raison directe du degré de leurs altérations morbides. Dès qu'elle se produit, elle détermine des tractions qui troublent l'équilibre indispensable au repos des parties articulaires.
Tout appareil qui exige, dès l'abord, l'extension de la cuisse, expose le ligament fibreux aux tractions dont nous parlons. Toutes les fois que son tissu sera malade, ces tractions ne manqueront pas d'avoir lieu. Or, elles se
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traduisent par un surcroît de douleur, et d'acuité phlegmasique. Mais en même temps, tout appareil qui fixe la cuisse dans l'extension, détermine la tension des muscles pelvi-fémoraux. Ce n'est que dans la position demi-fléchie que ces muscles arrivent au relâchement complet. Signalé par Percival Pott, accepté sans réserve par Dupuytren, ce fait anatomique a été vérifié par nous; et dans un travail antérieur nous avons exposé les preuves de son exactitude. Nous avons exan^iné alors (i) tous les muscles de la cuisse dans différentes positions ; nous avons mesuré avec précision la distance qui sépare les points d'insertion de chacun d'eux dans chaque position^ et nous avons reconnu que lorsque le membre est étendu et repose sur une surface plane, les muscles adducteurs, le droit interne, le demitendineux^ le demi-tnembraneiix^ le couturier^ la longue portion du biceps et enfin le droit antérieur lui-même présentent une longueur beaucoup plus considérable que quand la jambe forme avec la cuisse un angle dont le sinus serait ^e 90 à 1 00 degrés environ .
Nous avons déjà appelé l'attention sur ce point dans le cours de ce travail; nous y revenons à cause de son importance. Toutes les fois, en effet, que le membre sera contraint à une extension permanente, les muscles pelvifémoraux seront réduits à un état de tension dont la prolongation ne tardera pas à devenir une cause de fatigue. Et, par un effet physiologique inévitable, leurs faisceaux charnus opposeront aux tiraillements qu'ils subissent un éréthisme contractile en rapport avec l'inten-
(1) Ferdinand Martin, 3Iémoi7^e sur une nouvelle méthode de traitement des (raclures du col et du corps du fémur (couronné par la Société centrale de médecine du Nord). 1855,
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site de ces tirailleaients. Puisque la résultante de Faclion des muscles pelvi- fémoraux tombe sur la voûte cotyloïdienne, toute cause propre à exciter leur action aura pour conséquence d'accroître la puissance de cette résultante ; et la compression que subit la voûte cotyloïdienne sera d'autant plus considérable que le membre s'éloignera plus delà position dans laquelle les muscles sont relâchés.
De toute nécessité il faut donc, et pour éviter les tractions dans le ligament fibreux, et pour éviter les compressions (suite des tiraillements musculaires) sur le rebord postéro - supérieur du cotyle, faire usage d'un appareil qui exerce sur l'articulation coxale une action extensive et contre-extensive , sam obliger la cuisse à quitter la position demi- fléchie.
Il faut que l'action de cet appareil soit permanente.
Il faut que cette action puisse être graduée avec une facilité extrême, et suivant les exigences cliniques induviduelles, et suivant celles que chaque journée de traitement fait surgir. Pour cela, elle ne doit rencontrer d'antagoniste ni dans la contraction musculaire, ni dans la rétraction du ligament fibreux. A de telles conditions, et pourvu que les complications de la maladie ne deviennent pas un obstacle à l'application ou au maintien de l'appareil; pourvu encore que l'accomplissement des fonctions vésicales et rectales ne vienne pas quotidiennement troubler la continuité de son action, à de telles conditions, disons-nous, cet appareil répondra à l'indication fondamentale dans la coxalgie, qui est de maintenir l'articulation au repos.
Avant de rien préjuger, touchant le modus faciendi^
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il importe créUidier au point de vue de la thérapeuti(|ue, les complications que peut offrir l'affection, et de poser avec quelque précision leurs indications particulières. Cette recherche fournira des notions indispensables au choix motivé des moyens de traitement qui conviennent à la maladie prise dans son acception la plus complète.
§ II. — Traîtcuicnt des coBnpIications.
Les complications de la coxalgie sont :
1* Les abcès.
2° Les déviations extrêmes.
3° La luxation.
/i° L'ankylose.
A. Abcès. — Les abcès symptomatiques de la coxalgie offrent des caractères variables que les savants travaux de Gerdy n'ont pas peu contribué à spécitîer. Nous avons eu déjà l'occasion de le dire, les uns, circonvoisins, sont formés aux dépens des couches cellulaires extra-articulaires, inter-musculairesou sous-aponévrotiques; les autres, migraleurs, ont pour origine les désorganisations articulaires elles-mêmes. Ils communiquent par un trajet plus ou moins sinueux ; mais ils communiquent nécessairement avec le centre de la jointure.
La signification diagnostique des premiers ne ressemble en rien, on l'a vu, à celle des seconds. Ceux-ci ne se présentent jamais que postérieurement aux plus graves désordres. Ceux-là apparaissent souvent dès les premiers temps de la maladie, dans la période d'état de sa forme capsulaire. 11 serait, on le comprend, de la plus haute
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importance pour le chirurgien de pouvoir toujours saisir avec certitude le caractère générique de la collection purulente dont le doigt reconnaît la fluctuation.
L'élément le moins trompeur d'un tel diagnostic est fourni par la nature des circonstances pathologiques qui se sont offertes au préalable.
Les accidents aigus du début sont-ils à peine périmés, etl'affecîion revêt-elle la forme capsulaire; l'abcès que l'on voit poindre est presque assurément circonvoisin, car les collections purulentes, dont la source se prend dans le centre articulaire lui-même, sont très-rares avant que les parties osseuses elles-mêmes soient profondément altérées, et les altérations osseuses procèdent avec une lenteur notoire.
Est-ce la forme osseuse de la maladie qu'on a sous les yeux, son début remonte-t-il à une époque reculée, sa marche a-t-elle offert dans les temps qui viennent de s'écouler une recrudescence, d'acuité assez intense pour avoir provoqué une réaction fébrile, puis une sédation remarquable a-t-elle couronné la succession de cette série de manifestations; il est à craindre alors que l'abcès soit fourni par la suppuration des os, et que son relief sous les téguments soit le dernier terme de ses migrations. En effet, les abcès circonvoisins, composés de pus phlegmoneux, ne se forment guère à une époque où l'émaciation est parvenue à un degré extrême.
La conduite à tenir dans les deux cas diffère. Le danger des abcès circonvoisins, nous l'avons signalé. C'est celui de fuser vers les parties profondes, d'arriver au contact de la capsule, et de s'épancher dans sa cavité...
On ne doit donc pas hésiter à ouvrir ces abcès, et à les
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ouvrir largement pour faciliter la détersion rapide et complète de leur foyer. Ils rentrent dans la classe des abcès chauds ordinaires, et réclament le même traitement chirurgical.
Les dangers des abcès migrateurs sont autres. De tout temps ils ont fixé l'attention des auteurs. Il faut redouter d'eux l'inflammation ulcérative qu'ils finissent par déterminer dans la portion cutanée de leurs parois pour se frayer accès au dehors, et le libre contact que le trajet fîstuleux qu'ils laissent, établit entre les surfaces osseuses suppurées et l'air extérieur.
De nos jours, la question de savoir si l'on doit provoquer l'évacuation des abcès migrateurs a cessé d'être litigieuse. La tolérance particulière de l'économie pour la présence de ces vastes collections, leur terminaison aussi curieuse que favorable par voie de résolution, observée dans quelques cas d'une manière bien authentique, seraient de nature à faire rejeter toute intervention, si l'expérience n'avait appris que cette résolution est une exception sur laquelle il n'est pas permis de compter; si l'on ne prévoyait qu'un jour l'abondance même de la suppuration doit mettre fin à cette tolérance; que le travail spontané de la nature ne s'accomplira pas sans retentissements profonds sur l'organisme ; et, qu'en définitive la voie ouverte à l'air extérieur sera alors plus large et moins régulière que si une initiative chirurgicale avait été prise en temps opportun. Les maîtres désormais sont à peu près unanimes pour reconnaître que le pronostic de l'ouverture spontanée des abcès migrateurs ofïre plus de gravité que celui de leur ouverture pratiquée par les moyens de l'art.
Ces nioyeiis sont de plusieurs sortes, ainsi que les dangers auxquels on se propose d'obvier.
r Incisions larges. Dans le but d'obtenir une évacuation immédiate et complète du foyer, Lisfranc conseillait de pratiquer au point déclive de la poche purulente une large ouverture avec le bistouri.
Ce procédé qui est souvent mis en pratique par M. Michon, et duquel nous avons généralement obtenu les résultats les plus heureux, est repoussé par un grand nombre de chirurgiens. On lui reproche d'offrir à l'accès de l'air extérieur un libre passage, et de favoriser la décomposition du pus. On s'opposera avantageusement à cette décomposition en pratiquant des injections avec la teinture d'iode plus ou moins étendue d'eau, et additionnée d'une faible quantité d'iodure de potassium.
'2'' Caustiques. — Au siècle dernier, le fer rouge ou encore la potasse caustique étaient très -généralement employés dans les circonstances qui nous occupent. Ces procédés qui n'ont pas l'avantage des incisions larges, en conservent les inconvénients ; ils sont à peu près délaissés aujourd'hui.
Nous les avons vu mettre en usage dans trois cas particuhers ; et dans ces trois cas, ils nous ont paru hâter la terminaison funeste.
3° Ponctions. — Entre les mains de quelques chirurgiens, et en particulier de MM. Robert, Guersant, Maisonneuve, des ponctions successives ont quelquefois procuré la détersion complète du foyer. Ces ponctions se pratiquent avec un trocart à hydrocèle, ou mieux avec un trocart plat au pavillon duquel on adapte une seringue
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qui remplit le rôle de pompe aspirante, et reçoit le pus à mesure que le piston recule.
Cette méthode a plus d'un inconvénient. Le premier consiste dans la difficulté môme de la manœuvre. Les grumeaux caséeux, en effet , dont le liquide est mêlé, viennent engorger la canule du trocart, et rendre plusieurs séances indispensables pour l'évacuation complète de l'abcès. On lui attribue l'avantage de s'opposer à la pénétration de l'air dans le foyer; nous venons de voir que les dangers en peuvent être conjurés par les injections iodées.
4° Drainage. — D'après la méthode dont M. Chassaignacest le promoteur, le passage d'un tube à drainage à travers la poche, percée de part en part, au moyen d'un trocart courbe et fin, paraît trouver ici une application rationnelle. En effet, l'écoulement lent et continu du pus, l'affaissement progressif des parois du foyer, semblent s'opposer, dans la limite du possible, à la décomposition putride par pénétration de l'air ambiant. Cependant, sur les quelques cas où il nous a été donné d'en voir faire l'apphcation, les accidents nous ont paru présenter plus de gravité, et la cicatrisation du foyer a été loin d'en être accélérée.
Quelle que soit la méthode qu'on préfère, le principe général auquel il convient de se rattacher, consiste, pour les abcès circonvoisins, à favoriser, par tous les moyens dont on dispose, la progression du pus vers les parties périphériques, et à pratiquer de bonne heure l'ouverture de ces abcès.
Pour les abcès migrateurs, tant que le foyer n'a pas une tendance m.arquée au développement, on doit se garder de troubler cet état slationnaire, et le calme dans
lequel il laisse réconoiiiie. Lorsque la collection purulente prend des proportions incompatibles avec son séjour au sein de l'organisme, il faut ne pas abandonner la nature à ses propres efforts, et recourir à celui des procédés chirurgicaux qui paraît le plus formellement indiqué. En tout état de cause, les soins qu'exige la complication trèsfréquente dont nous parlons, obligeraient à interrompre le traitement de l'affection principale, si l'appareil appliqué n'était à ciel ouvert, pour permettre l'examen et le contact directs de la hanche.
B. Déviations extrêmes. — Dans les circonstances où les secours chirurgicaux ne sont que tardivement invoqués, alors que les ravages déjà très-avancés de la lésion ont réduit la cuisse à quelqu'une de ces positions profondément vicieuses dont les traités classiaues fournissent des exemples, Texigence initiale de tout traitement consiste à ramener le membre à des rapports plus réguliers.
En Allemagne, les docteurs Dieffennach (1 ) et Berend (2), en France, Bonnet (de Lyon) ont conseillé alors le redressement brusque et forcé du membre.
Munis du chloroforme, ces auteurs n'ont pas cru devoir s'arrêter dans leurs manœuvres devant la violence, et devant une résistance qui demande à leurs efforts vingt à trente minutes de continuité.
La question, portée en 1858 devant la Société de chirurgie de Paris, n'a pas été résolue avec une égale témérité. Proscrivant ces déploiements considérables de forces
(1) Dieffenbach, Traité de la seclion des muscles et des tendons. Berlin, 1841.
(2) Berend, Ueber die Behandluny veralteter Kn iecontracturen, in der medi Zeitung des Vereins fiir Heilkunde in Preusseti^ 1841, n°^ 25 et 26.