PREMIER GROUPE. — COX ALGIES CAPSUL AIRES
Coxalgie capsulaiî'e datajit de deux ans, — Insuffisance de divers traitements.— Guérison après quarante-deux jours d'application de Vappareil.
Mademoiselle Claire P..., âgée de dix-huit ans, d'une constitution moyenne, commença en octobre 1853 à éprouver une certaine difficulté à marcher. Le membre gauche était le siège de roideur plutôt que de douleurs vives, et le pied tendait à se dévier en dehors.
Le médecin traitant, M. le docteur Saulpic, conseilla l'usage d'un brodequin très-fort, destiné à maintenir le pied dans la rectitude. Ce fut sans résultat.
Des douleurs assez vives ne tardèrent pas à se manifester à la région coxo-temorale et à celle du genou. Elles
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ne furent calmées ni par l'application de sangsues, ni par celles de vésicatoires auxquelles on eut recours.
La claudication fit place à une impossibilité absolue de marcher. La malade dut garder le lit d'une manière permanente, et laisser le membre dans l'immobililé la plus complète.
M. le docteur Collomb fut alors appelé en consultation avec M. Saulpic.
Diagnostic : coxalgie.
Traitement : application de sangsues et de vésicatoires volants ; opiacés à l'intérieur.
Le membre inférieur gauche paraissait plus long que son congénère; la dilTérence pouvait être évaluée à 5 centimètres. Les jointures gardaient la position demifléchie. Le jarret dut être soutenu par un coussin.
L'état de la malade n'offrant pas d'amélioration, malgré les moyens employés , on eut recours à la cautérisation ponctuée. Ce fut sans avantage.
Appelé en consultation, M. le professeur Nélaton conseilla d'insister sur les moyens déjà employés j et particulièrement sur les cautérisations.
Ce traitement fut prolongé pendant plusieurs mois sans qu'aucune amélioration ait pu être constatée. Il fut suspendu, sans être remplacé par d'autres moyens thérapeutiques durant la saison d'hiver.
L'été suivant détermina un amendement notable dans les douleurs; mais l'allongement apparent et la difficulté des mouvements persistaient.
Bains salins.
Repos au lit.
Le 14 juillet, ayant été appelé en consultation par les
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h'OS TiUlTEMEiNT.
deux nuklecins traitants, nous coiistatoijs que le membre malade est fixé dans la demi-flexion, que la pointe du pied est légèrement portée en dehors, et que le membre paraît allongé de 5 centimètres.
Pas de tuméfaction de la région coxale. Douleurs modérées. État général satisfaisant.
L'appareil fut appliqué. Au bout du troisième septénaire, les douleurs avaient complètement disparu. Le membre avait repris sa longueur normale; ses fonctions s'effectuaient sans difficulté et sans souffrance.
Le 26 août, quarante-deux jours après l'application, l'appareil fut levé. La malade put s'asseoir, et, la semaine suivante, elle faisait des promenades assez étendues à l'aide de béquilles.
A la fin du mois suivant, les béquilles furent remplacées par une canne, et les mouvemnets de flexion et d'extension de la Cuisse sur le bassin ne tardèrent pas à s'accomplir avec une aisance assez complète pour permettre de marcher et de descendre les escaliers sans aucun appui.
L'hiver suivant ne ramena aucune rechute. La malade a entrepris, depuis, de longs voyages sans éprouver aucun inconvénient.
OBSERVATION XXVH.
Coxalgie capsulaire datant de quatorze ans et ayant résisté à de nombreux moyens curatifs. — Application de l'appareil. — Durée d'application, huit mois. — Guérison.
Mademoiselle Camille G..., d'une constitution lymphatique, a eu une enfance maladive. Vers l'âge de douze ans, elle fut prise de douleurs au genou avec tuméfaction et chaleur. Quelque tenips de repos au lit détermina une
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amélioration assez notable pour que la locomotion ilevinl possible ; mais le membre resta impressionnable à la fatigue.
En 18^9, après un séjour d'un mois dans un climat humide, et après des marches forcées, des douleurs erratiques, mais très-vives, se font ressentir. Elles persistent malgré les moyens thérapeutiques employés pendant près d'une année sans se localiser dans un point particulier du membre pelvien.
En 1850, la malade se rend aux eaux de Gréoulx, sans retirer aucun avantage de la saison balnéaire qu'elle y passe.
En 1851, de larges vésicatoires comprenant tout l'espace que mesure le corps du fémur sont appliqués, et, loin de se calmer, les douleurs présentent une manifeste exacerbation.
L'année suivante, plusieurs médecins de Lyon sont consultés. Le membre est examiné soigneusement, une névralgie sciatique est diagnostiquée d'un commun accord. On conseilla une saison baUiéaireà Aix en Savoie, et l'application réitérée de ventouses sur le trajet du nerf. Exacerbation notable dans la marche des accidents. Application, chaque semaine, d'un cautère actuel; pansements morphines après la chute de Teschare. Les douleurs persistent. On a recours alors à l'application d'une large plaque de cautère entretenue pendant plusieurs mois à la racine du membre pelvien.
Suppuration abondante. Amaigrissement notable. Persistance des douleurs.
En 1855, saison balnéaire à Vacqueiras; nouvelles plaques de cautère sur le trajet du nerf sciatique;
limiiients au chlorotbrme; bains de siège belladones.
La locomotion devient tout à fait impossible. Le mouvement le plus modéré exaspère les soulTrances.
De 185o à 1859, étal stationnaire. Le 15 août 1859, nous sommes consulté par la malade pour la première fois. Elle présente l'état suivant :
Le membre droit est fixé dans la demi-flexion, la pointe du pied déviée en dehors, la cuisse dans la rotation externe. L'épine iliaque du même côté occupe un plan notablement moins élevé que celui du côté opposé; l'allongement apparent est évalué à 5 centimètres; pas de tuméfaction de la région fessière; douleurs modérées; état général satisfaisant.
Des espérances de guérison fondées sur ces conditions favorables sont exprimées à lan]alade; mais ce fut l'année suivante, seulement, que le traitement put être institué.
Le 4 juin 1862, l'appareil est appliqué. Les conditions pathologiques ne s'étaient pas notablement modifiées. La douleur seule offrait plus d'acuité que l'année précédente : recrudescence qu'il convenait d'attribuer aux fatigues d'un long voyage entrepris par la malade.
Une fois le membre maintenu dans une flexion modérée, et porté dans une abduction légère; une fois l'extension et la contre-extension établies, les douleurs ne tardèrent pas à se calmer et à disparaître d'une manière absolue.
Graduellement, les fonctions articulaires recouvrèrent leur souplesse. Au bout du huitième mois de traitement, l'appareil fut levé. La progression dès lors put s'accomplir sans souffrances. Pendant quelques jours la malade fit usage de béquilles élastiques, mais elle en vint à ne s'aider que d'une canne.
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Il n'est survenu aucun l'etour des phénomènes morbides.
Aujourd'hui, mademoiselle C. G... peut, sans fatigue, fournir une longue course. Elle prend sur le membî'e autrefois malade un appui aussi solide que sur le membre sain.
Elle a accusé pendant un certain temps une faiblesse de ce côté; faiblesse qui est allée en s'atténuant, et qui a fini par disparaître.