‹ De la coxalgieChapitre 8 sur 60 · PARTIES MOLLES DE LA HANCHE · texte numérisé non relu

PARTIES MOLLES DE LA HANCHE

feuillets se prolongent sur la cuisse en constituant aux muscles et aux vaisseaux la gaine protectrice dont nous avons parlé.

Envisagée dans son ensemble , l'aponévrose peut donc être considérée comme un entonnoir dont l'orifice béant reçoit normalement du bassin les vaisseaux et nerfs fémoraux, ainsi que le muscle psoas, et est très-favorablement disposée pour que les productions pathologiques qui procèdent de la cavité abdominale vers l'extérieur (viscères hernies, abcès, etc.) se glissent entre ses parois. Nous disons que le psoas est compris entre les deux feuillets de l'aponévrose ; nous avons dit qu'il appartient au plan musculaire profond et que ce plan repose sur le squelette de l'articulation coxo-fémorale ; nous aurons plus d'une fois l'occasion de revenir sur les conséquences de cette disposition au point de vue étiologique de la coxalgie ; mais ce simple rapprochement que nous venons de faire aide à se rendre compte de la facilité avec laquelle tout abcès contenu dans les parois de l'aponévrose pourra se rapprocher de la capsule orbiculaire , jusqu'à contracter avec sa face externe des connexions immédiates.

L'artère fémorale et la veine qui traversent le triangle interne intercepté par l'arcade crurale et les muscles appartenant au plan superficiel de la région inguino-crurale ont, chacun le sait , une direction représentée par une ligne passant à 3 centimètres et demi en dehors de V épine pubienne et à quatre travers de doigt au-dessus du tubercule osseux du troisième adducteur. Située à son origine sur un plan externe à celui qu'occupe la veine, l'artère fémorale ne décrit point de flexuosités. La veine comprise dans la même gaine fibreuse ne tarde pas à

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s'enrouler autour de l'artère par une direction spiroïdale.

La branche collatérale la plus importante, émise par lartère, est la fémorale profonde. M. Velpeau, M. Cruveilhier et d'autres anatomistes ont appelé l'attention sur le lieu variable de son origine. Normalement la fémorale profonde fournit : 1° la circonflexe interne, vaisseau articulaire par excellence ; 2" la circonflexe externe dont quelques rameaux sont parfois destinés à l'articulation ; 5° la grande musculaire, et 4° les trois perforantes. Du tronc crural commun partent encore la ligamenteuse abdominale et les deux honteuses externes dont nous n'avons pas autrement à nous occuper. Mais une autre artère destinée à la nutrition de l'articulation coxo- fémorale, l'obturatrice, pénètre avec la circonflexe interne par l'échancrure du bourrelet cotyloïdien. Elle naît le plus souvent de l'hypogastrique, quelquefois de l'ihaque externe, et reconnaît, dans certains cas rares, pour origine, le tronc même de la fémorale. Il est enfin une anomalie que nous ne pouvons passer sous silence, et qui, signalée par M. Velpeau (1), montre une fois de plus combien les déductions nosologiques qui ressortissent au système ^asculaire d'un organe ou d'un appareil demandent de réserve : sur une préparation injectée par M. Manec et conservée au musée anatomique de l'amphithéâtre des hôpitaux de Clamart, l'artère fémorale manque complètement. Dans d'autres cas, on a vu ce tronc passer sur la face postérieure de l'articulation. Ces notions importeront lorsqu'il s'agira du traitement chirurgical des abcès.

(1) Velpeau, Anatom' chirurg., t. II, p. 522,

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