PARTIES MOLLES DE LA HANCHE
Nous ne dirons qu'un mot des nerfs de la région. Au point de vue chirurgical, à celui surtout où nous nous plaçons, ils sont de médiocre importance.
En dehors, est le nerf inguino-cutané; en dedans, la branche crurale du génito- crural, tous deux destinés aux téguments. Puis le nerf obturateur qui s'épuise dans les adducteurs; le nerf crural, enfin, situé dans la gaine du psoas en dehors de l'artère fémorale dont il est séparé par un feuillet fibreux. Les auteurs du siècle dernier lui faisaient jouer un grand rôle dans la production de la coxalgie qu'ils confondaient avec lasciatique, ou tout au moins qu'ils décrivaient sous ce nom.
La région inguino-crurale est riche en vaisseaux et ganglions lymphatiques : les premiers, pour la plupart, convergent vers le triangle interne que nous avons décrit, ou ils se jettent dans des ganglions nombreux desquels de nouveaux troncs émergent et se dirigent vers les ganglions iliaques et lombaires. Ces ganglions, volumineux, ovoïdes, se divisent en deux groupes. Les uns sont superficiels : de ceux-ci, les supérieurs transversaux reçoivent les vaisseaux de l'anus et des organes génitaux ; les inférieurs longitudinaux reçoivent les vaisseaux du membre pelvien. Les autres sont profonds, situés dans la^gaîne même des vaisseaux fémoraux dans l'entonnoir crural ; et il est à remarquer qu'entre le groupe superficiel et le groupe profond, les communications sont nombreuses.
Il n'est pas rare dans la coxalgie de voir ces ganglions tuméfiés se dessiner sous la peau et affecter la forme do tumeurs mamelonnées et pâteuses. Leur fonte purulente surtout est à redouter.
RÉGION IKGUINO-CRURALL. 9
Nous devrions maintenant, pour être complet, aborder, à l'exemple de M. Velpeau qui rattache cette étude à celle de la région inguino-crurale, nous devrions aborder, disons-nous, la description de la gaine des vaisseaux fémoraux et celle de l'entonnoir crural ; nous le ferions d'autant plus volontiers que le sujet comporte un intérêt pratique de premier ordre. A chaque pas, nous verrions des données anatomiques si habilement mises en relief par le maître que nous venons de citer, surgir les applications chirurgicales les plus ingénieuses ; mais il faut le dire, c'est presque exclusivement à l'histoire de l'étranglement herniaire que se rapportent ces enseignements; tandis que notre étude anatomique de la hanche est entreprise purement et simplement au point de vue des déductions pathologiques relatives à la coxalgie. Disons pourtant, avant de passer outre, que l'ouverture de la gaine des vaisseaux fémoraux, triangulaire, à bords fibreux mousses, à angles également fibreux et arrondis, interceptée par une couche celluleuse, donne passage de dehors en dedans à l'artère et à la veine fémorales, à de nombreux vaisseaux et ganglions lymphatiques.
Les parois de cette gaîne forment un canal triangulaire. C'est à travers les ouvertures vasculaires que présente la paroi antérieure, que les viscères hernies s'étranglent. Des deux autres parois, l'externe ne tardant pas à se confondre avec l'interne et l'antérieure, il s'ensuit que la gaîne prend bientôt la forme d'un canal aplati d'avant en arrière; mais dans la portion supérieure, cette gaîne est divisée par des cloisons fibreuses qu'isolent les organes contenus dans sa cavité. De là, trois loges : une externe artérielle, une moyenne veineuse, une interne contenant