‹ De La Coxistence Des Accidents Syphilitiques Du Type Secondaire Et Du Type TertiaireChapitre 18 sur 24 · PE ER · texte numérisé non relu

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lard est susceptible de présenter cette coexistence. Un rapide coup d'œil sur les observations EV, VE, XII, par exemple, nous convaincra du contraire.

Point n’est besoin non plus que la syphilis soit ancienne. On peut observer cette coexistence chez des malades ayant contracté la syphilis depuis quelques mois à peine (obs. IV, V, VI, XI), de même que chez des malades dont accident primitif remonte à dix, vingt ans et plus (obs. VIF, VIE, EX, XI, XI). :

Des conditions défectueuses de santé, de constitution native, de tempérament, peuvent aussi être incriminées. Ricord ne disait-il pas : «Il fait bon se bien porter quand on a la syphilis. » Toutefois, nous ne nous arrêterons pas sur cette dernière cause, car nous ne croyons pas qu'elle ait une grande valeur, étant donné que nous avons pu observer les lésions qui nous intéressent aussi bien sur des sujets paraissant jouir d'une bonne santé que sur les autres. Si nous l’avons signalée, c’est que, dans une de nos observations inédites (obs. VD, le malade était en mauvaise condition physique, surtout en ce qui concernait l'appareil respiratoire.

En eontinuant la revue de nos observations, nous voyons que nous pouvons faire une place à part à l’alcoolisme. En effet, le malade dont nous parlions plus haut présentait des signes certains d'éthylisme. Cette nocivité de l'alcoolisme est connue. Fournier en faisait le réalisateur fréquent des syphilis malignes précoces, le mettait à l’origine, bien souvent, de ces syphilis qu’il appelle « forme à jeu continu », « dans laquelle la maladie, toujours en action, ne cesse, pendant de longues années, de se traduire par des poussées multiples, poussées récidivant à satiété et simplement entrecoupées par de courtes accalmies ». 6 Le paludisme, lui aussi, pourrait être incriminé, et il l'avait été par Fournier. D'ailleurs, nous avons vu qu’un de nos malades avait eu des accès paludéens.

Nous pouvons citer aussi le groupe complexe des influences dépressives. Tout ce qui affaiblit l'organisme le met en état

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d’infériorité pour la lutte contre la maladie; les conditions

défectueuses d'hygiène, les privations, la malpropreté, la mi-:

-Sère, les maladies antérieures ou actuelles, les influences d’ordre moral, les surmenages (physique, intellectuel, véné-

rien).

Il est de toute évidénce que toutes ces causes, ou une partie d'elles, peuvent s'associer chez un individu, et il va de soi que cela ajoutera à la gravité de la maladie.

Nous venons de voir les influences d'ordre général. Il nous faut dire un mot maintenant des influences d'ordre local.

Parmi celles-ci, et pour le sujet qui nous intéresse, le prototype est le tabac, en raison de son action irritante sur la muqueuse buccale. Dans les observations que nous avons recueillies, il en est deux (obs. VIII et IX) où nous voyons la

- coexistence de plaques muqueuses secondaires et de placards

de leucoplasie. Pour toutes deux, il est signalé que les malades étaient grands fumeurs. Il semble donc que le tabac ait une influence sur le cours de la maladie. D'ailleurs, de vieille date, Ricord l’avait signalé.

Le traumatisme, lui aussi, peut servir d’origine à des explosions tertiaires lés plus diverses, et au moment où le malade présente des lésions secondaires. Témoin l'observation VII.

Nous en arrivons enfin à un facteur important, pour ne pas dire le plus important : à l’influence du traitement.

Parmi toutes lès observations que nous avons pu lire, parmi celles que nous rapportons, rares sont les malades qui ont été sérieurement traités. Les deux malades qu'il nous a été donné personnellement d'observer n’ont ni l’un ni l’autre suivi de traitement rigoureux. Or la syphilis n’est pas une maladie qui se traite par le mépris.

Mais si un traitement mal suivi est une raison suffisante pour amener des accidents tels que ceux que nous relatons, il nous faut bien dire aussi, puisque, parmi les cas que nous citons, 1l en est que nous sommes allé chercher assez loin dans le temps, que l’on peut parfois incriminer le médicament. Car, sans doute, ce tableau sombre, mais exact :l y a

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encore quelques années, lorsque l'arsenal thérapeutique se bornait au mercure et à l’iodure de potassium, s’est singulièrement éclairci et modifié depuis l'introduction des arsénobenzols dans le traitement de la syphilis et l’on pourrait presque dire qu'aujourd'hui, et grâce à la thérapeutique arsenicale, les cas tels que ceux que nous avons rapportés sont devenus la rareté même.

Nous devons toutefois à la vérité de dire qu'il semble que les traitements arsénobenzoliques aient, dans quelques cas, vieilli plus rapidement la syphilis et favorisé l'apparition précoce d'accidents à type tertiaire. Ce sont d’ailleurs ces accidents d’arséno-résistance qui nous ont permis de faire la transition entre la syphilis secondaire et la coexistence des syphilis secondaire et tertiaire.

La syphilis secondaire peut être considérée comme la période septicémique de la maladie, et la période tertiaire comme une reviviscence locale de tréponèmes s’accompagnant de phénomènes d’endartérite artériolaire. Est-ce que la coexistence des deux lésions ne pourrait pas être imputée à la perte de l’immunité générale, locale ou tissulaire? Le plus souvent la réaction de Bordet-Wassermann est négative au cours des syphilis malignes précoces, de même qu’au cours de certaines syphilis florides qui marchent rapidement. La syphilis semblerait agir, comme la tuberculose, par poussées septicémiques évoluant de temps en temps. La roséole de retour en est un exemple.

Avant de clore ce chapitre, il nous faut dire un mot d’une question qui peut se poser à propos de notre sujet et qui met en cause lunicité ou la dualité du virus syphilitique. Certes nous ne prendrons pas position dans ce grave débat. Nous nous contenterons de signaler cette hypothèse, en l’appuyant sur le cas de superinfection que l’on peut supposer chez notre malade de l’observation XII. On est en droit de se demander si ce malade, dont le tabes pourrait être dû à une syphilis à virus neurotrope, n'aurait pas pu être contagionné par la femme avec laquelle il vivait depuis deux ans, et qui était manifestement

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atteinte de syphilis récente (plaques muqueuses de la bouche), et cette fois par le virus dermotrope. Ces faits sont troublants. Mais nous ne pouvons que laisser à l’avenir le soin, peut-être, d’élucider cette question.

Nous voyons donc que si l’on a observé nettement, et sans qu'il soit possible d’en douter, la coexistence des syphilis secondaire et tertiaire chez le même malade, nous ne pouvons encore rien affirmer en ce qui concerne leur étiologie et leur pathogénie. Il est certain que l’on rencontre plus spécialement des cas semblables chez des sujets dont l'organisme est en moindre état"de résistance pour quelque raison que ce soit. Le traitement, surtout, est un facteur important, soit par son inexistence ou son irrégularité, soit par ses phénomènes d’arséno-résistance. Enfin, et ce pour notre observation XII, peut-être peut-on mettre en cause la question de l’unicité ou dé Ja dualité du virus spécifique.

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