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Au cours de nos recherches bibliographiques, l’observation de coexistence entre les accidents syphilitiques secondaires et tertiaires la plus éloignée à laquelle nous ayons pu remonter est celle de Foncart, publiée dans le n° 30 de la Gazette des hôpitaux de l’année 1845.
Nous en trouvons par la suite recueillies par Demarquay (Gazette des hôpitaux, 1857), Heyfelder (Oesterr. Zeistschrift für prakt. Heilkunde, 1858), Mandelbaum (Vierteljahrschift für Dermat. und. Syphil., 1872), Mauriac (Paris, Delahaye, 1873), Guibont (Union médicale, 1875), Krowcezynski (Vierteljahrschrift für Dermat. und Syphil., 1880).
Tous ces auteurs se contentent de signaler, sans commentaire, des cas de coexistence.
Finger, en 1882, dans la Wiener Medizinische Wochenschrift, est un peu plus explicite. Il signale la coïncidence des accidents secondaires et tertiaires de la syphilis. Il s'attache à montrer que la division de la marche de la maladie en trois périodes, telle que l'avait établie Ricord, n’a plus la rigueur mathématique que lui avaient attribuée la plupart des syphiligraphes. Et, à l’appui de cette affirmation, il cite :
1° Des cas de réinfection chez d’anciens syphilitiques encore atteints d'accidents tertiaires;
2° Des cas de syphilis maligne galopante où la période latente qui séparè habituellement les manifestations secondaires et tertiaires est supprimée, si bien que, dès la période secondaire,
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les malades sont atteints de syphilides tuberculo-ulcéreuses, lésions propres à la période tertiaire;
3° Les accidents tertiaires peuvent empiéter sur la période secondaire sans que, pour cela, la maladie doive être considérée comme maligne. Les accidents sont alors rapidement améliorés par le traitement;
4 Enfin des accidents tertiaires peuvent être suivis d’accidents secondaires : périostites douloureuses se manifestant au commencement de la période secondaire; syphilides psoriasiformes de la paume des mains et de la plante des pieds survenues en même temps qu'une gomme ulcérée de l’aile du nez chez un syphilitique de deux ans.
Finger nous montre donc la possibilité de coexistence d’accidents secondaires et tertiaires; selon lui, des manifestations secondaires peuvent même suivre des accidents tertiaires. Des observations plus récentes ont d’ailleurs démontré la parfaite justesse de cette assertion.
Finger nous fait comprendre la marche parfois si capricieuse de la syphilis. Remarquons, d'autre part, que cet auteur, parmi les caractères qu'il indique ailleurs comme base de la division de la syphilis en périodes, en néglige un complètement, et qui à bien son importance : c’est la distribution des lésions, leur généralisation et leur dissémination, attribut de la période secondaire, leur localisation en un ou plusieurs points limités, attribut de la période tertiaire.
Après lui, nous relevons les noms de certains auteurs qui ont publié des observations, mais eux aussi sans les commenter, se bornant à dire que cela venait battre en brèche les règles de la syphilis édictées par Ricord.
Nous trouvons : |
En 1901, une observation de MM. Gaucher et Lacapère, à propos d'une gomme rétro-oculaire dans la période secondaire de la syphilis.
En 1902, une observation de MM. Fournier et Crouzon, à propos d’arthropathies au cours d’une syphilis secondaire.
En 1903, une observation de MM. Emery et Druelle, à propos
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de laquelle ces auteurs-disent : « Fait intéressant à relever, ces lésions de modalité secondaire (plaques muqueuses) évoluaient concurremment à des accidents de type tertiaire nettement caractérisés : syphilides gommeuses du cuir chevelu chez un malade, gomme de la jambe et glossite scléreuse chez l’autre. » » Cela prouve bien que la division de la syphilis en plusieurs périodes, nécessitée par les besoins de son étude, est tout artificielle, puisqu'elle peut se présenter simultanément sous des types morbides appartenant à ses diverses phases. » En 1904, nous relevons une observation de M. Golesceano. En 1922, le Docteur Mestchersky, dans les Annales de dermatologie et de syphiligraphie, publie un cas de coexistence de plaques muqueuses et de paralysie générale. Cet auteur cite les observations de MM. Sérieux et Farnarier (Revue de médecine, 1900) où il s'agissait de syphilides papulo-squameuses disséminées développées dix ans après la contagion; de M. Sevrigny (Annales médico-psychologiques, 1900), qui avait constaté l'existence de papules multiples sur la muqueuse buccale survenues au bout de quatre ans après la contagion; dans l’observation de MM. Dufour et Brelet (Annales de dermatologie et de syphiligraphie, 1905), nous trouvons des syphilides papuleuses des avant-bras chez un paralytique général qui avait contracté la syphilis trois ans auparavant; dans le premier cas de M. Séglas (Normandie médicale, 1907), on voit des syphilides papuleuses survenues au bout de six ans après la contagion, tandis que, dans le deuxième cas du même auteur, ainsi que dans l'observation de MM. Gaucher et Babonneix (Annales des mala-
dies vénériennes, 1905), et dans le cas de MM. Spilmann et
Perrin (Revue médicale de l'Est, 1906), on constate des syphilides psoriasiformes palmaires développées à des termes différents depuis dix jusqu'à vingt ans après le commencement de la syphilis et occupant parmi les autres phénomènes morbides une place à part et hors du calendrier syphilitique, selon une juste expression de Fournier.
Enfin, en 1927, nous relevons une observation de MM. François-Dainville et Lançon, où une syphilis secondaire coïncide avec un tabes. ?
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Parmi les travaux d'ensemble qui, tout en n’ayant pas absolument trait à la question, nous ont cependant donné quelques indications, nous relevons ceux de MM. Grorichard (Thèse de Paris, 1899), Bousquet (Thèse de Montÿellier, 1905), Gibault (Thèse de Nancy, 1910), Francfort (Thèse de Nancy, 1921).