CHAPITRE VII
Chez les êtres si imparfaits à tous points de vue, eten particulier si insensibles aux voix de la conscience, qu'est appelée à recueillir une école professionnelle du genre de celles que nous étudions, la formation morale occupe, cela va sans dire, une place prépondérante, et son importance est telle que tout enseignement comme toute récréation, toute récompense comme toute punition doivent tendre à la servir et à en faciliter l’accomplissement.
Nous avons déjà, au cours de cette étude, signalé et préconisé, dans l'organisation des établissements de préservation, certaines méthodes, certaines façons d'agir susceplibles de produire de bons effets sur le caractère et la réformation des enfants. Tels le régime de la confiance réciproque à établir entre les éducateurs et les pupilles ; la nécessité pour le Directeur de se mêler étroitement à
l'existence de ces derniers ; la répartition du contingent
en groupes aussi restreints que possible ; l'influence salutaire de la vie à la campagne, etc. Il nous faut voir maintenant quels principes généraux dominent cette importante question et doivent guider une école de préservation dans la tâche éminemment difficile qu’elle se propose au premier chef : redonner à l’âme de l'enfant la notion exacte du bien et du mal avec le désir de faire l’un et d'éviter l’autre, ressusciter en lui l’idée du devoir, aiguiller son énergie sur la voie de l'honnêteté et du travail, et le replacer ainsi dans les conditions normales de la vie.
Ces principes directeurs sont, à notre sens, de deux sortes et répondent à des concepts tout différents : l’un est d'ordre physique, l’autre, d'ordre métaphysique.
Nous formulerons le premier de cette façon : dans les écoles professionnelles, une forte éducation physique est à la base de toute éducation morale.
Ne perdons pas de vue en effet que nous sommes en présence de jeunes dévoyés dont les tares morales sont corrélatives la plupart du temps à une déchéance physique, soit chez les antécédents, soit chez l'individu luimême. Chez les antécédents : folie, alcoolisme, syphilis, etc. ; chez l'individu, existence vagabonde, paresseuse et précaire (1) dégradant petit à petit l'organisme et fai-
(4) Celle-là trop souvent imputable au milieu dans lequel il a vécu ses premières années.
« La fatalité du milieu social, dit M. Garçon, n'apparait nulle part
avec plus de clarté que pour l'enfant délinquant. » (Discours inaugural du premier Congrès national de Droit pénal. Paris, 7 juin 1905.)
sant de l’enfant ce quelque chose à la fois de chétif et d’audacieux que l’on appelle traditionnellement le « pâle VOyou ).
Sans aller jusqu’à dire, avec certains criminalistes et pédagogues, que tous les petits indisciplinés sont, à de rares exceptions près, des malades auxquels convient essentiellement un traitement médical approprié (douches, électrothérapie, etc.), ilne nous semble pas exagéré d'affirmer que presque tous ont, de par leur naissance ou les conditions dans lesquelles ils ont vécu jusqu'alors, ces deux choses contraires, mais également préjudiciables : le système nerveux surexcité et l’ossature sans force ni résistance (1).
Il convient donc, à l’établissement où on les place, de réagir sur ce double point en leur donnant une éducation virile où tout concoure à la fois à fortifier leur organisme et à apaiser leur système nerveux. Et c’est pourquoi nous avons, dans un chapitre précédent, déclaré que si les travaux agricoles ne doivent pas être forcément considérés comme une fin, du moins est-il sage de les regarder comme un précieux moyen de régénération morale : et cela parce qu'ils sont les plus propres à régénérer d’abord l'être physique affaibli et déchu. Le milieu
dans lequel ils s’accomplissent, l'énergie qu'ils nécessi-
(4) La plupart ne sont-ils pas des enfants des villes, ayant grandi au hasard des rues, mal logés, mal nourris, mal vêtus, el constamment exposés, s'ils n'en ont déjà les germes, à toutes les manifestations de la tuberculose ?
tent, la peine qu'ils imposent, voilà autant d’éléments qui vont plonger le corps de l’enfant dans une fatigue nouvelle, bien éloignée de celle qu'il éprouvait autrefois à ne rien faire d’utile, et d'autant plus salutaire qu’elle aura, en même temps que préparé chez lui des forces précieuses, concentré et utilisé sainement les caprices de son humeur instable.
Il faut donc « fatiguer » le jeune indiscipliné, d’abord parce que son être physique a besoin de développement et d’aguerrissement, puis, parce que c'est le seul moyen, pour une action morale quelle qu'elle soit, d’avoir prise sur lui en l'empêchant de contrarier et d’annihiler son heureuse influence par l’abandon aux dangereuses pensées et aux mauvais instincts.
Naturellement, il faut en cela agir avec précaution et ne point prendre prétexte de cette nécessité pour imposer aux enfants un labeur au dessus de leurs forces, et tirer de leur travail un profit qu'il serait trop facile de présenter comme imposé par leur propre intérêt. Mais ce qui importe, c’est que leur journée une fois remplie et l’heure du repos venu, ils se sentent suffisamment las pour n’avoir plus en réserve d’activité à dépenser.
C’est précisément dans ce but qu’à côté même de la tâche quotidienne (celle-là d’ailleurs ne pouvant être dosée suivant chaque tempérament, constituera toujours une moyenne qu'il sera sage de ne pas dépasser), une grande place devra être réservée à l'Ecole de préservation,
aux exercices du corps proprement dits, et d'une façon
plus spéciale, à la gymnastique et aux exercices militaires.
L'utilité de ces derniers, — dont l’enseignement a été, dans le cas qui nous occupe, trop souvent regardé comme superflu et parfois même tant soit peu tourné en dérision (1) — ne se borne pas à la double influence physique et morale qui en recommande tout d’abord l’application. Elle se double encore de cette considération que l'engagement dans l’armée peut constituer, pour plusieurs des sujets de l'Ecole professionnelle, le débouché le plus naturellement indiqué au jour de leur sortie, parce que le plus favorable à leur relèvement définitif (2). Les
exemples ne manquent pas à cet égard.
(4) Parlant de l'établissement qui doit «ne pas être », M. Joly, dans son livre « Le Combhat contre le crime », s'exprime en ces lermes :
« . L'aspect est correct, il est militaire, il est mème élégant et fleuri. On y a cullivé de nouveau l'essai des bataillons scolaires. Non seulement il y a une musique (ce qui, dans une grande agglomération, est à la fois facile el nécessaire à établir et ce qui donne satisfaction à des aptitudes très dignes d'intérêt); mais il y a un déploiement de tambours et de clairons qui louche au ridicule. » Pourquoi, s’il n'y a là que l’utilisation de ces & aptitudes très dignes d'intérèl »,el ne vaul-il pas mieux, quand on le peut, employer toutes les bonnes volontés et susciter Tous les concours, fût-ce pour battre du tambour et jouer du clairon ?
(2) A 18 ans, en effet, le jeune homme qui sort de l’école de préservation où il a passé plusieurs années el qui est en bonne voie de guérison morale, risque, ense trouvant subitement libéré de la diseipline qui la contraint jusqu'alors, de n'être pas encore assez fortifié contre lui-mème pour persévérer dans le droit chemin sans une règle extérieure qui le préserve, el en dehors d’une collectivité qui le main-
Quant aux exercices de gymnastique proprement dits, ils aideront dans une large mesure à la formation de l'esprit de discipline et d'ordre lorsqu'ils consisteront en mouvements d'ensemble méthodiques et rythmés, et, quand ils se présenteront sous la forme de gymnastique aux appareils, ils contribueront à développer l'énergie, l'initiative etle sang-froid.
Aussi bien ne nous semble-t-il pas opportun d'introduireici la distinction que d’aucuns voudraient faire entre ces deux sortes de gymnastique : les exercices d’ensemble et les exercices aux appareils, accordant aux premiers une action bienfaisante (1), mais la refusant aux seconds, ou tout au moins la leur reconnaissant dans certains cas et
pas dans d'autres.
Quel serait donc le point de départ de cette distinction ?
tienne. En lui faisant contracter un engagemeut militaire, on évite de l'abandonner ainsi à sa propre faiblesse, on le replace dans un cadre où l’obéissance étant de rigueur et l'énergie toujours en éveil, il se trouve mürir l’enseignement reçu à l’école professionnelle ; et s’il ne se décide pas, plus tard, à orienter définitivement sa vie de ce côté, du moins les années qu’il aura passées sous les drapeaux auront-elles servi d’heureuse transition entre l'établissement de réforme et la vie professionnelle qu'il se choisira.
(1) Cett: action n’a pas toujours été envisagée de la même façon. Ainsi Blanchard, l’ancien directeur de Mettray, ne voyait dans les exercices de gymnastique dits d'ensemble que la préparation au service militaire.
Le spécialiste Lagrange a entrevu leur influence morale à côté de leur utilité hygiénique ; le docteur Marjolin a rapporté à ces exercices d'ensemble la soumission obtenue sans violence chez des natures rebelles, au reformatory d’'Elmira.
130 TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE Vil
Simplement ceci que les exercices d'ensemble étant basés sur le rythme et celui-ci entraînant par action reflexe la régularisation des actes intellectuels, c’est-à-dire favorisant en définitive l'esprit de discipline, il ne saurait y avoir que des avantages à en recommander et à en généraliser l'application ; tandis que les exercices aux appareils, bons tout au plus pour certaines natures sans énergie à cause même des efforts et de l’audace qu'ils exigent, seraient contre-indiqués d’une façon absolue pour les caractères vaniteux et dominateurs, à raison sans doute des dangers auxquels ils exposent et du « brio » qui en font admirer la difficulté.
Il nous semble qu'il y a, dans cette manière de voir, un souci exagéré de l'influence des actes extérieurs sur le caractère et une tendance fàcheuse à perdre de vue les grands principes directeurs de l'éducation, pour subdiviser les questions à plaisir (1) et s'attacher à des détails dont la solution risque d’être d'autant moins exacte qu'ils deviennent presque particuliers à tel ou tel enfant.
Oui, le rythme et la méthode dans les exercices phy-
siques entraînent la méthode et Le rythme dans les actes
(1) N'est-ce pas le même esprit d'analyse poussée à l'excès que nous retrouvons dans les classifications de plus en plus nombreuses introduites dans la catégorie des enfants dits « anormaux intellectuels » : instables, indiscif linés, arriérés-pédagogiques. classifications qui sont peut être théoriquement exactes, mais qui, dans la pratique, abou tissent à la confusion et compliquent les difficultés d’un problème pourtant déjà assez ardu par lui-même ?
intellectuels (1), et en cette qualité les exercices dits d'ensemble sont excellents; mais d’un autre côté, est-il bien sérieux de prétendre que parce que les exercices aux appareils sont plus violents (encore qu'ils ne soient pas dépourvus de rythme) et moins impersonnels, — si nous pouvons nous exprimer ainsi — que les autres, ils vont avoir une influence pernicieuse sur beaucoup d’esprits, en développant chez eux le sentiment de l’orgueil et
l’amour de la domination ?
Nous ne le pensons pas, et nous estimons que, puisqu'il s agit ici d'une éducation collective, — encore qu’il faille tenir compte dans toute la mesure du possible des cas particuliers — la gymnastique aux appareils offre, pour les raisons que nous avons indiquées, assez d'avantages
hygiéniques et moraux (2) pour qu’on la conserve à côté
(4) C’est cetle même considération qui doit faire admettre au nombre des exercices récréatifs d'une école de réforme, la musique et surtout le chant. Ce dernier a été particulièrement employécomme moyen d'éducation à la colonie protestante de Sainte-Foy (Dordogne) où l’on exécute des cantiques, des chants populaires et patriotiques sous la direction d'un professeur spécial qui vient donner des leçons une fois par semaine.
« Nous avons fait l'expérience de cette vérité formulée par Luther, disaient les maîtres de cet établissement au Congrès pénitentiaire international de 1895, que le chant chasse le diable. Il peut en effet purifier le cœur en faisaut oublier les légères et trop souvent obscènes chansons apprises dans la rue ; il calme et rassérène l’imagination. »
(2) À ceux-ci il faut encore ajouter que la gymnastique aux appareils se présentera à l'enfant sous l'aspect d’une récréation, qu'il s’y livrera ainsi avec d'autant plus de plaisir et qu’il en retirera un béné-
des exercices d'ensemble, et qu’on ne sacrifie pas son utilité à des scrupules excessifs dont il serait, au sur-
plus, bien malaisé de constater plus tard la justifica-
tion (1).
Mais si une forte et virile éducation physique constitue, ainsi que nous venons de le voir, l’une des bases de la réforme morale chez les enfants difficiles, il est indispensable d’agir parallèlement sur leur esprit par la parole et par l'exemple, et de faire pénétrer dans leur âme les principes directeurs d’une vie honnête et laborieuse.
Cette tâche revient essentiellement à tous ceux qui, dans l'Ecole et à un titre quelconque, se trouvent en contact avec l'enfant: d’abord au chef de l’établissement (2), puis aux chefs de famille si celui-ci est orga-
nisé sur le système familial, aux chefs de chantier et aux
fice d’autaut plus grand. La gymnastique pratiquée exclusivement sous forme d'exercices d'ensemble aurait le tort, si en soi elle est excellente au double point de vue physique et moral, de devenir vite monotone et fastidieuse, et partant, courrait le risque, étant faite comme une corvée, de ne plus produire aucun bienfait.
(4) Ne serait-il pas en effet assez osé de dire, en présence d'un homme à l'esprit orgueilleux et dominateur ayant passé plusieurs années de son enfance dans une école de préservation, que si la gymnastique aux appareils lui avait alors été interdite, il füt devenu par la suite moins vanileux et plus soumis ?
(2) Le rôle éducatif de celui-ci est essentiel, De là l'importance que prend sa personnalité et, nous l’avons vu, la nécessité pour lui de participer étroitement à la vie de ses pupilles.
surveillants pendant les heures de travail, aux instituteurs (1), à l’aumônier ou au ministre du culte s’il en
est d’attachés à la maison, etc. (2).
Aucun de ces éducateurs, préposés à la noble fonction de corriger et de redresser, non par une sévérité inflexible, mais par une affectueuse sollicitude et une discipline à
la fois ferme et paternelle, ne devra laisser échapper une
(1) Par cette influence sur l'enfant de tous ceux qui l’approchent à l'Ecole professionnelle, on jugera de quelle importance est, pour un établissement de ce genre, la question du personnel. Nous verrons plus loin que malheureusement celle ci ne laisse pas d'être difficile et inquiétante.
(2) En dehors de ces personnes appelées de par leurs fonctions à vivre au milieu des enfants et devant comme telles avoir une grande influence sur eux. les étrangers qui s'intéressent à l'enfance difficile ou coupable et désirent lui prodiguer des conseils devront être admis dans la plus large mesure possible à visiter les petits indisciplinés. Cette éventualité est prévue par le projet de règlement d’administration publique qui décide que « les dames visiteuses et les membres des associations de patronage autorisées seront admis à visiter les enfants dans les conditions du règlement intérieur » (art. 17).
D’aucuns voudraient voir, dans ces visites et l'opportunité de cette influence extérieure, un motif de créer des établissements à proximité d'un centre, où habitent des bienfaiteurs.
« Plusieurs d’entre eux — lisons-nous dans l'Enfant (n° du 20 janvier 1905) sur l’œuvre des enfants abandonnés ou délaissés de la Gironde — et particulièrement des dames, s'occupent des enfants, les suivent, les gâtent. leur témoignent un intérêt qui compense un peu les joies de la famille dont ils sont privés. »
Sans doute ce sont là choses excellentes ; mais, comme nous l'avons dit antérieurement, quels que soient les avantages de situer un établissement de préservation à proximité d’un centre, il y aura toujours ce grave danger qui, à notre sens, doit interdire de tels projets:
l’attraction,
occasion de faire naître ou de favoriser chez le jeune indiscipliné de vertueux sentiments et des actes généreux. Au travail, à la récréation, pendant les repas, en promenade, à tous les instants, en un mot, de la vie à l’école, la même pensée devra guider dans leurs paroles et leurs actes chacune des personnes que nous avons citées : étudier l'enfant, arriver à bien le connaître, et le traiter de la façon que semblera le plus indiquer pour son relèvement la révélation de son caractère et de ses habitudes.
Seulement, si dans le détail de ses applications envisagées comme nous venons de le faire, l'enseignement de la morale ne donne lieu à aucune difficulté et ne soulève aucune discussion, il n’en va pas de même de la question considérée dans son ensemble, et le point qui divise ici les pédagogues est le suivant : |
Sur quelle base appuyer un tel enseignement? Faut-il rattacher la morale à une conception métaphysique ? Ou bien ne doit-on la présenter que comme une branche « de l'hygiène » en ce qui concerne la morale individuelle, « de la sociologie » en ce qui touche la morale sociale ?
Nous n’hésitons pas à proclamer, avec tous ceux qu'a instruits l'expérience et qui ne se sont pas contentés de faire de l'éducation théorique et d’épiloguer sur des systèmes préconçus, que pour porter véritablement ses fruits et ne point courir le risque d’être traité par les pu-
pilles soit comme une plaisanterie qui fait hausser les
épaules, soit comme une corvée dont on se débarrassera le plus tôt possible, l’enseignement de la morale ne doit pas s'échafauder sur un terrain aussi fuyant que celui de l'hygiène et de la sociologie, mais bien reposer sur des principes supérieurs intimement liés à l’idée de sanction, en un mot s'appuyer sur l’idée religieuse (1).
Supprimer cette dernière et vouloir faire œuvre de re-
(1) Au cinquantenaire de la colonie protestante de Sainte-Foy (21 janvier 1894), le président, M H. Monod, n’hésitait pas à dire que les bons résultats obtenus depuis la fondation étaient dus aux méthodes employées, au premier rang desquelles il plaçait l’idée religieuse et une affectueuse sollicitude de tous les instants.
À la séance de la Société générale des prisons du 25 avril 4900, M. G. Picot s'exprimait encore en ces termes :
« Les échecs (de certaines maisons) tiennent à deux causes principales, l’une matérielle, l’autre toute morale. La cause matérielle est le nombre excessif d'enfants vivant en commun, sans division.L’autre cause vient de ce que l’idée de correction est adéquate à l’idée de morale, que l’idée de morale ne peut pas se passer de sanction, que l’une et l’autre exigent l'éducation et l'instruction religieuse... [1 est tout à fait chimérique de vouloir réformer l’enfant si on ne lui parle jamais d’une loi supérieure devant laquelle il doit s’incliner.. IT y a là un principe absolu qui s'impose à l'éducation normale de l'enfant dans la famille, de l'enfant qui n’a jamais vu que de bons exemples devant lui, qui est tout naturellement porté à marcher dans la voie du bien ; vous pensez à quel degré il est plus indispensable encore quand il faut réagir contre des dispositions vicieuses. »
Enfin, parmi les vœux du Comité de Défense relatifs à l’organisation des Ecoles de préservation, nous trouvons celui-ci :
« L'Ecole de préservation s'attachera avant tout à l'éducation morale de l'enfant. Parmi les moyens de le réformer, elle comptera l’enseignement religieux. » ;
Le projet de règlement d'administration publique est naturellement muet sur ce point.
lèvement par la seule évocation du Bien et du Mal envisagés en soi et par la notion abstraite du Devoir présenté comme une nécessité hygiénique ou sociale, c'est se heurter à une impossibilité etcourir à un échec certain.
« Conduis-toi honnêtement, dira-ton à l’enfant, parce que tu en as le devoir vis-à-vis de toi-même et vis-à vis de tes semblables. — Mais, répliquera-t-il, qu'est-ce que ce devoir dont on me parle toujours sans jamais me dire qui me l'a imposé ? Et si je l’accomplis, en me faisant violence, quel plus grand bien en résultera-t-il pour moi que si je le méconnais et si j’agis selon ma fantaisie ? »
Et l’enseignement de cette morale libérée de toute conception métaphysique tombera à faux, parce que d’une part il ne découlera pas d’une autorité supérieure et éternelle, et que, de l’autre, il n’aura pas en vue une fin à poursuivre pour l’âme, qu'il s’obstine à méconnaître.
Aussi bien, les partisans d’un tel système en sont-ils réduits, pour lui donner une apparence de sérieux et lui trouver un domaine d'application, à préconiser des procédés aussi étranges qu'aléatoires.
« La conscience, disent-ils, est un fait d’enseignement » (1). La morale est une science qui s’apprend, tout comme s’apprennent les autres sciences, mathématique, physique, biologique, etc. ; pas plus que ces der-
nières elle ne peut être sans avoir été apprise. $e ratta-
(4) Dr Thulié, Assistance et traitement de l'enfance coupable, Revue philanthropique 1906, p. 7.
chant à l'hygiène quant à la morale individuelle et à la sociologie quant à la morale sociale, elle comporte essentiellement certains principes généraux, indépendants de tout système philosophique, de toute idée religieuse (1). Ce sont ces principes qui formeront la base de la conscience.
Mais comment les inculquer à l'enfant? D'une façon très simple : de la même manière qu’on lui a appris à se laver les mains ou à se moucher, c’est-à-dire par l’habitude. On condensera toute la morale en une cinquantaine de formules « courtes, précises, pénétrantes (?) », et ces formules, on les lui répétera sans cesse, on les lui fera apprendre, on les mettra constamment sous ses yeux, on l’en saturera jusqu’à ce qu'elles deviennent pour lui des pensées familières : car Q il n’y a que la répétition obligato re et journalière des mêmes maximes qui les fixera à l'état d'habitudes et formera la conscience. »
Le résultat sera qu’un beau jour, l'enfant, sans même s’en apercevoir, fera tout naturellement ce qu'il est de
son devoir de faire, et que, grâce à cette conscience arti-
(1) « De mème qu'il y a, en dehors de toute religion et de tout système philosophique, pour Pindividu lui-même des préceptes d'hygiène qui sont la garantie de sa santé physique et intellectuelle, de même ily a des préceples généraux de morale, indépendants d'au cune doctrine systématique, qui sont les assises mêmes de l’existence sociale. » (Dr Thulié, loc. cit.).
Assimiler la morale à l'hygiène pour en déduire que, celle-ci ne se rattachant pas à la philosophie ou à la religion, la première en est également indépendante. voilà qui n’est pas dépourvu de quelque hardiesse.
ficiellement établie, « au moindre doute, les principes moraux reparaîtront dans toute leur clarté suggestive, et leur formule surgira nette, précise, impérieuse, et par cela même assez puissante pour déterminer l’acte dans la direction que la morale commande. »
Il est permis de douter que les cinquante maximes apprises de force portent de tels fruits. « Ce ne serait pas de l’éducation, a dit avec raison M. Puybaraud, ce serait de l’apprivoisement. » Nous allons plus loin : ce serait de l’abrutissement.
En ne faisant appel à aucun sentiment, en supprimant toute élévation de l'esprit et toute conception d’idéal, on ravale l’individu au rang de la bête ; en ne lui reconnaissant la faculté d’agir que comme un automate et en prétendant l’éduquer comme tel, on va à l'encontre même du résultat que l’on se propose : car les principes que l’on croit lui enseigner par habitude, en raison même de cette saturation mécanique et fastidieuse, lui apparaissent vite dénués de toute signification et de toute portée; et, «au moindre doute», ce ne sont pas eux qui se manifestent dans une impulsion irrésistible vers le bien, mais plutôt les mauvais penchants dont en réalité aucune action bienfaisante n'aura atténué la force ni éloigné
l'attrait.
De quelle façon sanctionner maintenant la conduite
de l’enfant? Quelles récompenses accorder à ce dernier si elle est méritoire, quelles punitions lui infliger si elle est blämable? À qui enfin accorder le droit de distribuer les unes et les autres, et sous quelle forme exercer ce droit pour qu'il soit entouré de toutes les garanties et produise les effets les plus salutaires ?
Quant aux récompenses, il en est d’abord un certain nombre qui sont d'ordre courant et au sujet desquelles il ne peut guère s'élever de difficultés : tels les éloges, les bons points, l'inscription au tableau d'honneur, les gratifications en nature (1). Ce sont celles qu’adoptent tous les établissements.
Plus discutée est la récompense qui consiste dans l’attribution de grades. Ceux qui, dans l’organisation d’une Ecole de réforme repoussent tout emprunt à la vie mili-
taire, rejettentnaturellement le principe d’une semblable
(1) Quant aux gratifications en argent proprement dites, il est pré férable. croyons-nous. de sen abstenir. D'ailleurs les bons points peuvent avoir une valeur pécuniaire qui permet à l'élève, lorsqu'ils ont atteint un certain nombre, soit d'oblenir en échange un objet util-, soit d’en faire meitre le montant de côté pour grossir son pécule au jour de la sortie.
Quant à celui-ci proprement dit, on sait qu'il consiste dans la somine des rémunérations accordées à l'enfant pour les travaux qu'il accomplit. Ces rémunérations varient naturellement avec l’âge et la tâche effectuée. Cetargent quin’est pas remis aussitôt, cela va sans dire. à la disposition de celui qui l’a gagné — finit, en s’accumulant, par constituer une somme plus ou moins rondelette dont il bénéficiera au jour de sa sortie de l'établissement. Le projet de règlement d'administration publique édicte que le montant du pécule sera versé chaq ie aunée dans la caisse du trésorier-payeur général (art. 24).
hiérarchie. D'ailleurs, ajoutent-ils, il n’est pas bon que certains enfants se voient, sous prétexte d’une conduite sans reproche, investis d’une autorité quelconque sur leurs camarades ; car celle-ci serait pernicieuse, et pour eux, et pour lui-même. Pour eux, parce qu'ils seront portés à le jalouser, à le flatter ou à le haïr, et que cette différence de rang ne leur inspirera que de mauvais sentiments : pour lui-même, parce qu'il tirera vanité de la distinction qu'on lui confère, et qu'au lieu de se considérer comme « le frère » des autres enfants, il se regardera forcément comme quelqu'un de supérieur à eux destiné à les faire obéir.
Nous ne pensons pas que l'attribution de quelques grades aux sujets les plus méritants puisse avoir des résultats aussi désastreux. D'ailleurs, l'expérience a prouvé que les critiques dont nous venons de parler étaient inspirées par un péril plus chimérique que réel (1), et nous avons constaté pour notre part que la parcelle d'autorité conférée aux enfants titulaires d’un grade n'était nullement une cause de mésintelligence ou un encouragement à l’orgueil. D’un côté en effet, le gradé sait très bien qu'il ne peut abuser de son grade et que la vie lui serait pénible s’il tirait prétexte de celui-ci pour être arrogant et dur envers ses camarades ; au fond, le sentiment que
fait naître en lui la distinction dont on l'honore n’est
(4) Beaucoup d'établissements ont adopté l'attribution de grades au nombre de leurs récompenses, et n’ont jamais constaté que ce procédé offrit les inconvénients signalés par ses adversaires.
pas un sentiment de vanité, mais plutôt celui d’une responsabilité nouvelle motivée par la confiance qu'il a su s’attirer.
D'autre part, les enfants soumis à son autorité, par là-même que cette dernière sera restreinte (1) et qu’elle s’exercera sans établir de barrière entre eux et lui, ne cesseront pas de considérer leur « gradé » comme un camarade, un camarade plus méritant qu'eux, sans doute, mais ne disposant pourtant pas d’une influence assez grande pour qu’ils le jalousent ou cherchent bassement
à obtenir ses faveurs (2).
Quant aux punitions, il sera sage de poser comme principe de les éviter le plus possible et de n’y avoir recours qu'avec une grande modération. C’est encore là une conséquence du régime de la confiance tel que nous l’avons préconisé dans un chapitre précédent ; car si au lieu de suspecter a priori la bonne foi de l'enfant, — ce qui le
rebutera forcément dans ses bonnes intentions, s’il lui
(1) On ne peut en effet songer, dans ces sortes d'établissements, à conférer au grade que des pouvoirs très limilés.
(2) Signalons enfin la plus haute récompense dont pourra bénéficier un pupille de l’Assistance publique: celle d'un nouveau placement familial (art.27 du projet de règlement). Rien de mieux,a-t-on dit non sans malice, si le Préfet (à qui ils seront signalés) se base uniquement sur l’amendement, non sur l’économie pour le département.
en reste, et nécessitera vite des mesures répressives à son égard, — on lui montre qu’on le considère, non comme un être malfaisant dont il convient de se défier, mais comme un ami qu'il faut aider et fortifier, les bons avis et les sages indications pour éviter le mal, — mesures préventives. celles-là, — auront des chances de tomber sur un terrain beaucoup moins réfractaire (1) et permettront d'éviter l'emploi par trop fréquent des punitions.
Toutefois, s’il faut en principe sévir le moins possible et pour cela, tout mettre en œuvre pour gagner le cœur et la confiance de l'enfant, nous ne nous dissimulons pas que bien souvent encore il sera nécessaire d’en arriver à cette extrémité. L'essentiel sera alors de le faire avec prudence, sans excès de sévérité comme aussi sans faiblesse, et d'employer des peines qui, s'adressant à l'être moral, ne soient surtout pas en même temps des châtiments corporels.
Donc, en premier lieu, ne jamais frapper l'enfant. Il y a dans cette façon d'agir — d’ailleurs parfaitement inutile, voire nuisible au point de vue éducatif — quelque chose de barbare et de lâche qui en a fait supprimer l’emploi dans tous les établissements ayant conscience de leur mission.
Puis, ne pas infliger comme punition une privation de
nourriture. La « mise au pain sec » peut convenir à des
(1) est d’ailleurs à noter que les punitions infligées aux enfants sont en raison directe des défenses comminatoires qu'on leur adresse.
enfants qui, au milieu d’une existence facile, ont une activité physique peu développée ; elle est contraire à ceux dont le corps dépense beaucoup et dont Les forces, constamment sollicitées, ont besoin d’être réparées en conséquence. Il faut, avons-nousdit, «fatiguer» le jeune indiscipliné : son développement moral l'exige. Il serait illogique et inhumain de sanctionner ensuite sa conduite et son travail en le menaçant d’une privation qui l’'empêcherait de réparer cette fatigue (1).
C’est pour la même raison que l’on ne doit admettre qu'avec une grande prudence toute peine qui a pour but de rendre le repos de l'enfant moins confortable : tels les « jours de planche »,où celui-ci, privé de son matelas, de ses draps et de sa couverture, est condamné à reposer sur la planche nue. Un emploi trop fréquent de cette punition pourrait être préjudiciable à sa santé.
Quant à l'isolement en cellule, réservé par la plupart des établissements pour les fautes les plus graves, nous le répudions complètement. Si la cellule en effet est déjà contraire à l’adulte, elle est essentiellement nuisible à l'enfant, qu’elle déprime au point de vue physique et moral.
Restent donc, dans l’échelle des peines aisément ap-
plicables (2) : la réprimande, particulière ou publique,
(1) Le projet de règlement d'administration publique interdit les châtiments corporels et les privations de nourriture (art. 23).
(2) On rencontre dans certains établissements des punitions d'un genre spécial et quelquefois même assez bizarre : telle la colonie de
les mauvaises notes, les privations de récréation et de promenade, la suppression de grade dans les établissements qui admettent une certaine hiérarchie entre les enfants, le peloton de punition, l’amende, recouvrée sur le salaire et diminuant d’autant le pécule ; et enfin, comme sanction suprême, — celle-là grosse de conséquences, — le renvoi à l'Administration tutrice à fin de transfert dans un établissement pénitentiaire.
Mais si tels sont les châtiments et les récompenses les plus favorables à la formation morale du jeune indiscipliné, une question essentielle se pose quant au droit d’infliger les uns et de décerner les autres : à qui attribuer ce pouvoir, d’une pratique éminemment délicate, et comment, pour celui ou ceux qui en seront investis, l'exercer d’une façon efficace et fructueuse ?
Tout d’abord une réponse ne fait point de doute; c’est au Directeur, et au Directeur seul qu’il appartient de récompenser et de punir (1). Ni les surveillants, ni les chefs Flak-Kebjerg (Danemark) où si, par exemple, l'enfant est tellement emporté qu'il commet sans motif des actes de violence brutale contre ses camarades, on le condamne à passer ses jours de vacances au lit, tout comume s’il était malade.
A la colonie de Studzieniec (Russie), on prive encore de la bibliothèque et du droit de cultiver son jardin.
Certaines maisons pratiquent, aussi le « costuine de pénitence ».
(1) Excepté toutefois pour la peine la plus grave, celle du renvoi à l'Adininistration, où le Directeur ne fait que signaler au Préfet les actes d’immoralité, de violence ou de cruauté qui à son avis donnent lieu à une semblable mesure. Le Préfet saisit le Tribunal civil pour oblenir la remise à l'Administration pénitentiaire.
Mais, comme on l’a fait remarquer très justement, il ressort du
de chantier, ni les instituteurs, ni, à plus forte raison, les enfants pourvus d’un grade, ne doivent être admis à user, de leur propre autorité ou même par délégation, des moyens de sanction en vigueur à l'établissement. Leur reconnaître un semblable droit, ce serait ouvrir la porte aux abus les plus divers et s’exposer à avoir une discipline instable, faites de perpétuelles contradictions. Le concentrer, au contraire, entre les mains d’un seul, — celui à qui incombe au premier chef la tâche du relèvement, et qui, comme tel, ne doit voir son action moralisatrice entravée par aucun, mais secondée seulement par tous, — c’est donner à la récompense et au châtiment la force et l'unité qui leur sont nécessaires pour faire sortir son plein effet au système éducatif employé.
Le Directeur seul récompensera donc, comme lui seul punira. Mais il va sans dire que si les personnes dont nous avons parlé plus haut, — surveillants, chefs de travail, instituteurs, gradés, — ne peuvent, de leur propre
autorité, punir ou récompenser, c’est sur leur proposition
titre V art. 26 du projet de règlement d’administration publique et du commentaire qu'en a fait M. Mirman, que les enfants ne pourront être remis à l'Administration pénitentiaire qu'après avoir passé par une École de préservation où on les aura reconnus inamendables ; or, cela ne sera pas sans nuire au bon ordre et au bon renom des Écoles.
Puis, pour que le Directeur obtienne un semblable transfert, il faut que les méfaits de l'enfant aient lieu « de façon habituelle ». Alors de deux choses l’une : ou on va le laisser, jusqu'à ce que ses méfaits soient devenus « habituels », en contact avec les autres, et il va les contaminer ; ou on sera obligé de le mettre en cellule, ce qui est éminemment contraire au caractère non répressif de l’établissement.
que le plus souvent les récompenses seront accordées et les punitions infligées. La communauté de vie qu’elles mènent avec les enfants, les ordres qu’elles ont à leur donner, les travaux qu’elles surveillent et dont elles sont les juges, les désignent tout naturellement pour proposer tel ou tel sujet à la faveur ou au blâme du Directeur. Seulement, là s'arrête leur droit. La décision doit être une et venir d’en haut.
Comment se manifestera maintenant cette décision à l'intéressé ?
Dans la plupart des établissements, il y a une réunion quotidienne du personnel où celui-ci fait part au Directeur des faits qui ont pu motiver chez les enfants une récompense ou un châtiment. Ceux qui se sont ainsi, dans un sens ou dans l’autre, signalés à l'attention de leurs supérieurs, sont ensuite convoqués chez le Directeur, qui les félicite ou les blâme suivant le cas, et après les avoir entendus individuellement leur accorde la récompense ou leur inflige la punition qu'il estime nécessaire.
À ce système, qui n'est pas sans mérites, nous préférons cependant celui que nous avons vu en vigueur dans les établissements de MM. Bonjean.
Il consiste essentiellement dans la cérémonie quotidienne du « rapport ». Ici, ce n’est plus, comme dans le cas précédent, une réunion partielle de l'effectif de l’école, se composant uniquement du Directeur, des surveillants et des maîtres ; c’est toute l’école, — éducateurs et
élèves, — rassemblée à la fin de la journée autour de son
chef pour lui en rendre compte et recevoir de lui ses ordres et ses conseils. Voilà le moment propice pour signaler à son attention les actes qui méritent une récompense comme ceux qui appellent une réprimande. Voilà le véritable milieu où doit apparaître la sanction, si l’on veut qu'elle produise des effets durables en se manifestant aux yeux de tous! Sans doute, cela n’empêchera point qu'ensuite le Directeur prenne à part tel ou tel sujet afin de mieux faire pénétrer en lui, dans le tête-à-tête d’une conversation privée, ce qu'il lui aura déjà dit publiquement; mais en constituant, par le « rapport », tous les élèves comme tous les maîtres de l'établissement, juges en quelque sorte de la conduite de chaque enfant, on entoure l'éducation générale des garanties les plus sérieuses d’impartialité, en même temps que cette publicité des remontrances et des approbations leur donne un poids qu’elles n'auraient pas, formulées dans le huis clos dont nous avons parlé (1).
C’est également au rapport que l’on fait part de toutes les décisions intéressant la vie de l’école, emploi du temps de la semaine, répartition du contingent entre les diffé-
rentes sortes de travaux, annonces de fêtes (2), etc., etc.
(1) Naturellement, avant de porter une punition, le Directeur doit écouter l’enfant dans ses observations et ses excuses.
(2) Les fêtes (conférences, représentations théâtrales, auditions musicales, etc.), doivent entrer en ligne de compte dans la vie à l'École professionnelle. Sagement composées, bien préparées, elles se présenteront comme une récompense exceptionnelle et générale en
On y distribue les lettres, et l’on y reçoit celles que les enfants sont autorisés à envoyer (1). En un mot, c’est le
« résumé » indispensable de la journée.
même temps que comme un encouragement. Elles délasseront le corps, et réjouiront l’esprit sans l’abaisser. (1) Généralement, ils ont la permission d'écrire une fois par mois.