‹ De la crèation de la terre et des corps cèlestes, ou Examen de cette question l'œuvre de la crèation estelle aussi complète pour l'univers qu'elle parait l'ètre pour la terre?Chapitre 11 sur 15 · VI. Des aérolitkes · texte numérisé non relu

VI. Des aérolitkes

Les molécules de la matière nébuleuse dans un état de condensation plus avancé que celui qui produit les étoiles filantes donnent lieu à des apparitions tout aussi éclatantes, suivies parfois de la chute de corps, plus ou moins considérables et plus ou moins denses. Ces corps ou les aérolilhes sont ordinairement amenés sur la terre par des météores ignés de l’espèce de ceux qui ont été appelés bolides ou globes de feu. La plupart de ces corps graves qui tombent sur notre planète après une conflagration plus ou moins vive sont composés dos mêmes principes chimiques, à peu près combinés dans les mêmes proportions. Les corps simples que l’on rencontre dans les aérolilhes sont les mêmes que ceux qui composent les matériaux terrestres ; toute la différence qu’il y a entre les composés que les uns et les autres forment tient à la diversité de proportion de leurs éléments.

La silice, le fer, la magnésie, le soufre, le nickel, le manganèse et le chrome sont des éléments essen-

tiels de ces corps. L’aérolithe d’Alais (Gard) est le seul qui contienne de plus une certaine quantité de carbone. A la vérité, il se pourrait que les autres eussent perdu cette substance, par suite de la chaleur qu’ils ont éprouvée en traversant l’atmosphère. Cette chaleur est certainement plus (jue sullisante pour enflammer non-seulement des principes volatils, mais encore des corps combustibles , tels que le charbon.

Le fer et le nickel des aérolithes s’y trouvent à l’état métallique, circonstance que ne présentent jamais ces métaux qui font partie des couches terrestres. Cette diversité dans l’état de ces substances métalliques prouve, ainsi que leurs retours périodiques, que les aérolithes ne se forment pas dans notre atmosphère , mais bien au del.î de ses limites. Enfin, ce qui démontre leur origine extra-tellurique, c’est que les météorites ne se trouvent nulle part à la surface du globe; du moins tous les aérolithes que l’on y connaît sont tombés des airs, et proviennent d’ailleurs.

L’hypothèse de la formation de ces astéroïdes dans notre atmosphère, quoique la plus simple et la plus naturelle, est cependant la plus invraisemblable et la moins fondée. En effet, pour que ces corps, qui tombent sur la terre à l'état .solide, pussent se former par agrégation au milieu de l’air atmosphérique, il faudrait que leurs éléments y fussent contenus. Si l’eau et la grêle s’y produisent, c’est qu’il y a toujours

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des vapeurs aqueuses et que le froid suffit pour les condenser.

L’analyse la plus exacte ne découvre dans l’atmosphère aucun des principes constituants des pierres météoriques, et lorsque les substances métalliques s’y trauveraient, les éléments de l’air ne sauraient les dissoudre. Si des gaz capables d’opérer cette dissolution se rencontraient dans les hautes régions de l’air, d’après les lois que suivent les matières gazeuses, on en verrait nécessairement quelques traces à la surface de la terre; comme il n’en existe pas, il est naturel d’en conclure que des gaz jouissant de pareilles propriétés ne s’y montrent point.

Lors même que l’on y en découvrirait, il faudrait toujours expliquer comment des éléments extrêmement disséminés pourraient produire des précipitations subites de pierres pesant plusieurs quintaux, telles que celles d’Ensisheim eu Alsace; comment ils seraient capables d'opérer la formation de trois à quatre mille pierres , de grosseurs diverses lancées par des météores brillants comme ceux qui ont accompagné les aérolilhes de l’Aigle.

Si ces corps se formaient dans l’atmosphère comme la pluie et la grêle, ils obéiraient, comme elles, à l’action de la pesanteur, et tomberaient sur le globe en ligne droite ou du moins , sans autre déviation que celle que leur imprimeraient les courants atmosphé-

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