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APPRÉCIATION DE LA QUALITÉ DE L'EAU

36. Le meilleur guide est ici l'expérience. Il est facile d'arroser comme essai quelques mètres carrés et d'observer les parties inondées de la prairie, et cette épreuve doit, en règle générale, être faite avant de procéder à de plus grands travaux.

Les conséquences que l'on pourrait tirer de la coloration du limon seraient souvent fort trompeuses, la présence de sels de fer en grande quantité se reconnaissant seule, comme par exemple les carbonates de fer et de manganèse, par les couleurs irisées qui se produisent à la surface des rigoles ayant peu d'écoulement, et qui dénoncent la présence de principes nuisibles aux bonnes herbes. Quant au limon jaune d'ocre qui nage au fond des mêmes rigoles il est moins fâcheux, étant un oxyde de fer hydraté insoluble dans l'eau.

L'action de l'oxygène de l'air transforme les sels solubles de protoxyde de fer en sels de peroxyde de fer insolubles : aussi l'agitation de l'eau en passant sur des digues, des cailloux ou des branchages, son échauffement dans des étangs ou de grands canaux, l'améliorent-ils sensiblement. De la chaux vive provoque sur le fer contenu dans l'eau un précipité insoluble ; des animaux morts ou des substances organiques que l'on enferme dans des caisses à claire-voie sur le parcours de l'eau, contribuent encore directement et indirectement à son amélioration.

37. Un autre moyen de juger de la qualité de l'eau, c'est d'observer la végétation le long des fossés et cours d'eau. Les bonnes o-raminées, les lentilles d'eau, le cresson de fontaine, la véronique aquatique, le calamus, etc., indiquent de l'eau de bonne qualité tandis que les roseaux, joncs, menthe aquatique, renoncule d'eau' cyperacées et mousses annoncent une eau moins fertilisante.

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