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DE L'ACTION DE L'EAU SUR LES PLANTES DES PRÉS

nières, à amener une transition insensible du froid de la nuit à la chaleur du jour.

L'eau qui coule la nuit sur les prés conserve une température plus élevée que celle de l'air, refroidi souvent au-dessous de zéro pendant les nuits claires, et empêche ainsi le rayonnement de la chaleur du sol.

Si la gelée a atteint les jeunes pousses d'herbe, l'action du soleil les fait aussitôt noircir et périr par suite du changement rapide de température. Une simple irrigation le matin empêche cette mauvaise influence, l'eau modérant la chaleur du soleil et lavant en même temps la gelée blanche fixée sur l'herbe.

40. Dans les années sèches et chaudes, l'eau est toujours plus froide que l'air, pendant le jour ; son évaporation est active, le sol est fortement échauffé et les prés souffrent de la sécheresse. Une irrigation souvent répétée est donc indiquée naturellement, elle a la plus grande utilité, et l'excès même est rarement nuisible.

Par les étés frais et humides, l'eau et le sol sont à une basse température ; l'air est saturé d'humidité, l'évaporation est lente, et même les prés secs ont une herbe fraîche. Dans ce cas, l'irrigation est plutôt fâcheuse qu'utile, elle augmente sans nécessité l'humidité du sol, et le refroidit en empêchant l'action de l'air chaud ; car l'eau absorbe pour passer à l'état de vapeur une quantité considérable de calorique qu'elle rend latent, et toute la chaleur que l'évaporation enlève ainsi est perdue pour la végétation.

Par ces causes, les eaux de neige sont plus souvent fâcheuses qu'utiles pour l'irrigation au printemps ; elles refroidissent le sol et retardent le développement de la végétation.

41. Action destructive île l'eau. — L'action destructive de l'eau peut s'exercer aussi bien sur les bonnes que sur les mauvaises plantes des prés.

Les herbes douces ne peuvent croître dans un sol trop humide ou marécageux, et toute irrigation qui dépasse les limites d'une fraîcheur convenable est destructive.

L'emploi bien mesuré de l'eau produit de bonnes herbes ; son abus au contraire favorise la croissance des scirpes et des joncs. Un pré qui n'a jamais été irrigué présente une autre proportion des plantes entre elles qu'après son traitement rationnel [13].

Les différentes sortes de plantes ont besoin d'humidité à divers degrés ; d'un autre côté, les eaux de nature et de composition diverses produisent aussi différents gazons. Les bruyères, la mousse

et d'autres plantes nuisibles des prés secs disparaissent par un emploi raisonné de l'eau, surtout par l'irrigation hivernale, et laissent la place à l'herbe de bonne qualité ; le lavage des terrains tourbeux par l'irrigation fait noircir et périr les herbes aigres et la mousse des marais. Une couche de glace formée exprès sur les mauvais prés accélère ce résultat, et les bonnes herbes poussent ensuite naturellement aux endroits dénudés.

Les taupes, fourmis et souris sont chassées ou détruites par

l'irrigation.

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