PRATIQUE DES IRRIGATIONS
42. Nous ne pouvons donner à ce sujet que des principes généraux, attendu que les particularités relatives au climat, à la situation, au sol et à l'époque de l'opération, dépendent surtout des conditions atmosphériques de chaque année.
irrigation d'automne. — Une erreur très-répandue consiste à exécuter la principale irrigation au printemps. Elle doit au contraire avoir lieu en octobre et même en novembre, pendant que la végétation est arrêtée et qu'une irrigation puissante et améliorante est d'autant plus facile que les grandes eaux de cette époque charrient des matières fertilisantes provenant des champs ou des chemins.
Des prés aplanis avec soin ne doivent cependant être irrigués qu'avec prudence au moyen de l'eau trouble, parce que cette eau change le relief du sol trop promptement. On doit attendre qu'elle se soit éclaircie, et irriguer d'une manière continue pendant tout le mois d'octobre et même en novembre, tant que l'arrivée de l'hiver ne fait pas craindre la formation de la glace sur le pré. Vers la fin de l'irrigation automnale seulement, on doit arroser périodiquement, c'est-à-dire interrompre de temps en temps pendant quelques jours et avoir soin qu'à l'arrivée de la neige ou des froids le pré soit à sec. Dans le cas où on serait surpris par des froids prématurés, il faut continuer l'irrigation jusqu'au premier dégel, afin que les couches de glace qui se seraient formées sur le pré ne s'y fixent pas en étouffant l'herbe ; l'eau coulant alors entre le sol et la glace brise celle-ci et l'empêche d'intercepter l'air.
Un arrosement tardif et continu ne peut être nuisible qu'aux prés tourbeux et marécageux, tandis qu'un arrosement d'automne énergique et bien réussi est la meilleure garantie pour la récolte de l'année suivante.