‹ De la création des prairies irrigueésChapitre 54 sur 91 · Voici d'un autre côté les inconvénients de ce système · texte numérisé non relu

Voici d'un autre côté les inconvénients de ce système

1° Son action est toujours nuisible, quand le sol est imperméable et par conséquent d'une nature froide, et l'eau dégagée de limon ; de plus les infiltrations fréquentes et prolongées font périr l'herbe ;

2° L'eau soustrait presque entièrement les plantes à l'influence et à la température de l'air, ce qui les amollit et rend le fourrage moins nourrissant ;

3° L'irrigation, par suite des causes qui précèdent, ne peut être exécutée que très-rarement à l'époque de la végétation ;

4° En supposant même les meilleures conditions, c'est-à-dire l'eau limoneuse et l'inondation de courte durée, le fourrage récolté sur les prés irrigués par submersion n'aura jamais la valeur de celui des prés irrigués à eau courante.

131. Irrigation proprement dite. — Nous avons VU, dans les deux systèmes précédents, l'eau agir pendant sa période de repos ;

dans celui-ci elle est continuellement en mouvement, tant dans les canaux qu'à la surface des prés, où elle ruisselle en couches minces toujours renouvelées.

132. Quand la surface du sol est naturellement inclinée, et assez unie pour que l'eau s'y écoule et s'en retire complètement, l'établissement de ce système ne demande que la création des canaux d'irrigation et de décharge nécessaires. Dans ce cas, on adopte le système d'irrigation dit naturel ; si au contraire les pentes diverses, la surface inégale de la prairie rendent impossible un arrosement naturel, il faut régulariser et niveler les inclinaisons du terrain, enlever et replacer le gazon, tracer en même temps les canaux aux distances voulues, et l'on aura l'irrigation artificielle (Kunst-Wiesè).

133. En général la pratique indiquée tout d'abord au paragraphe précédent doit être considérée comme la règle ; celle qui vient ensuite n'est que l'exception.

La première de ces deux règles est naturellement appliquée là où la pente est suffisante pour l'irrigation et le dessèchement du terrain; le meilleur emploi de cette pente naturelle est alors le but principal de l'irrigateur, car l'expérience a prouvé d'une façon incontestable que, dans les mêmes conditions de climat, d'eau, de sol, etc., les pentes moyennes ou fortes sont celles qui donnent le meilleur fourrage et en plus grande quantité [65]. Le second système a pour but de partager la pente, d'après des règles spéciales, entre les diverses parties du terrain, de l'augmenter ou de la diminuer relativement par la transformation du sol, en utilisant avec art et économie, pour l'irrigation et le dessèchement, les accidents naturels qui s'y trouvent.

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