DE L'ORGANISATION DES TRAVAUX
prairies naturelles ou perfectionnées, d'après les diverses circonstances.
Ce but ne peut être atteint que par l'étude préalable des principes fondés sur l'expérience. 11 y a donc, dans chaque reconstruction de prés, le projet et l'exécution des travaux.
147. Les instruments et outils nécessaires à l'irrigateur sont :
1° Les instruments de nivellement, tels que niveau à lunette, niveau d'eau, mire, niveau de maçon ou de pente et jeu de nivelettes ;
2° Les instruments d'arpentage, tels que l'équerre, la chaîne, une douzaine de jalons, deux cordeaux sur leurs dévidoirs et quelques lattes ;
Fig. 45.
3° Les outils proprement dits : le croissant ou hache de pré, la pelle à couper le gazon, la fourche à gazon, l'écobue ou pioche à terrassement, une batte et une dame ; — outre cela des pelles, pioches et brouettes.
148. A. Des plans. — Plus le pré à établir présente de pentes, plus le plan doit être étudié soigneusement, et à plus forte raison si
l'on a en vue la culture artificielle. S'il n'y a pas de plan cadastral, on doit commencer par établir un plan de situation à l'échelle de 1/1000.
C'est sur ces bases qu'on travaillera ensuite.
Sur de petites surfaces et pour la culture naturelle, le projet demande moins d'étude et peut être môme directement établi sur le terrain.
149. L'irrigateur doit étudier d'abord : 1° L'eau à employer;
2° La pente du terrain ; la nature du] sol du pré, sa situation par rapport à l'eau, de même que sa forme et ses dimensions.
La qualité de l'eau [§ 29 à 32], sa quantité [§ 66 à 70], sa situation par rapport au pré, le lieu et le système de prise d'eau [§ 107 à 119] doivent particulièrement fixer l'attention. Il lui faut s'assurer si le remous occasionné par les barrages ne peut pas être préjudiciable aux propriétés ou usines situées en amont, et, dans ce cas, s'il serait possible de prendre l'eau superflue en amont des usines. Il doit examiner si le canal de dérivation peut être établi sur la propriété même, ou s'il faut, à cet effet, acquérir ou louer la terre voisine.
150. Pour tous ces préliminaires, il suffit souvent d'un coup d'œil exercé, qui sait reconnaître tout de suite la nature du gazon, la présence de taupinières isolées, la direction et la vitesse des cours d'eau ou des canaux. En cas de doute, dans les pays très-plats ou pour de grandes surfaces, où l'on peut craindre de se tromper, un nivellement préalable est nécessaire.
Dans les pentes moyennes, on procédera par rétablissement de lignes horizontales [§63 à 64]. Dans les pentes faibles, on prendra quelques points des profils en long et en travers, que Ton réduira à une base unique pour les inscrire sur le plan.
Ces chiffres en quantité suffisante désigneront la direction du canal de dérivation [§ 88 à 90] et celle du canal de décharge [§ 96 à 98]. On verra par là s'il est possible d'irriguer toute la surface du pré, ou si une partie restera en dehors des travaux.
Quand l'eau est plus basse que le pré, on ne peut établir qu'une irrigation par infiltration (121 à 124), ou encore des machines destinées à élever l'eau, à moins qu'on n'abaisse à grands frais le niveau total de la prairie.
Si certaines parties du pré seulement sont plus hautes que l'eau, elles pourront ne pas être irriguées, ou elles le seront par infiltration.