‹ De la croyance due à l'EvangileChapitre 18 sur 66 · CI. III. ^ LES ACTES DES AP<h«ES. lOi · texte numérisé non relu

CI. III. ^ LES ACTES DES AP<h«ES. lOi

sont comme un gage de la sincérité du livre. Tout y répond à ce que Fauteur avait promis en tête de son Evangile (on se rappelle que le troisième Evangile et les Actes sont les deux parties d*un même ouvrage) : il raconte ce qu'il a pu savoir, soit par lui-même soit par les témoins des événements; et le récit se déplace, s'abrège ou s'étend, selon la nature de ses informations.

On y a marqué trois divisions principales : 1** la fondation de l'Eglise en Palestine ; 2* les origines de l'Église d'Antioche, et la propagation de l'Évangile dans les contrées païennes de l'Asie Mineure ; 3** la propagation de l'Évangile en Europe , quand l'auteur commence à figurer dans la compagnie de saint Paul. La première partie est fort étendue et complète. On peut croire que l'auteur a été témoin des faits ; car on soupçonne qu'il était en Palestine pendant la vie de Jésus * : il pouvait donc y être encore immédiatement après la résurrection ; et cette abondance de détails qui, sans doute, pourrait s'expliquer autrement, est au moins d'accord avec notre hypothèse. Depuis la fondation de l'Église d'Antioche (xi, 19), l'auteur se détourne de la Palestine. Il ne parle plus que des événements qui s V passent vers le temps où les députés de cette Église (Paul et Barnabas) viennent à Jérusalem, d'abord pour y apporter un sQcours aux pauvres (xi, 29, 30, et XII, 1-25), puis pour faire résoudre la question des observances légales (xv, 2-30). Pourquoi cette lacune touchant Jérusalem ? Un compilateur n'aurait eu aucune raison de la laisser ainsi pour Antioche;

* Quoniam quidem mulU conati Sttnt ordinare narrationem, quœ in nohis complétée sunt^ rerum. (Luc, i, 1.)

lOd PART. I. -^ AUTHENTICITÉ DU TEXTE.

mais ce brusque changement dans le plan de Touvrage s'explique, si Fauteur, transporté pour quelque raison à Antioche , se trouve amené par là à raconter les événements dont cette ville devient le centre : conime les voyages de saint Paul dans les parties de TAsie Mineure les plus voisines. Antioche elle-même va s'effacer comme Jérusalem, dans la suite du récit : c'est que l'auteur est à Troas où saint Paul le prend, quand il passe en Europe ; et dès lors l'histoire devient exclusivement comme un journal des voyages de saint Paul, journal où d'ailleurs on remarque des diversités analogues à celles que nous avons signalées plus haut. Tant que l'auteur est avec saint Paul (xvi, 10-xvui), le récit est fort abondant : c'est l'histoire du premier voyage de l'Apôtre, en Europe, depuis son arrivée en Macédoine jusqu'à son séjour à Corinthe. On y trouve racontés avec le plus grand détail les incidents de son séjour à Philippes , son emprisonnement, le geôlier converti par un miracle, et ces petitSv magistrats qui , sans le savoir, avaient emprisonné et frappé dé verges un citoyen romain, réduits à venir trè8|-humblement le prier de sortir de prison ; à Thessalonique, à Bérée, les Juifs, à qui saint Paul commence toujours par s'adresser, soulevant contre lui le peuple ; à Athènes, la scène fameuse de l'Aréopage ; à Corinthe, saint Paul devant le président Gallion. Ici la narration prend d'autres allures. Saint Paul demeure un an et demi à Corinthe : et le tout, y compris l'épisode de Galliofl, est conté en dix-sept versets. Il va de là à Ephèse, en Palestine, à Antioche ; il revient par la Phrygîe à Ephèse : et tout ce voyage ne tient que six versets. Il séjourne deux ans à Ephèse, et Ton ne trouve, dans le récit, un peu de' détail que sur

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