CH. III. — LES ACTES DES APÔTEES
rémeute qui hâta son départ. Nouveau Toyage en Grèce, où il va et d'où il revient par la Macédoine, le tout en quatre versets. C'est que probablement l'auteur du récit n'est plus avec saint Paul : mais bientôt il vient de Phllippes la rejoindre à Troas , et dès ce moment (xx, 6) la narration reprend le caractère d'un journal écrit par un homme qui ne quitte plus saint Paul jus* qu'à la fin \
Ainsi les Actes né sont ni une histoire générale de l'Église, ni une histoire particulière de saint Paul, mais une histoire qui commence par les faits généraux et se continue par les actes de l'Apôtre des Gentils, racontés avec plus ou moins d'étendue, selon que l'auteur a été à portée de les voir ou de les connaître : car c'est un disciple et un compagnon de saint Paul, comme on le voit clairement dans la dernière partie. Dès lors rien n'empêche de le nommer, avec l'Éghse, saint Luc, et de le retrouver dans ce Ltic médecin, originaire d'Antioche selon la tradition , et peut-être païen de naissance, dont saint Paul parle comme de son compagnon le plus cher et le plus fidèle au temps de ses deux captivités ^. Que si l'on voulait que la première partie du livre, plus générale en même temps que fort développée, vînt de documents empruntés par l'auteur, on ne dirait rien d'absolument contraire à ce que luimême , en tête de son Évangile, dit des sources où il a puisé ; mais par là on ne ferait que rapprocher des faits le récit sans lui rien ôter de sa valeur : car celui qui l'a
' Voy. sur ces diversités du récit des Actes , Hug, EinîeitunÇj etc. Il, 79.
*Colo8S. IV» 14; Philêm,^eX U Tim. it, 11. Voy. la note vi k la ûa de ce volume.
i04 PART. I. — AUTBENTiaTÉ DU TEXTE.
recueilli, ayant vécu avec saint Paul et conversé avec les Apôtres, ne l'a pris que parce qu'il l'a trouvé conforme à leur témoignage ; et le livre entier n'en demeure pas moins sous la sauve*garde de son autorité.
Mais ce caractère du récit attesté par les formes de la composition elle-même, sera plus sensible encore si on le prend dans le détail, et si on compare ses données, soit à celles des Épîtres de saint Paul : et c'est ici qu'on peut reprendre la démonstration du docteur Paley ; soit aux données de l'histoire contemporaine : et sur ce point Lardner peut offrir, à son tour, tout un choix de textes et d'arguments.
Revenons aux Épîtres de saint Paul *.
Le docteur Paley reconnaît plusieurs hypothèses où la concordance entre des lettres et une histoire n'est pas un signe qu'elles soient du même temps. On peut imaginer une histoire compilée d'après des lettres, ou des lettres supposées d'après une histoire, ou bien enfin des lettres et une histoire fabriquées d'après des documents communs. Dans les deux premiers cas, la conformité est un effet de l'artifice, et le faussaire quia imaginé les points d'accord, les a dû placer en lieu fort apparent. Dans le troisième, elle peut se produire sans inten-
^ Nous rappellerons ici, pour justifier notre méthode, ce que nous avons dit plus haut. Paley, dans son excellent livre^ part des Actes pour prouver les ÊpUres. 11 nous a paru plus logique de partir des Épîtres pour prouver les Actes. Ce n'est pas que les deux livres qui se foar- Dissent des preuves Fun li Tautre ne se prouvent aussi indépendamment Tun de Tautre : sans quoi celte démonstration serait un cercle vicieux, et la discussion roulerait sur un terrain qui ne serait pas fixé. Mais si les Actes sont évidemment l'œuvre du temps qu'ils décrivent, ils ne sont pas aussi évidemment Tœuvre de l'auteur à qui ils sont rapportés* Les Ëpltres portent tout à la fois la marque' du temps et le sceau de. leur auteur : car elles sont une œuvre tellement originale, qu'un seul homme a pu les faire dans ce temps-là.