‹ De la croyance due à l'EvangileChapitre 20 sur 66 · GH. 111. ^ LES ACTES DES APÔTRES · texte numérisé non relu

GH. 111. ^ LES ACTES DES APÔTRES

tion , mais alors les analogies doivent être directes et presque continues. Or, on peut répéter ici ce que nous avons dit à propos des Épitres : c'est que les ressemblances sont tellement indirectes, qu'on ne peut croire à la dérivation d'une source commune, et si peu ap* parentes, qu'on n'y peut voir reflet de l'artifice. 11 faut une attention extrême pour les aller chercher où elles se trouvent ; mais aussi quand on les trouve, elles sont tellement exactes, qu'il y faut bien voir l'empreinte de la réalité. On ne peut rien faire de mieux que d'en chercher Je détail dans le livre du docteur Paley. C'est l'affaiblir que de l'extraire ; car la multiplicité de ces coïncidences, en écartant toute idée de hasard, ajoute une grande puissance à l'argument. Toutefois, cette remarque faite, nous en signalerons quelquesunes.

r Saint Paul vint à Jérusalem après sa conversion (Act. IX, 28-31) : il ne dit pas le temps qu'il y demeura, mais d'après un autre passage (xxi, 17-18) on voit qu'il en repartit très-vite. — Dans l'Épître aux Galates (i, 18), il dit qu'iln'y fut que quinze jours.

2* Saint Jacques, frère du Seigneur, comme on disait, a une grande importance dans le récit des Actes. C'est à lui que saint Pierre fait porter la nouvelle de sa délivrance {AcL xii, 17) ; c'est chez lui que saint Paul trouve les anciens de l'Église assemblés, lors de son denûer voyage {ibid. 3^xi, 18). — Il en est de même dans les Épîtres : à son premier voyage saint Paul ne voit que saint Pierre et lui {Gai. i, 19). Quatorze ans plus tard, c'est saint Jacques qui, de Jérusalem, députe vers saint Pierre à Antioche [ibid. ii, 12).

S"" Saint Paul fit deux voyages à Corinthe {Act . xviii, 1 ,

et XX, 2). La première Épître aux Corinthiens tjBmoigne du premier et annonce le second. Mais voici une difficulté : dans la deuxième Épître, écrite comme la première, entre ces deux voyages, saint Paul dit de celui qu'il va faire : « Je viens vers vous pour la troisième fois , TpiTOv toOto ep^^opiai itpôç u(xaç (xm, 1). Or les Actes ne mentionnent que deux voyages et n'en comportent pas un troisième. — C'est que saint Paul avait dû partir déjà et en avait été empêché ; il se disposait donc pour la troisième fois à le faire : c'est là tout ce qu'il veut dire, et c'est ce qu'il avait dit littéralement un peu plus haut : « Voici que pour la troisième fois, je suis prêt à partir, i^ou Tptrov touto éTotfjicoç ej^cd ùAtï'^ TZfhç û[jLac (xii, 14). En effet, au commence^ ment de la même Épître il parle de cette prochaine visite comme d'une seconde grâce qu'il leur veut assurer ' . Les Actes et les Épîtres s'accordent donc encore ici, malgré une divergence d'expression qui va jusqu'à la contradiction, exclusivement.

4** Saint Paul avait parcouru la Galatiè et la Phrygie immédiatement avant d'aller pour la seconde fois en Grèce {Act. xvni, 23, etxix, 1). — La collecte qu'il vient de faire en Galatie est citée aux Corinthiens comme exemple dans sa première Épître (xvi, 1 ) .

6* Quand il < est parlé dans les Actes du second voyage de saint Paul en Macédoine et en Grèce {Act. XX, 2, 3), il n'y est pas question de collecte ; seulement saint Paul dans son discours devant Félix, fait allusion à des aumônes qu'il en a rapportées {Act. xxiv , 17}. — Tout cela est éclairci par les Épîtres. Saint

1 '£6ouX6iiYiv 9rp6c 0|JLac èX6siv icpôrepov, tva Seut^potv x^piv Ix^re. (Il Cpr.

CH. m. — LES ACTES DES APÔTEES* 107

Paul , dans sa première Epître aux Corinthiens (xyi, 1 , 4)j parle d'une collecte qui se doit faire en Grèce ; dans la deuxième Epître (vni, 1-4), il mentionne la collecte faite en Macédoine ; et enfin dans TEpître aux Romains (xv, 25, 26), TApôtre dit qu'il va porter à Jérusalem la collecte de la Macédoine et de la Grèce : ce qu'il fit, comme on le voit dans les Actes par son discours devant Félix, •

6» Saint Paul était à Éphèse depuis deux ans quand il Gn repartit pour la Grèce {Ad. xx, 1, 10 et suiv.). — La première Epître aux Corinthiens fait voir, à divers signes, qu'elle y fut écrite en ce temps-là. Saint Paul parle d'une épreuve qu'il eut à subir durant son séjour en cette ville, ad bestias pugnavi Ephesi (I Cor. XV, 32) : épreuve dont le récit des Actes, fort abrégé d'ailleurs pour le temps de ce séjour, ne parle pas. Il annonce l'intention d'y rester jusqu'à la Pentecôte (xvi, 9) : ce que l'émeute, dont parlent les Actes, ne lui permit pas d'accomplir (xx, 23 et suiv.). Enfin il salue les Corinthiens au nom des Églises d'Asie (xvi, 19) : et l'on sait qu 'Éphèse en était comme la métropole.

T" Les Juifs ayant été chassés de Rome par Claude, l'un d'eux, Aquila, était venu à Corinthe avec Priscilla sa femme (Ad. xvni,- 2), et saint Paul les avait emmenés avec lui à Ephèse, où ils se fixèrent {ibid. 18, 19 et 26). — C'est chez eux que saint Paul demeura quand il revint à Ephèse, et il salue ^en leur nom les Corinthiens (I Car. xvi, 19).

8* Saint Paul accrut considérablement l'Église pendant ce séjour à Ephèse ; mais il y rencontrait de nombreux adversaires, comme on le voit par le témoignage des Actes (xix, 1 9, 20 et 26) et par l'émeute qui hâta son

départ (tWd. 23-40). — Lui-même parle aux Corinthiens et de ces progrès et de ces périls (I Cor. xvi, 9).

9"* Saint Paul qui s'était proposé d'aller, en Grèce par la Macédoine y envoya Timothée par ce même chemin, et demeura quelque temps encore en Asie {Act. XIX, 21,22). — Dains la première Épître aux Corinthiens (iv, 17) il leur annonce qu'il leur a envoyé Timothée, et ne paraît pas croire qu'il arrive avant sa lettre (xvi, 10) : ce qui s'explique par les retards que Timothée devait éprouver en prenant la voie marquée dans les Actes.

Il y a encore entre les Actes et les Épitres bien d'autres points de rencontre où l'on retrouve ce double caractère de conformité et d'indépendance : la prédication de saint Paul à Damas après sa conversion {Act. IX, 19y 20 ; Gai. i, 15-17) ; son séjour à Jérusalem {Act. IX, 26, 28; Gai. i, 18) * ; son départ pour la Syrie et la Cilicie {Act. ix, 30; Gai. i, 21); ses rapports avec Barnabas et comment il vint avec lui d'Antioche pour conférer avec les Apôtres {Act. xv, 2 et suiv. ; Gai. ii, 1,9); les persécutions qu'il souffrit de la part des Juifs €t quelles en étaient les raisons {Act. xiu, 50 , etc. ; Gaiat. IV, 29 ; v, 11). Il rappelle particulièrement à Timothée celle qu'il eut à subir à Antioche (de Pisidie) à Icône et à Lystre {Act. ibid. et xiv, 1, 2, 19 ; II Tim. m, 10). Il ne mentionne pas Derbé où il alla, d'après les Actes, en sortant de Lystre : mais on voit par les Actes qu'il n'y reçut aucun mauvais traitement. Il rappelle aux Philippiens, il rappelle à. ceux de Thessalonique les violences qu'il endura dans leur ville {Philip, i , 30 ;

* Voy, la note vu ^ la fin de ce volume.

CH. 111. — LES ACTES DES Ap6tBES. i09

I Thess. II, 2 ; m, 4 ; Cf. Act. xvi, 23 et suiv. ; xvii, 4). Aux Thessaloniciens il parle en son nom et au nom de Timothée et de Silas ; et Silas seul est nommé avec lui dans le récit des persécutions soit de Philippes, soit de Thessalonique {Act. avi, 19 et suiv. ; xvii, 4 et suiv.) : mais Timothée était alors, comme Silas, de sa compagnie, ainsi que cela résulte du rapprochement de deux autres passages du même livre ; car saint Paul Tavait pris en passant à Lystre {Ad. xvi, 1-4), et il le laisse avec Silas à Bérée, en Macédoine, à la suite de ces événements {Act. XVII, 14) \

Même concordance sur tous les personnages avec lesquels il est en rapport, sur leur caractère, leur position, le lieu où ils se trouvent. Timothée était fils d'une femme juive fidèle et d'un père grec, selon le» Actes (xvi, 1). Saint Paul, dans la seconde Épître qu'il lui adresse (i, 4), loue la foi de sa mère et de son aïeule, se taisant de son père. — Jean, surnommé Marc, ou saint Marc, qui accompagne Paul et Bamabas dans leur première mission et pour lequel les deux Apôtres se séparèrent plus tard {Act.w^ 39), était, selon TÉpitre aux Colossiens (iv, 10), cousin de Bamabas : ce qui explique pourquoi Barnabas le voulut retenir, au prix même d'une séparation avec saint Paul. — Âristarque, qui fut compagnon de saint Paul dans les derniers voyages rapportés par les Actes, notamment dans son voyage à Rome {Act. xix, 29; xx, 4, et xxvii, 2), est nommé par lui, avec saint Marc, comme son compagnon de captivité, dans la lettre qu'il écrit de Rome aux Colossiens (iv, 10). — Gaïus, qui, de même

^ Voy. la note viii U la Gn de ce volume.

liO PART. I. — AUTHENTICITÉ DU TEXTE.

qu'Aristarque, accompagna saint Paul d'Éphèse à Corinthe, et le ramena de Corinthe en Asie {Act. xix, 29, et XX, 4), était celui qui le logeait à Corinthe pendant son second séjour [Rom. xvi, 23). — Ce même Gaïus, Crispus et la maison de Stéphane sont spécialement désignés par saint Paul comme ayant été baptisés de sa main dans son premier voyage à Corinthe (I Cor. i, 14 et 16). Or, Crispus était le chef de la synagogue de cette ville ; et il est nommé par les Actes en tête de ceux qui reçurent le baptême après les premières prédications de TApôtre {Act. xyiii, 8). — ApoUo était venu à Corinthe après saint Paul : il n'y était venu qu'après avoir été instruit à Éphèse par Aquila et Priscilla que saint Paul avait ramenés de Corinthe, et il y prêchait avec un zèle extrême {Act. xvni, 24-28). Saint Paul, dans sa première Épître aux Corinthiens (m, 6), fait allusion tout à la fois et à Tépoque relative et aux bons effets de cette prédication : Ego plantavi^ Apollorigavit^ sed Deus incrementum dédit.

Nous ne mentionnerons que pour mémoire deux autres traits de la vie de saint Paul, trop saillants pour que la concordance ait le mérite que nous cherchons ici : c'est d'abord la règle qu'il se faisait de se soutenir par son propre travail, usage dont il prend à témoin, d'une part les anciens d'Éphèse dans le discours que lui fait tenir le livre des Actes (xx, 34), d'autre part les Thessaloniciens et les Corinthiens dans les lettres qu'il leur écrivit lui-même (I Thess. ii, 9; II Thess. m, 8; I Cor. IV, 12) 5 puis sa captivité à Rome, sa chaîne avec la demi-liberté qu'elle lui laissait et dont il usa, comme l'atteste le livre des Actes en finissant (xxviii, 16 et suiv.), et comme on le voit par tous les détails

CHAP. m. — LES ACTES DES APÔTRES. iii

des lettres que T Apôtre écrivit en ce temps-là (Ephes. xYi, 20, etc. ; Coloss. iv, 10 etsuiv; Philem. 1 et suiv., et notamment la lettre aux Philippiens).

Sur tous ces points et sur beaucoup d'autres qu'on peut voir dans le livre de Paley , on trouve donc un parfait accord sans préméditation ni concert. Puisqu'on ne le peut rapporter ni au hasard ni à l'artifice, c'est évidemment le résultat de l'impression que les faits euxmêmes laissent dans la mémoire de ceux qui les ont vus. A cette marque, il faut bien reconnaître un témoignage du temps où ils se sont passés.

Ce contrôle que nous avons exercé sur les Actes, au moyen des Épîtresde saint Paul, nous le pouvons continuer par la comparaison de cette histoire aux histoires étrangères, soit des Juifs, soit des Romains. Qu'il s'agisse des princes juifs ou des gouverneurs romains, des coutumes judaïques ou de celles de Rome, des choses de Palestine ou de celles des autres contrées, l'auteur est rigoureusement exact ; de telle sorte que l'authenticité du livre n'est pas seulement établie, mais que sa véracité se trouve en même temps démontrée. L'auteur n'est pas seulement un témoin, c'est un témoin instruit comme il n'y en pas d'exemple dans toute l'antiquité profane.

Ici nous prendrons à Lardner quelques parties de sa démonstration.

Voyons d'abord l'état de la Palestine dans la période que renferment les Actes.

La Palestine, après la déposition d'Archélaùs, fils d'Hérode, avait été réunie à la province romaine de Syrie, et soumise à un procurateur. Elle gardait son administration propre et son culte, son conseil et son grand-prêtre, avec une certaine part de juridiction :

une garde pour faire la police, le droit d'arrêter et d'infliger des châtiments d'un ordre inférieur, et aussi le droit de percevoir des contributions pour le service du temple. Mais les signes de la souveraineté, l'impôt et le droit du glaive (droit de punir de mort) appartenaient à Rome : voilà ce qu'on peut voir dans Josèphe, et ce qu'on trouvera aussi dans TÉvangile.

Si nous nous reportons aux Actes des Apôtres, nous y pouvons marquer avec Lardner, trois périodes : 1° le temps antérieur au règne d'Hérode ; 2^* le règne d'Hérode (ch. xii) ; et 3** le temps qui le suit.

La première période s'ouvre dans les conditions que nous avons signalées. La Judée est soumise à Ponce- Pilate ; rien ne peut être changé au droit qui existait du temps de Jésus-Christ : cependant il n'est plus question de gouverneur romain. Les Juifs agissent, comme s'ils ne connaissaient plus de maître. Saint Pierre comparaît avec saint Jean devant le conseil. Une autre fois, les Apôtres sont emprisonnés, traduits devant la même assemblée et renvoyés sur l'avis de Gamaliel, mais après avoir été battus de verges. Bien plus, peu de temps après, une sédition s'élève, et saint Etienne, accusé de blasphème, est lapidé^. L'auteur des Actes aurait-il oublié ce qu'il vient de racQUter dans son Évangile ? ou les Juifs seraient-ils devenus libres tout à coup ?

Les faits ne réclament ni l'une ni l'autre de ces conclusions. La comparution de saint Pierre devant le conseil, l'emprisonnement et même la flagellation

^ Lardner, I, ii., 5 et G, t. I, p. 43. Les Juifs se plaignant h Pilate disaient : « Tibère a voulu qu'aucune de nos coutumes ne périsse : Ti6épioç où6iv èOéXei twv i^(x&T6p«t>v xaToiX^eaOai. » Phil. de Légat, ad Caiutn, t. Il, p. 590 (édit. Mangey, 1742).

* Act, IV, 3 et suiv.; v, 17 et suïv. vi, 12-15 et vu, 36-39.

•CH. III. •— LES ACTES DES AfOTRES. 113

des Apôtres, nVnt rien qui ait exigé rintervention du gouverneur, rien qui ait excédé les droits laissés àTadministration particulière des Juifs. Quant à la mort de saint Etienne, c'est une exécution tumultuaire, un acte de violence sans forme de procès, comme il arriva plusieurs fois que, pendant la vie du Sauveur, les Juifs prirent des pierres pour le lapider, sans se dire ce qu'ils disaient hypocritement devant Pilate : « Il ne nous est point permis de faire mourir personne » Nobis non licet inierfkere quemquam; et il y en eut bien d'autres exemples sous les rois juifs comme sous les Romains. Une secte (les zélotes) faisait même profession de pratiquer cette sommaire justice : en quoi elle est, jusqu'à un certain point, approuvée et de Josèphe et de Philon \ La persécution qui suivit le martyre d'Etienne a le même caractère ^ : c'est ce que les Juifs faisaient dans les villes mêmes où ils étaient étrangers, comme on le voit par toute l'histoire des voyages de saint Paul dans les Actes ^. Seulement, en Judée il y a quelque chose de plus. Gomme les Juifs ont des magistrats reconnus et qu'ils peuvent, en vertu du droit inhérent à la police, faire rechercher et emprisonner les coupables, sauf à les traduire, si le cas est grave, devant rautoritc supérieure, la persécution prend en quelque sorte les formes de la justice : ainsi des lettres avaient été remises à Paul, persécuteur, pour les anciens de la communauté juive de Damas,

* Pbilon, de Monarch. i, p. 320; cf. Jos. AnL IV, viii, 4, h propos des lois de Moïse. Josëpbe donne un exemple de ce zèie fanatique : dans une conspiration qui s'ourdit conlre la vie d^Hérode, un aveugle se joi— gnit de sa personne aux conjurés. Ant. XV, viii, 3 ; Lardner, 1, ix, % 1. 1, p. 224; cf. I, II, 7, n*> 3, p. 00. -» i4cï. vm, 1, 3.

^ A Antioche de Pisidie (Act. xi», aO) ; U Iconium (xiv, 5) ; ^ Lvstrc [ibid, 18) ; h Tbessalonique (xvii, •>) ; à Bérée [ibUL 13).

114 PART. I. — AUTHEKTlCrrÉ DU TEXTli!

afin que les chrétiens, s'il s'en trouvait parmi eux, lui fussent livrés et amenés à Jérusalem \ Cependant la persécution sévit alors avec tant de violence, qu'on est en droit de se demander pourquoi l'autorité romaine n'apparaît pas? Cela s'explique encore par la situation particulière où on la trouve. Au commencement, Pilate ne pouvait guère être en disposition d'agir. Il craignait les Juifs, comme on le voit par l'Évangile ^ ; et d'ailleurs , quand le sanhédrin faisait arrêter les Apôtres^ il n'agissait que conséquemment à ce que Pilate avait fait lui-même : puisque Pilate avait condamné à mort Jésus-Christ comme séditieux, les prêtres pouvaient bien arrêter ceux qui prêchaient sa doctrine et faisaient de sa mort un crime public. Mais Pilate ne fut plus longtemps au pouvoir. Un nouveau méfait, un massacre de Samaritains rassemblés par un imposteur, acheva d'irriter les Juifs contre lui; et Vitellius (celui qui fut empereur), alors gouverneur de Syrie, lui donna ordre d'aller s'en justifier devant Tibère^. Jj'officier qu'il lui substitua, en attendant, n'avait pu recevoir de lui les droits de procurateur, tels que Pilate les tenait du prince ^ . Aussi Vitellius est-il seul en scène dans Josèphe, comme seul investi de la souveraine autorité. Or, Vitellius cherchait à plaire aux Juifs : cela ressort de toute sa conduite dans les voyages qu'il fait chez eux ^ De plus, sa

C ^ Act. IX, â. Voy, la note ix k la fin de ce volume.

^ Joan. XIX, 8, 13. On en verra les raisons dans Josèphe M nt. XVIII, III, 1-2 et B. Jud. II, IX, 1-4) et dans Pbilon, de Légat, ad C. t. I, p. 589-580.

3 Jos. Ant. XVIII, IV, 1. Cet imposteur les avait rassemblés, en promettant de leur montrer, sur le mont.Garizim, des vases sacré?» enterrés par Moïse. — * L. 6. (Ulp.) D. I, xvi, de Officio procons.

* Jos. AnU XVIII, IV, 3 et v. 3,

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