‹ De la croyance due à l'EvangileChapitre 24 sur 66 · CB. 111. — LES ACTES DES APOTRES · texte numérisé non relu

CB. 111. — LES ACTES DES APOTRES

On n'en finirait pas, s'il fallait signaler tous les passages où Tauteur, dans son récit sommaire, trouve, pour peindre les faits, les couleurs de la réalité même. Quoi de plus frappant que le tableau du séjour de saint Paul à Athènes ? Tout y est vrai , les lieux , les personnages : l'autel du Dieu inconnu se trouve dans la description de Pausanias, près de Phalère où peutêtre saint Paul débarqua * ; et qui ne reconnaît cette multitude mobile et curieuse, n'ayant pas de plus grande affaire que d'entendre ou de conter des nouvelles ^ ? Saint Paul devant l'Aréopage sait à qui il s'adresse. Il prêche son Évangile, mais il cite un poëte, un poëte de son pays : le vers a été retrouvé dans le Cilicien Aratus ^ . Et comment ne pas admirer la simplicité et la candeur de l'historien dans la peinture de cette scène? Un faussaire aurait-il manqué d'assurer à saint Paul un facile triomphe dans une assemblée si fameuse ? Or , quel effet l'auteur assigne-t-il à son discours ? il est méprisé des philosophes : a Quand ils l'ouïrent parler de la résurrection des morts, quelquesuns se moquaient, d'autres dirent : Vous nous en parlerez une autre fois. » Et saint Paul se retire n'ayant gagné qu'un Aréopagite nommé Denys, une femme et quelques autres (AcL xvn, 32-34).

• Act. XVII, 23; cf. Pausan. I, 1.

^ il et. XVII, 21 : Aibenienses autem omnes et advenae hospites, ad Dihil aUud vacabant, nisi aut dicere aut audire aliquid novi. C'est ce que disaient déjà Démosthènes et Thucydide. Voy. Wetstein et aussi Tholuck, p. 392.

' ToO -^àp xal ifévoç è(T|iév.

Âci, XVII, 28; cf. Aral. Phœnom. 5 et Tholuck,. p. 392.

128 FART. I. — AUTHEMTiaTÉ DU TEXTE.

Mais il y a un chapitre, \ers la fin du livre, où la démonstration arrive à un degré tout à fait singulier d'évidence. C'est celui qui comprend le voyage de saint Paul à Rome , le vingt-septième ; et ce qu'on y trouve des usages de la navigation et du commerce, des temps d'arrêt et de la marche du navire , tout jusqu*^à l'état de la mer et jusqu'au vent qui souffle, montre irréfutablement dans l'auleur un homme qui est là. Un Anglais, M. J. Smith, a fait un livre sur ce chapitre * : et l'on peut dire que ce seul livre pourrait, à la rigueur, dispenser de tout autre, en ce qui touche Tauthenticité des Actes. Qu'on en juge par ce rapide exposé de son commentaire .

Le centurion JuUus, chargé de conduire les prisonniers de Césarée à Rome (v. 1), prend passage avec eux sur un vaisseau d'Adramytte ^ qui^ regagnant la Mysie, devait toucher aux principaux ports du littoral (v. 2) : c'était le moyen le plus court et le plus sûr de trouver quelque autre vaisseau faisant voile pour l'Italie. Après avoir relâché à Sidon (v. 3), port considérable où il était bien rare qu'on ne dût pas s'arrêter, ils reprirent la mer et passèrent sous l'île de Chypre (subnavigavimus Cyprum^ v. 4), c'est-àdire, à l'est de l'île : car ensuite ils traversent la mer de Cihcie et de Pamphylie, comprise entre Chypre et le littoral de l'Asie mineure, pour arriver à Myra*. Or, pourquoi ce chemin détourné, quand saint Paul, tout récemment, revenant de Patare vers la Phénicie, avait pris

' The Voyage and shipwreck of S. Paul, by James Smitli, esq. LondoD,1848.

' C'est la leçon de roriginal. La Vulgate dit Adrumetinam, ^ Ost encore la leçon de l'original. Dans la Vulgate, Lystram,

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