‹ De la croyance due à l'EvangileChapitre 30 sur 66 · CR. III. — LES ACTES 1>E8 APOTRES · texte numérisé non relu

CR. III. — LES ACTES 1>E8 APOTRES

cette expression païenne , la preuve sensible non-seulement que Jésus-Chrisirest ressuscité , mais qu'il est, ce qu'il avait dit, le Fils de Dieu ; et dans la suite, retraçant la première prédication de l'Evangile , il nous garde les discours où saint Pierre , saint Paul , affirmaient, avec la Résurrection, les principaux fondements de la Foi. Voilà donc un témoin, un témoin exact et bien informé : car tous les moyens imaginés pour ébranler l'authenticité de son témoignage n'ont servi qu'à prouver sa véracité en même temps. Et qui d'ailleurs ne serait frappé du ton de sincérité qui respire dans cette histoire? Nulle emphase, aucun de ces artifices de langage qui tendent à donner plus de relief aux événements. Prenez cette partie du livre où l'auteur, par les. formes mêmes de son récit , se donne comme témoin direct : je veux dire ce qui regarde saint Paul. Qu'est-ce que saint Paul dans les Actes? un grand Apôtre, un homme de Dieu : mais est-ce un homme dont chaque parole soit une prophétie , chaque action un prodige ? Nullement : saint Paul y est tel qu^on le Toit dans les Épîtres, attestant sa mission, mais ayant de l'homme ses nécessités , même ses ignorances. H y a des choses que saint Paul ignore , il a même des pressentiments qui sont trompés, comme au ten)ps où, revenant à Jérusalem , il exprimait aux Romains l'espoir de les aller voir, en passant pour se rendre en Espagne ^. Durant sa captivité, quand les Juifs conspuant contre lui, comment se préserve-t-il de leur complot? Par des moyens tout naturels. C'est le fils de la sceur de saint Paul qui l'apprend , qui le lui dé-

< Voy. Michaêlis, lî, ii, 11 et Paley, 1. 1. g 31. ' Act. XX, 22 ; cf. Rom. xv, 24.

448 PART. I. — AUTHENTICITÉ DU Tf:XTE.

couvre , qui est chargé par lui de le faire connaître au tribun romain {Act. xxiii, 15 et suiv.). Et pendant le yoyage en Italie , comment saint Paul échappe-t-il au naufrage? Comme les autres, à la nage (xxvii, 44). Mais cependant cette histoire ne se ramène pas, en tout, à ce point où.le voudrait Técole naturaliste. Cette tempête qui surprend le vaisseau , saint Paul Tavait prédite : ce naufrage et ce fait remarquable qu'il n'y périrait pas un seul homme, il l'avait aussi annoncé (xxvii, 1 0 et 34) . Seulement tout cela est dit simplement, ce qui n'ôte rien au prodige. L'admiration si légitime du disciple pour son maître s'efface, comme par le sentiment de la force d'en haut qui le rend son égal, en l'inspirant dans ce récit. D'ailleurs les merveilles qu'il raconte ne consistent pas seulement en paroles qu'un heureux hasard peut justifier. Ce sont des faits dont la nature même tient du miracle : l'Ascension de Jésus et la Descente du Saint-Esprit, le don des langues , des prophéties , des guérisons , répandu parmi les fidèles , et nommément le paralytique guéri par saint Pierre ; saint Pierre, délivré de prison par un ange *. Dira-t-on que saint Luc n'a pas vu ces choses? mais nous avons prouvé qu'il en était au moins contemporain ; et ne les eût-il pas vues lui-même, il en avait vu ou les auteurs ou les témoins. Depuis le passage de saint Paul en Europe, il est le compagnon ordinaire de ses voyages {Act. xvi, 11); il le rejoint, après une courte séparation, à Troas, pour revenir en Palestine. A Jérusalem, il visite avec lui Jacques, parent du Seigneur (xxi, 18), et pendant les deux ans de sa captivité

\Act. 1, 1-11 ; II, 1-6; x, 46, etc.; m, 7 ; xiii, 7.

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