CI. ni. — LES ACTES DES APOTBES
SOUS Félix, il resta, soit à Jérusalem, soit à Césarée, parmi les premiers disciples de Jésus-Christ. On ne saurait donc rejeter son témoignage sans accuser sa moralité ou celle des Apôtres : or , c'est ce qu'on ne Teut pas faire parce qu'on ne le peut pas faire. D'ailleurs, il y a des miracles qu'il atteste'pour les avoir rus : par exemple, ce jeune enfant qui s'était tué en tombant d'une fenêtre et que saint Paul rappelle à la vie, et tous les prodiges que fait l'Apôtre dans l'île de Malte * .
L'auteur des Actes est donc un témoin , un témoin instruit et parfaitement renseigné, conyne le prouve son exactitude qu'il a été impossible de trouver en défaut sur aucun point ; un témoin sérieux , disant simplement ce qu'il sait, et sachant ce qu'il dit, quand il raconte un miracle. Or, nous l'avons dit, il commence par affirmer le miracle qui est le couronnement et la preuve de toute l'histoire Évangélique, l'Ascension do Notre - Seigneur. Mais ici on a plus que cette conclusion sommaire : car l'auteur des Actes est en même temps l'auteur du troisième de nos Évangiles; et ce troisième Évangile est celui qui renferme le plus de faits dans la période la plus étendue, depuis la conception de saint Jean-Baptiste jusqu'à l'Ascension du Sauveur. N-ous avons donc sur la vie de Jésus- Christ le témoignage explicite d'un contemporain, le témoignage d'un homme qui a vu ou qui a vécu parmi ceux qui ont vu, aussi capable, par toutes les qualités dont il fait preuve dans les Actes , d'entendre nettement ce qu'il a ouï que de voir clairement
^ Àçl. XX, d-12; xxYiii, 3-8.
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ce qu'il a vu lui-même. Et dès lors , même pour ce qu'il n'a fait qu'ouïr, son témoignage a toute la \aleur des assertions qu'il a recueillies des témoins oculaires : à moins qu'on ne veuille appliquer à l'histoire cette loi bizarre de probabilité décroissante, imaginée par l'anglais Craig, qui, en un temps donné, fait passer toute chose du blanc au noir, et permet de calculer à l'avance, avec une précision tout astronomique, l'époque où ce que nous voyons arriver aujourd'hui, devra être tenu pour faux par la postérité. Auprès d'un pareil té* moignage, la place manque à l'élaboration de ce qu'on appelle la légende évangéhque ; car la légende ne peut pas se former en présence de témoins, à moins qu'elle ne soit l'œuvre de ces témoins eux-mêmes. Mais alors la légende est ou un mensonge ou de l'histoire. Nous avons une histoire : c'en est assez pour ruiner par la base tout le système mythique : car tandis que, pour l'établir, on doit préalablement supprimer les quatre Évangiles, pour le confondre, il nous sufiSt d'en avoir un seul à lui opposer: et nous l'avons ici. L'Évangile de saint Luc, fût-il taxé d'inexactitude sur un ou plusieurs points, il est de lui : c'est assez. Mais nous ne voulons pas nous. en tenir là; car l'authenticité de tous les Évangiles nous est précieuse à bien d'autres titres. Or, l'Évangile de saint Luc se trouve avec les deux premiers en de tels rapports, que son authenticité entraîne celle des deux autres : c'est ce que nous allons établir.